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Midi-Minuit Fantastique, l'intégrale

Un nom mythique. Une revue entrée dans la légende. Des journalistes devenus des idoles pour nombre de lecteur. Un magazine qui a crée des vocations et qui à contribuer à légitimer un genre alors brocardé, déconsidéré, méprisé. Midi-Minuit Fantastique a changé la face du cinéma de genre en France.

Quarante ans après le dernier numéro, Midi-Minuit Fantastique va renaitre sous la forme d'une anthologie en trois volumes qui retracera cette aventure historique. Ce premier volume, comprenant les six premiers numéros, couvrant la période de mai 1962 à juin 1963, sera accompagné d'un dvd proposant des courts-métrages, des documentaires et même des pièces radiophonique. Ce projet éditorial, en vente début février, est à mettre au crédit de l'éditeur Rouge Profond, la maison d'édition qui depuis quelques années semble investir le terrain du cinéma de genre avec succès.


Présentation de l'éditeur :
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Mai 1962. Les kiosques à journaux affichent la photo saisissante d'un loup-garou aux prises avec une voluptueuse jeune femme. En lettres noires et rouge sang brille pour la première fois un nom appelé à la postérité : Midi-Minuit Fantastique. Tout au long des Sixties, ces trois mots magiques résonnent comme la plus intense des promesses...
Fondée par Michel Caen, Alain Le Bris, Jean-Claude Romer et Jean Boullet, la toute première reue européenne consacrée au cinéma de genre ne se contente pas de défricher un domaine alors méconnu et méprisé. En dix ans d'existence et vingt-quatre numéros, MMF s'impose comme une publication à la fois ludique et exigeante, foisonnante et avant-gardiste. En un mot : culte. Sa rédaction fédère de brillants spécialistes : Francis Lacassin, Yves Boisset, Tony Faivre... De prestigieuses plumes d'horizons divers s'invitent ponctuellement dans ses colonnes : Félix Labisse, André Pleyre de Mandiargues, Christopher Lee... Le ton est libertaire, les racines populaires, l'inspiration surréaliste. L'iconographie de sexe et de sang, éminemment évocatrice. Un seul credo : le fantastique est l'autre nom de l'érotisme, MMF saisit en temps réel un âge d'or du 7e art et accouche d'une subversive "politique des horreurs". La Hammer, le gothique italien, l'épouvante américaine sont à l'honneur. Frankenstein et Peeping Tom deviennent les héros noirs d'une contre-culture qui annonce mai 1968 et la libération sexuelle. Cinéma bis, cinéma d'auteur, underground, littérature et BO s'entremêlent dans un enthousiasmant maelström pop...
Ce volume, dirigé par Michel Caen et Nicolas Stanzick, regroupe les six premiers numéros de la revue. Au menu : Terence Fisher, les Vamps fantastiques, King Kong. Dracula et Zaroff. Enrichi de photos et textes inédits, il comporte aussi le DVD La Télévision des midi-minuistes - plus de trois heures d'archives audiovisuelles d'époque. Manière de fêter comme il se doit la renaissance d'une revue devenue mythique.


Michel Caen fonde à l'âge de vingt ans Midi-Minuit Fantastique dont il assure la coréadaction en chef pendant dix ans. En 1969, il crée L'Organe et Zoom qu'il dirige jusqu'en 1975, puis Vidéo News en 1979.
Nicolas Stanzick a publié en 2008 son premier ouvrage, Dans les griffes de la Hammer, devenu un livre de référence. Coauteur du Cinéma fantastique en France en 2012, il est également conférencier et journaliste.

Bonus en dvd :
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La télévision des Midi-Minuistes.
> Des courts-métrages : Le Puits et le Pendule d'Alexandre Astruc (37mn - 1954), Barbara et ses fourrures d'Ado Kyrou (9m)
> Des documentaires : Le cinéma fantastique, Quelle horreur mon seigneur Dracula, et les Monstres avec Christopher Lee, Barbara Steele, Terence Fisher,...
> Une pièce radiophonique : Dracula, avec Jean Rochefort dans le rôle titre (75mn).



675 pages | 58 euro | prochainement en vente sur theendstore.com

source : Rouge Profond / Guy Astic

Off & Pop, Il cinema segreto Italiano

L'Italie, terre de Pasolini, d'Antonioni ou de Rosselini, n'a laissé que peu de visibilité aux artistes d'avant garde dans les années 60. Pire, ces réalisateurs qui ont pour nom Gioli, Pistoletto, Franchina, Schifano ont trop été cantonné à un certain anonymat face à d'autres noms plus célèbres (Warhol, Brakhage,...).
Si quelque dvd en provenance d'Italie permettent d'avoir un corpus pour appréhender cette génération de cinéaste oublié, mais d'artiste accompli, le musée reste encore aujourd'hui le seul lieu accueillant pour ce cinéma en marge de tous les codes et de toutes les époques.

En 2010, la cinémathèque de Paris proposait "L'ouragan scopique", une rétrospective divisée en quatre temps, autant de soirée pour couvrir quatre décennies dont le Centre Pompidou propose un condensé pour une soirée exceptionnelle.

Présentation du Centre Pompidou :
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PAOLO GIOLI / Mercredi 8 janvier à 19h00
Peintre converti aux supports photochimiques - photographie et cinéma - à la fin des années soixante après un voyage aux Etats-Unis, Paolo Gioli occupe une place singulière dans l'histoire du cinéma expérimental Italien. Souvent qualifié d'alchimiste pour sa créativité et la richesse des procédés techniques convoqués dans la réalisation de ses films, il met en question le primat de la prise de vue dans l'expérience filmique avec son cinéma "sans camera", l'utopie de l'homme comme mesure de toutes choses. 

Tracce di tracce, 1969, 16mm, 7mn
Anonimatografo, 1972, 16mm, 30mn
Film stenopeico, 1973.81.89, 16mm, 13mn
Quando l'occhio trema, 1989, 16mm, 11mn
Farfallio, 1993, 16mm, 8mn
Children, 2008, 16mm, 6mn
Quando i volti si toccano, 2012, 16mm, 7mn
Quando i corpi si toccano, 2012, 16mm, 4mn

Voici deux films qui ne seront pas diffusés durant la soirée



A raison d'une soirée par semaine (le mercredi), le Centre Pompidou va donner à tout amateur de cinéma expérimental un avant gout des richesses que le cinéma italien regorge dans son patrimoine artistique.

Si le travail artistique de Pistoletto est reconnu, récemment mis en lumière par une autre institution parisienne a savoir Le Louvre, son apport au cinéma via le collectif Zoo et son rôle de catalyseur pour les apprentis réalisateurs italiens semble en revanche moins important. Cette soirée du 15 janvier sera l'opportunité pour découvrir des noms qui hantent les manifestations d'avant garde depuis plusieurs années.

MICHELANGELO PISTOLETTO ET SES DOUBLES / Mercredi 15 janvier à 19h00
En fondant en 1967 le collectif Zoo, Michelangelo Pistoletto cherche à faire sortir de l'atelier ou de la galerie sa pratique artistique pour l'inscrire dans l'espace public. Alors qu'il est invité à la galerie de l'Attico à Rome en février 1968 pour une exposition personnelle, l'artiste s'entoure d'une dizaine de jeunes cinéastes turinois qui réalisent une série de films performatifs présentés lors de la journée de clôture. 
Ugo Nespolo, Buongiorno Michelangelo, 1968, 16mm (sur beta), 18mn
Pia Epremian, Pistoletto & Sotheby's, 1968,16mm (sur beta), 22mn
Tonino De Bernardi, La vestizione, 1968, 16mm (sur beta) 26mn
Plinio Martelli, Maria Fotografia, 1968, 16mm (sur beta), 12mn
Renato Ferraro, Comunicato speciale, 1968, 16mm (sur beta), 8mn

Seul long-métrage a être proposé durant ce Off&Pop, Morire Gratis de Sandro Franchina (1939-1998) est une rareté inédite en dvd, une pépite à ne pas manquer.

SANDRO FRANCHINA : "MORIRE GRATIS"/ Mercredi 22 janvier à 19h00
Proche des artistes de la scène romaine dans les années soixante, acteur dans Europe 51 de Roberto Rossellini (1951), et ancien assistant de Jean Rouch, Sandro Franchina réalise avec Morire Gratis (1968) un road movie singulier dans lequel Franco, artiste inquiet en plein désarroi, interprété par le peintre Franco Angeli, relie Rome à Paris en voiture pour y livrer une sculpture de louve dissimulant de la drogue. Séance introduite par Antonio Somaini (professeur, Université Sorbonne Nouvelle, Paris III)  



Pour finir, le Centre Pompidou rendra hommage au travail de cinéaste de l'artiste peintre Mario Schifano 15 ans après sa mort avec une série de films courts.


MARIO SCHIFANO EN 16 MM / Mercredi 29 janvier à 19h00
Artiste autodidacte, Mario Schifano (1934-1998) développe une œuvre pluridisciplinaire d’influence Pop où les codes esthétiques publicitaires viennent se confondre aux enjeux sociopolitiques de son époque. Réceptif à l’idée que le film lui permettrait de dépasser les limitations qu’il rencontre dans sa peinture, l’artiste romain réalise, dans les années 1960 et 1970, une série de courts métrages en 16mm dans lesquels transparaissent les références au cinéma underground américain, en particulier celui d’Andy Warhol. 
Reflex, Mario Schifano, 1964, nb, son, 16mn
Souvenir, Mario Schifano, 1967, nb, son, 11mn
Ferreri, Mario Schifano, 1966-9, nb, sil,
Vietnam, Mario Schifano, 1967, nb / coul, sil, 7mn
Anna, Mario Schifano, 1968-9, nb, sil, 12mn
Film, Mario Schifano, 1967, nb, sil, 15mn

Outre ses courts-métrages, Schifano a réalisé trois longs dont Umano non umano (1972) son dernier avec les apparitions de Mick Jagger, Anita Pallenberg ou de Keith Richards, visible dans son intégralité ci-dessous :


Le Centre Pompidou a travers ses quatre figure majeure d'un cinéma vagabond, pop et sauvage permet d'éclaire l'Italie des années 60 sous un éclairage moins Cinécittà.

Deux dvd vont être prochainement disponible sur theendstore.com



Les films de Paolo Gioli et une anthologie de film "d'art" ou l'on retrouvera Gioli, Schifano et bien d'autres. Nous y reviendrons prochainement.

source : Centre Pompidou

Masumura à la Maison

Contrairement à un Yoshida Kiju, ou à un Wakamatsu Koji, Yasuzô Masumura (1924-1986) est le parent pauvre de l'édition dvd en France. Seulement cinq films du réalisateur de La Bête aveugle (1969) ont été édité en France.

En 2007, le cinéaste japonais bénéficiait d'une rétrospective à la Cinémathèque de Paris (lire le texte de présentation de Stéphane du Mesnildot).

Depuis plus rien, aucun nouveau dvd à l'horizon, aucune opportunité pour (re)voir les films de Masumura... enfin jusqu'à aujourd'hui.

A l'occasion de la seconde partie de la thématique "Les splendeurs de la Daiei - les héritiers du grand maître", la Maison de la Culture du Japon à Paris propose une cinquantaine de films retraçant le parcours du mythique studio japonais, producteur de Rashomon d'Akira Kurosawa.

Mais derrière les Kurosawa, Naruse ou Ozu, Masumura est peut-être celui qui bénéficie le moins d'émulation critique. Espérons que ce nouveau coup de projecteur permette aux auteurs ou éditeurs de se pencher sur cet auteur majeur du cinéma japonais.

JEUNE FILLE SOUS LE CIEL BLEU / 1957


Yûko (Ayako Wakao), lycéenne, a été élevée par sa grand-mère dans un vil­lage de la pénin­sule d’Izu. Avant de mou­rir, celle-ci lui avoue ses ori­gi­nes : elle est l’enfant adul­té­rin d’une rela­tion entre son père et une de ses secré­tai­res. Sa grand-mère décé­dée, Yûko doit retour­ner à Tôkyô vivre chez lui. Elle est trai­tée avec mépris par sa belle-mère et ses demi-frè­res.
> Vendredi 10 janvier à 19h30

LE PRÉCIPICE / 1958
Un homme trouve la mort au cours d’une ascen­sion dans les Alpes japo­nai­ses. Accident ou homi­cide ? Son ami pen­che en faveur de l’homi­cide et mène sa pro­pre enquête.
> samedi 15 février 19h15

TESTAMENTS DE FEMMES / 1960 / Yasuzô Masumura, Kon Ichikawa, Kôzaburô Yoshimura


Trois por­traits de la femme japo­naise moderne, volon­taire, auda­cieuse et domi­na­trice : La femme qui veut mor­dre l’oreille (Masumura) ; La femme qui ne fai­sait pas de cadeaux (Ichikawa) ; La femme qui avait oublié d’aimer (Yoshimura).
> Vendredi 24 jan­vier 17h00
> Mercredi 26 février 19h30

LE SOLDAT YAKUZA /  1965


1943, Mandchourie. Un camp mili­taire de l’armée japo­naise accueille des nou­veaux. L’un d’eux, Ômiya (Shintarô Katsu), est un ancien yakuza dont la répu­ta­tion d’indis­ci­pliné lui vaut d’être pris en main par le pre­mière classe Arita (Takahiro Tamura), un intel­lec­tuel qui a échoué aux exa­mens d’offi­cier supé­rieur en rai­son de sa répu­gnance pour la hié­rar­chie mili­taire. Unis par un même dégoût des lois mar­tia­les, les deux hom­mes, aux carac­tè­res pour­tant oppo­sés, vont se lier d’ami­tié et cher­cher à déser­ter.
> samedi 8 février à 14h00

L’ÉCOLE MILITAIRE NAKANO / 1966


Tôkyô. Au cours d’un entre­tien inso­lite, un offi­cier de l’armée de terre (Raizô Ichikawa) com­prend qu’il vient d’être inté­gré dans l’école d’espion de Nakano. Coupé du monde pen­dant un an, formé à tou­tes les dis­ci­pli­nes, même le sexe, il va deve­nir le par­fait agent. Sa fian­cée cher­che à retrou­ver sa trace en se fai­sant embau­cher à Nakano comme dac­tylo.
> Samedi 11 janvier à 16h00

JEUX DANGEREUX / 1971
Une jeune ouvrière s’éreinte à rem­bour­ser les det­tes de sa mère, veuve d’un homme alcoo­li­que, flam­beur et vio­lent. Décidée à gagner plus d’argent, elle accepte de deve­nir hôtesse de bar et se laisse séduire par un dan­ge­reux proxé­nète.
Jeux dan­ge­reux est le der­nier film pro­duit par la Daiei, et sorti le 4 sep­tem­bre 1971, juste avant la décla­ra­tion de sa mise en faillite. L’entre­prise sera rache­tée par une par­tie de son per­son­nel et rebap­ti­sée Eizô Kyôto (Kyôto Image). Les meilleurs tech­ni­ciens de la Daiei y tra­vaille­ront, pro­dui­sant pour le cinéma, mais aussi pour la télé­vi­sion à laquelle ils appor­te­ront leur savoir-faire.
> Jeudi 27 février 19h30

source : MCJP

Cattet+Forzani=Orgasm


The ABC of death, O for Orgasm (2012) Hélène Cattet & Bruno Forzani

Ed Lachman, photos / montage

Depuis le 30 novembre, la Galerie Cinéma (rue Saint Claude, Paris) propose pour la première fois en France un aperçu du travail du chef opérateur Ed Lachman au travers d'une exposition intitulée Photos / Montage.


Quarante ans que ce célèbre chef op arpente les génériques et les plateaux de cinéma. Adepte du circuit indépendant (Stryker, Ken Park) ou Hollywoodien avec Steven Soderbergh (L'Anglais, Erin Brockovich), Ed Lachman semble être devenu depuis Loin du paradis de Todd Haynes le spécialiste de la lumière rétro puisqu'on le retrouve sur la série Milred Pierce ou sur le biopic sur Allen Ginsberg, Howl.

A travers son travail photographique et une installation vidéo, tout le charme et le travail de Ed Lachman transpire dans le choix des cadres comme dans l’esthétique scénique des instants sélectionnés par l'artiste.


Deuxième exposition après celle de Kate Barry, tragiquement disparue il y a peu, la galerie cinéma d'Anne Dominique Toussaint s'affirme comme un lieu important pour une autre vision du cinéma.

Cinémathèque de Nice : Décembre 2013

Malgré le nombre conséquent de films disponible en dvd et diffusé ce mois-ci à la Cinémathèque de Nice, nous avons réussi à vous dégoter trois oeuvres rares voire inédites en dvd. Au programme, Asie, Amérique et hexagone. Bon voyage et bonnes fêtes.

POUSSIÈRE DANS LE VENT / Hou Hsiao Hsien / 1986

Taïwan, 1965 - A-Yuan et A-Yun, deux amis d'enfance, quitte l'un après l'autre leur petit village de mineurs pour Taipei afin d'y travailler et d'y faire des études. Ils découvrent le mal du pays…
>Vendredi 20 décembre à 14h00

YOLANDA ET LE VOLEUR / Vincente Minnelli / 1945


Yolanda Aquaviva, jeune et riche héritière, sort du pensionnat de religieuses qui lui ont donnée une éducation. Elle devient la cible de Johnny, petit escroc, qui décide d'endosser le rôle de l'ange gardien qu'elle prie si vivement de venir à elle…
> Vendredi 20 décembre à 19h30

MAIGRET VOIT ROUGE / Gilles Grangier / 1963

Pigalle - Sous les yeux de l'inspecteur Lognon, un homme est blessé puis enlevé. Maigret prend l'affaire en main et découvre avec l'aide d'un diplomate américain que les deux tueurs font partie du FBI…
>Mardi 17 décembre à 14h00
> Jeudi 19 décembre à 18h00

Retrouvez toute la programmation sur le site internet de la Cinémathèque de Nice

Arrietta : retour de flamme

Parfois les cinéastes d'avant garde ont les mêmes problèmes que certains réalisateurs de films de genre. Si Adolpho Arrieta a la même nationalité que Jesus Franco, on ne peut pas dire qu'ils ont connu le même traitement en dvd. Pourtant, Arrietta a bénéficié d'une reconnaissance critique de son travail très tôt. Dans le sillage de cinéaste devenu culte aujourd'hui (Mekas, Schroeter, Garrel, Eustache, Warhol), Adolpho Arrietta est resté comme un secret de cinéphile, exception faite de son Flammes (repris en salle l'année dernière par Capricci).

Il était donc plus aisé de découvrir un Franco qu'un Arrietta et ce, depuis de nombreuses années. Mais cela va changer grâce à Re:voir qui propose pour la première fois au monde un coffret regroupant l'intégrale de ses œuvres réalisées entre 1965 et 2008.

Une box qui se révèle plus proche d'un coffre renfermant des trésors inestimables et singuliers pour une œuvre à la fois poétique et mystérieuse.


Quand on évoque le cinéma d'Arrietta, on parle rarement d'histoire mais plutôt des moments sublimes qui les traversent et qui marquent le spectateur indélébilement. Autant donner la parole à l'artiste qui dans l'ouvrage de Philippe Azoury, Un morceau de ton rêve, s'est épanché sur plus de quarante ans de cinéma

DVD 1 :
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LE CRIME DE LA TOUPIE / 1965 / 18mn
"Biette disait que mon premier court-métrage [...] contenait déjà la métaphore de tout mon cinéma, cette façon de faire touner le sens. Peut-être qu'il y a une morale de la toupie, et j'aie bien faire tourner le sens en bourrique, ou faire des films changeants, virevoltants, où il y a toujours des surprises à attendre."
JOUET CRIMINEL / 1969 / 37 mn

"Le Jouet Criminel, le film que j'ai tourné avec Jean Marais. C'est un film complètement illogique, absolument absurde, teinté de beaucoup de lyrisme. C'est de loin le plus fou de ma filmographie."

Inclus LA IMITACION DEL ANGEL / 1966 / 21mn

DVD 2 :
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LES INTRIGUES DE SILVIA COUSKI / 1974/ 71mn
"Les Intrigues sont fantasmagoriques et documentaire à la fois. Ces travestis et leur façon de marcher dans Paris existaient bel et bien. Ces fêtes existaient. On ne les as pas inventées pour le film. [...]
On considère Les Intrigues de Silvia Couski comme un film plus érotique parce qu'il est peuplé de travestis. Mais les travestis ne sont pas érotiques, ils sont innocents. Ils sont comme les anges. C'est une chose complètement mentale, complètement spirituelle, le travestissement."
TAM TAM / 1976 / 57 mn
"Douze heures de rushes, si je me souviens bien. Des images très belles, que je ne savais où placer, des plans de visages [...] Des séquences qui ne correspondaient plus à ce que devenait le film au montage. Ça, plus les multiples prises de vues sous d'autres angles. J'ai tendance à beaucoup tourner."
DVD 3 :
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POINTILLY / 1972 / 39 mn
"Pointilly était un film que j'avais beaucoup coupé au montage, qui devait avoir une durée plus longue, mais dont il ne reste au final que trente minutes. On ne coupe pas à ce point, on n'arrive pas à une durée aussi sèche, sans une certaine frustration : celle de n'avoir pas su dire les choses."
FLAMMES / 1978 / 82 mn
"Une fois, j'étais resté seul dans la maison de Flammes, les autres étaient allées dormir, je travaillais au plan du lendemain quand soudain j'ai perdu la séparation entre le film et la réalité. J'ai eu le sentiment que le film était la réalité, je cherchais le père, la fille, les habitants de la maison, je ne savais plus qu'il s'agissait d'acteurs...Ça a duré quelques secondes, peut-être un peu plus, mais je crois à ce moment-là que j'étais au bord du délire."
DVD 4 :
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GRENOUILLES / 1984 / 35mn
Après Flammes, [...] j'ai écrit Grenouilles, que j'ai tourné en 1983 sur un mois, en Catalogne, à côté de la mer, sur la Costa Brava. Mais le scénario n'était pas très clair, et j'ai tourné le film dans une situation très délirante, totalement paranoïaque : la productrice acceptait que j'aie mon équipe, mais elle avait aussi emmené son équipe ! Ingérable. [...] Mais il y a dans Grenouilles quelques scènes, notamment une scène entre Elisabeth Bourgine et Pascal Greggory dans une piscine, qui est une des choses les plus belles, les plus érotiques, que j'aie jamais réalisées.

MERLIN / 1990 / 58mn
"Merlin, qui était plus compliqué, je sentais qu'il fallait que j'aie en plus du scénario un appui ; j'ai tout story-boardé, de façon si précise qu'ils étaient obligés de faire comme ça et pas autrement - et comme j'étais en conflit avec toute l"équipe, c'était un supplice pour eux et un délice pour moi."

Inclus KIKI / 1989 / 22mn

DVD 5 :
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Dans ce cinquième dvd sont regroupés les dernières oeuvres d'Adolpho Arrietta réalisées en DV :

ECO Y NARCISO / 2003 / 19mn
VACANÇA PERMANENTE / 2006 / 29mn
DRY MARTINI / 2008 / 7mn
"Au lieu de me demander pourquoi je filme, vous feriez mieux de me demander pourquoi je ne filme pas. Maintenant, il y a beaucoup de temps entre chaque film. L'idéal serait de filmer tout le temps. Filmer, c'est une envie que je ne peux discuter, ce n'est pas une raison, c'est une envie."

Adolpho Arrietta in Libération, 1983.

"J'attendais le digital. Maintenant il est là."

Le coffret 5 dvd - digipack cartonné est en vente sur theendstore.com

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L'ouvrage de Philippe Aoury est également en vente sur theendstore.com

Moins connu que Jean Eustache, Philippe Garrel ou Marguerite Duras, dont il fut l’ami, Adolpho Arrietta est pourtant l’un des grands cinéastes underground des années 1970-1980. L’univers de ce magicien du cinéma, digne héritier de Jean Cocteau, va de Madrid à Paris, mais aussi de Jean Marais à Enrique Vila-Matas, des Cahiers du cinéma aux Gasolines : toute une histoire légendaire, à la fois glamour et fauchée, qui revit ici avec brio.