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Bonus dvd : Baby Cart, l'âme d'un père, le coeur d'un fils

Exit Kenji Misumi (1921-1975), entrée de Buichi Satô (1925-2011),pour se quatrième épisode de la saga Baby Cart intitulé L'âme d'un père, le coeur d'un fils (1972). Aucune crainte à avoir car même sans son réalisateur fétiche, la série se poursuit sur un niveau de qualité toujours aussi intense.



Présentation Wild Side :
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Ittô Ogami est payé pour éliminer Oyuki, une redoutable femme guerrière qui servait dans la garde d'élite de son suzerain jusqu'au jour où elle fut atteinte d'une inexplicable folie meurtrière. Sa mort évitera au fief l'ingérence du pouvoir central. Ogami retrouve bientôt Oyuki, fille d'une grande beauté qui se bat seins nus (et tatoués) pour mieux déstabiliser ses adversaires. Il comprend bientôt la tragique raison qui pousse O-Yuki à tuer les samouraïs de son clan, mais ne renonce pas pour autant à honorer son contrat. Au même moment, un combat d'une toute autre ampleur attend Le loup à l'enfant : prévenu par ses espions, Retsudô Yagyû est déjà sur les lieux, prêt à défier Ogami en combat singulier.


Présentation Hk Vidéo
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L’âme d’un père, le cœur d’un fils est le quatrième long métrage lancé sur moins d'une année par les auteurs de Baby Cart. Très vite rodé l'équipe mise en place par le studio Toho, qui se compose du producteur Shintaro Katsu, du comédien Tomisaburo Wakayama, du scénariste Kazuo Koike et du réalisateur Kenji Misumi peut se passer momentanément de l’un des ses membres sans voir la qualité générale en souffrir le moins du monde.
Nouveauté majeure, Kenji Misumi laisse sa place à un réalisateur moins prestigieux Buichi Saitô. Saitô assure l’intérim avec beaucoup de talent et d’humilité, affirmant une nette déférence envers les créateurs de la série et endossant sans démériter les habits de son illustre prédécesseur.
Dans sa tache, il est aidé par l'un des meilleurs script signé  Kazuo Koike, qui préfère puiser sa trame au source du matériau d’origine plutôt que de s'en éloigner comme ce serait le cas dans tout autre saga du même type.
Épisode capital, L’âme d'un père, le cœur d'un fils, nous éclaire enfin sur les raisons qui ont poussé le félon clan Yagyû à discréditer leur rival Ittô Ogami et à assassiner son épouse, les transformant lui et son fils en rônin errant.
Comme toujours Koike profite de sa parfaite maitrise du contexte historique pour se concentrer avant tout sur les personnages. Dans ce quatrième épisode, le loup solitaire à l’enfant est définitivement devenu une machine à tuer, qui ne poursuit plus aucun but, aucun plan de vengeance mais se contente de survivre en donnant la mort, ce que souligne son mutisme de plus en plus imperturbable.

Une très brève introduction le voit accepter un nouveau contrat, tuer une jeune femme d'une nom d'Oyuki, clairement montré comme son alter ego féminin. La très belle et très émouvante Oyuki tatouée de figures démoniaques, dont un bébé rouge sang qui rappelle Daigorô, est elle-même une victime qui cherche à se venger de ses agresseurs dévoilant son anatomie sublime à ses adversaires afin de les tétaniser avant de leur porter le coup fatal.
On reconnait en ce personnage l’un des plus marquants de la série, le style flamboyant de Koike, créateur en autre de Lady Snowblood, sabreuse vengeresse dont les aventures cinématographique furent tournées la même année que ce quatrième Baby Cart.
L’autre personnage capital est Gumbei Yagyû, fils du très shakespearien Retsudô Yagyû, chef du clan des assassins du Shogun et persécuteur de Ittô Ogami. Dépeint comme un bretteur supérieur en rapidité et en technique pure à Ogami, Gumbei est évidemment l'un de ces personnage damnés qu’affectionne Koike en ce qu'il n'est inférieur au héros que sur un seul point, son incompréhension totale des vraies valeurs du Bushido, le code d’honneur du samouraï.
Si Ogami a choisi consciemment de s’en éloigner, Gumbei lui, croit en suivre les préceptes à la lettre alors qu’il ne s'en est jamais réellement montré digne, l’affrontement des deux hommes n’en est que plus symbolique.
L’image récurrente du landau, poussé par le monolithique décapiteur shogunal évoque celle d’un rouleau compresseur qui écrase absolument tout ce qui se met en travers de sa route. Ogami poursuit son chemin vers l’inévitable confrontation avec le chef du clan ennemi, s’acquittant sans broncher de tout contrat qui lui est proposé, y comprit lorsqu'il s'agit de tuer ceux dont il partage la cause.
Ogami quitte ainsi le fil du rasoir sur lequel il avançait jusqu’alors pour s’enfoncer définitivement dans les limbes. Il sait désormais que sa vengeance ne s’accomplira qu'au prix d’une éternelle damnation pour lui comme pour son fils.
 David Martinez, Leonard Haddad / HK Vidéo

L'intégrale Baby Cart est en vente sur theendstore.com
Le diptyque Lady Snowblood est en vente sur theendstore.com

source : Hk Vidéo / Wild Side

Baby Cart, l'intégrale

En novembre 2003, HK Vidéo éditait le premier volume de Baby Cart, adaptation du manga Lone Wolf & Cub de Kazuo Koike et de Goseki Kojima. Un deuxième volume vint clore un mois après cette cultissime saga cinématographique disponible pour la première fois en France.
Deux ans ans après Wild Side Vidéo réedite les six films dans un coffret intégrale. Wild Side se démarque grâce à des bonus, là ou les coffrets HK proposaient "seulement" des présentations de David Martinez.

Retiré de la vente depuis l'apparition de l'édition Wild Side, nous avons décidé à l'occasion de la disponibilité du coffret sur theendstore.com de proposer les présentations de David Martinez et Léonard Haddad par écrit.

Rendons à César ce qui appartient à César puisque cette idée de retranscrire les bonus dvd vient d'un fanzine, Miroir Noir, pour ne pas le citer, qui depuis son premier numéro, propose des bonus dvd couchés sur papier.

Le fanzine Peeping Tom évoque les questions de droit, espérons que ni Metropolitan, ni HK nous poursuive pour cela car c'est avant tout à titre informatif et en hommage à la qualité rédactionnelle de l'équipe de Christophe Gans.


BABY CART, LE SABRE DE LA VENGEANCE
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"Au début des années 70, les grands studios japonais ne savent pas encore que leur âge d’or touche à sa fin. Le développement forcené de la télévision et du cinéma engagé et expérimental de la nouvelle vague japonaise leurs ont porté un coup fatal qui les plongera dès 1975 dans une crise à l’issue incertaine.
Tourné en 1972, Baby Cart le sabre de la vengeance est encore un pur film de système, mais les prémices de la fin d’une époque y sont déjà apparentes.
Il est certes produit par un studio majeur, la Toho et réalisé par Kenji Misumi, un maître artisan ayant mené toute sa carrière au sein de ce même système, notamment à la Daei spécialiste des films de sabre mais il se distingue de la production de son temps par le fait qu’il prend sa source dans un manga et qu’il est accompagné d’une série télé dérivée.
C’est donc l’une des toutes premières œuvres brisant les frontières de la culture populaire qui deviendront par la suite de plus en plus poreuses. L’un des premiers avatars d’un multi médiatisme balbutiant.
Du manga au cinéma en passant par la télé, Baby Cart est avant tout un concept. Un homme pousse le landau de son fils sur les chemins du Japon et massacre ses assaillants sans presque prendre la peine de s’arrêter, préfigurant des centaines de jeux vidéo On doit cette idée au fameux scénariste de manga Kazuo Koike, créateur multirécidiviste de personnage d’assassins marqués par des origines tragiques qui les rendent à la fois impitoyables, invincibles et extraordinairement ambivalents.
Comme Golgo 13, Lady Snowblood ou Crying freeman le héros de Baby Cart tue. Mais pire qu’un assassin Itto Ogami est un bourreau. Un complot conçu pour usurper sa position d’exécuteur auprès du shogun aboutit à la mort de de sa femme et à sa déchéance. Plutôt que de se faire hara-kiri Ogami suit son propre code du déshonneur en prenant la fuite avec son jeune fils et en devenant un assassin.
Après près de vingt ans de carrière comme second rôle dans des films de sabre ou de gangster Tomisaburo Wakayama prête son physique de taureau placide au personnage du loup à l’enfant.
Ce n’est pas un hasard. La série est produite par Shintaro Katsu, l’acteur culte de Zatoichi, le samouraï aveugle, qui n’est autre que le propre frère de Wakayama. Kazuo Koike signe lui-même le scénario adapté de son manga. Le réalisateur Kenji Misumi remplaçant en quelque sorte le dessinateur Koze Kojima en tant qu’illustrateur de ses visions nihilistes.
La source manga du film est visible non seulement dans la fidélité à certains épisodes dessinés mais aussi dans le style formel mis au point par Misumi. Très composé et très graphique en apparence plutôt classique, Baby Cart est par certains aspects une œuvre radicalement expérimentale, un grand exemple de freestyle cinématographique, zébré d’éclair de couleurs ou d’effet gore saisissant.
On y retrouve un découpage en vignette dérivé des cases du manga et quelque dérapages surréels comme la séquence d’exécution surexposé qui ouvre le film, le fameux duel sous le soleil couchant avec l’enfant sur les épaules ou l’utilisation du son dans les nombreux flashbacks ou seul les dialogues et les coups de sabres sont audibles à la manière des bulles et des onomatopées sonores caractéristiques de la BD .

A tout point de vue, ce n’est qu’un début, le sabre de la vengeance pose des bases formelles que chacun des cinq autres films de la saga n’auront de cesse d’approfondir et de radicaliser.
Dans le même temps la série télé et le manga continueront de prospérer, annonçant la prise de pouvoir de ces deux médias sur la culture populaire japonaise pendant les années 80. On peut le regretter puisqu’elle est comparé sur l’année 1972, la version cinéma de Baby Cart était belle et bien la plus fascinante des trois."


source : Hk Video / Wild Side

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Directement adapté d'un des chef-d'oeuvres du manga japonais scénarisé par Kazuo Koike (également auteur de Crying Freeman), vendu à plus de 8 millions d'exemplaires pour une oeuvre de plus de 8000 pages, BABY CART met en scène Itto Ogami, héros dans la pure lignée japonaise : invincible, mais le coeur aussi tourmenté que son sabre est froid et implacable, il est pourtant marqué par sa destinée sans issue, le menant toujours plus avant vers une violence qui semble sans limite. 

En vente sur theendstore.com

Les Introuvables : des légendes et des raretés

Classique "émasculé" et raretés du Nouvel Hollywood sont au programme de cette nouvelle salve de la collection Les Introuvables Wild Side

Dernière légende de l'âge d'or d'Hollywood, Kirk Douglas est à l'honneur dans Quinze jours ailleurs de Vincente Minnelli et prochainement dans l'ouvrage I am Spartacus retraçant l'épopée de ce péplum signé Santley Kubrick, on en reparle très vite.

QUINZE JOURS AILLEURS / TWO WEEKS IN ANOTHER TOWN / Vincente Minelli / 1962  

Après divers déboires, sentimentaux et professionnels, suivis de six ans en clinique psychiatrique, Jack Andrus est rappelé à Rome pour un tournage durant quinze jours. Jack remplace à la hâte le metteur en scène tombé malade, qui voit là une véritable trahison. Sur le plateau, Jack retrouve son ex-femme, Carlotta, qui lui fera des avances pour ensuite le bafouer. Mais il tombera amoureux de Véronica, la maîtresse d'un jeune premier, qui jaloux, veut le tuer.

Au point culminant de son inspiration créatrice, Minnelli tourne deux films puissants et puissamment pessimistes : Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, puis Quinze jours ailleurs, qui se présente comme un témoin des difficultés que rencontrera le cinéma américain de 1960 à 70. L’histoire raconte celle du tournage d’une grosse production déportée à Rome pour raison financière. Le cinéaste illustre le combat entre valeur artistique et vulgarité marchande, et cite Les Ensorcelés, qu’il réalisa en 1951 et qui magnifia le Hollywood de la grande époque classique. Désormais le décor imaginaire, dans lequel tout héros minnellien cherche à se réfugier, a changé. Il perd sa part de rêve pour s’abîmer dans une réalité féroce, malade, sans exaltation. Le film manifeste la lassitude qu’éprouve Minnelli face à ce qu’est devenue la profession cinématographique: le conflit qui naît entre les deux réalisateurs et perturbe l’équipe confesse le malaise qu’il ressent alors. Il est autant Douglas que Robinson et la fébrilité qui s’empare de tous les personnages, donc des mouvements d‘appareils, des lumières, des couleurs, des sons, atteint son paroxysme dans la séquence de la voiture en folie. Quinze jours ailleurs reste un chef-d’oeuvre aussi vivant qu’émouvant.
Jean Douchet
Supplément :
> Hollywood Ending : entretien avec Jean Douchet (13mn)

Si les propos de Monsieur Douchet viennent attiser notre curiosité à l'égard de ce film, les propos de Kirk Douglas issus de son autobiographie rajoute du mystère à cette œuvre rare.
"A l'automne 1961, Anne et moi nous rendîmes à Rome. Two Weeks in another town (Quinze Jours ailleurs) était le troisième film que je faisais avec Vincente Minnellli comme réalisateur et John Houseman comme producteur. Pour les deux films précédents, Les Ensorcelés et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, j'avais été désigné pour les Oscars.
Quinze jours ailleurs (un scénario de Charles Schnee, d'après le roman d'Irwin Shaw) aurait pu être un film très fort sur la vue moderne. Cette idée d'un homme recherchant l'oubli et la rédemption derrière les gens qui l'entourent, durs et superficiels, n'est pas sans évoquer La Dolce Vita. Cyd Charisse jouait le rôle de mon ancienne femme, une véritable garce.
Edward G. Robinson jouait le rôle d'un réalisateur de films qui donait à mon personnage, l'acteur déchu Jack Andrus, une chance de s'en sortir. Eddie avait à l'époque la soixante, et il portait encore les cicatrices de cette machine à déchiqueter les hommes qu'avait été la liste noire du début des années cinquante. Personne n'avait formellement accusé Eddie de quoi que ce soit ; il n' y a que des ragots. entre autres "crimes", on reprochait à Eddie son appartenance au groupe "Jeunesse américaine pour la démocratie", et un prêt de 2500 dollars qu'il avait consenti à Dalton Trumbo. [...] La plupart des plans de Quinze jours ailleurs furent tournés à Rome et de nuit. Minnelli pouvait facilement dormir dans la journée, parfois jusqu'à six heures du soir. J'en étais, moi, parfaitement incapable, en sorte que je passai trois semaines épuisantes de tournage sans beaucoup dormir.[...] Il y avait un certain nombre de scènes scandaleuses dans Quinze jours ailleurs. Pour l'une de ces scènes, ils voulaient une chanteuse noire : dans un night-club dépravé de Rome, des gens de la haute société, assis autour d'un verre, observent des gens faisant l'amour sur scène (hors écran, bien entendu). Ils amenèrent sur le plateau une ravissante jeune fille chaperonnée par ses parents. Elle s'appelait Leslie Uggams et avait une voix également ravissante. [...] Vincente Minnelli était un homme merveilleux, habitué à travailler dans le cadre du vieux système des compagnies cinématographiques. Il ne travaillait jamais beaucoup sur le post-productions d'un film. Le dernier plan tourné, il considérait en avoir fini, et laissait au producteur et au monteur le soin de terminer le travail. Et puis soudain, la MGM eut un nouveau directeur, Joseph Vogel, qui décida que la compagnie ne produirait plus que des spectacles familiaux. Or Quinze jours ailleurs était tout sauf un film pour les familles. Il y avait beaucoup de scènes érotiques, parfois dures. Vogel décida donc de modifier le film au montage ; il fallait absolument en tirer un spectacle "tous publics". Les discussions s'engagèrent, mais je me demandais où avait bien pu passer John Houseman, le producteur.
En voyant à quel point il allaient émasculer le film, j'écrivis à Vogel, bien que je ne fusse qu'un acteur. Je l'implorai, lui disant que s'il avait voulu faire un spectacle familial, il n'aurait pas dû produire Quinze jours ailleurs. Margaret Booth, qui est à présent chef monteuse chez Ray Stark, travaillait sur Quinze jours ailleurs. J'allai plaider ma cause auprès d'elle. Elle était d'accord avec moi : ils avaient tort, mais elle travaillait pour la MGM et elle avait peur de perdre son travail. Elle éclata en sanglots. Je n'ai jamais pu m’empêcher de parler ! Ils coupèrent les scènes les plus passionnantes. Je trouvais cela parfaitement injustes pour Vincente Minnelli qui avait réalisé un si beau travail. Et injuste pour le public, qui payait sa place, et qui aurait pu voir un film profond, aux dimensions tragiques. Ils le sortirent de cette façon, émasculé."
 Kirk Douglas in Le Fils du chiffonnier - 1989 - p.341-343
Une décennie plus tard la donne avait plus ou moins changé pour les cinéastes du Nouvel Hollywood. Fort du succès d'Easy Rider en tant que producteur et de Cinq Pièce faciles en tant que réalisateur, Bob Rafelson signe une rareté qui n'était jusqu'à présent disponible qu'au sein d'un coffret zone 1 Criterion dépourvu de sous-titres français.

THE KING OF MARVIN GARDENS / Bob Rafelson / 1972

Animateur dans une petite radio de Philadelphie, David Staebler reçoit un jour un coup de fil de son frère, Jason. Il lui demande de le rejoindre à Atlantic City, afi n de lui faire part d’un projet d’envergure : fonder une cité du jeu sur une île d’Hawaï.

Auréolé du succès de Cinq pièces faciles, Bob Rafelson, l’un des cinéastes les plus symptomatiques du Nouvel Hollywood et co-fondateur de la fameuse BBS (société de production à qui l’on doit Easy Rider et Hearts and Minds), retrouve Jack Nicholson et signe un grand film désenchanté tourné à Atlantic City, ville balnéaire magique des années 30 devenue en ce début des 70’s, un lieu décrépit et fantomatique. The King of Marvin Gardens (“Marvin Gardens” désigne la case immobilière la plus chère du Monopoly américain) exploite toutes les ressources de ce Xanadu en ruines et décline à merveille l’une des obsessions du cinéma de Rafelson, soit la rencontre, et souvent l’affrontement violent, entre des marginaux issus d’univers sociaux et culturels que tout, ou presque, oppose. Ici, le tandem fraternel formé par Nicholson, en autiste dépressif, et Bruce Dern, dans le rôle d’un arnaqueur flamboyant, incarne deux facettes d’un rêve américain en bout de course, perdu entre le mirage et le déni, entre la folie et la société de consommation qui a contaminé tous les esprits. Nous sommes en 1972 : la contre-culture et ses désirs de changement ne sont plus qu’un mirage plein de drogues et de rêves viciés (amasser des dollars) où l’on tourne en rond avant d’aller droit dans le mur. Une merveille du cinéma américain des années 70.
Jean-Baptiste Thoret
Supplément :
> Bob Rafelson, Confidences d'un cinéaste éclairé (26mn)

Finissons avec The Last Detail, troisième long-métrage du cinéaste "hippie" Hal Ashby inédit en dvd en France (mais pourtant édité en Belgique ou en Angleterre avec version française et sous-titres français) qui sera disponible comme The King of Marvin Gardens au début du mois de juin.


LA DERNIERE CORVEE / THE LAST DETAIL / Hal Ashby / 1973

Deux marins de l’U.S. Navy,“Bas Ass” Buddusky et “Mule” Mulhall reçoivent pour mission d’escorter l’un des leurs, Meadows, à la prison militaire de Northfolk, où il doit purger une peine de prison pour avoir tenté de dérober la caisse d’une association de charité dirigée par la femme d’un amiral. 

Fraîchement auréolé de l’immense succès d’Harold et Maude, Hal Ashby (En route vers la gloire, Shampoo, Bienvenue Mister Chance) décide d’adapter en 1972 un roman de Darryl Ponicsan, La Dernière Corvée, dont le sujet - l’anti-autoritarisme et la frontière ténue entre le devoir et la morale - reflète l’état d’esprit désenchanté de l’Amérique des années 70, après sept ans d’une guerre catastrophe au Vietnam. “Dans la marine, la mission passe avant les sentiments, qu’il s’agisse d’aller massacrer l’ennemi à My-Laï ou de conduire un gamin en prison”. Pour cette raison, Robert Towne, le scénariste du film, modifia la fin du roman qui s’achevait, lui, par la désertion des deux officiers, interprétés par Jack Nicholson et Otis Young. Classique du Nouvel Hollywood, La Dernière Corvée emprunte la forme du road-movie, genre très en vogue à l’époque, et devient pour le jeune condamné (Randy Quaid, révélé deux ans plus tôt dans La Dernière Séance de Peter Bogdanovich) l’occasion d’un périple initiatique et de l’éveil d’une conscience politique. Cette comédie en demi-teinte sur laquelle souffle un esprit contestataire, alterne moments de farces, presque potaches, et violents retours à la réalité. Un magnifique film hivernal qui, au fil des kilomètres, se recouvre d’un voile mélancolique.
Jean-Baptiste Thoret 
Suppléments :
> Hal Ashby, un rebelle à Hollywood : entretien avec Peter Biskind, auteur du Nouvel Hollywood (13mn)
> Bande-annonce originale

source : Wild Side

That cold day in the park / Robert Altman (1969)

Un an avant sa Palme d'or pour M.A.S.H, Robert Altman (1923-2006) réalisait That cold day in the Park, un des premiers longs-métrage du réalisateur de Short Cut et de The Long Goodbye. Une rareté qui verra le jour en dvd dans la collection Les Introuvables Wild Side le 6 février prochain. En attendant, vous pouvez découvrir le film dans son intégralité sur internet.


Frances Austen, une jeune femme riche mais seule, invite un jeune inconnu dans son appartement. Elle lui propose de vivre à ses côtés. D’abord hésitant, il finit par accepter cette étrange aventure…

   
Après plus de 12 ans de réalisation pour le petit écran pendant lesquels il a travaillé avec Alfred Hitchcock, That cold day in the park est l’un des premiers longs métrages pour le cinéma du grand Robert Altman. A travers sa trentaine de films, Robert Altman a su créer son propre univers et nous a fait partager sa vision très personnelle des sujets qu’il abordait. Après un premier film The Delinquents, c’est surtout grâce à un documentaire sur James Dean qu’il se fait remarquer. Scénariste, réalisateur et producteur, il était l’une des figures les plus fortes du cinéma contemporain américain et international. En 1970, il a remporté le premier prix de sa carrière - la Palme d’Or au Festival de Cannes pour M.A.S.H, réalisé l’année suivant That Cold Day in the Park.

Les Introuvables : Lang, De Toth, LeRoy

Voilà bientôt 10 ans que Wild Side à travers sa collection "Les Introuvables" comble le cinéphile comme l'amoureux d'un cinéma tombé dans l'oubli. Avant l'arrivée du dvd et de Wild Side, le seul moyen de (re)voir certains films étaient d'espérer un passage télévisé (cable, satellite ou hertzien) ou lors d'un festival ou d'une rétrospective. Autant dire une probabilité plus que hasardeuse. Aujourd'hui avec internet et le raccourcissement des distances, quantités de long-métrages sont aujourd’hui accessibles. Espérons que cela continue encore et toujours, de quelque manières que se soient...

Les trois prochains titres sont déjà connus depuis le début du mois de décembre via dvdclassik et 1kult mais nous vous proposons le visuel de ces trois films américains signés Fritz Lang (dont une rétrospective est en cours à la Cinémathèque de Paris), André De Toth et Mervyn LeRoy. Tous les trois ont déjà eu l'honneur de précédentes éditions, ce qui marque une certaine fidélité de la part de Wild Side envers ces cinéastes.

Désirs humains [Human Desires](1954)

Carl Buckley (Broderick Crawford) tue l’amant de sa femme Vicki (Gloria Grahame). Témoin de la scène, elle avoue le meurtre à Jeff Warren (Glenn Ford), un collègue de Carl. Pour ne pas compromettre Vicky dont il s‘est épris, Jeff garde le silence. Les amants décident alors de tuer le mari…
Inédit en DVD, ce drame social magistral est un des grands classiques du maître Fritz Lang. Inspiré de La Bête humaine de Zola, ce bijou de réalisation met en scène Glenn Ford (Gilda, La Vallée de la poudre), Gloria Grahame (Feux croisés, Les Ensorcelées) et Broderick Crawford (Les Fous du roi, Les Gens de la nuit).

Bonus : La loi des Désirs, entretien avec Bernard Eisenschitz (13mn)

La Valse dans l'ombre (Édition Collector [Waterloo Bridge] (1940)

Londres, 1917. Myra tombe amoureuse de Roy, un officier, sur le pont de Waterloo pendant un raid aérien. Plus tard, l’armée annoncera qu’il est tombé sous le feu de l’ennemi. Le cœur brisé, Myra sombre dans la prostitution. Mais parfois l’histoire se répète…
Merveille de réalisation à la sublime photographie, LA VALSE DANS L'OMBRE met en scène les stars Vivien Leigh (Autant en emporte le vent, Un tramway nommé désir et Robert Taylor (Ivanhoé, Libre comme le vent) dans une inoubliable histoire d'amour. Un trésor enfin édité, accompagné de la 1ère version du film, réalisée par James Whale (Frankenstein, la Fiancée de Frankenstein) en 1931.

Bonus : Waterloo Bridge : un pont entre deux rêves, entretien avec Olivier-René VEILLON (13mn) + Waterloo Bridge (1931) - 78 minutes - avec : Mae Clarke, Douglass, Montgomery, Doris Lloyd, Frederick Kerr, Enid Bennett, Bette Davis.

Femme de feu [Ramrod] (1947)

Connie Dickason refuse d’obéir à son père Ben qui souhaite la marier à Frank Ivey, un rancher très puissant, autoritaire et irascible. Pour tenir tête à ce dernier, elle engage Dave Nash…
Œuvre rare du grand André DeToth, FEMME DE FEU (Ramrod) est une pépite magistralement réalisée. Le film rassemble Joel McCrea (Buffalo Bill, Coups de feu dans la sierra) et la star Véronica Lake (pour son unique western) dans un rôle savoureux de lady manipulatrice et indépendante.

Bonus : Western noir pour femme de feu : entretien avec Bertrand Tavernier (26mn)

source : Wild Side

Wild Side, les prochains titres

Pas de news de première fraicheur mais voici un récapitulatif des prochaines sorties du label au félin.


Tirant son titre d’une demande faite par Jackie Kennedy Onassis à ses agents de sécurité « cassez son appareil photo », ce documentaire retrace la carrière fulgurante de Ron Galella: célèbre photographe et paparazzo autoproclamé. Véritable chasseur aux méthodes frisant parfois le délire, le paparazzo espionne, traque, harcèle les stars pour capturer le moment où ses proies révèleront le visage qu'elles tentent désespérément de cacher au public. Ce film porte également un regard sur la nature de la célébrité, la relation entre les vedettes et leurs chroniqueurs, et l’équilibre fragile entre vie privée et liberté de la presse.

Leon Gast, auteur du magistral When we were kings – sur le match de boxe d’anthologie Ali-Foreman - traite ici d’un sujet très différent, plus pervers que le monde de la boxe : le portrait d'un des plus célèbres paparazzi américains, Ron Galella, aujourd’hui 77 ans, et tous flashes dehors. Galella est une légende urbaine du monde de la nuit new-yorkaise : un type qui a traqué la terre entière, et notamment Jackie Kennedy, laquelle lui a fait un procès pour l'avoir poursuivie dans Central Park ; ou encore Marlon Brando, qui lui a cassé cinq dents devant un resto chinois de Chinatown.

Sur les traces de son anti-héros, Leon Gast interroge bien sûr les pratiques de ces photographes « à l'arrache », dont les stratagèmes ne peuvent que provoquer l'indignation mais dont l'énergie et l'humour bon enfant forcent parfois la sympathie. Il pointe aussi l'étrange fascination qui les lie parfois aux vedettes. Le film est drôle, bourré d'anecdotes, bâti autour d'un personnage spectaculaire – qui se met en scène autant qu'il met en scène les célébrités. On comprend au bout du voyage qu'il a fait un job nécessaire pour capter l'essence d'une époque et de ceux qui la font. Ron Galella vit aujourd'hui de ses archives, des livres nostalgiques qu'il publie : il a été exposé au MoMA. C'est une mémoire de la culture populaire qui pleure un âge d'or, celui d'avant les « chargés de presse » et les «photocalls».


Vienne, 1957. Max, (Dirk Bogarde) un ancien officier SS, est portier de nuit dans un grand hôtel. Il se retrouve un jour face à Lucia (Charlotte Rampling), l’épouse d’un chef d’orchestre. Un fantôme de son passé. Car, pendant la guerre, Max entretenait dans un camp de concentration une passion sadomasochiste avec Lucia, l’une de ses prisonnières, alors à peine âgée de 16 ans. Irrésistiblement attirés l'un par l'autre, tous deux finissent par renouer leur liaison. Ceci n’est pas du goût des anciens compagnons nazis de Max, qui organisent des "procès-thérapies" où ils pensent pouvoir se décharger de leur culpabilité… ce qui passe par l’exécution des protagonistes de l’époque, derniers témoins de leurs atrocités. Les deux amants se retranchent dans l’appartement de Max, assiégés par les ex-nazis…
Réalisé en 1973, PORTIER DE NUIT fit scandale à l’époque de sa sortie, notamment aux États-Unis, où il fut classé X. La relation entre une ancienne victime des camps et un tortionnaire nazi, sur fond de sado-masochisme, permet à Liliana Cavani d’observer la fascination pour le Ma, que les sociétés de l’immédiate après-guerre refusaient de regarder dans les yeux. Mélancolique et provocant, PORTIER DE NUIT ressemble au théâtre d’ombres d’une génération qui a voulu surmonter le traumatisme du nazisme et tenter de le comprendre de l’intérieur. Le film doit enfin beaucoup à l’interprétation juste et enflammée du couple formé par Dirk Bogarde et Charlotte Rampling, dont le visage d’ange maladif, les cheveux courts et le numéro de cabaret où elle chante Marlène Dietrich, constitue l’une des séquences les plus marquantes et dérangeantes de l’histoire du cinéma.

Bonus :
> La Donna Nella Resistenza : le documentaire de Liliana Cavani sur l’implication
> des femmes dans la Résistance italienne (50')
> Interview de Liliana Cavani (20')

Le film sera également disponible en blu-ray à la même période.

sortie : 26 octobre


Été 1971. Anna, jeune mère ravissante et frivole, remporte le concours de beauté d’une station balnéaire. Son tempérament inconséquent et jouisseur rend sa vie de famille quelque peu chaotique. 30 ans plus tard, toujours marqués par cette vie haute en couleurs, Anna et ses enfants, réunis à son chevet, sauront-ils se réconcilier ?

Réalisateur admiré et plusieurs fois récompensé à la Mostra de Venise, Paolo Virzi nous entraîne dans un magnifique voyage à travers l'Italie des années 70 Un ton léger, des décors rafraîchissants et une "mama" rayonnante, magnifiquement interprétée par Micaela Ramazzotti et Stefania Sandrelli pour un film qui a remporté 3 Donatello (meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario).

Bonus :
Making-of (12mn)

Sortie : 7 décembre 2011

source : Wild Side

Minnelli, Thorpe, LeRoy, une rafale d'Introuvables

Wild Side continue son exhumation de raretés et de classiques. Pour cette nouvelle "fournée" d'Introuvables, il s'agit de film de réalisateurs prestigieux, Richard Thorpe (Ivanhoé, Les Chevaliers de la table ronde), Mervyn LeRoy (La Mauvaise Graine,Quo Vadis) et Vincente Minnelli (Un Américain à Paris, Celui par qui le scandale arrive) dont nous vous rappelons la sortie d'une monographie aux éditions Capricci.


LA MAIN NOIRE / BLACK HAND (1950)
New York, début du XXème siècle. La mafia italienne règne sur la ville. Johnny Columbo veut venger son père avocat tué par des mafieux. Il s'associe avec Louis Lorelli, un policier qui part rechercher des preuves contre les dirigeants de "la Main noire" en Italie. Il y est froidement abattu juste après avoir envoyé les résultats de ses investigations à Johnny qui preuves à l'appui, commence à traquer les gros bonnets de la mafia.

La première surprise est de découvrir le héros de Chantons sous la pluie et d’Un jour à New York sous les traits d’un Américain d’origine italienne s’attaquant à la Main Noire. Le film est d’ailleurs l’une des premières œuvres cinématographiques à dénoncer la toute-puissance de la Mafia - c’est évidemment elle, la Main Noire ! Richard Thorpe, le brillant cinéaste du Prisonnier de Zenda et d’Ivanhoe, décrit avec beaucoup d’intelligence le quartier de Little Italy. Le pittoresque laisse place à un éclairage moins rassurant avec sa terreur, ses policiers impuissants, ses témoins silencieux et l’ombre de la Main Noire dont les chefs criminels peuvent être un simple tailleur ou un sympathique teinturier. Comme La Rue de la mort d’Anthony Mann, le film montre qu’il existe aussi une autre Amérique, loin de Wall Street et des néons de la 42ème rue. Peu connu, ce film réaliste est à découvrir.

Bonus :
 L’esprit de Richard Thorpe  : entretien avec Patrick Brion (13’)
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LAME DE FOND / UNDERCURRENT (1946)
Quand Ann Hamilton fait la connaissance d'Alan Garroway, célèbre inventeur d'un procédé révolutionnaire, c'est le coup de foudre. Ils se marient et partent pour Washington où Ann fait son entrée dans la haute société de la ville. D'abord intimidée par ce milieu, elle finit, par amour pour son époux, à surmonter ses appréhensions. Puis le couple part pour Middleburg, en Virginie. Ann apprend alors que son mari a un frère, et qu'un mystère semble hanter les lieux…

Célèbre en tant que spécialiste de la comédie musicale et de la comédie, Minnelli se révélera aussi un maître du mélodrame, genre qu’il va explorer à égalité avec les deux autres tout le long de sa carrière hollywoodienne. C’est avec Lame de fond, en 1946, après The Clock (grand succès en 45), qu’il commence à travailler ce registre. Certes, on y trouve un soupçon du film noir à la mode à l’époque (un visage qui en masque un autre). Mais déjà Minnelli affirme son sujet : la crainte du réel, le besoin vital de se réfugier dans son rêve et de l’imposer au monde. Il suffit de voir le décor du "mauvais" frère pour saisir immédiatement que c’est à cet univers, celui de l’artiste, et non le monde de la réussite sociale, qu’aspire l’héroïne. L’hypersensibilité sera toujours le moteur de la mise en scène de Minnelli puisqu’elle est le sujet même de son œuvre.

Bonus :
Minnelli, au fond de l’âme : entretien avec Jean Douchet (13’)
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JOHNNY, ROI DES GANGSTERS / JOHNNY EAGER (1941)
Bénéficiaire d'une libération sur parole, Johnny Eager semble être un sympathique chauffeur de taxi. Il est en réalité le chef d'un puissant syndicat du crime qui règne sur les paris et les courses. C'est alors qu'il fait la connaissance de Lisbeth qui fait des études de sociologie et est intéressée par le cas de ce délinquant revenu dans le droit chemin...

Á mi-chemin entre le drame psychologique et le film policier traditionnel, Mervyn LeRoy décrit deux mondes que tout semble opposer, s’attachant au passage aux femmes qui gravitent autour de Johnny et surtout au très curieux personnage de Jeff (Van Heflin, oscarisé pour ce rôle), l’historiographe du gangster pour lequel il a une évidente admiration...
Robert Taylor n’est plus le séducteur du Roman de Marguerite Gauthier mais un homme au double visage face à Lana Turner découvrant ici un univers trouble qui l’étonne et la fascine. Un “film noir” aux éblouissants dialogues incisifs.


Bonus :
LeRoy des gangsters  : entretien avec Patrick Brion (13’)
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Prix : 15 euro pièce

Sortie : le 28 septembre 2011

source : Wild Side

Classics Confidential

Wild Side a inauguré il y a quelque mois une nouvelle collection qui ravira les cinéphiles les plus fétichistes et les plus avides d'informations. En effet, l'éditeur qui miaule propose dans un superbe coffret un ou deux films, accompagné d'un ouvrage de 80 pages signé par des plumes ô combien reconnu pour leur talent de journaliste. Ils se nomment Philippe Garnier (Libération), Samuel Blumenfeld (Le Monde) ou encore Patrick Brion (Cahiers du cinéma, Cinéma de Minuit, La dernière séance).
Peut-être que cela vous rappelle une autre collection Wild Side ? En l’occurrence celle des Introuvables. Durant quelques sorties, le label avait décidé d'accompagner de la même manière leur film d'un livret (80 pages) signé par la jeune garde cinéphile que sont Luc Lagier (Sisters) et Jean-Baptiste Thoret (Les Frissons de l'angoisse, Sailor & Lula).


LA FEMME AU PORTRAIT (1944)
Enseignant la psychologie à l'université, le Professeur Richard Wanley rencontre Alice, une femme mystérieuse. Celle-ci est en effet le modèle d'un tableau en vitrine dont Wanley est tombé amoureux. Après une soirée arrosée, Richard et Alice vont prendre un dernier verre chez elle lorsque le compagnon d'Alice les surprend. En état de légitime défense, Richard poignarde l'homme : le couple décide alors de faire disparaître le cadavre...

LA RUE ROUGE (1945)
Petit caissier sans histoires, Christopher Cross rencontre, suite à une soirée arrosée, une jeune femme du nom de Kitty dans une rue de Greenwich Village. Elle le prend pour un riche artiste, lui qui n’est qu’un peintre amateur, tandis qu’il tombe amoureux d’elle. Motivée par Johnny, son amant, Kitty décide alors de profiter de l’affection de Christopher afin de lui soutirer de l’argent. Celui-ci s’endette pour lui payer un appartement, cachant cette relation à son épouse acariâtre, Adèle. Mais Kitty demande toujours plus, et Christopher est contraint à voler dans les caisses de son patron.

En 1944 et 1945, Fritz Lang réalise deux films jumeaux. La même distribution, Joan Bennett, Edward G. Robinson et Dan Duryea. Chacun incarnent à deux reprises des personnages à peu près identiques : Edward G. Robinson, le "middle-aged man" à la vie monotone, Joan Bennett, une femme au statut ambigüe, une prostituée ou simplement une femme facile et Dan Duryea, la crapule.
Dans les deux films, la peinture et les tableaux constituent un ressort fondamental de l’intrigue. Dans La Femme au portrait, Richard Wanley découvre dans la vitrine d’une galerie, le tableau d’une femme qui le fascine, avant que celle-ci apparaisse. Dans La Rue rouge, la peinture constitue le jardin secret de Chris Cross et se retrouve également au centre de sa rencontre avec Kitty, qui va utiliser le petit homme et le manipuler avec la complicité de son souteneur.
Les deux films américains préférés de Fritz Lang montrent ainsi des hommes qui, en un instant d’égarement, perdent le contrôle.
Des chefs d’œuvre qui ont marqués l’histoire du film noir.


Bonus :
Scénario original annoté par Fritz Lang imprimable, Dossier de presse d’époque imprimable, Notes de tournage de Fritz Lang, Galerie photos, 2 affiches (française et américaine) imprimables et un livre de 80 pages, illustrés de photos rares et inédites, signé Jean Ollé-Laprune qui s'intitule Lang à Hollywood.


LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS (1959)
Dans un paysage enneigé oppressant, un drame entre fermiers est oblitéré par l’intrusion inopinée d’une bande de tueurs hors-la-loi. Ils vont faire front ensemble…

En 1959, André DeToth, un spécialiste du western de série chez Warner Bros, tourne en indépendant un western défiant toutes les règles, comptant parmi les plus étranges et les plus mémorables du genre. Membre du "club" des quatre borgnes d’Hollywood avec John Ford, Fritz Lang et Raoul Walsh, André DeToth dirige avec brio un casting époustouflant: Robert Ryan (Les Douze salopards, La Horde sauvage…), Tina Louise (Le Petit Arpent du bon dieu…), Burl Ives...

Un chef-d’œuvre rare au suspense haletant et à la réussite incontestable, accompagné de compléments passionnants : Noir comme neige, un livre inédit de 80 pages qui se penche sur l’histoire du film, écrit spécialement par Philippe Garnier, journaliste (Libération, Le Monde…), grand cinéphile et écrivain, notamment auteur de deux livres sur André DeToth, et illustré par des photos et des documents d’archives rares.
Retrouvez également de précieux et inédits éclairages sur le film et son réalisateur, notamment grâce à de très rares images et paroles d’André DeToth, découverte inespérée.


Bonus :
Le western "Dreyerien" par Bertrand Tavernier (26mn)
Une conversation entre André De Toth et Patrick Francis
Le tournage raconté par André De Toth (commentaire audio)
Galerie de photos


MENACES DANS LA NUIT (1951)
Lors d’un hold-up, Nick Robey tue le gardien avant de s’enfuir. Il rencontre Peggy Dobbs qui ne sait rien de ses agissements. Elle lui propose de venir vivre chez ses parents. Ceux-ci découvrent la vérité et Nick est obligé de les menacer pour éviter qu’ils ne préviennent la police…

John Berry signe un des plus grands Films Noirs de tout les temps, avec John Garfield (Sang et or, l’Enfer de la corruption) et Shelley Winters (Lolita, La Nuit du chasseur), doublement oscarisée,et propose une vision troublante du désespoir. Un chef-d’œuvre, rare et inédit en DVD !

Bonus :
Entretien avec Pierre Rissient & the Berry Brothers, les fils de John Berry (26mn), The Hollywood Ten : court-métrage documentaire de John Berry (14mn)
Galerie Photos
Filmographie
Liens Internet

Chaque coffret dvd est à 30 euro et c'est à commander à theendstore(at)gmail.com

En octobre prochain, la collection accueillera une "sous catégorie" mais tout autant estimable : Art of Noir. Toujours sur le même principe film(s) + livre, sauf que pour cette série les bouquins seront signés par Eddie Muller, spécialiste du film noir et auteur du livre Dark City: le monde perdu du Film Noir en 2007.
Le premier titre est The Prowler (1951), Le rôdeur en VF de Joseph Losey dont voici le visuel :


source : Wild Side

L'âge d'or du X américain en dvd | Wild Side

Si j'avoue avoir une méconnaissance des films, l'univers du milieu pornographique est riche d'histoires passionnantes. C'est sans aucun doute pour de telles raisons qu'un cinéaste comme Paul Thomas Anderson (There Will Be Blood, Magnolia) a réalisé Boogie Nights, film s'inspirant de la vie de John Holmes, grand acteur de film X.

Depuis janvier 2010, Wild Side c'est lancé dans un pari (ce n'est pas le premier et sans doute pas le dernier), celui de sortir 20 films "cul(tes)" dans des éditions techniquement impeccables et avec des bonus irréprochables (seul bémol, certains films semblent être cut).
On ne peut que saluer Wild Side pour avoir eu le courage d'extraire 20 perles du cinéma plus habitué à côtoyer les étagères des sex-shop pour les mettre à la porté du plus grand nombre...enfin les adultes. Car n'oublions pas, et ce malgré les pochettes acidulées, que se sont des films pornographiques interdit aux mineurs.

Détails des six premiers titres disponibles à la boutique :
en bonus vous retrouverez des critiques* issues des Inrocks, des Cahiers du Cinéma et d'Impact (Mad Movies)


Afin d’incorporer la très renommée troupe des Texas Girls Cheerleaders, Debbie et ses copines de collège décident de vendre leurs charmes aux élèves et aux professeurs. Leur enthousiasme débordant va vite semer la zizanie sur le campus.

Après Deep Throat, Debbie Does Dallas fut l’un des plus grands succès US en salles et pulvérisa tous les records de vente en vidéo. Cette comédie pétillante exauce bien des fantasmes de teenagers, comme se retrouver, après le match, entouré d’une nuée de pom pom girls sous les douches ou encore faire astiquer son bolide par ses voisines de classe, en liberté dans un car wash.

Bonus :
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Pom Pom X : entretiens exclusifs avec l’équipe du film (26mn)


En réaction aux nouveaux codes de bonne conduite imposés dans leur université, quatre étudiants du "Uppa U Omega Fraternity" contre-attaquent en s’offrant les services d’une redoutable stripteaseuse qui percera au grand jour les perversions secrètes du proviseur et des riches donateurs.

Cette parodie d’American College, classique du campus movie réalisé par John Landis en 1978, va bien nettement plus loin qu’American Pie en terme de grivoiserie. Devant la caméra de Robert McCallum, qui fut aussi le chef opérateur d’Orson Welles, deux créatures sublimes décrochent leurs diplômes: la sculpturale Annette Haven dans le rôle d’une petite teigne et l’ogresse portoricaine Vanessa Del Rio en fausse religieuse qui dévore littéralement ses partenaires.

Bonus :
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Nos chaudes études : entretiens exclusifs avec Vanessa Del Rio et l’équipe du film (26mn)



> Chronique de Jean-Baptiste Morain parue dans Les Inrockuptibles #742, Février 2010 - p.56

Porn in the USA
L’âge d’or du cinéma X américain ressuscité par une collection pas coincée du culte.

Second au box-office du X derrière Gorge profonde (1972), Debbie Does Dallas figure parmi les classiques du cinéma X américain.
Plusieurs raisons à cela : l’argument de cette comédie, qui se réfère à une institution populaire américaine (les pom pom girls de Dallas) ; le milieu décrit, très quotidien et réaliste (un collège américain, le football, les vestiaires), qui fit scandale à l’époque ; le titre comique (à triple entrée, puisqu’il peut à la fois signifier “Debbie va à Dallas”, “Debbie se fait un garçon prénommé Dallas” ou même “Debbie se fait toute la ville de Dallas”) ; enfin la nature de ses interprètes féminines (elles ont pour la plupart l’âge de leur rôle), et notamment – et surtout – celle de Bambi Woods, l’héroïne.
Depuis Debbie Does Dallas, sa première apparition au cinéma (elle ne tourna qu’une poignée de films), et sa disparition soudaine et totale des écrans et du milieu du cinéma porno au milieu des années 80 – est-elle morte d’une overdose ? est-elle devenue une bonne et sage ménagère du Midwest ? nul ne le sait –, elle n’a cessé d’alimenter tous les fantasmes, incarnant à elle seule le mythe de la pure salope ingénue.
Bambi Woods, jeune bourgeoise catholique, a 19 ans et un besoin urgent d’argent (elle se drogue) quand elle prend contact avec le réalisateur Jim Clark. Les producteurs sont immédiatement frappés par son naturel et sa désinhibition sexuelle.
Richard Bolla (alias Robert Kerman, futur acteur de Cannibal Holocaust), son unique partenaire dans Debbie, parle encore avec émotion des sentiments qu’elle semblait mettre dans une fellation (autre fantasme absolu).
Coed Fever, avec Annette Haven (qui sera la doublure de Melanie Griffith dans les scènes sexuelles de Body Double de Brian De Palma), est une parodie de jambes en l’air d’American College de John Landis, avec toute une bande de joyeuses et impétueuses coquines.

source : Les Inrocks.com


Après son suicide, Justine Jones, une vieille fille sexuellement frustrée, est contrainte à errer dans les limbes du Purgatoire. Afin de mériter sa place en Enfer, on lui propose pour un court laps de temps de retourner sur Terre et de s’adonner aux plaisirs de la chair les plus extrêmes.

Premier film X de l’Histoire à oser explorer un sujet adulte et mélodramatique, Devil in Miss Jones est l’un des chefs-d’œuvre de Gerard Damiano, authentique auteur du genre. Ce film aux accents bergmaniens est sublimé par son actrice principale, Georgina Spelvin, dont la prestation bouleversante est digne des plus grandes stars du cinéma indépendant américain. Un joyau noir.

Bonus :
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Portrait de Gérard Damiano par le spécialiste du X Jacques Zimmer et des vedettes de l’époque Sharon Mitchell, Richard Bolla, Jamie Gillis… (26')



Odyssey relate trois percées intenses dans la libido américaine des 70’s : les fantasmes d’un homme marié perdu dans une maison de passe psychédélique, les émois d’une femme qui révèle ses frustrations à sa psychiatre et les illusions perdues d’une jeune mannequin, devenue escort girl par dépit amoureux.

Toujours aussi ambitieux, Gerard Damiano, l’auteur de Deep Throat (Gorge Profonde) et Devil in Miss Jones, entraîne le spectateur dans les arcanes baroques d’un New York underground. Des audaces visuelles, des acteurs totalement investis et une réflexion existentielle sur le sexe font d’Odyssey the ultimate trip l’un des classiques du X américain parmi les plus originaux et les plus troublants.

Bonus :
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L’Odyssée sexuelle de Sharon Mitchell : révélations exclusives de l’actrice (26')



>Critique de Stéphane du Mesnildot parue dans les Cahiers du Cinéma #655, Avril 2010 - p.58

Gerard Damiano, l'enfer du nouvel Hollywood

De Gerard Damiano (1928-2008), on garde souvent l'image d'un fin renard ayant réussi le coup cinématographique du siècle avec le premier grand succès du cinéma porno, Gorge Profonde en 1972. Édités par Wild Side, l'historique Devil in Miss Jones (1973) et le moins connu Odyssey (1977) prouvent qu'il fut d'abord un grand cinéaste, l'âme damnée du Nouvel Hollywood.
Toutes les restaurations numériques n'y pourront rien, la chair dans Devil in Miss Jones restera définitivement livide. Nous sommes loin des pornos californiens comme Debbie Does Dallas ou Coed Fever [...], comédies à la vitalité débordantes. A l'inverse de la charismatique Annette Haven, Georgina Spelvin est une femme au physique anodin, ni très jeune, ni très belle, presque sans qualités. Filmé avec délicatesse, ce corps qui va supporter toutes les scènes érotiques se donne au préalable à la mort dans une scène d'une crudité insoutenable. Damnée par son suicide mais encore vierge, Justine Jones obtient de l'enfer un sursis. Elle demande à retourner sur terre pour profiter pleinement et vivre dans la luxure [...].

Le Bergman du porno
A travers la damnation de miss Jones, le cinéaste critique le mythe principal du porno : la femme a la sexualité mécanique et, pour reprendre le titre d'un des plus célèbre films de Marilyn Chambers, insatiable. L'homme n'échappe pas non plus à la réification. Georgina Spelvin s'empare du pénis d'Harry Reems, interprétant un initiateur sadien, et le décrit en un hallucinant monologue. Au terme du long plan-séquence, l'acteur n'existe plus qu'à travers cet organe détaché de tout référent humain et prenant valeur de totem. Dans un des bonus, Damiano et surnommé " le Bergman du porno", ce qui est à peine une boutade : le cinéaste épuise bien davantage ses actrices par ses longs monologues, remarquablement écrits, que par les scènes sexuelles.
Quatre ans plus tard, Odyssey explore la solitude féminine en quatre portraits qui sont autant de monologues et de confessions. Le passionnant paradoxe du cinéma de Damiano est d'atteindre l'intimisme au cœur même de la pornographie. Odyssey commence par une épouse délaissé et s'achève par une porn star dont la sexualité s'arrête à ses tournages. Toutes partagent un même manque d'amour, traversées et détruites par le désir masculin. L'actrice finit par se donner la mort en se tirant une balle dans le vagin. Ses dernières paroles, sur son répondeur, sont adressés au public voyeur : Allez tous vous faire foutre !"
Une autre scène, étonnante, annonce Sexe, mensonges et vidéo. Un homme filme en vidéo sa femme qui, en se masturbant, le supplie de lui faire l'amour. Les yeux braqués sur le moniteur, l'homme, malgré ses sentiments ne parvient pas à la rejoindre. Comme une reprise de la damnation de miss Jones, l'écran vidéo, froid et distant, devient une autre cellule des Enfers. Alors même que le hard américain connait son âge d'or. Damiano anticipe son futur et les bouleversements profonds que la vidéo va entrainer. Redécouvrir aujourd'hui son cinéma oblige à lui restituer sa place dans l'énergie créatrice qui animait alors le cinéma américain des années 70.

source : Cahiers du Cinéma


Desiree cherche à découvrir pourquoi elle provoque systématiquement le désir chez les hommes qu’elle croise. Empruntant diverses identités, elle tente bien de trouver un job décent, mais ses formes plantureuses et son incurable naïveté ont, à chaque fois, raison de sa bonne volonté. Elle se résoudra à accepter sa véritable vocation : porno star !

Parangon absolu de la ravissante idiote, Desiree Cousteau, née Deborah Clearbranch, doit son pseudonyme à son attrait pour le sexe en milieu aquatique. Ultime torpille de sa riche filmographie, Inside Desiree Cousteau est un pseudo-documentaire autobiographique où l’ingénue du porno U.S révèle l’intégralité de ses formes pneumatiques. Portrait d’une starlette insubmersible. Avec, en guest star, John C. Holmes et sa redoutable murène de 35 cm.


Bonus :
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The Loopy Tunes : entretiens avec l’historien du X Bill Margold et les actrices/acteurs Juliet Anderson, Sharon Kane, Mike Horner et Seka (26')




Sandra Chase, un top américain riche et célèbre, est troublée par des flashbacks sexuels intenses. Elle se rend à Londres sur le tournage d’un film et se confesse à son entourage dans l’espoir de trouver un remède à ses phantasmes récurrents.

En 1980, INSATIABLE marque le retour en grande pompe de l’impératrice du X américain, Marilyn Chambers, l’héroïne de Behind the Green Door, après un détour par le cinéma traditionnel, notamment dans Rage de David Cronenberg. Décors high society, casting cosmopolite et séquences légendaires, dont une rencontre au sommet avec le king size John C. Holmes, alias Mister Boogie Nights, pour ce portrait quasi-autobiographique de "l’autre Marilyn".


Bonus :
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Lust in tranced elation : entretiens avec le chef éclairagiste Ernie Roebuck, l’historien du X Bill Margold et les acteurs Richard Pacheco et Serena (26')



> Chronique de Gilles Esposito parue dans Impact #5, juillet-août 2010 - p.76-77

Confessions Intimes

La troisième vague de la collection L'âge d'or du X américain marie deux titres éclairant les diverses manières dont on peur broder une production autour de l'aura d'une porno star, sur la foi d'éléments biographiques plus ou moins abracadabrants. Inside Desiree Cousteau de Leon Gucci (1979) choisit la méthode du film à sketches, astuce bien connue permettant d'exploiter les séquences unes à unes dans les cabines de sex-chop. Dans la version long-métrage, l'homonyme du marin français (son pseudo vient de sa prédilection pour les accouplements aquatiques) s'adresse directement au spectateur pour introduite une demi-douzaine de saynètes. On l'y voit essayer différents métiers sans succès, mais avec grand plaisir, avant de trouver sa voie dans l'industrie du X.
Tourné l'année suivante, Insatiable de Godfrey Daniels (alias Stu Seagall), aussi auteur de péloches horrifiques) s'appuie pour sa part sur des circonstances historiques. Rendue instantanément célèbre par Derrière la porte verte, la regretté Marilyn Chambers effectuait là sa rentrée dans le X après un détour par le cinéma traditionnel, où elle avait été dirigée par David Cronenberg dans Rage. Elle joue donc le rôle d'une vedette hollywoodienne, riche héritière poursuivant sa carrière tout en tâchant de satisfaire un appétit sexuel quasi infini. [...]
Comme souvent dans les bonus de la collection, les intervenants évoquent sans complexe les tensions et la dureté du milieu, tout en donnant une description exaltante d'une époque où la drogue et l'argent coulaient à flots... entre autres liquides. [...]

Les prochains titres :


Bob et Jess, deux potes chauds lapins, s’incrustent sur une croisière strictement réservée aux femmes, membres d’équipage inclus. Travestis pour passer inaperçus, ils ne tardent pas à semer la panique dans les cabines mais sauvent la mise en repoussant les assauts d’odieux pirates venus kidnapper une riche héritière.

Réalisé par la très fantasque Svetlana, SEX BOAT est une parodie savoureuse du feuilleton kitsch La Croisière s’amuse et multiplie les clins d’œil à Certains l’aiment Chaud de Billy Wilder. Le casting de ce harem flottant est particulièrement soigné. On remarquera notamment ans l’une de ces premières apparitions à l’écran, la légendaire Little Oral Annie, réputée comme son nom l’indique pour ses performances buccales hors du commun.

Bonus :
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Some like it very hot: Portrait de la réalisatrice Svetlana par les stars du X (Randy West, Kelly Nichols…) et les spécialistes Bill Margold et James Sullivan. (26mn)


Pour s’incruster dans des villas somptueuses, deux pompistes se font passer pour des magnats du pétrole et contactent une agence immobilière réputée, le Hollywood Star Real Estate. Bonne pioche : les vendeuses sont prêtes à tout pour conclure une vente et éponger les riches clients.

Premier long-métrage écrit et mis en scène par Svetlana, l’une des rares réalisatrices du X américain, 800 FANTASY LANE est une comédie surréaliste bourrée de séquences « felliniennes » où s’ébat un aréopage de sylphides en rut.
Un pur trip sensoriel, comme en témoigne la scène où l’un des héros, sous influence narcotique, se retrouve affublé d’un pénis de plus 2 mètres de long !
Entre Hellzapoppin et Le Cirque du soleil.


Bonus :
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The Ways of Fantasy : Entretien avec l’ex-couple mythique du porno US, Jamie Gillis & Serena, ainsi qu’avec les spécialistes Bill Margold et James Sullivan. (26mn)

Ces deux nouveaux titres seront disponibles le 8 septembre.
Les douze autres films qui sortiront les mois prochains seront :

La blonde d’à côté (The blonde next door) de Lasse Braun (1982)
Les fourreuses perverses (Deep rub) de Leon Gucci (1980)
A quoi rêvent les jeunes filles ? (Desires within young girls) de Ramsey Karson (1977)
EASY ALICE de Bob Chen (1976)
THE ECTASY GIRLS de Robert McCallum (1979)
LEGEND OF LADY BLUE de A Fabritzi (1978)
Sans peur et sans culotte (Little Girls Blue)
Les derniers outrages (Plato’s – the movie) de Joe Sherman (1980)
SOFT PLACES de Joana Williams (1978)
TALK DIRTY TO ME 1 de Anthony Spinelli (1980)
TALK DIRTY TO ME 2 de Tim McDonald (1982)
Jeux sexuels d’une jeune fille gourmande ("V" the hot one) de Robert McCallum (1977)

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*Les articles sont reproduits dans un but informatifs. Si les auteurs ou les directions des rédactions souhaitent leurs suppressions, merci de bien vouloir envoyer un mail à theendstore@gmail.com

Eros made in Japan

Disponible en boutique dès aujourd'hui, voici les trois nouveaux titres de la collection "L'âge d'or du Roman Porno Japonnais" :



5 secondes avant l'extase de Yojiro TA KITA (1986).

Tokyo, 1986. Chaque nuit, Etsuko s’adonne aux plaisirs solitaires en pensant à son chef de service dont elle est amoureuse. Un soir, plus excitée que jamais, elle atteint un orgasme si puissant que son corps se transforme en «énergie extatique» qui lui fait traverser le temps. Arrivée dans le Tokyo de 2001, Etsuko fait la rencontre d’elle-même âgée de 15 ans de plus. Elle est mariée mais son couple bat de l’aile. Pour redresser la situation, Etsuko doit retourner en 1986. Mais par quel moyen ?



L'épouse, l'amante et la secrétaire de Katsuhiko FUJII (1982).

Sous prétexte de pouvoir la fréquenter plus facilement, un directeur d’entreprise recrute directement son amante. En fait, ses intentions sont bien moins romantiques: il veut en faire une call girl pour faciliter la signature de gros contrats avec des américains. Furieuse, l’amante se ligue avec l’épouse et la secrétaire du directeur. Les trois femmes séquestrent et condamnent l’homme à faire l’amour avec elles jusqu’à ce que mort s’ensuive.



Hong Kong Requiem de Masaru Konuma (1973).

Akiko est une femme au foyer qui s’ennuie dans son couple. Elle vit une passion adultère avec un collègue de son mari et décide de le suivre à Hong Kong où il vient d’être muté. Le mari d’Akiko part à leur recherche, sans succès. Désespéré, il se laisse entraîner dans le milieu interlope de la ville par un mystérieux métis sino-japonais qui le plonge dans la drogue et le proxénétisme. Jusqu’au jour où il finit par apprendre la terrible vérité sur sa femme infidèle.

Rappel des 6 autres titres disponibles depuis janvier 2010.








Retrouvez tous les titres annoncés (30 films) sur ce récapitulatif (cliquez sur l'image pour l'agrandir)



Bien avant la collection initié par Wild Side, Cinémalta / Cinéditions fut le premier éditeur à se lancer dans l'érotisme japonnais avec trois volumes comprenant parmi les plus beaux films du genre :


cliquez sur l'image pour l'agrandir

> Volume 1 : Une Femme à sacrifier | La Vie secrète de Mme Yoshino (Masaru Konuma)
> Volume 2 : La Véritable Histoire d’Abe Sada | Bondage (Noboru Tanaka)
> Volume 3 : La Femme aux cheveux rouges | Sayuri Strip-teaseuse (Tatsumi Kumash)