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David Lynch, Small Stories


La Maison Européenne de la Photographie (MEP) propose jusqu'au 16 mars 2014 une exposition consacrée à David Lynch intitulée Small Stories.

Après la rétrospective à la Fondation Cartier, Lynch revient à Paris pour investir nos prunelles de ces cinquante cinq nouveaux clichés envoutants, totalement inédits.

 

Les images fixes peuvent raconter des histoires. La plupart du temps, les images fixes racontent de petites histoires. Et il arrive parfois que les histoires intéressantes soient de petites histoires.
Les petites histoires se déroulent sur une période très courte. Cependant, la pensée et les émotions peuvent être impliquées quand on regarde une image fixe, et les petites histoires peuvent se développer jusqu'à devenir de grandes histoires. Tout ça dépend, bien sûr, du spectateur.
Il est quasiment impossible de ne pas voir une sorte d'histoire émerger d'une image fixe. Et ça, je trouve que c'est un phénomène magnifique.
David Lynch
 

Les apparitions de David Lynch sont devenues, aujourd’hui, des moments solennels, à la limite du religieux. Qu'il s'agisse de peinture, de photo ou qu'il appose son nom sur une bouteille de champagne, la marque Lynch est devenu un synonyme de prestige. Lynch, sa personne et son art sont devenus le fond de commerce de l'artiste.
Si son œuvre photographique et artistique, sont des rappels du génie de l'artiste américain, le cinéphile ne peut que regretter que cette univers si particulier ne retrouve le mouvement du cinématographe.

Ed Lachman, photos / montage

Depuis le 30 novembre, la Galerie Cinéma (rue Saint Claude, Paris) propose pour la première fois en France un aperçu du travail du chef opérateur Ed Lachman au travers d'une exposition intitulée Photos / Montage.


Quarante ans que ce célèbre chef op arpente les génériques et les plateaux de cinéma. Adepte du circuit indépendant (Stryker, Ken Park) ou Hollywoodien avec Steven Soderbergh (L'Anglais, Erin Brockovich), Ed Lachman semble être devenu depuis Loin du paradis de Todd Haynes le spécialiste de la lumière rétro puisqu'on le retrouve sur la série Milred Pierce ou sur le biopic sur Allen Ginsberg, Howl.

A travers son travail photographique et une installation vidéo, tout le charme et le travail de Ed Lachman transpire dans le choix des cadres comme dans l’esthétique scénique des instants sélectionnés par l'artiste.


Deuxième exposition après celle de Kate Barry, tragiquement disparue il y a peu, la galerie cinéma d'Anne Dominique Toussaint s'affirme comme un lieu important pour une autre vision du cinéma.

Jonas Mekas : Williamsburg, B’klyn

Depuis le début de la rétrospective Jonas Mekas au Centre Pompidou, les jeux de mots pullulent dans les médias autour du nom de famille de ce cinéaste engagé dès les années 50 dans un récit de l'intime. En développant le journal intime filmé, Jonas Mekas a enregistré sa famille, ses (célèbres) ami(e)s et des moments de vie.

Jusqu'au 23 décembre 2012, la Galerie du Jour Agnès B (Paris) propose un arrêt sur les premières images de Mekas. Le point de départ d'une oeuvre, le tournant d'une vie.



Jonas Mekas
Williamsburg, B’klyn 1949, images from purgatorio, my first New York home.
Photos de ses premières années aux Etats Unis, Williamsburg, Brooklyn. (1949 -1952)
C’est en octobre 1949, grâce à l’I.R.O (organisation internationale pour les réfugiés), que mon frère Adolfas et moi même avons atterris à Williamsburg qui était alors l’un des quartiers les plus délabrés de Brooklyn. Les premiers immigrants d’Europe de l’est, tziganes et juifs hassidiques habitaient là. Après dix années de guerre passées dans les camps de réfugiés - notre Enfer - nous pensions être mieux à Williamsburg, bien que ce ne fût pas le Paradis qu’on nous avait vendu. Nous l’avons en réalité vécu comme notre période de transition, notre Purgatoire. Ces images, prises entre 1949 et 1952, vous donneront un aperçu de ce que nous avons vu et ressenti à cette époque.
Nous étions effectivement à New York, en Amérique, mais nous vivions à Williamsburg, Brooklyn. Le New York enchanté se trouvait de l’autre côté du fleuve. Les vieux immigrants s’asseyaient sur les perrons et regardaient la rue,
les souvenirs lointains de leur terre natale en toile de fond, ils rêvaient de ce Paradis, juste là, sur l’autre rive de l’East River, vous pouviez presque le toucher... La plupart d’entre eux, nous disaient-ils, n’avaient jamais été à Manhattan. Ils nous demandaient fréquemment "Comment c’est là-bas, les gars ?"





Expo Kenneth Anger

Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition de Kenneth Anger à la Galerie du jour d'Agnès B. Entre documents de l'artiste (collection d'autographes), archives (articles issus de la Cinémathèque de Paris dont ses premiers écrits en français parus dans les Cahiers du Cinéma) et installations audiovisuelles, on ne pourra regretter que le caractère succinct de l'ensemble. Pour autant cela reste un événement à découvrir pour quiconque s’intéresse aux figures du cinéma underground.


Voir le monde à travers une boule de cristal. 
Kenneth Anger est né en 1930 à Santa Monica et a grandi à Hollywood. Il est aujourd'hui considéré comme le maître du cinéma expérimental, grand inspirateur de la subculture, et l'influence majeure d'une génération de réalisateurs, musiciens et autres artistes. En 1947, il réalise Fireworks, sélectionné dans de nombreux festivals en Europe, dont le festival de Cannes où Cocteau le découvre. C'est un choc : il trouve là son corolaire américain, comme un Genet sous acide. « Fireworks, vient du plus profond de la nuit d’où émergent toutes les oeuvres vraies. Il touche le vif de l’âme et c’est là chose rare. » 

CINEMAGIC 
Dans les films de Kenneth Anger, on retrouve l'occultisme, la mythologie, la culture gay, Hollywood. Des couleurs criardes, des écritures techno. Chacun de ses films, grâce à diverses techniques de travail de la pellicule, prend une forme onirique, une oeuvre habitée par la magie, la poésie. C'est un cinéma de montage, proche d’un procédé hallucinatoire. 
Pour Kenneth Anger, un film terminé n'est pas un film emballé, ses pellicules sont perpétuellement retravaillées, réutilisées pour un autre film ou pour des photogrammes qui donnent, aujourd'hui, souvent lieu à des installations. En 1997 lors de sa première exposition à la galerie du jour agnès b. ICONS, Kenneth Anger explique ainsi son processus de production : « J'essaye de travailler sur la matérialité de la pellicule, sur les cascades d'images que je vois en la déroulant. Très souvent, je n'utilise pas les images seules et je les garde dans une espèce de tiroir, pour les combiner avec d'autres au montage et, dans certains cas, pour accumuler les prises les unes sur les autres. Jusqu'au point où, dans Inauguration of the pleasure dome, j'ai superposé six prises de vue différentes. » 


Cette année la galerie du jour agnès b. présente pour la deuxième fois une nouvelle exposition personnelle de Kenneth Anger, centrée sur deux oeuvres majeures de l'artiste : Hollywood Babylon et le cycle de films Magic lantern. Hollywood Babylon fait de Kenneth Anger la mémoire vive de l'histoire des studios américains. Depuis son enfance, Kenneth Anger collectionne coupures de presse, photos, épingle les histoires, les légendes, les rumeurs. Dans les deux tomes d'Hollywood Babylon édités en 1959 et 1984, tous les coups sont permis, scandales et calomnies, il ne laisse rien sous silence, il exhume les dessous de l’usine à rêves. On y croise des stars devenues des mythes telles Rudolph Valentino et Greta Garbo, ainsi que des icônes du cinéma muet comme l’actrice Billie Dove. 


« Pour les tabloïds, il n'existait pas de plus vil endroit qu’Hollywood, la nouvelle Babylone, et ses banlieues Sodome (Santa Monica) et Gomorrhe (Glendale). Les scribouillards décrivaient les stars comme d'éblouissantes femmes perdues voguant d'une orgie à l'autre, au bras de poseurs à la beauté venimeuse, dans un monde fastueux et parfumé, hanté par les spectres de la boisson, de la drogue, de la débauche, de la folie, du suicide et du meurtre. » Hollywood Babylon, c’est aussi l'histoire du cinéma muet et sa mémoire oubliée. 


D'ailleurs la plupart des films d’Anger sont sans paroles. Puce moment, présenté dans l'exposition, renoue avec une certaine douceur, certainement liée à l'enfance du réalisateur, à l'époque où sa grand-mère était costumière à Hollywood. Un film nostalgique sur la matière et la couleur, qui met en scène les rites de l'embellissement, la glorification de l'être humain. S'habiller, se parfumer, se coiffer, se maquiller. Ce qui est suggéré, c'est le rituel des soins personnels, la préparation de l'individu qui va se présenter sous son meilleur jour à la société. L'exposition Kenneth Anger 2012 montrera des documents provenant de la collection personnelle de l’artiste, des projections des films Inauguration of the pleasure of dome (1954) et Puce moment (1949) ainsi que le fameux néon Hollywood Babylon.

Le cycle Magick Lantern Cycle est en vente sur theendstore.com