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Louis Skorecki | Sur la télévision

Sur le blog, on ne parle guère de série télé, non pas que le médium nous intéresse pas (bien au contraire) mais la durée, les intrigues et les personnages sont si nombreux que cela devient parfois vertigineux pour la compréhension. Heureusement, des auteurs (dont Pacôme Thiellement, Les mêmes yeux que Lost) et journalistes s'emparent de nos séries adorées pour en extraire toute la singularité de ses objets aux contours et aux interprétations quasi sans fin.

Les éditions Capricci avait inauguré leur collection "Actualité Critique" avec un texte d'Emmanuel Burdeau (ancien rédacteur en chef des Cahiers)sur les Soprano. Un signe fort pour témoigner de l'importance des séries dans les sujets de réflexion de nos journalistes et de la qualité de ces dernières.

Aujourd'hui c'est dans leur "Collection Cinéma" que sort un recueil de critiques de Louis Skorecki, critique et cinéaste discret, méconnu du grand public, mais qui a eu une certaine vista sur le format, jadis mésestimé, de la série télé.



Présentation de l'éditeur
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« J’ai dit un jour que Louis Lumière avait inventé la télévision, et pas le cinéma. Ce n’était pas une blague. Ses opérateurs faisaient dès les années 1910 de la publicité pour une marque de savon, et ils allaient projeter ces petits films à domicile. Mais la meilleure preuve que cette théorie tient la route, c’est que ce qu’on appelait jadis le public populaire, celui qui fait vivre les films et les personnages, c’est devant la télé, et nulle part ailleurs, qu’on le trouve aujourd’hui. Si j’étais cinéaste, c’est à lui que je m’adresserais exclusivement. Dans une salle de cinéma, les spectateurs prennent souvent les films pour de la blanquette de veau tellement il fait noir. Ça n’arrive pas à la télé. Réfléchissez-y deux ou trois minutes, en plein jour. Ça n’arrive jamais à la télévision. »
Ce recueil réunit trois décennies de chroniques, pour la plupart publiées dans Libération, consacrées par Louis Skorecki aux séries américaines et britanniques d’hier et d’aujourd’hui, ainsi qu’à quelques francs-tireurs de la télé française.

Au sommaire : 21 Jump Street, Ally McBeal, Chapeau melon et bottes de cuir, Code Quantum, The Cosby Show, Deux flics à Miami, Dr House, Les Enquêtes du commissaire Maigret, Equalizer, Friends, La Grande Vallée, Hélène et les garçons, Les Incorruptibles, La Petite Maison dans la prairie, Mad Men, Magnum, MacGyver, Millennium, Mission Impossible, Les Mystères de l’Ouest, New York Police Blues, Le Saint, Strip, T. J. Hooker, Tony Baretta.

Sur l'auteur
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Louis Skorecki est l’auteur de plusieurs films, livres, dont une chronique de son départ de Libération, Skorecki déménage (2009). Il est surtout connu comme critique de cinéma, aux Cahiers du cinéma du milieu des années 1960 au début des années 1980, puis au quotidien Libération jusqu’en 2007. En 1978, il publie un long texte au titre programmatique : Contre la nouvelle cinéphilie. La thèse qu’il y développe nourrira tous ses écrits ultérieurs : la cinéphilie des années 1950 ne peut se retrouver que dans le hasard des programmes de la télévision. Impossible de continuer à aimer le cinéma sans s’intéresser en même temps à la télévision, pour le meilleur et pour le pire. Aux Cahiers, puis surtout à Libération où il tient longtemps une chronique, Skorecki construit un style unique, à la fois érudit et enfantin, flamboyant et agressif qui lui vaut le titre de « journaliste le plus haï de France ». Il devient ainsi l’un des maîtres de la jeune génération, presque à l’égal de son ami Serge Daney.

208 pages | 16 euro

Sa trilogie "Les Cinéphiles" a été édité en dvd en mars 2007 par La Vie est belle éditions. Le restant de sa filmographie étant composé de documentaire sur et autour de la cinéphilie, ces chroniques consacrés aux séries sont le prolongement logique d'une pensée à contre courant. Rendons grâce à Capricci de nous sortir encore une fois un bouquin passionnant.

1 commentaire:

René Claude a dit…

Encore une bonne plume qui ne collabore plus à Libération.