L'événement du jour est la présentation à Cannes du dernier long-métrage du réalisateur danois Nicolas Winding Refn, Only God Forgives. Un film qui sort également dans toutes les salles françaises.
Après trois bandes-annonces, le film confirme le tournant esthétique mais surtout scénaristique prit depuis Valhalla Rising (Le guerrier silencieux) en 2009. En effet depuis cet effort, le cinéaste danois semble moins préoccupé par les divers éléments de son histoire que de développer une mise en scène propre à nous faire vivre une aventure cinématographique avant tout fondé sur le regard.
Si cela ne peut que nous enchanter, cette maturité stylistique parait assez loin de son premier opus réalisé dix sept ans plus tôt. En apparence seulement...
Car malgré tous les propos sociaux et autres constats sur la société danoise que l'on peut tirer ce cette trilogie du crime, l’œuvre de Nicolas Winding Refn se met en place avec ses éléments les plus saillants, culte du corps, stylisation de la violence, fatalisme ambiant implacable. Les histoires sont déjà des labyrinthes dont les personnages ne peuvent s'extraire ni par le bien, ni par le mal.
Pris au piège d'un pays dont les perspectives d'avenir pour eux paraissent réduites, les personnages semblent se consumer de l'intérieur par la consommation abusive de psychotrope. Ne vous fiez pas au dénouement du second volet, la condition de ces êtres est toujours rattrapée par leur destin. Funeste ? ils s'évaporent dans des conclusions qui laissent peu de place à l'optimisme.
Pour découvrir le point de départ du réalisateur le plus en vue de la croisette,direction theendstore.com
Bigas Luna (1946-2013)
Le réalisateur espagnol Bigas Luna est mort le 6 avril dernier mais vous êtes surement déjà informés de sa disparition. Nous, oui. Alors pourquoi en parler plus d'un mois après ?
Tout simplement pour passer un (petit) coup de gueule contre les Cahiers du Cinéma que nous considérons par ailleurs comme la meilleure revue traitant de cinéma en France.
Comme tous les mois, dans les pages "Journal", situées au milieu de la revue, les avis de décès s'empilent et même si Jesus Franco bénéficie de quatre colonnes pour évoquer sa mort (par le journaliste Stéphane du Mesnildot, auteur de l'ouvrage Jess Franco, Énergies du fantasme), on ne peut qu'être surpris par les deux phrases venant annoncer aux lecteurs le décès de Bigas Luna.
L'oeuvre de ce "cinéaste des excès ibériques", comme le souligne Thomas Sotinel dans son article pour le Monde, méritait davantage de la part des Cahiers. Est-ce le peu de visibilité des films en France ou est-ce tout simplement un désintérêt à l'égard d'une filmographie pourtant ô combien importante dans la construction de la société Espagnole de l'après Franco (le général) ?
Bref, deux phrases pour un homme passionné par la frontière entre la morale et le désir, c'est bien peu. Espérons qu'un éditeur dvd hexagonal est la riche idée de tomber sous le charme de ces films incandescents.
FILMOGRAPHIE
Di Di Hollywood (2009) // Yo soy la Juani (2001) // Son de mar (1999) // Volavérunt (1997) // La femme de chambre du Titanic (1996) // Bámbola (1995) // La teta y la luna (1993) // Macho (1992) // Jambon, jambon (1990) // Les vies de Loulou 1987 // Angoisse (1986) // Lola (1985) // Reborn (1979) // Caniche (1978) // Bilbao (1978) // Tatuaje (1978)
Tout simplement pour passer un (petit) coup de gueule contre les Cahiers du Cinéma que nous considérons par ailleurs comme la meilleure revue traitant de cinéma en France.
Comme tous les mois, dans les pages "Journal", situées au milieu de la revue, les avis de décès s'empilent et même si Jesus Franco bénéficie de quatre colonnes pour évoquer sa mort (par le journaliste Stéphane du Mesnildot, auteur de l'ouvrage Jess Franco, Énergies du fantasme), on ne peut qu'être surpris par les deux phrases venant annoncer aux lecteurs le décès de Bigas Luna.
"Le réalisateur espagnol, auteur de seize longs métrage tournés entre 1978 et 2010, est mortle 6 avril à 67 ans. Il avait révélé les comédiens Javier Bardem et Penélope Cruz, réunis à l'écran dans son principal succès, Jambon, Jambon, en 1992."
L'oeuvre de ce "cinéaste des excès ibériques", comme le souligne Thomas Sotinel dans son article pour le Monde, méritait davantage de la part des Cahiers. Est-ce le peu de visibilité des films en France ou est-ce tout simplement un désintérêt à l'égard d'une filmographie pourtant ô combien importante dans la construction de la société Espagnole de l'après Franco (le général) ?
Bref, deux phrases pour un homme passionné par la frontière entre la morale et le désir, c'est bien peu. Espérons qu'un éditeur dvd hexagonal est la riche idée de tomber sous le charme de ces films incandescents.
FILMOGRAPHIE
Di Di Hollywood (2009) // Yo soy la Juani (2001) // Son de mar (1999) // Volavérunt (1997) // La femme de chambre du Titanic (1996) // Bámbola (1995) // La teta y la luna (1993) // Macho (1992) // Jambon, jambon (1990) // Les vies de Loulou 1987 // Angoisse (1986) // Lola (1985) // Reborn (1979) // Caniche (1978) // Bilbao (1978) // Tatuaje (1978)
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Bigas Luna,
RIP
Potemkine, le sens de l'orientation
Chaque année le nombre de sortie salles semble augmenter à un rythme frénétique et forcément certains films restent sur le carreau. Parfois les distributeurs laissent trainer des films sur leurs étagères pour trouver le "bon moment" afin qu'il puisse exister au cinéma. Derniers exemples en date, Mud et Post Tenebrae Lux dont il a fallu presque un an pour les découvrir en salle, et ce, malgré un passage et une récompense à Cannes en 2012.
D'autres n'ont pas cette chance (on pense à Lord of Salem de Rob Zombie qui ne connaitra malheureusement pas d'exploitation salle en France), quantité d’œuvres tombent dans l'oubli, se perdent avec le temps. Ce qui est valable aujourd'hui l'est également depuis des décennies. Mais grâce à des éditeurs comme Potemkine, des merveilles comme De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites trouve le chemin jusqu'à nos lecteurs de dvd / blu-ray. Rappelons que le film avait bénéficié d'une ressortie en salle en septembre 2008 par Splendor Films.
Malgré le relatif anonymat de ce troisième long-métrage de Paul Newman, De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites a tout pour figurer en bonne position dans les meilleurs œuvres du Nouvel Hollywood. Scénarisé par Alvin Sargent, qui a travaillé sur de nombreux fleurons des seventies (Le pays de la Violence de John Frankenheimer ; La Barbe à papa de Peter Bogdanovitch ; Le Récidiviste de Ulu Grosbard), comme sur les derniers Spider-man, De l'influence des rayons... est dans la veine des meilleurs Cassavetes. Entre les marqueurs du cinéma classique Hollywoodien (adaptation d'une pièce de théâtre de Paul Zindel) et description ultra réaliste d'une cellule familiale monoparentale au bord de l'implosion, De l'influence des rayons gamma... irradie le spectateur de sa superbe simplicité visuelle et d'une complexité scénaristique envoutante.
Outre cette sortie événement, l'occasion est toute trouvé afin de faire le point sur les dernières nouveautés de l'éditeur disponible sur theendstore.com et des prochaines sorties à venir.
A l'instar des frères Safdie, Alex Ross Perry est l'une des sensations du cinéma américain indépendant. The Color Wheel, également diffusé en salle par Potemkine, reinterpretre le road movie version low-fi mais avec un esprit Do it yourself étonnant.
Genpin nous parvient comme un secret doux et profond tant
Naomi Kawase a su recueillir le souffle mystérieux de la femme au moment
de donner la vie.
Lorsqu'elle gagne la caméra d'or au festival de Cannes en 1997 pour Suzaku, Naomi Kawase est une jeune réalisatrice de 28 ans, mais elle a déjà tourné une quinzaine de journaux filmés. Depuis, elle a construit une oeuvre intimiste et sensorielle, partagée entre le documentaire et un travail de fiction internationalement reconnu (Shara, La Forêt de Mogari). Avec Genpin, Naomi Kawase revient à ses motifs de prédilection - l'enfance, la vieillesse, la renaissance, le cycle de la nature - et nous offre un film contemplatif qui contient certainement l'une des plus belles scènes d'accouchement jamais filmée par le cinéma.
Nous, les enfants du XXème siècle met en scène des
enfants des rues de Saint-Petersbourg : vagabonds inoffensifs, "fumeurs
précoces", mais aussi cambrioleurs et mêmes meurtriers. L'effondrement
des tabous et de l'autorité établie a considérablement diminué leurs
inhibitions. Même leurs parents ne placent plus aucune ambition en eux.
Dans ce néant social, qui va montrer à ces enfants ce à quoi la vie doit
ressembler ?
Vitali Kanevski accompagne le spectateur dans une descente aux
enfers et explore l'âme de criminels, petits et grands : bien que
victimes de la société, ces derniers peuvent-ils être absous de toute
responsabilité morale ?
Vitali Kanevski est apparu sur la scène internationale en 1990 avec Bouge pas, meurs, ressuscite (caméra d'Or au festival de Cannes). Deux ans plus tard, avec Une vie indépendante (Prix du Jury), il confirme un style lyrique et cru, à la fois sublime et provocateur, nourri par le souvenir d'une enfance extrêmement rude passée à Soutchan, dans l'Extrême-Orient russe, pendant la seconde guerre mondiale. Avec Nous les enfants du XXème siècle, son troisième et dernier film à ce jour, il continue son travail d'exploration du mal dans une oeuvre où la violence des témoignages se conjugue à une grande force visuelle.
Voyage sur la rivière... Filmé depuis un bateau, ce voyage nous
amène vers "l'origine de la rivière" et dans un petit village russe où
Michail vit pauvrement avec sa soeur Anna.
Victor Kossakovski est né en 1961 à Leningrad. D'abord assistant-opérateur et monteur, il devient cinéaste en 1989 avec Losev. En quelques années, il s'est imposé comme l'un des plus grands représentants de la comédie documentaire. Belovy, son troisième film, confirme la veine burlesque de son cinéma, et frappe par la tendresse du regard qu'il porte sur chacun de ses personnages.
Victor Kossakovski observe une petite rue de Saint-Pétersbourg depuis
sa fenêtre. En permanence, la chaussée est cassée puis repavée. Il
pleut souvent, parfois il neige, les saisons défilent et la population
s'adapte. Sous la pluie torrentielle, certains courent, d'autres rasent
les murs ou se couvrent la tête d'un sac plastique. Un couple investit
la chaussée, patauge dans les flaques, s'embrasse, créant une atmosphère
comique imprégnée de la poésie printanière du square...
Victor Kossakovski est apparu sur la scène internationale dans les années 1990, en même temps que deux autres brillants représentants du documentaire russe : Sergeï Dvortsevoy et Sergeï Loznitsa. Ses films, souvent comiques, sont influencés par la photographie abstraite, et frappent par leur sens du burlesque et de la démesure. Avec le dispositif minimaliste de Tishe ! Victor Kossakovski semble nous adresser une profession de foi : les histoires sont dans le monde - à notre porte, sous notre fenêtre. Reste à les voir, les comprendre et les mettre en scène.
D'autres n'ont pas cette chance (on pense à Lord of Salem de Rob Zombie qui ne connaitra malheureusement pas d'exploitation salle en France), quantité d’œuvres tombent dans l'oubli, se perdent avec le temps. Ce qui est valable aujourd'hui l'est également depuis des décennies. Mais grâce à des éditeurs comme Potemkine, des merveilles comme De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites trouve le chemin jusqu'à nos lecteurs de dvd / blu-ray. Rappelons que le film avait bénéficié d'une ressortie en salle en septembre 2008 par Splendor Films.
Malgré le relatif anonymat de ce troisième long-métrage de Paul Newman, De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites a tout pour figurer en bonne position dans les meilleurs œuvres du Nouvel Hollywood. Scénarisé par Alvin Sargent, qui a travaillé sur de nombreux fleurons des seventies (Le pays de la Violence de John Frankenheimer ; La Barbe à papa de Peter Bogdanovitch ; Le Récidiviste de Ulu Grosbard), comme sur les derniers Spider-man, De l'influence des rayons... est dans la veine des meilleurs Cassavetes. Entre les marqueurs du cinéma classique Hollywoodien (adaptation d'une pièce de théâtre de Paul Zindel) et description ultra réaliste d'une cellule familiale monoparentale au bord de l'implosion, De l'influence des rayons gamma... irradie le spectateur de sa superbe simplicité visuelle et d'une complexité scénaristique envoutante.
Béatrice Hunsdorfer, abandonnée par son mari, élève seule ses
deux filles et se démène pour faire face au quotidien. Elle oscille
entre l'amertume de sa condition, une fantaisie débridée et une
émotivité qui la submerge. Ses deux filles, Ruth et Matilda, se
protègent à leur manière. L'une, 17 ans, délurée, se rebelle, tandis que
la timide Matilda, 13 ans, étudie le comportement des Marguerites
exposées aux rayons gamma...
Outre cette sortie événement, l'occasion est toute trouvé afin de faire le point sur les dernières nouveautés de l'éditeur disponible sur theendstore.com et des prochaines sorties à venir.
A l'instar des frères Safdie, Alex Ross Perry est l'une des sensations du cinéma américain indépendant. The Color Wheel, également diffusé en salle par Potemkine, reinterpretre le road movie version low-fi mais avec un esprit Do it yourself étonnant.
JR,
une fille qui rêve de travailler à la télévision, entreprend avec son
jeune frère, le déplorable Colin, un voyage en voiture pour récupérer
les affaires qu'elle a laissées chez son prof et ex-amant. Le problème
est que ces grands enfants ne s'entendent guère et sont bien trop odieux
pour essayer de mieux se connaître. Le chaos et toutes sortes de
catastrophes collent aux basques de leur Honda déglinguée. Il faudra du
temps et des résolutions des plus curieuses pour que JR et Colin mettent
enfin de côté leur immature rivalité de frère et soeur...
Autre sortie salle de Potemkine, God Bless America de Bobcat Goldthwait se voit offrir une sortie blu-ray et dvd pour cette critique acide de notre société débilisé par la télévision.
Seul, sans boulot, gravement malade, Frank sombre dans la spirale
infernale d'une Amérique déshumanisée et cruelle. N'ayant plus rien à
perdre, il prend son flingue et assassine les personnes les plus viles
et stupides qui croisent son chemin. Bientôt rejoint par Roxy, lycéenne
révoltée et complice des plus improbables, c'est le début d'une équipée
sauvage, sanglante et grandguignolesque sur les routes de la bêtise made in USA.
Avec Genpin de la réalisatrice japonaise Naomi Kawase (Shara, Hanezu), Potemkine ouvre une collection dédié au documentaire. Un acte éditorial fort, tant seul quelques labelont le courage de se lancer dans ce domaine.
Lorsqu'elle gagne la caméra d'or au festival de Cannes en 1997 pour Suzaku, Naomi Kawase est une jeune réalisatrice de 28 ans, mais elle a déjà tourné une quinzaine de journaux filmés. Depuis, elle a construit une oeuvre intimiste et sensorielle, partagée entre le documentaire et un travail de fiction internationalement reconnu (Shara, La Forêt de Mogari). Avec Genpin, Naomi Kawase revient à ses motifs de prédilection - l'enfance, la vieillesse, la renaissance, le cycle de la nature - et nous offre un film contemplatif qui contient certainement l'une des plus belles scènes d'accouchement jamais filmée par le cinéma.
Un choix d'autant plus à saluer et à soutenir que Potemkine proposera non seulement des documentaires récents mais également des raretés qui jusqu'ici n'était disponible sur support vidéo. Ainsi les films Nous les enfants du XXème siècle de Vitali Kaneski et ceux de Victor Kossakovski, Belovy et Tishe pourront espérer une (re)connaissance auprès d'un plus large public.
Vitali Kanevski est apparu sur la scène internationale en 1990 avec Bouge pas, meurs, ressuscite (caméra d'Or au festival de Cannes). Deux ans plus tard, avec Une vie indépendante (Prix du Jury), il confirme un style lyrique et cru, à la fois sublime et provocateur, nourri par le souvenir d'une enfance extrêmement rude passée à Soutchan, dans l'Extrême-Orient russe, pendant la seconde guerre mondiale. Avec Nous les enfants du XXème siècle, son troisième et dernier film à ce jour, il continue son travail d'exploration du mal dans une oeuvre où la violence des témoignages se conjugue à une grande force visuelle.
Voyage sur la rivière... Filmé depuis un bateau, ce voyage nous
amène vers "l'origine de la rivière" et dans un petit village russe où
Michail vit pauvrement avec sa soeur Anna.
Victor Kossakovski est né en 1961 à Leningrad. D'abord assistant-opérateur et monteur, il devient cinéaste en 1989 avec Losev. En quelques années, il s'est imposé comme l'un des plus grands représentants de la comédie documentaire. Belovy, son troisième film, confirme la veine burlesque de son cinéma, et frappe par la tendresse du regard qu'il porte sur chacun de ses personnages.
Victor Kossakovski observe une petite rue de Saint-Pétersbourg depuis
sa fenêtre. En permanence, la chaussée est cassée puis repavée. Il
pleut souvent, parfois il neige, les saisons défilent et la population
s'adapte. Sous la pluie torrentielle, certains courent, d'autres rasent
les murs ou se couvrent la tête d'un sac plastique. Un couple investit
la chaussée, patauge dans les flaques, s'embrasse, créant une atmosphère
comique imprégnée de la poésie printanière du square...Victor Kossakovski est apparu sur la scène internationale dans les années 1990, en même temps que deux autres brillants représentants du documentaire russe : Sergeï Dvortsevoy et Sergeï Loznitsa. Ses films, souvent comiques, sont influencés par la photographie abstraite, et frappent par leur sens du burlesque et de la démesure. Avec le dispositif minimaliste de Tishe ! Victor Kossakovski semble nous adresser une profession de foi : les histoires sont dans le monde - à notre porte, sous notre fenêtre. Reste à les voir, les comprendre et les mettre en scène.
Depuis septembre 2007 et leur premier dvd, Potemkine n'a jamais changer de direction, celle de proposer un cinéma d'auteur, un cinéma indépendant. L'éditeur a franchi des caps qui lui ont permis de proposer des rééditions et asseoir une politique de sortie de qualité comme en attestent De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites ou les prochaines sorties ( coffret Alan Clarke 2, coffret Jean Epstein, coffret Kenneth Anger, intégrale Rohmer).
Tous les films de Potemkine sont à commander par mail à theendstore(at) g m a i l . c o m ou sur theendstore.com
source : Potemkine
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Anatomie d'un acteur
Depuis le décès de Claudine Paquot en juin 2011, les livres édités par les Cahiers du Cinéma se faisait plus rares. Était-ce la disparition de la responsable de la collection depuis plus de trente ans ou la nouvelle politique de Phaidon (propriétaire des Cahiers depuis 2009) de ralentir les publications ? Les premiers éléments de réponse affluent plus pour un recentrage autour de figure classique du cinéma à la portée commerciale certaine. Ainsi on a vu il y a quelque mois l'apparition d'une collection "Master of Cinema" reprenant à s'y m'épandre la précédente collection vendue avec Le Monde (même auteur, même petit prix). Seule la charte graphique change pour cette série consacrée aux Maitres du septième art (Kubrick, Lynch, Hitchcock, Orson Welles,...).
Le 15 mai prochain, Les Cahiers inaugure une nouvelle collection "Anatomie d'un acteur", dont voici la présentation :
SOMMAIRE
//////////////////////////////////////////////////////////
Introduction
Stanley Kowalski / Un tramway nommé Désir (1951) Elia Kazan
Marc Antoine / Jules César (1953) Joseph L. Mankiewicz
Terry Malloy / Sur les quais (1954) Elia Kazan
Napoléon Bonaparte / Désirée (1954) Henry Koster
Rio / La Vengeance aux deux visages (1961) Marlon Brando
Fletcher Christian / Les Révoltés du Bounty (1962) Lewis Milestone
Major Weldon Penderton / Reflets dans un œil d’or (1967) John Huston
Don Vito Corleone / Le Parrain (1972) Francis Ford Coppola
Paul / Le Dernier Tango à Paris (1972) Bernardo Bertolucci
Colonel Walter E. Kurtz / Apocalypse Now (1979) Francis Ford Coppola
Conclusion
Le second titre à être édité est Al Pacino par Karina Longworth. Comme pour les livres Master of Cinema, les titres d'Anatomie d'un acteur" vont bénéficier du réseau Phaidon et de son vivier d'auteur/journaliste étrangers pour publier des textes inédits en français.
SOMMAIRE
//////////////////////////////////////////////////////////
Introduction
Michael Corleone / La trilogie du Parrain (1972, 1974, 1990) Francis Ford Coppola
Francis « Lion » Delbuchi / L’Épouvantail (1973) Jerry Schatzberg
Frank Serpico / Serpico (1973) Sidney Lumet
Sonny Wortzik / Un après-midi de chien (1975) Sidney Lumet
Arthur Kirkland / Justice pour tous (1979) Norman Jewison
Tony Montana / Scarface (1983) Brian De Palma
Frank Keller / Mélodie pour un meurtre (1989) Harold Becker
Lieutenant-colonel Frank Slade / Le Temps d’un week-end (1992) Martin Brest
Vincent Hanna / Heat (1995) Michael Mann
« Al Pacino » / Jack et Julie (2011) Dennis Dugan
Conclusion
Les prochains volumes - annoncés pour cet automne - seront consacrés à Jack Nicholson et à Meryl Streep.
192 pages | 45 euro
Le 15 mai prochain, Les Cahiers inaugure une nouvelle collection "Anatomie d'un acteur", dont voici la présentation :
Les ouvrages de la collection Anatomie d’un acteur étudient de manière exhaustive le parcours des plus grands acteurs mondiaux, à travers une analyse de dix rôles emblématiques. Les auteurs de la collection s’attachent à comprendre pourquoi et comment ces stars du cinéma sont devenues quelques-unes des figures les plus respectées et influentes dans le monde du cinéma. Chaque titre est divisé en 10 chapitres, chacun d’entre eux étant consacré à un rôle spécifique, et illustré de photographies de plateau et de tournage.
Marlon Brando (1924–2004) est une figure emblématique de l’histoire du cinéma américain. À la suite de son décès en 2004, le New York Times rendait hommage au « prodige rebelle qui électrisa une génération, et transforma à jamais l’art du jeu d’acteur […] une présence réellement révolutionnaire ». De ses débuts dans Un Tramway nommé Désir (1951) d’Elia Kazan à ses performances mythiques dans Le Parrain (1971) et Apocalypse Now (1979) de Francis F. Coppola, Brando, qui a travaillé avec de grandes stars de cinéma comme James Mason et Al Pacino, et des réalisateurs tels que Joseph Mankiewicz, John Huston et Bernardo Bertolucci, est devenu une véritable référence pour les acteurs contemporains.
Journaliste, écrivain et cinéaste, Florence Colombani contribue aux pages Arts & Culture du magazine Le Point. Elle est l’auteur de Woody Allen (collection « Maîtres du cinéma »).
SOMMAIRE
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Introduction
Stanley Kowalski / Un tramway nommé Désir (1951) Elia Kazan
Marc Antoine / Jules César (1953) Joseph L. Mankiewicz
Terry Malloy / Sur les quais (1954) Elia Kazan
Napoléon Bonaparte / Désirée (1954) Henry Koster
Rio / La Vengeance aux deux visages (1961) Marlon Brando
Fletcher Christian / Les Révoltés du Bounty (1962) Lewis Milestone
Major Weldon Penderton / Reflets dans un œil d’or (1967) John Huston
Don Vito Corleone / Le Parrain (1972) Francis Ford Coppola
Paul / Le Dernier Tango à Paris (1972) Bernardo Bertolucci
Colonel Walter E. Kurtz / Apocalypse Now (1979) Francis Ford Coppola
Conclusion
Le second titre à être édité est Al Pacino par Karina Longworth. Comme pour les livres Master of Cinema, les titres d'Anatomie d'un acteur" vont bénéficier du réseau Phaidon et de son vivier d'auteur/journaliste étrangers pour publier des textes inédits en français.
Al Pacino (né en 1940) est un acteur et comédien mondialement reconnu qui a fait ses classes au sein du célèbre Actors Studio, à New York. De ses débuts en toxicomane dans Panique à Needle Park (1971) de Jerry Schatzberg à son dernier film en date Stand Up Guys (2013) de Fisher Stevens, il a joué dans plus de quarante films. C’est en interprétant Michael Corleone dans la trilogie Le Parrain (1972) de Francis F. Coppola qu’il deviendra la figure emblématique que nous connaissons aujourd’hui. Pacino a reçu de nombreuses récompenses pour son travail, dont le prix du meilleur acteur pour son rôle dans Le Temps d’un week-end (1992) de Martin Brest.
Karina Longworth travaille comme critique de films et journaliste à Los Angeles. Auteur d’une monographie consacrée à George Lucas (collection « Maîtres du cinéma »), elle collabore régulièrement à différents magazines et périodiques, notamment LA Weekly, The Village Voice, Vanity Fair, The Guardian et Slate.
SOMMAIRE
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Introduction
Michael Corleone / La trilogie du Parrain (1972, 1974, 1990) Francis Ford Coppola
Francis « Lion » Delbuchi / L’Épouvantail (1973) Jerry Schatzberg
Frank Serpico / Serpico (1973) Sidney Lumet
Sonny Wortzik / Un après-midi de chien (1975) Sidney Lumet
Arthur Kirkland / Justice pour tous (1979) Norman Jewison
Tony Montana / Scarface (1983) Brian De Palma
Frank Keller / Mélodie pour un meurtre (1989) Harold Becker
Lieutenant-colonel Frank Slade / Le Temps d’un week-end (1992) Martin Brest
Vincent Hanna / Heat (1995) Michael Mann
« Al Pacino » / Jack et Julie (2011) Dennis Dugan
Conclusion
Les prochains volumes - annoncés pour cet automne - seront consacrés à Jack Nicholson et à Meryl Streep.
192 pages | 45 euro
Libellés :
Al Pacino,
Cahiers du Cinéma,
Marlon Brando
Cinémathèque de Nice : mai 2013
Un mois comme on les aime à la Cinémathèque de Nice avec des classiques (Jour de fête, Les amants de la nuit, Les chaussons rouges), des documentaires, du muet et des Palme d'Or. Voici notre sélection :
BOVINES / Emmanuel Gras / 2012
Normandie - Au jour le jour, un troupeau de vaches charolaises vit à son rythme, entre broutages d'herbe, meuglements et... réflexions au soleil…
> vendredi 24 mai à 18h30
> samedi 25 mai à 14h00
LE CHEVAL DE TURIN / Bela Tarr / 2011
Dans une ferme battue par les vents, le quotidien d’un cocher de campagne, de sa fille et de leur cheval, avant la fin du monde…
> jeudi 30 mai à 14h00
INTO THE ABYSS / Werner Herzog / 2011
Juillet 2010 - Le réalisateur Werner Herzog interroge Michael Perry, dans le couloir de la mort, huit jours avant son exécution. Il retrace le parcours de ce jeune homme, triple assassin à 19 ans…
> jeudi 9 mai à 18h00
> samedi 11 mai à 16h00
POLICIER, ADJECTIF / Corneliu Porumboiu / 2009
Lors d'une filature, Cristi, jeune policier, voit un garçon vendre du haschich à ses copains de lycée. Il refuse de l'arrêter alors que la loi l'y oblige. Il ne veut pas avoir la vie de ce garçon sur la conscience. Mais pour son supérieur, le mot conscience a un autre sens…
> vendredi 3 mai à 21h45
LE CIEL ET LA BOUE / Pierre-Dominique Gaisseau / 1961
En septembre 1959, une équipe de cinéastes et d'ethnologues traverse la Nouvelle-Guinée néerlandaise du sud au nord. Le voyage, à pied, prendra 7 mois à travers un territoire non cartographié peuplé de chasseurs de têtes et de cannibales…
> jeudi 9 mai à 16h00
> samedi 11 mai à 14h00
WOODY ALLEN, A DOCUMENTARY / Robert B. Weide / 2012
De sa plus tendre enfance à Brooklyn, jusqu'à la sortie de son succès mondiale "Minuit à Paris", un parcours intime et professionnel du réalisateur américan Allen Stewart Königsberg, plus connu sous le nom de Woody Allen…
> mardi 28 mai à 20h00
Retrouvez tous les autres films du mois sur le site internet de la cinémathèque de Nice.
BOVINES / Emmanuel Gras / 2012
Normandie - Au jour le jour, un troupeau de vaches charolaises vit à son rythme, entre broutages d'herbe, meuglements et... réflexions au soleil…
> vendredi 24 mai à 18h30
> samedi 25 mai à 14h00
LE CHEVAL DE TURIN / Bela Tarr / 2011
Dans une ferme battue par les vents, le quotidien d’un cocher de campagne, de sa fille et de leur cheval, avant la fin du monde…
> jeudi 30 mai à 14h00
INTO THE ABYSS / Werner Herzog / 2011
Juillet 2010 - Le réalisateur Werner Herzog interroge Michael Perry, dans le couloir de la mort, huit jours avant son exécution. Il retrace le parcours de ce jeune homme, triple assassin à 19 ans…
> jeudi 9 mai à 18h00
> samedi 11 mai à 16h00
POLICIER, ADJECTIF / Corneliu Porumboiu / 2009
Lors d'une filature, Cristi, jeune policier, voit un garçon vendre du haschich à ses copains de lycée. Il refuse de l'arrêter alors que la loi l'y oblige. Il ne veut pas avoir la vie de ce garçon sur la conscience. Mais pour son supérieur, le mot conscience a un autre sens…
> vendredi 3 mai à 21h45
LE CIEL ET LA BOUE / Pierre-Dominique Gaisseau / 1961
En septembre 1959, une équipe de cinéastes et d'ethnologues traverse la Nouvelle-Guinée néerlandaise du sud au nord. Le voyage, à pied, prendra 7 mois à travers un territoire non cartographié peuplé de chasseurs de têtes et de cannibales…
> jeudi 9 mai à 16h00
> samedi 11 mai à 14h00
WOODY ALLEN, A DOCUMENTARY / Robert B. Weide / 2012
De sa plus tendre enfance à Brooklyn, jusqu'à la sortie de son succès mondiale "Minuit à Paris", un parcours intime et professionnel du réalisateur américan Allen Stewart Königsberg, plus connu sous le nom de Woody Allen…
> mardi 28 mai à 20h00
Retrouvez tous les autres films du mois sur le site internet de la cinémathèque de Nice.
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Cinémathèque,
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Woody Allen
Lionel Soukaz 100 polaroids
Plus que quelques jours pour découvrir les 100 polaroids pris par le réalisateur Lionel Soukaz (Race d'Ep, Ixe) lors de son film RV mon ami, à la librairie Vigna (3 rue Delille) à Nice. Soukaz a travers ses films à été le témoin de l'évolution de l'homosexualité en France.
Le film a été mis en ligne par Lionel Soukaz sur dailymotion
RV .1 par soukaz
vendredi et samedi de 14h00 à 18h00.
RV .1 par soukaz
vendredi et samedi de 14h00 à 18h00.
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Lionel Soukaz,
Polaroid
Les Introuvables : des légendes et des raretés
Classique "émasculé" et raretés du Nouvel Hollywood sont au programme de cette nouvelle salve de la collection Les Introuvables Wild Side
Dernière légende de l'âge d'or d'Hollywood, Kirk Douglas est à l'honneur dans Quinze jours ailleurs de Vincente Minnelli et prochainement dans l'ouvrage I am Spartacus retraçant l'épopée de ce péplum signé Santley Kubrick, on en reparle très vite.
QUINZE JOURS AILLEURS / TWO WEEKS IN ANOTHER TOWN / Vincente Minelli / 1962
Après divers déboires, sentimentaux et professionnels, suivis de six ans en clinique psychiatrique, Jack Andrus est rappelé à Rome pour un tournage durant quinze jours. Jack remplace à la hâte le metteur en scène tombé malade, qui voit là une véritable trahison. Sur le plateau, Jack retrouve son ex-femme, Carlotta, qui lui fera des avances pour ensuite le bafouer. Mais il tombera amoureux de Véronica, la maîtresse d'un jeune premier, qui jaloux, veut le tuer.
> Hollywood Ending : entretien avec Jean Douchet (13mn)
Si les propos de Monsieur Douchet viennent attiser notre curiosité à l'égard de ce film, les propos de Kirk Douglas issus de son autobiographie rajoute du mystère à cette œuvre rare.
Une décennie plus tard la donne avait plus ou moins changé pour les cinéastes du Nouvel Hollywood. Fort du succès d'Easy Rider en tant que producteur et de Cinq Pièce faciles en tant que réalisateur, Bob Rafelson signe une rareté qui n'était jusqu'à présent disponible qu'au sein d'un coffret zone 1 Criterion dépourvu de sous-titres français.
THE KING OF MARVIN GARDENS / Bob Rafelson / 1972
Animateur dans une petite radio de Philadelphie, David Staebler reçoit un jour un coup de fil de son frère, Jason. Il lui demande de le rejoindre à Atlantic City, afi n de lui faire part d’un projet d’envergure : fonder une cité du jeu sur une île d’Hawaï.
> Bob Rafelson, Confidences d'un cinéaste éclairé (26mn)
Finissons avec The Last Detail, troisième long-métrage du cinéaste "hippie" Hal Ashby inédit en dvd en France (mais pourtant édité en Belgique ou en Angleterre avec version française et sous-titres français) qui sera disponible comme The King of Marvin Gardens au début du mois de juin.
LA DERNIERE CORVEE / THE LAST DETAIL / Hal Ashby / 1973
Deux marins de l’U.S. Navy,“Bas Ass” Buddusky et “Mule” Mulhall reçoivent pour mission d’escorter l’un des leurs, Meadows, à la prison militaire de Northfolk, où il doit purger une peine de prison pour avoir tenté de dérober la caisse d’une association de charité dirigée par la femme d’un amiral.
> Hal Ashby, un rebelle à Hollywood : entretien avec Peter Biskind, auteur du Nouvel Hollywood (13mn)
> Bande-annonce originale
source : Wild Side
Dernière légende de l'âge d'or d'Hollywood, Kirk Douglas est à l'honneur dans Quinze jours ailleurs de Vincente Minnelli et prochainement dans l'ouvrage I am Spartacus retraçant l'épopée de ce péplum signé Santley Kubrick, on en reparle très vite.
QUINZE JOURS AILLEURS / TWO WEEKS IN ANOTHER TOWN / Vincente Minelli / 1962
Après divers déboires, sentimentaux et professionnels, suivis de six ans en clinique psychiatrique, Jack Andrus est rappelé à Rome pour un tournage durant quinze jours. Jack remplace à la hâte le metteur en scène tombé malade, qui voit là une véritable trahison. Sur le plateau, Jack retrouve son ex-femme, Carlotta, qui lui fera des avances pour ensuite le bafouer. Mais il tombera amoureux de Véronica, la maîtresse d'un jeune premier, qui jaloux, veut le tuer.
Au point culminant de son inspiration créatrice, Minnelli tourne deux films puissants et puissamment pessimistes : Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, puis Quinze jours ailleurs, qui se présente comme un témoin des difficultés que rencontrera le cinéma américain de 1960 à 70. L’histoire raconte celle du tournage d’une grosse production déportée à Rome pour raison financière. Le cinéaste illustre le combat entre valeur artistique et vulgarité marchande, et cite Les Ensorcelés, qu’il réalisa en 1951 et qui magnifia le Hollywood de la grande époque classique. Désormais le décor imaginaire, dans lequel tout héros minnellien cherche à se réfugier, a changé. Il perd sa part de rêve pour s’abîmer dans une réalité féroce, malade, sans exaltation. Le film manifeste la lassitude qu’éprouve Minnelli face à ce qu’est devenue la profession cinématographique: le conflit qui naît entre les deux réalisateurs et perturbe l’équipe confesse le malaise qu’il ressent alors. Il est autant Douglas que Robinson et la fébrilité qui s’empare de tous les personnages, donc des mouvements d‘appareils, des lumières, des couleurs, des sons, atteint son paroxysme dans la séquence de la voiture en folie. Quinze jours ailleurs reste un chef-d’oeuvre aussi vivant qu’émouvant.
Jean DouchetSupplément :
> Hollywood Ending : entretien avec Jean Douchet (13mn)
Si les propos de Monsieur Douchet viennent attiser notre curiosité à l'égard de ce film, les propos de Kirk Douglas issus de son autobiographie rajoute du mystère à cette œuvre rare.
"A l'automne 1961, Anne et moi nous rendîmes à Rome. Two Weeks in another town (Quinze Jours ailleurs) était le troisième film que je faisais avec Vincente Minnellli comme réalisateur et John Houseman comme producteur. Pour les deux films précédents, Les Ensorcelés et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, j'avais été désigné pour les Oscars.
Quinze jours ailleurs (un scénario de Charles Schnee, d'après le roman d'Irwin Shaw) aurait pu être un film très fort sur la vue moderne. Cette idée d'un homme recherchant l'oubli et la rédemption derrière les gens qui l'entourent, durs et superficiels, n'est pas sans évoquer La Dolce Vita. Cyd Charisse jouait le rôle de mon ancienne femme, une véritable garce.
Edward G. Robinson jouait le rôle d'un réalisateur de films qui donait à mon personnage, l'acteur déchu Jack Andrus, une chance de s'en sortir. Eddie avait à l'époque la soixante, et il portait encore les cicatrices de cette machine à déchiqueter les hommes qu'avait été la liste noire du début des années cinquante. Personne n'avait formellement accusé Eddie de quoi que ce soit ; il n' y a que des ragots. entre autres "crimes", on reprochait à Eddie son appartenance au groupe "Jeunesse américaine pour la démocratie", et un prêt de 2500 dollars qu'il avait consenti à Dalton Trumbo. [...] La plupart des plans de Quinze jours ailleurs furent tournés à Rome et de nuit. Minnelli pouvait facilement dormir dans la journée, parfois jusqu'à six heures du soir. J'en étais, moi, parfaitement incapable, en sorte que je passai trois semaines épuisantes de tournage sans beaucoup dormir.[...] Il y avait un certain nombre de scènes scandaleuses dans Quinze jours ailleurs. Pour l'une de ces scènes, ils voulaient une chanteuse noire : dans un night-club dépravé de Rome, des gens de la haute société, assis autour d'un verre, observent des gens faisant l'amour sur scène (hors écran, bien entendu). Ils amenèrent sur le plateau une ravissante jeune fille chaperonnée par ses parents. Elle s'appelait Leslie Uggams et avait une voix également ravissante. [...] Vincente Minnelli était un homme merveilleux, habitué à travailler dans le cadre du vieux système des compagnies cinématographiques. Il ne travaillait jamais beaucoup sur le post-productions d'un film. Le dernier plan tourné, il considérait en avoir fini, et laissait au producteur et au monteur le soin de terminer le travail. Et puis soudain, la MGM eut un nouveau directeur, Joseph Vogel, qui décida que la compagnie ne produirait plus que des spectacles familiaux. Or Quinze jours ailleurs était tout sauf un film pour les familles. Il y avait beaucoup de scènes érotiques, parfois dures. Vogel décida donc de modifier le film au montage ; il fallait absolument en tirer un spectacle "tous publics". Les discussions s'engagèrent, mais je me demandais où avait bien pu passer John Houseman, le producteur.
En voyant à quel point il allaient émasculer le film, j'écrivis à Vogel, bien que je ne fusse qu'un acteur. Je l'implorai, lui disant que s'il avait voulu faire un spectacle familial, il n'aurait pas dû produire Quinze jours ailleurs. Margaret Booth, qui est à présent chef monteuse chez Ray Stark, travaillait sur Quinze jours ailleurs. J'allai plaider ma cause auprès d'elle. Elle était d'accord avec moi : ils avaient tort, mais elle travaillait pour la MGM et elle avait peur de perdre son travail. Elle éclata en sanglots. Je n'ai jamais pu m’empêcher de parler ! Ils coupèrent les scènes les plus passionnantes. Je trouvais cela parfaitement injustes pour Vincente Minnelli qui avait réalisé un si beau travail. Et injuste pour le public, qui payait sa place, et qui aurait pu voir un film profond, aux dimensions tragiques. Ils le sortirent de cette façon, émasculé."
Kirk Douglas in Le Fils du chiffonnier - 1989 - p.341-343
THE KING OF MARVIN GARDENS / Bob Rafelson / 1972
Animateur dans une petite radio de Philadelphie, David Staebler reçoit un jour un coup de fil de son frère, Jason. Il lui demande de le rejoindre à Atlantic City, afi n de lui faire part d’un projet d’envergure : fonder une cité du jeu sur une île d’Hawaï.
Auréolé du succès de Cinq pièces faciles, Bob Rafelson, l’un des cinéastes les plus symptomatiques du Nouvel Hollywood et co-fondateur de la fameuse BBS (société de production à qui l’on doit Easy Rider et Hearts and Minds), retrouve Jack Nicholson et signe un grand film désenchanté tourné à Atlantic City, ville balnéaire magique des années 30 devenue en ce début des 70’s, un lieu décrépit et fantomatique. The King of Marvin Gardens (“Marvin Gardens” désigne la case immobilière la plus chère du Monopoly américain) exploite toutes les ressources de ce Xanadu en ruines et décline à merveille l’une des obsessions du cinéma de Rafelson, soit la rencontre, et souvent l’affrontement violent, entre des marginaux issus d’univers sociaux et culturels que tout, ou presque, oppose. Ici, le tandem fraternel formé par Nicholson, en autiste dépressif, et Bruce Dern, dans le rôle d’un arnaqueur flamboyant, incarne deux facettes d’un rêve américain en bout de course, perdu entre le mirage et le déni, entre la folie et la société de consommation qui a contaminé tous les esprits. Nous sommes en 1972 : la contre-culture et ses désirs de changement ne sont plus qu’un mirage plein de drogues et de rêves viciés (amasser des dollars) où l’on tourne en rond avant d’aller droit dans le mur. Une merveille du cinéma américain des années 70.
Jean-Baptiste ThoretSupplément :
> Bob Rafelson, Confidences d'un cinéaste éclairé (26mn)
Finissons avec The Last Detail, troisième long-métrage du cinéaste "hippie" Hal Ashby inédit en dvd en France (mais pourtant édité en Belgique ou en Angleterre avec version française et sous-titres français) qui sera disponible comme The King of Marvin Gardens au début du mois de juin.
Deux marins de l’U.S. Navy,“Bas Ass” Buddusky et “Mule” Mulhall reçoivent pour mission d’escorter l’un des leurs, Meadows, à la prison militaire de Northfolk, où il doit purger une peine de prison pour avoir tenté de dérober la caisse d’une association de charité dirigée par la femme d’un amiral.
Fraîchement auréolé de l’immense succès d’Harold et Maude, Hal Ashby (En route vers la gloire, Shampoo, Bienvenue Mister Chance) décide d’adapter en 1972 un roman de Darryl Ponicsan, La Dernière Corvée, dont le sujet - l’anti-autoritarisme et la frontière ténue entre le devoir et la morale - reflète l’état d’esprit désenchanté de l’Amérique des années 70, après sept ans d’une guerre catastrophe au Vietnam. “Dans la marine, la mission passe avant les sentiments, qu’il s’agisse d’aller massacrer l’ennemi à My-Laï ou de conduire un gamin en prison”. Pour cette raison, Robert Towne, le scénariste du film, modifia la fin du roman qui s’achevait, lui, par la désertion des deux officiers, interprétés par Jack Nicholson et Otis Young. Classique du Nouvel Hollywood, La Dernière Corvée emprunte la forme du road-movie, genre très en vogue à l’époque, et devient pour le jeune condamné (Randy Quaid, révélé deux ans plus tôt dans La Dernière Séance de Peter Bogdanovich) l’occasion d’un périple initiatique et de l’éveil d’une conscience politique. Cette comédie en demi-teinte sur laquelle souffle un esprit contestataire, alterne moments de farces, presque potaches, et violents retours à la réalité. Un magnifique film hivernal qui, au fil des kilomètres, se recouvre d’un voile mélancolique.
Suppléments :Jean-Baptiste Thoret
> Hal Ashby, un rebelle à Hollywood : entretien avec Peter Biskind, auteur du Nouvel Hollywood (13mn)
> Bande-annonce originale
source : Wild Side
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