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Hitchcock et la télévision

Si la parole et les idées de Jean-François Rauger, critique au journal Le Monde et programmateur à la Cinémathèque de Paris, connait  une démocratisation dont on se réjouit dans ces lieux, sa bibliographie reste pourtant bien maigrelette.
Son premier ouvrage, L'oeil qui jouit, était un recueil de texte. Aujourd'hui Rauger attaque un sujet mainte fois abordés en France et dont le livre d'entretien de Truffaut reste encore aujourd'hui un incontournable pour tout cinéphile, Hitchcock.

Quarante ans avant Twin Peaks, Wild Palms et la récente déferlante de show télévisé adoubé par des hommes de ciné, voire réalisé par certains d'entre eux (Scorsese, Fincher ou Tarantino), Alfred Hitchcock était déjà précurseur de cette tendance de consider la petite lucarne avec le plus grand respect qui soit.

Une lucarne, théâtre d’expérimentations.


Entre 1956 et 1962, Alfred Hitchcock a réalisé vingt films pour la télévision, la plupart dans le cadre des séries qu’il produisait, Alfred Hitchcock présente et The Alfred Hitchcock Hour. Quoique peu commentés jusqu’alors, ceux-ci constituent un fragment essentiel de sa filmographie. Pas seulement parce qu’ils ont contribué à la construction d’un personnage devenu une véritable image de marque et étendu la popularité planétaire du Maître du suspense, mais surtout parce qu’ils ont déployé l’art et les obsessions du cinéaste au cœur d’un médium dont il a su saisir la singularité profonde. Entre la continuation par d’autres moyens de son cinéma et l’invention d’une forme, la télévision de Hitchcock ouvre de nouvelles perspectives au suspense et à la vision du monde et de l’homme qu’il signifie. Phénomène industriel et médiatique, l’ensemble de ces téléfilms mérite une analyse détaillée. Elle fera surgir l’existence d’une véritable théorie hitchcockienne de la télévision. L’œil du voyeur devient un œil domestique.

162 pages | 19 euro

Midi-Minuit Fantastique, l'intégrale

Un nom mythique. Une revue entrée dans la légende. Des journalistes devenus des idoles pour nombre de lecteur. Un magazine qui a crée des vocations et qui à contribuer à légitimer un genre alors brocardé, déconsidéré, méprisé. Midi-Minuit Fantastique a changé la face du cinéma de genre en France.

Quarante ans après le dernier numéro, Midi-Minuit Fantastique va renaitre sous la forme d'une anthologie en trois volumes qui retracera cette aventure historique. Ce premier volume, comprenant les six premiers numéros, couvrant la période de mai 1962 à juin 1963, sera accompagné d'un dvd proposant des courts-métrages, des documentaires et même des pièces radiophonique. Ce projet éditorial, en vente début février, est à mettre au crédit de l'éditeur Rouge Profond, la maison d'édition qui depuis quelques années semble investir le terrain du cinéma de genre avec succès.


Présentation de l'éditeur :
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Mai 1962. Les kiosques à journaux affichent la photo saisissante d'un loup-garou aux prises avec une voluptueuse jeune femme. En lettres noires et rouge sang brille pour la première fois un nom appelé à la postérité : Midi-Minuit Fantastique. Tout au long des Sixties, ces trois mots magiques résonnent comme la plus intense des promesses...
Fondée par Michel Caen, Alain Le Bris, Jean-Claude Romer et Jean Boullet, la toute première reue européenne consacrée au cinéma de genre ne se contente pas de défricher un domaine alors méconnu et méprisé. En dix ans d'existence et vingt-quatre numéros, MMF s'impose comme une publication à la fois ludique et exigeante, foisonnante et avant-gardiste. En un mot : culte. Sa rédaction fédère de brillants spécialistes : Francis Lacassin, Yves Boisset, Tony Faivre... De prestigieuses plumes d'horizons divers s'invitent ponctuellement dans ses colonnes : Félix Labisse, André Pleyre de Mandiargues, Christopher Lee... Le ton est libertaire, les racines populaires, l'inspiration surréaliste. L'iconographie de sexe et de sang, éminemment évocatrice. Un seul credo : le fantastique est l'autre nom de l'érotisme, MMF saisit en temps réel un âge d'or du 7e art et accouche d'une subversive "politique des horreurs". La Hammer, le gothique italien, l'épouvante américaine sont à l'honneur. Frankenstein et Peeping Tom deviennent les héros noirs d'une contre-culture qui annonce mai 1968 et la libération sexuelle. Cinéma bis, cinéma d'auteur, underground, littérature et BO s'entremêlent dans un enthousiasmant maelström pop...
Ce volume, dirigé par Michel Caen et Nicolas Stanzick, regroupe les six premiers numéros de la revue. Au menu : Terence Fisher, les Vamps fantastiques, King Kong. Dracula et Zaroff. Enrichi de photos et textes inédits, il comporte aussi le DVD La Télévision des midi-minuistes - plus de trois heures d'archives audiovisuelles d'époque. Manière de fêter comme il se doit la renaissance d'une revue devenue mythique.


Michel Caen fonde à l'âge de vingt ans Midi-Minuit Fantastique dont il assure la coréadaction en chef pendant dix ans. En 1969, il crée L'Organe et Zoom qu'il dirige jusqu'en 1975, puis Vidéo News en 1979.
Nicolas Stanzick a publié en 2008 son premier ouvrage, Dans les griffes de la Hammer, devenu un livre de référence. Coauteur du Cinéma fantastique en France en 2012, il est également conférencier et journaliste.

Bonus en dvd :
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La télévision des Midi-Minuistes.
> Des courts-métrages : Le Puits et le Pendule d'Alexandre Astruc (37mn - 1954), Barbara et ses fourrures d'Ado Kyrou (9m)
> Des documentaires : Le cinéma fantastique, Quelle horreur mon seigneur Dracula, et les Monstres avec Christopher Lee, Barbara Steele, Terence Fisher,...
> Une pièce radiophonique : Dracula, avec Jean Rochefort dans le rôle titre (75mn).



675 pages | 58 euro | prochainement en vente sur theendstore.com

source : Rouge Profond / Guy Astic

Bikers, les motards sauvages à l'écran

Avec Serious Publishing, il faut s'armer de patience mais (comme toujours) celle-ci est récompensée et ce, bien au-delà de nos espérances. Leur nouvel ouvrage Bikers, les motards sauvages à l'écran confirme l'éditeur comme l'étendard de la culture bis en papier glacé.

En 2012, l'équipe de Serious nous offrait deux gâteries avec Orgasmo volume 1 & 2, retraçant le cinéma érotique à travers une sélection d'affiches commenté par Christophe Bier.

L'année 2013 elle, sera marqué par le cuir, le chrome et la rouille. Bienvenue dans l'univers des Bikers à travers 108 films. Préface de Sonny Barger le fondateur des Hell's Angels.

Présentation de l'éditeur :
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Unissant deux passions, le cinéma et les motos américaines, Jean-William Thoury rédige Bikers – Les Motards sauvages à l’écran. Il existait deux livres en anglais sur ce sujet, mais moins fouillés et moins complets, Two Wheels on Reels (2000), The Big Book of Biker Flicks (2005). Celui-ci vient combler un vide, répondre à un manque évident. Trois années d’écriture sont nécessaires pour mener à bien un projet qui s’apparente à un « dictionnaire amoureux », les choix étant assumés comme personnels, subjectifs. À la rédaction proprement dite s’ajoute évidemment un travail de recherche afin de pouvoir visionner chaque film en intégralité, autant de fois que nécessaire. Il faut par ailleurs localiser des documents pouvant illustrer le texte. 108 films exploitant le « phénomène biker » sont finalement retenus. Chacun fait l’objet d’une entrée plus ou moins longue suivant son intérêt intrinsèque ou son importance, son influence dans cette catégorie de cinéma. Bikers est le 1er ouvrage sur le sujet jamais écrit en français !

Les œuvres sont présentées dans l’ordre chronologique, de 1953 à 2011, soit de The Wild One à Dear God, No !. Les notules comprennent systématiquement : le titre, le pays d’origine, la date de sortie, le nom du metteur en scène, ceux des trois acteurs principaux.

 
Né en 1948 dans la banlieue sud de Paris, Jean-William est très tôt atteint par le virus du rock’n’roll. Depuis 1972, il écrit pour la presse spécialisée, Pop Music, Extra, Best, Feeling, Rock & Roll Musique, Rockenstock, etc. Il est actuellement chroniqueur à Jukebox Magazine et à Rock&Folk. En 1976, il crée le groupe Bijou en tant que parolier, manager et producteur (six albums chez Philips, 1977-85). Il réalise aussi des enregistrements pour Marie France, les Civils Radio, les Injectés, les Playboys, Dynamite, Ticket, Cat & les Solitaires, Jan De Vos... Certains de ses textes sont interprétés par Grégoire 4, Bratch, Super Wagner, Lou Mary, Ami6, Tony Marlow, etc. Il rédige de nombreuses entrées du Dictionnaire du rock (Robert Laffont) comme de L’Encyclopédie du rock français (Hors Collection) ou 40 ans de musique au Gibus (Hugo & C°) et signe seul Les Rita Mitsouko - C’est toujours comme ça (La Mascara) ; Johnny en chansons (La Mascara), Dictionnaire Gainsbourg (Scali) ; Gene Vincent – Le Dieu du rock'n'roll (Camion Blanc)... Amoureux des Harley, dans les années 1970, il achète un 750 WLC de 1943 qui s’avère être un formidable engin de musculation : il faut systématiquement rentrer en le poussant ! Pas découragé pour autant, suivent un Sportster 1000, des Electra 1200, un 883 et un enfin un Dyna 1340. Au milieu des années 1980, il cofonde le Wild Cats MC de Savigny (91).

Complément idéal au livre Road Movie, USA de Jean-Baptiste Thoret et de Bernard Benoliel, Bikers, les motards sauvages à l'écran de Jean-William Thoury évoque les réussites comme les bas côté du genre et offre une vision de l'ouest américain aussi mythique que les westerns de John Ford.

390 pages | 30 euro

En vente sur theendstore.com

Nikkatsu : 100 ans de rebellion

Un nom, un logo emblématique, la Nikkatsu, crée en 1912, a fêté son centenaire l'année dernière. A cette occasion une grande rétrospective a circulé tout autour du monde. Tokyo, Hong-Kong, Londres, Nantes, Paris et Montréal. Un arrêt dans la "capitale" Québecoise organisé par le festival Fantasia et le festival du nouveau cinéma qui a donné l'idée au site canadien Panorama cinéma d'éditer dans la foulée un ouvrage retraçant les grandes étapes du studio nippon.


Pour beaucoup de cinéphile, la Nikkatsu évoque avant tout la maison qui a donné ses lettres de noblesse au pinku eiga sous l’appellation du Roman Porno, contraction de Romance et de Pornographie. La Nikkatsu a en effet produit 1134 films de ce genre à partir de novembre 1971 permettant au studio de redresser sa situation économique alors dramatique.

Mais la Nikkatsu a aussi abrité des grands cinéastes comme Mizoguchi à partir de 1920, Seijun Suzuki ou encore Shohei Imamura dans les années 60.

Dans cette ouvrage de 242 pages, il sera principalement question des iconoclastes, Imamura et Suzuki donc mais aussi des "petits" maîtres de films pop comme Yasuharu Hasebe (Le violeur à la rose).

Présentation de la table des matières :
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Sommaire
Introduction
L’évolution tranquille par Mathieu Li-Goyette

Première partie
Le pauvre coeur des hommes par Mathieu Li-Goyette
Passions juvéniles par Alexandre Fontaine Rouseau
Seul sur le Pacifique par Alexandre Fontaine Rouseau
Espace et culture dans le cinéma de Shohei Imamura par Marie-Josée Rosa Cochons et cuirassés par Maxime Monast
Profonds désirs des dieux par Mathieu Li-Goyette

Deuxième partie
Action à l’américaine : l’âge d’or de la Nikkatsu par Alexandre Fontaine Rouseau
A Colt Is My Passport par Alexandre Fontaine Rouseau
Les tueuses en collants noirs par Alexandre Fontaine Rouseau
Blind Woman’s Curse par Alexandre Fontaine Rouseau
Boulevard des chattes sauvages par Alexandre Fontaine Rouseau
Un renégat parmi les rebelles (sur Seijun Suzuki) par Alexandre Fontaine Rouseau
La jeunesse de la bête par Mathieu Li-Goyette
La barrière de la chair par Guillaume Fournier
Le vagabond de Tokyo par Alexandre Fontaine Rouseau
La marque du tueur par Alexandre Fontaine Rouseau
Quelques grains d’un sablier (sur Koreyoshi Kurahara) par Mathieu Li-Goyette
Intimidation par Ariel Esteban Cayer
Les amants désaxés par Alexandre Fontaine Rouseau

Troisième partie
Les secrets derrière le mur (sur Koji Wakamatsu) par Simon Laperrière
Femmes à sacrifier (sur le pinku/roman porno) par Mathieu Li-Goyette
La véritable histoire d’Abe Sada par Simon Laperrière
La femme aux cheveux rouges Maxime Monast
La femme aux seins percés par Simon Laperrière
Nikkatsu de ma jeunesse (sur l’expérience du visionnement en salles des pinkus au début des années 70) par Claude R. Blouin

Quatrième partie
Les filiations paradoxales de Kiyoshi Kurosawa par Suzanne Beth

Conclusion
Engloutis par la mer par Mathieu Li-Goyette

Nous ne pouvions finir ce message sans remercier chaleureusement Mathieu Li-Goyette pour sa disponibilité, sa gentillesse et ses efforts pour que ce passionnant livre soit accessible sur theendstore.com.
Sachez que le premier opus littéraire de Panorama Cinéma dédié à L'humanisme d’après-guerre japonais est de nouveau disponible dans notre boutique.
Quant au best-seller Vies et morts du giallo, actuellement en rupture de stock, une réédition corrigée (et augmentée ?) serait prévue pour la fin de l'année.

D'ici là, délectons-nous de ce premier ouvrage en français sur la Nikkatsu.

En vente sur theendstore.com

George Cukor, On / Off

Un an après l'ouvrage collectif sur Otto Preminger, Capricci réitère leur partenariat avec le Festival de Locarno (du 7 au 17 aout 2013) pour proposer ce livre consacré à George Cukor (1899-1983), sous-titré On / Off Hollywood.

Présentation de l'éditeur :
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George Cukor a été l'un des très grands cinéastes de l'âge d'or d’Hollywood. Pourtant, malgré plus de soixante films, il n'a été l’objet d’aucune monographie en français ces dernières décennies. Soit parce que ses méthodes ne s'adaptaient pas aux critères de la « politique des auteurs », soit parce que sa filmographie est truffée d'œuvres non créditées (Autant en emporte le vent, Le Magicien d’Oz…), de projets inachevés, de montages refusés (La Diablesse en collant rose)…

Dans les deux cas, Cukor semble résister à la critique malgré une influence toujours forte, chez Pedro Almodóvar ou chez François Ozon. D’Indiscrétions à My Fair Lady, en passant par la pléiade d'acteurs cukoriens (Katharine Hepburn, Greta Garbo, Cary Grant, John Barrymore, Jane Fonda…), ce livre a la double ambition de servir les lecteurs curieux du cinéma américain comme les cinéphiles les plus exigeants, grâce au style riche, mais accessible, de critiques, cinéastes et historiens français et étrangers. L’ouvrage, accompagné d’une abondante icono­graphie en couleur, comporte également de longs textes biographiques répartis en parallèle de l’étude des films. Cukor est un des premiers réalisateurs homosexuels qui s’affirment à Hollywood. Sa vie est aussi une plongée dans le rapport complexe des studios et de la société américaine à ses cinéastes.

Sommaire :
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En ouverture Jean Douchet
Entretien avec George Cukor (1964)
Les Liaisons coupables Carlo Chatrian
George Cukor et Katharine Hepburn (1932-1979) Gonzalo de Lucas
George Cukor et Judy Holliday Jean-François Buiré
Spencer Tracy et Katharine Hepburn Pierre Eugène
Les Tueurs en série de Cukor Bill Krohn
Comment l’esprit vient aux femmes Chris Fujiwara
Sylvia Scarlett, Camille Davis Ehrenstein
Qu’est-ce que le cinéma de George Cukor ? David Phelps
La Diablesse en collant rose Stéfani de Loppinot
Théâtre, cinéma, télévision Lorenzo Esposito
Ma vie à moi Mark Rappaport
Le technicolor Rinaldo Censi
A star is dead Pablo García Canga
La vie publique de George Cukor Yola le Caïnec  

Si nous n'avons aucun doute sur le traitement de l'aspect "On" des films et de son auteur, nous avons quelques interrogations sur l'aspect "Off" de la vie de George Cukor.

En effet, si on se réfère au livre Full Service, Sexe, amours et secrets de stars à Hollywood, les récits de Scotty Bowers font la part belle aux activités sexuelles du réalisateur de Riches et célèbres dont voici un extrait (très détaillé) :
Un soir que je suis de service à ma station sur Hollywood Boulevard, un homme que je vois pour la première fois se présente sur l'aire de service à bord d'une berline neuve. [...] Comme il a l'air épuisé et quelque peu énervé, je lui demande si sa journée a été éprouvante ou s'il a travaillé trop longtemps. Il admet être à bout de nerfs. Il sort d'un studio d'Universal où il réalise un film.
"Je m'appelle George Cukor", ajoute-t-il. Je n'ignore pas pas que celui-ci tourne Othello en ce moment, avec Ronald Colman, Edmond O'Brien et Shelley Winters.[...]
Cet homme me plaît, certes il semble un peu étrange et nerveux, mais son côté mystérieux me fascine, je trouve qu'il y a quelque chose de sympathique dans le personnage. Cette impression paraît être mutuelle, et je ne sais comment cela intervient dans la conversation, mais il m'invite dans sa villa de West Hollywood le dimanche suivant. [...]
je repense à Cukor et ne peux m'empêcher de sourire. Il avait une façon de s'exprimer plutôt spéciale : articulant chaque syllabe avec insistance, montrant les dents, avec des sifflantes bien détachées. Comme s'il essayait d'énoncer les choses le plus clairement possible dans une langue étrangère complexe, mimiques à l'appui. [...]
Le dimanche, je me suis rendu en voiture jusqu'à la villa de George Cukor dans Cordell Drive, à West Hollywood.[...] La chaleur avait atteint des sommets vers trois heures de l'après-midi, et les invités ont commencé à quitter la villa. [...] Il avait suggérée que nous profitions de la piscine. Je l'ai suivi ensuite dans la villa jusqu'à sa chambre. La porte une fois refermée, nous nous sommes déshabillés et séchés avant de tomber ensemble sur le lit. Il m'a caressé les testicules avant de profiter de mon érection pour m'administrer une fellation délicieuse et tellement experte que je m'abandonnai bientôt lascivement à sa bouche et à sa langue montant rapidement vers un orgasme ravageur. George a aussitôt cessé ses caresses et sauté du lit pour se diriger vers la douche. En sortant, il m'a invité à faire de même et, le plus gentiment possible, m'a fait comprendre qu'il était temps pour moi de partir.
Je devais apprendre plus tard que c'était sa manière habituelle de se comporter dans ses relations érotiques. Jamais de préliminaires, de gestes affectueux. Pas de préambule ni de pénétration. Aucun rapport anal. Pour parler crument, George [...] n'aimait qu'une chose : sucer des queues.
D'autres souvenirs érotiques sont dévoilés dans cette histoire typiquement Hollywoodienne d'un américain du midwest devenu le Mr Sexe des stars.

Nous sommes donc impatient de lire aussi bien les textes d'analyses que de découvrir l'angle adopté pour les aspects les moins cinématographiques de ce cinéaste emblématique de l'âge d'or du cinéma américain.

Disponible sur commande.

Prix : 25 euro | 244 pages

Inside Out, le cinéma de Dwoskin

Le 28 juin 2012, Stephen Dwoskin disparaissait. Si divers hommages lui ont été rendu dans les jours qui ont suivi (voire les mois puisque des festivals comme Cinéma du Réel ont organisé des projections en 2013 pour saluer le travail du cinéaste), la sortie de ce premier ouvrage français vient, non pas clore, mais célébrer le cinéma de Dwoskin et offrir une nouvelle porte d'entrée dans un univers méconnu.

En 1981, Dwoskin réalisait Outside In sur le quotidien d'une personne handicapée. Avec Inside Out, les éditions Independencia propose de plonger dans l'envers de l’œuvre du réalisateur et de ces composants les plus prégnants, le désir et la douleur.

Présentation de l'éditeur :


Atteint par la poliomyélite à l’âge de neuf ans, Stephen Dwoskin n’a jamais laissé le handicap prendre le contrôle de sa vie. Au contraire, c’est lui qui, très vite, en a pris les rênes et en a fait le centre, le moteur, l’obsession, l’enjeu, l’horreur d’une oeuvre immense et bouleversante qui couvre presque cinquante ans de cinéma.
Inlassablement et jusqu’à sa mort en juin 2012, il a refusé l’immobilité, la pitié et les regards contrits pour mettre en avant sa résistance de cinéaste et d’homme libre. Chacun de ses films, courts ou longs, fauchés, radicaux, cérémoniaux, questionne le concept de douleur, explore le burlesque et le pathétique de ce corps si lourd et si faible à la fois, visite l’esthétique glaçante et graphique de la maladie et des hôpitaux qui ont rythmés sa vie et enfin, et surtout, expose aux yeux du monde son amour absolu des femmes, de leurs nudités, de leurs danses et de leurs regards sur lui.

Ce livre réunit auteurs, cinéastes, programmateurs, critiques, théoriciens, historiens de l’art et du cinéma, collaborateurs et amoureux de l’oeuvre de Stephen Dwoskin. Maureen Loiret, Pip Chodorov, Gloria Morano, Philippe Azoury, Pierre Léon, Nicole Brenez, Judith Revault d’Allonnes, William Fowler, Andrea Monti, Anthea Kennedy, Ian Wiblin, Louis Skorecki, Štrajk, Cyril Neyrat, Jean-Pierre Rehm, Philippe Grandrieux, Rachel Bénitah, Raymond Bellour, Tatia Shaburishvili, Sabrina Paul et Pascale Cassagnau.

Table
Avant-propos par Antoine Barraud
L’oxymore incarné par Maureen Loiret
Entretien avec Pip Chodorov par Antoine Barraud
Eloge d’une quête, le corps de l’autre comme présence à soi par Gloria Morano
Dirty par Philippe Azoury
Entretien avec Nicole Brenez et Pierre Léon par Antoine Barraud & Maureen Fazendeiro
Disposer de son corps, à propos de Dyn Amo par Antoine Barraud
Elle, Dwoskin et moi, à propos de Behindert par Judith Revault d’Allonnes
Rencontres avec Central Bazaar par William Fowler
Notes sur Outside In par Andrea Monti
Entretien avec Anthea Kennedy et Ian Wiblin par Antoine Barraud
Dwoskin et le nichon d’or, à propos de Further and Particular par Louis Skorecki
La quête de l’inaccessible, à propos de Trying to Kiss the Moon par Maureen Loiret
Mademoiselle Douleur, à propos de Pain is… et Intoxicated by my Illness par Antoine Barraud
Handicap, douleur et amour à mort par Štrajk
Au miroir invisible de l’amitié, à propos de Video Letters par Pascale Cassagnau
Loin de l’Amérique, à propos de Video Letters par Antoine Barraud
De D. à D., notes sur Dad par Jean-Pierre Rehm
Entretien avec Stephen Dwoskin autour de Oblivion par Cyril Neyrat
Sous le ciel de Dwoskin, à propos de The Sun and the Moon par Philippe Grandrieux
Entretien avec Sabrina Paul et Tatia Shaburishvili par Antoine Barraud & Maureen Fazendeiro
L’inoubliable, à propos de Age is… par Antoine Barraud
Entretien avec Stephen Dwoskin autour de Age is… par Antoine Barraud & Rachel Bénitah
Souffles de vie, à propos de Age is… par Raymond Bellour
Bref florilège par Pascale Cassagnau Steve e morto par Tonino De Bernardi
Filmographie
Présentation des auteurs
Crédits photos

Les films de Stephen Dwoskin sont en vente sur theendstore.com

Le livre sera prochainement en vente sur le site.

286 pages | 27 euro

Jean-Claude Biette, livre & rétrospective

A l'instar de Jean Eustache (dont nous attendons toujours le coffret intégral annoncé un temps par Tamasa), Jean-Claude Biette est l'autre grand oublié du cinéma français. Aucun film n'est à ce jour disponible en dvd. Une anomalie que nous espérons voir disparaitre dans les prochains mois suite à la publication de l'ouvrage Jean-Claude Biette, Le sens du paradoxe par Pierre Léon et surtout grâce à la rétrospective à la cinémathèque de Paris (12 au 24 juin 2013) en copie restaurée.

Présentation de l'éditeur :
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Cinéaste, critique (aux Cahiers du cinéma puis à Trafic), Jean-Claude Biette a réalisé sept longs métrages, du Théâtre des matières (1977) à Saltimbank (2003). Dans ce livre à la fois érudit et enjoué, Pierre Léon suit, d’un film à l’autre, et pas forcément dans un ordre chronologique, une oeuvre sinueuse, toute de réalisme ironique, qui prit fin prématurément avec la mort du cinéaste en 2003, trois mois avant la sortie de Saltimbank. L’oeuvre d’un cinéaste piéton et fugueur, d’un poète démocrate attaché à décrire un monde mystérieux, traversé de multiples secrets, grands ou petits, gardés par une armée de comploteurs, d’arpenteurs de labyrinthes où tout devient possible : les rêves comme les désastres.
« Faudrait-il défendre Jean-Claude Biette, cinéaste, qui, par principe, se défend très bien tout seul ? Le problème, c’est que si on énonce, par exemple, que Jean-Claude Biette est 1) un grand cinéaste, ou bien 2) le plus original des cinéastes de sa génération, ou bien 3) le plus grand cinéaste moderne avec Fassbinder, ou bien, etc., les gens exigeront des preuves, et que de preuves, il n’y en a guère. Après tout, faire des films n’est pas un crime, même si on les prémédite. Ou alors, cette preuve, c’est leur “évidence”, pour emprunter le mot à la langue anglaise. »
 Pierre Leon

204 pages | 18 euro

Filmographie :
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Ce que cherche Jacques (1970)
La Sœur du cadre (1972)
Le Théâtre des matières (1977)
Loin de Manhattan (1980)
Archipel des amours : pornoscopie (1982)
Le Champignon des Carpathes (1988)
Chasse gardée (1989)
Le Complexe de Toulon (1994)
Trois ponts sur la rivière (1998)
Saltimbank (2002)
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Lire le texte de présentation du cycle consacré à Jean-Claude Biette par Mathieu Macheret :
"Si ses films semblent n'aller nulle part, c'est qu'ils sont surtout striés de motifs et de somptueuses modulations dont les sinuosités brodent un délicat « art de la fugue », à tous les sens du terme. Cette promenade, sans autre terme que le mot « fin », est relevée par le tintement cristallin d'une langue portée par des acteurs aussi disparates que les instruments d'un orchestre, et jetée dans l'air comme des notes sur une partition. Dans cette œuvre, aucune psychologie, aucun message ne vient orienter la lecture du spectateur. Mais sous l'image, tout un monde grouille qui serait comme l'envers des films et contiendrait les histoires, les mystères laissés en suspens, et qui n'existent peut-être nulle part ailleurs que dans nos esprits de témoins"

source :Capricci  / Cinémathèque de Paris

I am Spartacus !

Un acteur de légende, un cinéaste culte, un scénariste banni, un classique du 7ième art. Que dire de plus aujourd'hui ? Et pourtant à l'époque le film Spartacus était loin d'être fait et c'est le récit que nous propose Kirk Douglas aux éditions Capricci un an après sa sortie aux Etats-Unis.

Présentation de l'éditeur :
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En 1959, Kirk Douglas met en chantier, en tant que producteur, un projet considérable : l’adaptation de Spartacus, best-seller d’Howard Fast. Stanley Kubrick sera le réalisateur, Douglas jouera le célèbre esclave rebelle, Laurence Olivier, Tony Curtis, Jean Simmons, Peter Ustinov, Charles Laughton tiendront des rôles secondaires. Pour l’adaptation, Douglas engage le grand scénariste Dalton Trumbo. Or celui-ci, inscrit sur la liste noire de Joseph McCarthy, vient de passer un an en prison. Il doit donc travailler sous pseudonyme.
Dans ce livre publié aux États-Unis en 2012, l’acteur décrit la mise en place d’un projet de grande envergure ; les relations orageuses avec Kubrick, avec qui il venait de tourner — et de produire — Les Sentiers de la gloire ; les caprices des acteurs, notamment la rivalité entre Ustinov et Laughton ; les difficultés pour parvenir à un montage définitif.
Livre à la fois au passé et au présent, mémoires et prise de parole d’un acteur soucieux depuis toujours de la chose politique, I am Spartacus ! raconte l’épopée du film qui permit à Hollywood de tourner enfin la page de la liste noire.
Extrait du livre : « Quand je repense à Spartacus aujourd’hui — avec plus de cinquante ans de recul — je suis sidéré que toute cette histoire ait réellement eu lieu. Tout était contre nous : la politique de l’ère McCarthy, la concurrence avec un autre film — tout. »

192 pages | 19 euro

Lors de la publication de son autobiographie, Le Fils du Chiffonnier, Kirk Douglas évoquait déjà sur une trentaine de pages la production et le tournage chaotique de Spartacus. En voici des extraits :

"Après les Vikings, je m'étais juré de ne plus tourner d'épopée historique. Mais dans les années cinquante, Hollywood se lançait dans les superproductions historiques à gros budgets. [...] vers la fin de l'année 1957, Eddie Lewis, un réalisateur de talent qui travallait pour moi depuis huit ans, m'apporta un livre intitulé Spartacus. L'auteur, Howard Fast, avait fait plusieurs mois de prison pour appartenance au Parti communiste.[...]
Spartacus pouvait faire un film extraordinaire. Je pris une option sur le livre, que je payai de mes propres deniers. J'étais persuadé que la United Artists ne ferait aucune difficulté pour produire Spartacus.[...] J'allais voir Arthur Krim, le président de la United Artists, et lui parlai de mon idée d'adapter à l'écran Spartacus. La réponse fut abrupte : "Non."
Le 13 janvier 1958, je reçus le télégramme suivant d'Arthur Krim : "Cher Kirk : Spartacus reprend la même histoire que Les Gladiateurs de Koestler. Nous sommes déjà engagés pour Les Gladiateurs avec Yul Brynner, et le film doit être réalisé par Marty Ritt. Il nous est donc impossible de nous lancer dans Spartacus. Bien à vous Arthur." [...]
Mon agent était le brillant Lew Wasserman, directeur de la MCA, Music Corporation of America. Lew estimait que le seul moyen de faire le film était soit d'y intéresser un grand réalisateur, soit de présenter une affiche prestigieuse. [...] Nous allâmes donc voir des réalisateurs. David Lean, qui venait de terminer Le Pont de la rivière Kwai, refusa poliment : "C'est une question de genre [...]". Nous reçûmes alors soixante pages du scénario d'Howard Fast : inutilisables, un vrai désastre. [...] Pour attirer des vedettes et un grand réalisateur, il fallait plus qu'un bon scénario, il fallait un scénario extraordinaire. Et vite.
Dans ma vie, j'ai lu beaucoup de scénarios, et peu qui m'ont vraiment plu. Mais lorsque c'était le cas, il s'agissait souvent d'un scénario écrit par Dalton Trumbo[...]
Dalton Trumbo était l'un des "Dix d'Hollywood", les Unfriendly Ten. Il se défendit en invoquant le Premier Amendement, le droit de tout américain à la libre expression. Il passa un an en prison. [...]
Eddie et moi rêvions : quel miracle si nous pouvions avoir Laurence Olivier - Sir Laurence Oliver -, Charles Laughton et Peter Ustinov ! [...] A présent, il nous fallait l'aide de Lew Wasserman pour faire parvenir le scénario Laurence Olivier, Charles Laughton et Peter Ustinov. [...] A notre grande surprise, le scénario des Gladiateurs de la United Artists fut terminé en même temps... et fut expédié aux trois mêmes acteurs. [...]
Le 27 octobre 1958, je reçus un télégramme de la United Artists : " Cher Kirk, à la demande d'Arthur (Krim), Yul Brynner a accepté, en gage de bonne volonté, de vous laisser utiliser le titre Spartacus." [...]
Les choses se mettaient en place. Universal voulait aboslument m'imposer Anthony Mann comme metteur en scène. Je m'y pposais. Anthony Mann avait déjà réalisé de nombreux films à succès [...] mais Spartacus n'était pas un film pour lui. [...] Je me battis avec la compagnie pour qu'il fût remplacé. [...] Ils restèrent sourds à mes demandes. Le tournage débuta le 27 janvier 1959.

Le livre est disponible sur commande auprès de THE END
contact[at]theendstore[point]com

Hollywood Babylone réédité !

Indisponible depuis plus de trente ans, le livre culte (oui, de nos jours tout est culte mais pour le coup entre la personnalité de l'auteur et le sujet même, ce mot prend toute son ampleur) Hollywood Babylone de Kenneth Anger se voit enfin réédité dans son intégralité (une première en français) aux éditions Tristram.

Si les camarades de Peeping Tom avaient eu l'heureuse initiative de proposer une lecture sur leur blog, posséder un exemplaire à un prix plus que dérisoire (12 euro contre une cinquantaine pour l'édition des années 70) est un moment intense pour quiconque s’intéresse de près à ce cinéaste de légende, personnage occulte du septième art.

Présentation de l'éditeur :
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Livre d’une très grande originalité de propos et de facture, Hollywood Babylone présente toutes les caractéristiques de ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler un « livre culte ». On pourrait même dire qu’il constitue un prototype du genre. Longtemps resté inédit dans les pays anglo-saxons, et d’abord publié — dans une version embryonnaire — par Jean-Jacques Pauvert à Paris, Hollywood Babylone invente, dès les années 1950, ce qui deviendra au cours des décennies suivantes l’approche « people », voire « trash », de la célébrité et du show-business.
Petit-fils d’une grand-mère costumière à Hollywood, fils de starlette, Kenneth Anger a grandi dans les studios où il fut enfant acteur. Il a toujours collectionné, dans des albums, les coupures de presse révélant la face noire de l’industrie du rêve et du divertissement : débauches, chantages, manipulations, addictions, meurtres. Cette matière fascinante est à l’origine du « work in progress » que Kenneth Anger poursuit depuis maintenant un demi-siècle dans Hollywood Babylone.  

Un complément idéal pour l'intégrale des films de Kenneth Anger disponible sur theendstore.com

Philippe Garrel, en substance

En 1964, quand j'ai commencé, le cinéma avait 80 ans et quand quelqu'un faisait un film quelque part dans le monde, ou je voyais le film ou j'entendais parler de lui. C'est devenu impossible de connaître le nom de tous les gens qui font un film de nos jours. Les Cahiers jaunes écrivaient qu'un cinéaste avait une signature. On voit bien que ce film est un film de Godard, celui-là de Varda, cet autre de Resnais. Il y a un effet de signature chez tous les cinéastes. Il y a eu une époque où si l'on prend tous les auteurs, il n'y en a pas un qui n'ait pas de signature. C'est ce qui le fait auteur, il invente un genre d'images, de plans et de scènes. Maintenant, le cinéma est complètement dilué dans l'histoire qu'il raconte. Il n'y a absolument pas d'attitude qui fait que les gens prennent un style personnel dès le premier plan [...]
Philippe Garrel in Cahiers du Cinéma #671, octobre 2011, p.74
Garrel fait parti des rares cinéastes français à posséder cette fameuse "signature". Si son style a certes évolué au cours de la dernière décennie, son cinéma lui, n'a pas cédé à une quelconque veine commerciale. Autant exigeant que passionnant, l’œuvre de Philippe Garrel n'a pas encore révélé tous ses secrets. Mais le journaliste Philippe Azoury (Obsession) et auteur de divers ouvrages soulève un coin du voile mystique que renferme la filmographie de Garrel à travers cet ouvrage qui s'annonce déjà comme incontournable.


Riche d’une trentaine de titres, l’œuvre de Philippe Garrel s’étend de 1964 à aujourd’hui. Elle est la seule de tout le cinéma français à avoir filmé une adolescence dans les années soixante (Les Enfants désaccordés, Droit de visite), puis la révolution de Mai 68 et ses retombées (Marie pour Mémoire, Le Révélateur…), la seule aussi à avoir rendu en films l’essence d’un amour fou et la substance d’un exil chimique (Les Hautes Solitudes, Un Ange passe…). 

En 1979, Garrel tourne le sublime Enfant secret, avec lequel il quitte les rivages de l’expérimental pour entamer le second temps, plus narratif, de son œuvre. Comment se retourner sur ces années d’expériences, les retraverser et en ramener la puissance au présent ? C’est désormais la question de ce cinéma qui, depuis dix ans, s’invente et se réinvente dans la compagnie des stars : Le Vent de la nuit avec Catherine Deneuve, La Frontière de l’aube avec Laura Smet, Un été brûlant avec Monica Bellucci. 

Ce livre est le premier essai consacré en France à Philippe Garrel. Il est accompagné d’un entretien inédit avec le cinéaste dans lequel il évoque sa méthode. Tournant en prise unique, Garrel crée une dialectique complexe entre l’acteur au présent et le passé enfoui du personnage, souvent inspiré de ses compagnes ou compagnons de route (Nico, Jean Seberg, Jean Eustache…). Philippe Azoury retrouve par les part d’intangible, d’invisible, de silence que recouvrent les films de Philippe Garrel.

Outre ce livre, THE END a le plaisir de proposer sur theendstore.com les deux films mythiques de la période "Zanzibar"  de Philippe Garrel, Le Lit de la vierge et Le Révélateur.

Tourné au lendemain de mai 68, sans scénario et sous l'influence de stupéfiants, Le Lit de la Vierge, le cinquième film de Philippe Garrel, reprend en de longs plans séquences la trame de l'Évangile mettant en scène un Christ douloureux refusant la volonté de son Père. Il s'agit d'un film désormais incontournable dans l'histoire du cinéma d'avant-garde.
Un couple et son enfant fuient devant une menace informe et pourtant indicible. Un film sans rires et sans murmures. Dans un paysage de désolation, d'humidité et d'humiliation...
 
Livre : 264 pages | 19 euro
dvd : 31 euro pièce

You Talkin' To Me?

Il y a des films qui  ne nécessitent aucun commentaire. Tout ou presque a été dit sur Taxi Driver mais tout n'a pas été montré comme le témoigne les photographies de Steve Schapiro, seul photographe a avoir été accepté sur le plateau du film de Martin Scorsese. On peut connaitre un film de manière intime sans jamais percer le mystère qui en fait sa réussite. La contemplation de ses prises de vues réussies a crée une émotion équivalente à l'ampleur de ce chef d’œuvre artistique.




 
 
Autre livre sur Scorsese et aujourd'hui devenu rare en librairie, sobrement intitulé Martin Scorsese, propose une belle approche de l'univers du cinéaste italo-américain et contenant son lot d'anecdotes. En voici un exemple :
Taxi Driver est le fruit d'une alchimie résultant de l'union de quatre grands talents : Martin Scorsese le réalisateur, Paul Schrader le scénariste, Robert De Niro, le comédien et Bernard Herrmann. Mais c'est également le fruit du destin. En effet, ce violent scénario écrit en 1972 intéresse d'abord Robert Mulligan qui souhaite confier le rôle du chauffeur à Jeff Bridges. Lorsque le couple de producteurs Julia et Michael Phillips rachètent le script, ils se mettent à considérer Brian De Palma mais son emploi du temps rend finalement la concrétisation du projet impossible.
Ce n'est que trois années plus tard que la conjonction du succès des diverses parties va permettre de constituer un lot artistique étonnant : Schrader vient de toucher 350 000 $ pour les droits de son scénario The Yakuza, Alice doesn't live here anymore remporte l'Oscar de la meilleure comédienne pour Ellen Burstyn, Robert De Niro l'Oscar du meilleur second rôle pour The Godfather Part II (Le Parrain 2ième partie,  F.F. Coppola, 74) et les Phillips, celui du meilleur film (en autres) avec The Sting (L'arnaque, Georges Roy Hill, 73).
Le tournage de Taxi Driver s'effectue dans les limites d'un petit budget de 1,3 M$, budget qui essuiera un large dépassement de 40% à cause de conditions extrêmement difficiles. Afin de parer toute perte de temps, Scorsese dû dessiner tous les plans du film. Dans son livre "You'll never eat lunch in this town again", la productrice Julia Phillips se rappelle que pour surmonter les problèmes, "grosse pression, planning étroit, peu d'argent, New York l'été, tournage de nuit... ils sniffaient tous". Les années 70.
Extrait du livre de Nicolas Schaller et Alexis Trosset in Martin Scorsese - p.78 - Éditions Dark Star
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Une plongée dans l'univers du réalisateur de films mythiques tels que Taxi Driver, Raging Bull, After Hours, La Dernière Tentation du Christ, Les Affranchis, Casino et Gangs of New York. Période par période, sa carrière est retracée. Film par film, son œuvre est racontée et étudiée. Thème par thème, son apport au Septième Art est analysé, de ses influences cinéphiles à sa mise en scène, de son utilisation de la musique à son travail avec ses fidèles collaborateurs. Le tout illustré d'une riche iconographie. Un portrait exhaustif et passionnant de Martin Scorsese. 

45 euro | 256 pages en vente sur theendstore.com

Skolimowski, signes particuliers

Comme toujours avec l'éditeur Yellow Now, il faut être extrêmement attentif afin de ne pas louper une de leurs (excellentes) publications qui pourraient venir agrémenter notre savoir sur un cinéaste et surtout redonner un coup de fouet à notre intérêt pour son travail. Et cette fois-ci il s'agit du réalisateur polonais, Jerzy Skolimowski.

Jusqu'à ce jour, et sans compter la monographie de la revue Éclipse parue en juin 2012 (Jerzy Skolimowski : Dissidence poétique), il s'agit du premier ouvrage consacré à l'auteur du film culte Deep End.


Après avoir publié des poèmes remarqués et été scénariste pour Andzej Wajda et Roman Polanski (Les Innocents charmeurs, Le Couteau dans l'eau), Jerzy Skolimoski fut le représentant le plus talentueux du jeune cinéma polonais des années 60 avec des films comme Rysopis, Walkover et Le Départ, salués à l'époque avec admiration par Jean-Luc Godard. En 1967, Haut les mains ! lui vaut de graves problèmes avec la censure qui le forcent à s'exiler et à entamer une seconde partie de carrière plus chaotique mais néanmoins marquée par d'autres grands films (Deep End, Le Cri du sorcier, Travail au noir, Le Bateau-phare, Ferdydurke). Il tournera alors en Italie, aux États-Unis et surtout en Angleterre, en s'adaptant admirablement à des contraintes économiques inconfortables. En 1991, après quelques expériences qu'il juge malheureuses, il se retire pendant 17 ans pour s'adonner totalement à la peinture, art qu'il a toujours pratiqué parallèlement au cinéma. En 2008, il fait enfin un très attendu retour avec Quatre Nuits avec Anna, qui sera suivit deux ans plus tard d'Essential Killing, deux films qui prouvent qu'il n'a rien perdu de son talent et qui le placent à nouveau parmi les cinéastes contemporains les plus importants. Ce livre réunissant des admirateurs de longue date de l'oeuvre de Skolimowski célèbre cette survivance d'un cinéaste qui aura traversé de façon aventureuse cinquante ans de l'histoire du cinéma en sachant toujours retomber sur ses pieds malgré divers échecs et désillusions.

Sous la direction de Jacques Déniel, Alain Keit & Marcos Uzal.

Divers films de Jerzy Skolimowski sont disponibles sur theendstore.com

Le livre Jerzy Skolimowski signes particuliers est à commander par mail à contact(AT)theendstore(POINT)com ou theendstore(AT)gmail(POINT)com

Prix : 30 euro | 256 pages

Phill Niblock, Working title

Artiste majeur mais peu connu, le passionnant Phill Niblock se voit dédier une première monographie renfermant toute l'ampleur de son travail sonore, visuel et cinématographique. Un livre fondamental.

Présentation de l'éditeur :

Cette édition présente, à travers une vingtaine d'essais de musicologues, critiques et historiens de l'art, et d'entretiens avec Phill Niblock, un panorama des activités, depuis les années 1960, de l'artiste-musicien new-yorkais, compositeur majeur du courant minimaliste américain et artiste multimédia avant la lettre. Accompagné d'illustrations, de partitions et de 2 DVD double face contenant plus de 8 heures de vidéos, cet ouvrage est la première monographie bilingue consacrée au travail de Phill Niblock.

Extrait :
Phill Niblock nous ouvre les horizons d'un art qui met à mal toute entreprise de définition. Un art qui ne se limite pas à une approche invariable ou à un médium unique. Un art qui nous investit de sa totalité. Depuis la fin des années 1960, son œuvre s'active à transformer notre perception et notre expérience de la musique et du temps. Ses compositions doivent s'écouter très fort, car c'est au sein d'une telle masse sonore que l'on peut véritablement explorer les harmoniques — c'est d'ailleurs là un équivalent direct à l'échelle imposante des images projetées, dont la densité et la matérialité viennent nous submerger. Dès l'initiation en 1968 de son travail sur les Environments, une série de performances-installations intermédia, l'art de Phill Niblock s'est toujours attaché à associer les multiples formes que sont la musique, le film, la photographie, la projection d'images et la danse, en une forme globale qui serait plus tard qualifiée d'« Art Intermédia ». Elaine Summers, avec qui il travaillait depuis 1965, fonda l'Experimental Intermedia Foundation en 1968, et Niblock en devint le directeur en 1985. [...]
Au milieu des années 1960, Niblock commence à réaliser des films pour les danseurs de la Judson Church — Elaine Summers, Yvonne Rainer, Meredith Monk, Tine Croll, Carolee Schneeman ou encore Lucinda Childs, une pratique qui le mènera à réaliser, entre 1966 et 1969, la célèbre série qu'on connaît sous le nom de Six Films, qui compte les classiques que sont Max, avec Max Neuhaus, et The Magic Sun avec Sun Ra et son Arkestra. Entre 1968 et 1971, Niblock, rompant avec les traditions du cinéma, réalise sa série d'Environments, puis entreprend, en 1973, un projet auquel il se consacrera pendant vingt ans et qui deviendra son œuvre majeure : The Movement of People Working. Les Environments sont une série d'installations, présentées dans des musées ou dans le cadre de théâtre non verbal, qui, comme l'écrit Jonas Mekas, « présentent des mouvements et des images dotés d'une énergie vitale presque inaltérée. En sortant d'une telle performance, on se sent plus fort, plus vivant. » Ces quatres Environments produits autour de 1970 — Environment (1968), Cross Country/Environment II (1970), 100 Miles Radius/Environment III (1971) et enfin Ten Hundred Inch Radii/Environment IV (1971) — sont présentés, à l'origine, dans des lieux aussi diversifiés que la Judson Church, l'Everson Museum of Art de Syracuse, le Herbert F. Johnson Museum de l'Université Cornell ou le Whitney Museum à New York. Leur forme évoluera : en 1968, les différents éléments sont encore fractionnés ; avec 100 Miles Radius, l'environnement se compose déjà d'un grand écran large d'une douzaine de mètres, où sont projetés côte à côte trois films ou deux séries de diapositives, interrompus par trois fois par des danseurs interprétant, comme s'en souvient Mekas, « des pièces simples, uni-thématiques, qui se fondaient parfaitement dans la sérénité des images. » Avec celles-ci, Niblock donne, comme l'écrit Abigail Nelson, « une vision de la nature plus abstraite, plus simple […] à travers des plans très rapprochés, dépourvus de fond. » À travers des images fixes et des films, les deux derniers Environments dévoilent la géographie des monts Adirondacks, dans l'état de New York, dans des rayons respectivement de cent miles (env. 160 km) et de cent pouces (env. 2,50 m). Extrayant ainsi la réalité de plusieurs environnements, tout en aménageant un environnement temporaire constitué d'images projetées, de musique et de mouvements dans l'espace du musée, la série de ces œuvres nous permet de comprendre vraiment ce que c'est qu'un environnement. La série de films The Movement of People Working dépeint le travail humain dans sa forme la plus élémentaire. Filmé en 16 mm couleur, puis plus tard en vidéo, dans des lieux comme le Pérou, le Mexique, la Hongrie, Hong-Kong, l'Arctique, le Brésil, le Lesotho, le Portugal, Sumatra, la Chine et le Japon — avec plus de vingt-cinq heures de film en tout, The Movement of People Working se concentre sur le travail pris comme une chorégraphie de mouvements et de gestes, sublimant la répétition mécanique et pourtant naturelle des actions des travailleurs. Phill Niblock explique avoir commencé The Movement of People Working « par nécessité, car ma musique s'accompagnait de danse simultanée, et c'était trop laborieux et trop onéreux de tourner avec tout ce monde. Alors j'ai fait ces films, que je pouvais projeter pendant que je jouais. » Lorsque les films sont diffusés, ils sont accompagnés par la collection de lentes compositions musicales évolutives de Niblock, à l'harmonie si minimaliste, composées entre 1968 et 2011. Le volume sonore utilisé lors de la diffusion de ces longs bourdons en offre une expérience viscérale, et vient animer les harmoniques toutes scintillantes, palpitantes. La superposition des tons vient faire écho à la répétitivité de l'activité des ouvriers ; sur chaque écran, la succession des films (qui changent tout au long de la journée), combinée avec un programme aléatoire qui choisit au hasard différentes compositions musicales, résultent en un renouveau permanent des formes, proposant sans cesse de nouvelles juxtapositions de son et d'images. The Movement of People Working tient un propos fort, politique et social, que le titre met bien en évidence et qui se manifeste par la proximité avec les travailleurs.
En cela, cette série de films peut faire écho au travail de certains cinéastes comme Jean-Luc Godard et Chris Marker qui, dès 1967, donnèrent la caméra aux ouvriers en leur expliquant les rudiments techniques du cinéma afin qu'ils puissent réaliser leurs propres films. Dans un fascinant retournement de la situation, plutôt que de faire de la fiction ou du pur documentaire, certains ouvriers formèrent les groupes Medvedkine et décidèrent de se filmer en train de travailler. À l'intersection de tant de domaines — musique minimaliste, art conceptuel, cinéma structurel, art systémique ou même engagé, pour n'en citer que quelques-uns, et à travers tant de collaborations avec des artistes, des danseurs, des chorégraphes ou encore des musiciens, l'art de Phill Niblock nous donne tout simplement l'opportunité si rare de faire l'expérience d'un art réalisé à partir du temps, un art qui nous fait éprouver le temps.
 Nothin to advertise, just a text on the art of Phill Niblock, Mathieu Copeland (p. 45-48)
En bonus le livre est accompagné de deux dvd  incluant les films suivants :
Remo Osaka, le prolongement de la série The Movement of People Working, avec une bande son singulière, les Anecdotes from Childhood, répartis sur les 2 DVD afin de pouvoir être visualisés dans le cadre d'une installation, ainsi que 70 for 70 (+1), Seventy (one) Sides of Phill Niblock, le film réalisé par Katherine Liberovskaya en 2003/2004 qui dresse le portrait du compositeur, à l'occasion de son 70e anniversaire, à travers les évocations de ses amis et de sa famille.

Prix : 32 euro | 520 pages

Kiju Yoshida, livre & dvd

Alors que vient de s'éteindre Nagisa Oshima, Kiju (de son vrai prénom Yoshishige) Yoshida, autre rebelle du cinéma japonais et frère d'armes d'Oshima au sein du studio de la Shoshiku, se voit de nouveau être sous les projecteurs grâce à la publication d'un ouvrage, écrit par le cinéaste, et l'édition de son anthologie consacrée à l'art en dvd.

Retour en arrière. En 2008, le centre Pompidou en partenariat avec Carlotta proposait une rétrospective intégrale de l’œuvre de ce cinéaste à l'image d'intellectuel, loin des auras sulfureuses d'un Oshima ou d'un Wakamatsu. Pour autant, la filmographie de Yoshida réserve des expérimentations proche de ses camarades (Eros+Massacre, Purgatoire Eroica). Mais si Oshima rencontra le succès avec son film le plus polémique L'Empire des Sens, Yoshida, lui, s'éloignera des abstractions. Si on se réfère à la filmographie d'IMDB, on pourrait penser que la carrière du cinéaste nippon à subit une traversée du désert entre 1973 et 1986 alors qu'en réalité Yoshida s'était réfugié à la télévision pour poursuivre ses "visions de la beauté".


A partir de 1973, Kijû Yoshida réalise « Beauté de la beauté », une entreprise d’une sans égale dans l’histoire du cinéma sur les formes artistiques, aussi scrupuleusement documentée qu’ouverte à l’imaginaire. Sélectionnés parmi les 94 chapitres qui composent cette œuvre-somme, les 20 épisodes proposés ici sont consacrés aux maîtres de la peinture occidentale. Confrontant les œuvres à leur environnement géographique et intellectuel, le cinéaste fait entendre à nouveau, au creux des paysages, dans les blancs du tableau, la rumeur d’époques révolues.
« Tout le temps que j’ai consacré à Beauté de la beauté, j’ai tâché de garder le silence. Devant moi et la caméra, les œuvres d’art déjà se tenaient là. Aussi n’était-ce pas moi qui les regardait, mais elles qui m’observaient. C’est pourquoi, écartant autant que possible toute information les concernant, je me suis efforcé d’enregistrer ce regard qu’elles tournaient ainsi vers moi. Je me suis également interdit d’utiliser les adjectifs "beau" ou "belle". Car ce qui est "beau" ne l’est que dans la mesure où le spectateur de Beauté de la beauté le ressent comme tel : seule son imagination pourrait y trouver quelque "beauté" que ce soit. »
Kiju Yoshida
Si le travail au cinéma s'est fait plus rare au mitan des années 70, Yoshida a continué ses escapades (il est francophile, amoureux de Godard comme de Sartre) et à posé ses valises au Mexique pendant cinq ans. Capricci a l'heureuse initiative de proposer les écrits du réalisateur, lui permettant une introspection sur son esthétique.


En 1977, Kijû Yoshida part au Mexique pour y réaliser l’adaptation d’un roman d’Endo Shûsaku. Il ne le tournera pas, mais habitera le pays jusqu’en 1982. De retour au Japon, il relate son « odyssée-naufrage ». L’ouvrage tient du journal de voyage et relate les pérégrinations d’un Yoshida apparemment passif, se laissant porter par le monde et ses événements. Mais il est surtout une « aventure en écriture », un voyage élégant en terre de savoirs, sans équivalent dans la littérature cinématographique. Le Mexique selon Yoshida s’enrichit de la philosophie, de l’histoire du siècle, des arts et du cinéma. Trotski croise Buñuel, Hernán Cortés et les peuples mayas, Foucault disserte avec Eisenstein et Merleau-Ponty, Deleuze, Bataille et Duchamp. À l’heure où les utopies des années 1960 sont en berne, Yoshida tâche, dans le droit fil de sa filmographie, de créer par les moyens de la littérature un espace, une brèche infime dans l’apparente continuité du monde, qui autorise l’action, la jonction, l’agencement, la rencontre. En ce sens, Odyssée mexicaine ne saurait s’appréhender comme une parenthèse dans la carrière du cinéaste : c’est une étape essentielle de sa pensée et de son esthétique.
KIJÛ YOSHIDA est né à Fukui, au Japon, en 1933. Dès ses premiers films dans les années 1960 (Bon à rien, La source thermale d’Akitsu), il devient une figure cinématographique majeure de la « Nouvelle Vague » japonaise. S’il aborde les thèmes de la libération sexuelle et politique avec Purgatoire Eroïca ou avec l’emblématique Eros + Massacre, son œuvre cinématographique prend ensuite un tournant politico-historique. Il transpose par exemple Les Hauts de Hurlevent dans le Japon médiéval avec Onimaru. Il est aussi un théoricien majeur, auteur entre autres d’un essai sur Yasujirô Ozu (traduit chez Actes Sud en 2004). En 2002, Yoshida reprend la caméra avec Femmes en miroir, film dans lequel il parle d’Hiroshima.
dvd : 30 euro
livre : 21 euro | 276 pages

A commander par mail à theendstore[AT]gmail[POINT]com ou à contact[AT]theendstore[POINT]com

D'autres films de Kiju Yoshida sont à découvrir sur theendstore.com dans notre rubrique Nouvelle Vague Japonaise.

source : Capricci & Carlotta

Orgasmo Vol.1 & 2

Jusqu'au hardcore, le cinéma a évolué entre prétextes hypocrite et genres spécifiquement érotiques, surfant sans vergogne sur la libération sexuelle des Sixties. Les affichistes ont contribué à cette effervescence charnelle, offrant aux frontons des salles sexy des créations souvent plus explicites que les films qu'elles annonçaient.
CHRISTOPHE BIER, historien du cinéma d'exploitation, coordinateur d'un imposant Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm, a sélectionné des affiches, photographies, synopsis et pavés de presse qui témoignent de la vitalité d'un matériel publicitaire obsédé par le sexe.
JIMMY PANTERA, graphiste passionné par les catcheurs masqués mexicains, lui a prêté main forte pource ce dangereux mais voluptueux périple.



224 pages | Français, Anglais

En vente sur theendstore.com

Tarantino, un cinéma déchaîné


Dans quelques jours aux USA (le 25 décembre) et dans quelques semaines en France (le 16 janvier 2013), la sphère médiatique va être en ébullition à l'occasion du huitième film de Quentin Tarantino, Django Unchained.

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.

On peut imaginer d'ici les salles de rédaction en effervescences afin de couvrir de la manière la plus adéquate cet "événement" cinématographique du début d'année à grand renfort de reportage et de dossier pour illustrer ce western blaxploitation, quelque part entre Mandingo (1975) de Richard Fleischeir et le Django (1966) de Sergio Corbucci.

A ne pas en douter, si le film remporte un franc succès, les éditeurs sauront ressortir de leurs placards, des films de ces deux genres de série B par excellence. Capricci et les Prairies Ordinaires, maison d'édition, n'ont pas attendu et publieront le 17 janvier (attention marketing !), l'ouvrage Quentin Tarantino, un cinéma déchaîné.

De Reservoirg Dogs à Django Unchained, Tarantino revu et repensé à neuf !
Le 16 janvier 2013 sort Django Unchained, huitième long métrage de Quentin Tarantino. Un titre en deux mots, comme toujours chez le cinéaste américain. Le premier mot a une résonance cinéphile. Le second indique que le film est une histoire d'esclave affranchi. On peut toutefois entendre déchainé en un autre sens, comme une invitation à parler de Tarantino différemment. Une invitation à libérer son cinéma des lourdes chaines de la cinéphilie et de la citation pour l'aborder enfin de front : comme un art du recommencement. Tel est le projet de ce livre. [...] Quentin Tarantino, un cinéma déchainé est un livre de pensée et de passion, sur le cinéma mais aussi sur l'histoire et sur la politique, qui reconsidèrent à neuf l'un des grands réalisateurs de ces vingt dernières années.

Sommaire :
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Reservoir Dogs et Pulp Fiction par Nicolas Vieillescazes (éditeur et traducteur)
Pulp Fiction par Pascal Bonitzer (cinéaste et critique)
Jacky Brown par Hervé Aubron (critique)
Kill Bill vol.1 et 2 par Noémie Luciani (critique) et par Eric Chauvier (antropologue)
Boulevard de la mort par Corinne Rondeau (critique d'art)
Inglourious Basterds par Marie Gil (chercheur en littérature) et Patrice Maniglier (philosophe) et par Jean Narboni (critique)
Django Unchained par Emmanuel Burdeau (critique)

Si les 176 pages pour penser autrement Quentin Tarantino, lui, étendard d'une nouvelle cinéphilie et cinéaste écologique, recycleur de bobine et chantre du cinémascope bio pour ancienne gloire (ici Don Johnson, le héros de la série Miami Vice, déjà utilisé par son "frère" d'arme Robert Rodriguez dans Machete) auront sous la plume des auteurs cités ci-dessus un grand intérêt. Le notre lui se portera avant tout sur ce film dont les premières images nous laisse perplexes.
Surtout, Django Unchained marque le premier film de Tarantino sans sa monteuse attitrée Sally Menke, décédée en septembre 2010, et vous comme moi, vous savez que le montage est une donnée primordiale dans le cinéma de Quentin Tarantino. Son remplaçant ? Fred Raskin, ayant officié sur les trois derniers Fast & Furious. On vous laissera seul juge de comment prendre cette information.


Jonas Mekas, inventaire

Dès demain le coffret dvd Jonas Mekas (Re:voir / Potemkine) sera disponible à la vente (nous l'aurons dans les prochains jours sur theendstore.com, un peu de patience). Mais cette fin d'année sera marquée par d'autres événements (dont l'acmé sera la rétrospective au Centre Pompidou) pour célébrer le 90ième anniversaire du cinéaste (le 22 décembre) comme la publication aux éditions Paris Expérimental de deux ouvrages recensant son travail cinématographique, littéraire et artistique.

Présentation de l'éditeur :
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JONAS MEKAS / Films - Vidéos - Installations (1962-2012)


Né en 1922 en Lituanie, Jonas Mekas a réalisé plus de 80 films, vidéos et installations depuis son arrivée à New York en 1949. Chaque œuvre inventoriée est accompagnée d’un visuel, de la liste des collections publiques et des distributeurs, de la notice technique et d’un ou plusieurs courts textes résumant le contenu de l’œuvre. Présenté de manière chronologique, le travail de Jonas Mekas est ainsi perceptible en son ensemble, l’ouvrage se présentant à la fois comme un inventaire complet et un outil de recherche dans cette œuvre foisonnante. 
Films, vidéos, installations audiovisuelles ou sonores sont autant de propositions dans lesquelles s’exprime le « je filmé » du cinéaste et sa célébration du quotidien. Le catalogue raisonné est réalisé et préfacé par Pip Chodorov, l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Jonas Mekas. Il est accompagné d’un texte de deux jeunes historiens du cinéma replaçant l’œuvre de Jonas Mekas dans son contexte historique et dans son évolution stylistique. L’ouvrage inaugure une nouvelle collection de Paris Expérimental, « Outils / Tools », consacrée à des outils de recherche dans l’histoire du cinéma expérimental. Il sort simultanément à l’édition d’un Index de la revue Film Culture, revue fondée et dirigée par Jonas Mekas à New York de 1955 à 1996. 

280 pages | 28,50 euro

FILM CULTURE 1955-1966


Fondée à New York en 1955 par Jonas et Adolfas Mekas, la revue, d’abord orientée vers le cinéma d’auteur, s’impose très vite comme le lieu de débat et d’analyse incontournable de presque tout ce qui compte d’important dans le cinéma expérimental américain.
D’abord bimestrielle puis paraissant au gré des aléas financiers, la revue compte au total 79 numéros (dont certains doubles ou triples), de janvier 1955 à l’hiver 1996.
Film Culture constitue aujourd’hui un document-source incontournable, mesurant le pouls de l’avant-garde cinématographique, principalement américaine, mais pas seulement, durant deux ou trois décennies.
La revue recèle une mine d’informations sur les cinéastes qui créent, les mouvements qui se forment, les idées qui circulent, les films qui sont projetés. Elle accueille aussi les textes des artistes eux-mêmes, qui sont autant de manifestes. Sans parler de l’illustration, parfois dense et très diversifiée, la plupart du temps inédite. Tout ceci dans une maquette originale, qui a fait de certains numéros des exemplaires de collection (de 1956 à 1963, Jonas Mekas confie la maquette de la revue à Georges Maciunas).
La publication contient plusieurs index - Index des auteurs, Index des sujets, Index des titres de films et Index des illustrations, - ainsi que la liste complète des sommaires.
L’outil de recherche qui est ici proposé est précédé de deux documents rares. Le premier est le compte-rendu d’une discussion à Columbia University en 2001 entre Jonas Mekas, J. Hoberman, Andrew Sarris et P. Adams Sitney. Le deuxième reprend l’Editorial du numéro 14 de novembre 1957, dans lequel Jonas Mekas, le rédacteur en chef de la revue, plaide pour le renouveau d’un cinéma expérimental en Amérique. 

185 pages | 85 euros

Ces deux ouvrages sont disponibles sur commande contact@theendstore(POINT)com ou theendstore@gmail(POINT)com

Adolpho Arrietta, Underground Paris-Madrid 1966-1995

Bien souvent ce que l'on demande à un éditeur, c'est premièrement, de respecter l’œuvre et le créateur. Ce qui apparait comme une évidence n'est pas obligatoire aux yeux de certains  labels (on pense à ceux qui diffusent des films en dvd sans la version originale). La deuxième chose est l'étonnement. Il n' y a rien de comparable à ce sentiment de découvrir l'inattendu. C'est pourquoi nous aimons particulièrement l'éditeur Capricci qui n'a jamais peur de prendre des risques (calculés ? nous serions tentés de dire oui vu que la société prospère). Le prochain ouvrage de Philippe Azoury (plume passionnante et importante de Libération, de diverses publications et de bonus dvd) en est l'exemple,  permettant de lever le voile sur un cinéaste oublié, Adolpho (ou Adolfo) Arrietta.

"Tous mes films racontent l'histoire d'une perversion" (Arrietta)


Moins connu que Jean Eustache, Philippe Garrel ou Marguerite Duras, dont il fut l’ami, Adolpho Arrietta est pourtant l’un des grands cinéastes underground des années 1970-1980. L’univers de ce magicien du cinéma, digne héritier de Jean Cocteau, va de Madrid à Paris, mais aussi de Jean Marais à Enrique Vila-Matas, des Cahiers du cinéma aux Gasolines : toute une histoire légendaire, à la fois glamour et fauchée, qui revit ici avec brio. Le livre est constitué d’un long entretien réalisé en juillet 2009 à Madrid par Philippe Azoury. Durant trois jours, leur dialogue a creusé la fabrication de Flammes (1978). Ensemble, Azoury et Arrietta évoquent les autres films du cinéaste mais surtout tout un monde, une conception poétique, libre, frondeuse de faire du cinéma comme on vit. De la théorie à la pratique, d’une époque à une autre, cet ouvrage permet au lecteur de se plonger dans le cinéma et la culture de la fin des années 1970.

Adolpho Arrietta est né à Madrid en 1942. Il s’installe en France en 1967, où il réalise ses premiers longs métrages. Considéré en Europe comme un pionnier du cinéma indépendant, il puise son inspiration dans un langage poétique proche de celui de Jean Cocteau. Le cinéaste a marqué les années 1970 par des films tels que Le Jouet criminel avec Jean Marais, Les Intrigues de Sylvia Couski (1974) - qui obtient à Toulon le grand prix du « Cinéma Différent » - Flammes (1978) ou encore Grenouilles (1983). Toujours actif, il a depuis réalisé plusieurs courts et moyens métrages, des oeuvres pour la télévision espagnole et a joué un rôle dans le dernier film d’Albert Serra L’Histoire de ma mort (en production). 
"Aux années 50, la série B (Tourneur, Ulmer Dwan). A ma génération, le cinéma d'Arrieta (de Biette, de Zucca). C'est la même chose, c'est la même question posée à l'apprenti cinéaste : comment atteindre cette vibration nocturne qui hante les films comme un secret ? Réponse : par la mise en scène, ou plutôt par la mise en rumeur, cette capacité à obtenir une attention maximale du spectateur, comme Hitchcock, mais sans installer aucun suspense, à la différence d'Hitchcock, en privilégiant au contraire une attente imprécise un récit de brume.
Serge Bozon in Cahiers du Cinéma #682 - p.92
Seul et unique dvd a être disponible en France (dans le monde ?) grâce à l'éditeur Re:voir, La trilogie des anges renferme trois court-métrage du début de carrière d'Adolpho Arrietta.

Le Crime de la toupie (EL CRIMEN DE LA PIRINDOLA / 1965 / 18 minutes)  
Un enfant, inlassablement, surveille la danse d’une toupie…
« La figure de l’ange, la première fois, est apparue dans le noir et blanc que j’ai utilisé dans Le Crime de la toupie. Je filmais Xavier [Grandes] en train de jouer avec une toupie et j’ai senti qu’il fallait la figure d’un ange qui regarde son jeu. Une amie qui était là a mis un drap et j’ai coupé des ailes en papier qu’elle a collé sur son dos... Après, l’ange apparaît dans mes films en noir et blanc, toujours avec un drap et des ailes en papier. »
L'imitation de l'ange (LA IMITACION DEL ANGEL / 1966 / 21 minutes)
« Dans Imitation de l’ange, le garçon, German Portillo, essaie d’imiter un ange… C’est une méditation sur l’angélisme que je ne peux pas raconter. »
Le Jouet Criminel / 1969 / 36 minutes
« En 1969 je rêvais de faire un film avec Jean Marais. Finalement je l’ai rencontré à Paris. Il était ami avec un ami à moi qui lui avait parlé de mon projet. Il aimait beaucoup l’idée de faire un film underground. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’on allait faire. (…) Un jour on se promenait dans Malakoff. Ce quartier ressemblait un peu aux ruines dans Orphée de Cocteau. (…) Soudain jean s’est arrêté, il a regardé au sol une flaque qui brillait comme un miroir et qui contenait deux gants en caoutchouc blanc, comme les gants de la Mort d’Orphée. Jean n’a rien dit, et moi non plus, mais il me semble qu’on a eu le même sentiment. J’ai senti qu’on était en train de faire un remake d’Orphée. »
Toutes les citations sont d'Adolfo Arrietta, conversations avec Philippe Azoury (2009).
Le dvd et le livre sont à commander par mail à theendstore[at]gmail.com ou contact[at]theendstore.com

> Adolpho Arrietta, Un morceau de ton rêve / Paris-Madrid 1966-1995 par Philippe Azoury / 136 pages / 14,50 euro
> La trilogia del angel / Français - English - Spanish subtitles / livret 16 pages signé Erik Bullot / 24 euro