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Voyage en Italie sous Ecstasy

En éditant leur premier blu-ray, The Ecstasy of Films passe un cap symbolique. Pour les deux ans du label, et déjà quantité de sortie magistrale, The Ecstasy of films édite pour la première fois en France le giallo de Sergio Martino, Torso.

Outre la qualité de cette œuvre qui inspira le genre du slasher movies, Torso affirme la position d’esthète de Martino dans le giallo. On cite volontiers Bava pour avoir créer le genre, on cite Argento pour avoir donner ses lettres de noblesse au style mais Martino a sans aucun doute réaliser les plus beaux films, entre cauchemar et érotisme.
Comparativement avec les carrières des maîtres précédemment cités, celle de Martino avec des titres aussi évocateurs que les Zizi baladeurs ou Sexycon n'est malheureusement pas beaucoup pris au sérieux, et reste cantonné au statut de l'artisan de série B. Un titre tout à fait honorable en soi mais tellement réducteur.

Entre 1970 et 1973, Sergio Martino réalisa cinq (chef d') œuvres, dans le désordre et sans hiérarchie : Toutes les couleurs du vice, L'étrange Vice de Mme Wardh, La Queue du scorpion, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé. Des long-métrages qui sont devenues depuis les patrons des films du duo Cattet & Forzani ( Amer, L'étrange Couleur des larmes de ton corps).

Nous avons une pensée pour Luciano Martino (1933-2013) qui accompagna son "fratello" Sergio dans son aventure cinématographique en tant que producteur.


La tranquillité de l\'université de Pérouse est ébranlée par une série de meurtres brutaux. Les victimes féminines ont été dévêtues et mutilées. Daniela (Tina Aumont), une belle étudiante en art, reconnaît une écharpe rouge et noire retrouvée sur une des victimes sans réussir à se souvenir de l\'endroit où elle a pu la voir. Dans le même temps, un colporteur pense connaître l\'identité de l\'assassin, mais est supprimé quand il tente de le faire chanter. Ayant peur pour sa vie, Daniela se retire dans une villa isolée, à la campagne, avec trois de ses amies – dont une américaine, Jane (Suzy Kendall). Le tueur les poursuit, tenant à s\'assurer que leurs vacances se transforment en bain de sang cauchemardesque.



Suppléments :

Commentaire audio Sergio Martino (réalisateur et scénariste) VOSTFR / Interview Sergio Martino / Une violence charnelle entre refoulement et débauche – Entretien avec Jean-François Rauger / Soirée PANIC ! CINEMA Spéciale Sergio Martino avec Sergio Martino, Luc Merenda et Christophe Lemaire (15 juin 2012) /  Séquence alternative de jour / Trailer U.S / Trailer international / Trailer Italie / Générique de fin U.S / Générique de début alternatif Allemagne 1 / Générique de début alternatif Allemagne 2 / TV Spot 1 / TV Spot 2 / Radio Spot / Galerie photo...

Face au succès du pré-achat, espérons que The Ecstasy continue sur sa lancée en proposant l'inédit, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé ou réedite en blu-ray les titres précédemment sorties chez feu Neo Publishing.

Beaucoup moins connu que Martino, Mariano Baino (on aurait presque envie de donner ses dates de naissance et de décès tant sa carrière fut brève) marqua les esprits des connaisseurs grâce à un film, véritable ovni, du début des années 90, Dark Waters (1993).

L'âge d'or du cinéma de genre transalpin étant fini depuis plusieurs années - Fulci réalise ses derniers efforts en vidéo, Argento entame la fin de sa carrière, Martino et autre Lenzi se découvre des talents de téléaste ou disparaisse tout bonnement des salles de cinéma - voir déboulé un film comme Dark Waters était à l'époque rafraichissant.

Moins culte qu'un Dellamore, Dellamorte (1994), Dark Waters fut une éclaircie dans le marasme cinématographique italien. Il reste, à ce jour, le seul et unique long-métrage de son auteur.



Après un long voyage, Elizabeth arrive sur une île isolée où jadis, son défunt père fonda un couvent. Elle y découvre une étrange communauté de nonnes qui s’adonnent à d’étranges rituels dans les catacombes. Tandis qu’une menace surnaturelle se précise, Elizabeth trouve l’explication aux terribles cauchemars qui la hantent depuis son enfance…

Reprenant les bonus de l'édition zone 1, ce dvd en édition limitée à 1 000 exemplaires contribuera à la redécouverte d'un film, nous rappelant de manière nostalgique les grandes heures du cinéma de genre italien.

Commentaire audio Mariano Baino (réalisateur, scénariste et producteur) et Michele De Angelis (producteur NO SHAME et réalisateur) anglais sous-titrée français / scènes coupées / Documentaire « Deep into Dark Waters » - interviews avec Mariano Baino (Scénariste, réalisateur et producteur), Louise Salter (actrice), Steve Brooke Smith (camera operator), Rick Littler (co-monteur) et Nigel Dali (Producteur associé) 50 min /Bêtisiers (avec commentaire audio de Mariano Baino (réalisateur, scénariste et producteur) et Michele De Angelis (producteur No Shame et réalisateur) anglais sous-titrée français) / Galerie photos et artwork / Bande annonce.



En complément du long, The Ecstasy édite les courts de Mariano Baino. Reuni sous le titre Trinity of darkness, le label propose à prix réduit de découvrir les travaux hétéroclicte de cet italien exilé en Angleterre. 3 courts-métrages sombres et bizarres qui sont issus de l’imagination fiévreuse de M.Baino, salué par The Daily Star comme «un homme doté d’une imagination débordante et sauvage que Bram Stoker pourrait envier». The Trinity of Darkness donne un nouveau sens à la vieille sentence :«Faites bien attention aux souhaits que vous exprimez». 

Bonus :
Commentaire audio Mariano Baino (réalisateur, scénariste et producteur) et Michele De Angelis (producteur NO SHAME et réalisateur) anglais sous-titrée français / Documentaire « Making of Never Ever After » / interviews avec Mariano Baino (Scénariste, réalisateur et producteur), Steve Brooke Smith (Directeur de la photographie), Abby Leamon, Jackie Stirling et Jacqueline Wilkie (actrices) 14 min / Galerie photos et artwork

Saluons ici l’honnêteté éditorial du label, qui aurait bien pu proposer ces films comme des suppléments et glonfer ainsi l'édition de Dark Waters. Saluons également (surtout ?) la prise de risque de cet éditeur qui a bousculé (un peu ? beaucoup ? à vous de juger) le landernau des éditeurs indépendants.

On attends la suite avec impatience...

En vente sur theendstore.com

source : The Ecstasy of Films

Bonus dvd : Baby Cart, l'âme d'un père, le coeur d'un fils

Exit Kenji Misumi (1921-1975), entrée de Buichi Satô (1925-2011),pour se quatrième épisode de la saga Baby Cart intitulé L'âme d'un père, le coeur d'un fils (1972). Aucune crainte à avoir car même sans son réalisateur fétiche, la série se poursuit sur un niveau de qualité toujours aussi intense.



Présentation Wild Side :
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Ittô Ogami est payé pour éliminer Oyuki, une redoutable femme guerrière qui servait dans la garde d'élite de son suzerain jusqu'au jour où elle fut atteinte d'une inexplicable folie meurtrière. Sa mort évitera au fief l'ingérence du pouvoir central. Ogami retrouve bientôt Oyuki, fille d'une grande beauté qui se bat seins nus (et tatoués) pour mieux déstabiliser ses adversaires. Il comprend bientôt la tragique raison qui pousse O-Yuki à tuer les samouraïs de son clan, mais ne renonce pas pour autant à honorer son contrat. Au même moment, un combat d'une toute autre ampleur attend Le loup à l'enfant : prévenu par ses espions, Retsudô Yagyû est déjà sur les lieux, prêt à défier Ogami en combat singulier.


Présentation Hk Vidéo
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L’âme d’un père, le cœur d’un fils est le quatrième long métrage lancé sur moins d'une année par les auteurs de Baby Cart. Très vite rodé l'équipe mise en place par le studio Toho, qui se compose du producteur Shintaro Katsu, du comédien Tomisaburo Wakayama, du scénariste Kazuo Koike et du réalisateur Kenji Misumi peut se passer momentanément de l’un des ses membres sans voir la qualité générale en souffrir le moins du monde.
Nouveauté majeure, Kenji Misumi laisse sa place à un réalisateur moins prestigieux Buichi Saitô. Saitô assure l’intérim avec beaucoup de talent et d’humilité, affirmant une nette déférence envers les créateurs de la série et endossant sans démériter les habits de son illustre prédécesseur.
Dans sa tache, il est aidé par l'un des meilleurs script signé  Kazuo Koike, qui préfère puiser sa trame au source du matériau d’origine plutôt que de s'en éloigner comme ce serait le cas dans tout autre saga du même type.
Épisode capital, L’âme d'un père, le cœur d'un fils, nous éclaire enfin sur les raisons qui ont poussé le félon clan Yagyû à discréditer leur rival Ittô Ogami et à assassiner son épouse, les transformant lui et son fils en rônin errant.
Comme toujours Koike profite de sa parfaite maitrise du contexte historique pour se concentrer avant tout sur les personnages. Dans ce quatrième épisode, le loup solitaire à l’enfant est définitivement devenu une machine à tuer, qui ne poursuit plus aucun but, aucun plan de vengeance mais se contente de survivre en donnant la mort, ce que souligne son mutisme de plus en plus imperturbable.

Une très brève introduction le voit accepter un nouveau contrat, tuer une jeune femme d'une nom d'Oyuki, clairement montré comme son alter ego féminin. La très belle et très émouvante Oyuki tatouée de figures démoniaques, dont un bébé rouge sang qui rappelle Daigorô, est elle-même une victime qui cherche à se venger de ses agresseurs dévoilant son anatomie sublime à ses adversaires afin de les tétaniser avant de leur porter le coup fatal.
On reconnait en ce personnage l’un des plus marquants de la série, le style flamboyant de Koike, créateur en autre de Lady Snowblood, sabreuse vengeresse dont les aventures cinématographique furent tournées la même année que ce quatrième Baby Cart.
L’autre personnage capital est Gumbei Yagyû, fils du très shakespearien Retsudô Yagyû, chef du clan des assassins du Shogun et persécuteur de Ittô Ogami. Dépeint comme un bretteur supérieur en rapidité et en technique pure à Ogami, Gumbei est évidemment l'un de ces personnage damnés qu’affectionne Koike en ce qu'il n'est inférieur au héros que sur un seul point, son incompréhension totale des vraies valeurs du Bushido, le code d’honneur du samouraï.
Si Ogami a choisi consciemment de s’en éloigner, Gumbei lui, croit en suivre les préceptes à la lettre alors qu’il ne s'en est jamais réellement montré digne, l’affrontement des deux hommes n’en est que plus symbolique.
L’image récurrente du landau, poussé par le monolithique décapiteur shogunal évoque celle d’un rouleau compresseur qui écrase absolument tout ce qui se met en travers de sa route. Ogami poursuit son chemin vers l’inévitable confrontation avec le chef du clan ennemi, s’acquittant sans broncher de tout contrat qui lui est proposé, y comprit lorsqu'il s'agit de tuer ceux dont il partage la cause.
Ogami quitte ainsi le fil du rasoir sur lequel il avançait jusqu’alors pour s’enfoncer définitivement dans les limbes. Il sait désormais que sa vengeance ne s’accomplira qu'au prix d’une éternelle damnation pour lui comme pour son fils.
 David Martinez, Leonard Haddad / HK Vidéo

L'intégrale Baby Cart est en vente sur theendstore.com
Le diptyque Lady Snowblood est en vente sur theendstore.com

source : Hk Vidéo / Wild Side

La rentrée d'Artus

Il est déjà loin l'époque ou le petit Artus sortait timidement en 2005 ses premiers dvd collector (Le Chevalier Blanc et le diptyque Le Boulanger de l'empereur, l'empereur du boulanger.

Aujourd'hui Artus rentre dans sa neuvième année et à atteint un rythme de sortie incroyable. Rendez-vous compte en 2014, c'est plus d'une quinzaines de titres qui sont venus garnir les étagères des adorateurs de cinéma de quartier. Et ce n'est pas fini ! Après l'Italie et son patrimoine, Jess Franco (un territoire à lui tout seul) c'est au tour de l'Espagne d'être exploré par Artus Films.

Grande figure du cinéma ibérique, Paul Naschy (1934-2009) est en manque de reconnaissance de ce côté ci des Pyrénées. Peu diffusé en dvd (à l'exception de La Furie des Vampires et L'empreinte de Dracula), Artus double la disponibilité de l'haltérophile madrilène avec Le Bossu de la morgue et les Vampires du Dr Dracula.

LES VAMPIRES DE DR DRACULA / LA MARCA DEL HOMBRE LOBO/ Enrique Lopez Eguiluz  / 1968

En pillant le caveau d’un vieux château, des bohémiens retirent une croix en argent du cœur de Imre Wolfstein. Loup-garou revenu à la vie, celui-ci sème à nouveau la terreur dans la région. Participant à une battue pour occire la bête, le comte Waldemar Daninsky se fait mordre, et devient loup-garou à son tour. Pour contrer cette malédiction, il demande l’aide du professeur Mikhelov et de sa femme, réputés pour être des spécialistes de la lycanthropie. Mais ces derniers sont en réalité des vampires qui veulent utiliser Daninsky. 

 "Ce premier jalon de la saga du lycanthope, intitulé La marca del hombre lobo dans son pays d'origine, est exploité dans les salles françaises, quelques années après sous la frauduleuse appellation des Vampires du docteur Dracula tandisqu'une version raccourcie d'une quinzaine de minutes sort aux Etats-Unis sous le titre tout aussi mensonger de Frankenstein's Bloody Terror. Pour justifier cette dénomination farfelue, un prologue animé établit la filiation entre la fammille Wolfstein et le Baron Frankenstein. De plus, le distributeur crédite le a réalisation à un fantoches, Henry L. Egan, et seuls six acteurs apparaissent au générique, tous dissimulés sous des pseudfonymes américanisés, Dianik Zurakowska devenant, par exemple, Diana Zura. Cette aventure liminaire d'El Hombre Lobo, signée Enrique Lopez Eguiluz (qui commettra deux ans après El Santo contre les tueurs de la mafia) fut filmée dans un somptueux 70 mm Eastmancolor 3D agrémentée d'une piste sonore stéréo mais la plupart des copies seront exploitées dans une version 2D conventionnelle.[...]
Pierre angulaire de l'épouvante européenne, cette agréable série B aux confluents de diverses influences (Universal, Hammer, gothique italien) constitue le point de départ idéal pour se familiariser avec l'oeuvre de Paul Naschy. Joli succès dans son pays natal et en Allemagne, Les Vampires du docteur Dracula s'imposa comme le catalyseur du renouveau de l'horreur ibérique."*
LE BOSSU DE LA MORGUE / EL JOROBADO DE LA MORGUE / Javier Aguirre / 1973
Gotho, un misérable bossu, est employé à la morgue d’un hospice. Il s’occupe des tâches les plus ingrates, à la risée de tout le personnel. Amoureux fou d’une patiente, il prend soin d’elle autant qu’il le peut. Hélas, elle ne survit pas à sa maladie, ce qui plonge Gotho dans le chagrin. Désespéré, il cache la belle dans le sous-sol de la morgue. Un médecin sans scrupules lui promet de la ramener à la vie. Mais, en échange, il doit l’aider dans ses recherches : Gotho doit ramener des cadavres tout frais… 

"Paul Naschy revisite également, de manière romantique, le mythe de Frankenstein avec Le Bossu de la morgue de Javier Aguirre, souvent considéré comme son chef d’œuvre. [...] Récompensé par un prix d'interprétation mérité au second Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction, où le comédien était invité en compagnie de Terence Fisher et de Peter Cushing [...]*
LA MARIEE SANGLANTE / LA NOVIA ENSANGRENTADA / Vicente Aranda / 1972


Venant d’épouser un jeune aristocrate, Susan vient vivre dans le manoir familial. De nature très prude, elle est peu à peu la proie d’horribles cauchemars, mêlant violence et volupté. Ses peurs sont décuplées quand elle apprend l’histoire tragique de Carmilla, une ancêtre de la famille, ayant trucidé son mari à coups de poignard. Un jour, son mari découvre une jeune femme enterrée sur la plage. Cette dernière, qui se dit s’appeler Carmilla, étend son pouvoir et son emprise sur Susan… 

En vente sur theendstore.com  

source : Artus Film / L’Écran Fantastique
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*Les citations sont extraites de l'article de Fred Pizzoferato, Paul Naschy, Les cent visages de la peur ! in L’Écran Fantastique #356 - Septembre 2014

Bonus dvd : Baby Cart dans la terre de l'ombre

A mi parcours de la saga Lone Wolf & Cub, Baby Cart dans la terre de l'ombre, continue (brillament) le périple d'Ogami Itto et de son fils Daigoro dans un Japon toujours aussi menaçant pour leur existence.

On retrouve David Martinez et Léornard Haddad de Hk Vidéo pour la présentation de ce troisième volet.

BABY CART DANS LA TERRE DE L'OMBRE
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Itto Ogami survit grâce à la maîtrise de son art, le maniement du sabre, en louant ses services. Toujours accompagné de son fils Daigoro, le ronin rencontre Kambé, un samouraï déchu, dépressif qui veut l'affronter. Mais à sa grande fureur, Ogami refuse le combat. Il accepte en revanche de tuer le gouverneur de la région..
"Pour tous ses instigateurs la série Baby Cart est en 1972 une occupation à plein temps. Les deux premiers films ont été d’énormes succès au Japon et dans toute l’Asie et la formule semble reconductible à l’infini puisqu'il s’agit simplement de continuer à puiser dans les péripéties du manga qui parait à un rythme soutenu.

La nature du cinéma d’exploitation est de capitaliser sur des formules gagnantes, mais aussi de pratiquer la fuite en avant. Baby Cart dans la terre de l’ombre, en est une parfaite démonstration. Kazuo Koike continue de recycler les joutes sanglantes du manga à l’écran. Kenji Misumi poursuit dans sa veine étrangement contemplative, privilégiant un rythme lent et solennel qui fait d’autant mieux ressortir les brusques montées de violence et Tomisaburo Wakayama promène sa dégaine de droopy sabreur, avec toujours plus d’aisance, se laissant même à interpréter en personne la chanson du film.

Mais avec ce troisième volet Baby Cart devient surtout un grand terrain de jeu et d'expérience, l’occasion pour ses auteurs de repousser leurs propres limites et celle du genre, en se livrant à une surenchère décadente. Premier signe de cette évolution, le film s’ouvre sur une séquence particulièrement cruelle de viol collectif ou filles et mères sont logées à la même enseigne. Plus encore que par la passé le sexe devient une composante décisive de l’univers de Baby Cart. Par ce détail Misumi et Koike marquent leur intention de se concentrer sur le contexte de leur saga, un Japon féodal en pleine déliquescence morale, peuplé de samouraï sans maitre et sans honneur et dont Ogami serait la mauvaise conscience, l’ange massacreur et le croquemitaine.

La dimension philosophique du personnage, traçant sa route morale de son sabre tueur prend toute sa mesure dans son affrontement avec Kambei, samouraï déchu comme lui, le seul à comprendre que sa quête n’est pas seulement vengeresse et destructrice mais aussi éthique, fusse de façon très ambiguë.
Autre nouveauté le loup à l’enfant ne cache plus seulement un arsenal d'armes blanches dans son landau il y abrite également revolvers et mitrailleuses. Le Yado, art de trancher en dégainant et le style de la mouette, une technique de sabre adapté au combat dans l’eau, demeure ses passes d’armes préférées. Mais Kenji Misumi choisit dans ce film de concrétiser de façon plus littérale ces multiples emprunt et hommage au style du western spaghetti . Le monstrueux gunfight dans le désert qui conclut Baby Cart dans la terre de l’ombre est resté l'une des séquences les plus célèbres de toute la série, précisément parce qu'elle organise la fusion entre deux formes clés du cinéma populaire des années 70, un carnage dantesque en forme de crossover parfait.
A partir d’une bande dessine qui se nourrissait de l’esthétique du cinéma de sabre tout en la pervertissant, les auteurs de Baby Cart achèvent avec ce troisième volet leur démantèlement du chambara classique. Après cette première trilogie, le genre ne peut plus se reposer sur aucune certitude, ce qui n’empêche pas Baby Cart, ultime paradoxe,  de demeurer, trente ans après l’un de ses modèles les plus influent."
source : HK Vidéo / Wild Side

en vente sur theendstore.com

Bonus dvd : Baby Cart, l'enfant massacre

Deuxième film de la saga baby Cart, deuxième présentation de l'équipe éditoriale de Hk Vidéo issue de la première édition en dvd.
On prend les mêmes (ou presque) et on recommence. Toujours réalisé par Kenji Misumi, la même année que Le Sabre de la Vengeance, l'enfant massacre servira avec le premier volet comme base à la "réinterprétation" américaine connue sous le nom de Shogun Assassin (signée Robert Houston et sortie sur les écrans en 1980).

BABY CART, L'ENFANT MASSACRE
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On retrouve le ronin Itto Ogami, son fils, errants sur les terres du japon. Devenu samouraï mercenaire hors la loi, il vend ses talents de tueur, recherche des contrats à honorer. Connu dans tout le pays,, toujours poursuivi par le terrible clan des Yagyu, il affronte de nombreux ennemis, en particulier des femmes ninjas, amazones redoutables,, les Dieux de la Mort, 3 puissants guerriers à la solde du Shôgun... Malgré l'intensité des scènes 'gores', totalement barbares, transgressives du bushido (code d'honneur des samouraïs), l'impitoyable Itto Ogami atteint son apogée en terme de popularité avec ce film, immense succès dans toute l'Asie.

"L’appétit venant en mangeant l’équipe de Baby Cart n’attend même pas la fin de l’exploitation du sabre de la vengeance pour se réunir et lancer sa suite. Le deuxième volet, titré l’enfant massacre, devient instantanément le film phare de la série. L’emblème d’une saga qui s’est elle-même avec le temps imposée comme l’un des symboles décadent du cinéma de sabre ou chambara.
Cette fois plus besoin de faire les présentations. Baby Cart l’enfant massacre n’a plus rien à exposer, ni même à raconter, et en profite pour établir le cahier des charges que de près ou de loin tous ses successeurs s’efforceront de suivre. 
Le film s’ouvre sur une séquence demeurée célèbre ou un ennemi du bourreau déchu Itto Ogami s’empale volontairement sur son sabre afin de l’immobiliser et de permettre à son acolyte de porter son attaque. Tout le principe de Baby Cart est dans cette séquence déclaration d’intention. Kazuo Koike Kenji Misumi s’efforcent scène après scène film après film d’inventer des gimmicks de violence capable de revitaliser formellement les tueries métronomique du samouraï au landau.
Sur ce plan l’enfant massacre est passé à la postérité pour plusieurs trouvailles pop restées célèbres. Un gang de jolie amazone offre en particulier à la série sa séquence la plus gore et les trois dieux de la guerre aux armes au moins aussi farfelues que celles qu’Ogami Itto cachent dans le landau de son fils font partie des méchants les plus serialesque des six films.

En devenant une série, Baby Cart prend forcement le partie du cinéma d’exploitation, un cinéma qui puise son inventivité dans la nécessité de nourrir d’idée et de folie des situations un peu balisé. Dans Baby Cart l’enfant massacre le danger est partout, permanent mais en même temps assez relatif puisque la supériorité d’Ogami sur tous ses adversaires et son infaillibilité au combat ne sont jamais discuter. L’intérêt des séquences d’actions ne réside donc pas dans leur tension dramatique mais dans leur formalisme torturé, leur imaginaire barbare et leur violence abstraite.

A ce titre, la séquence ou les trois dieux de la guerre frappent leur adversaire embusqué dans le sable et ou le désert semble saigner de ces blessures est un pur joyau surréaliste. Dès le sabre de la vengeance, la première de ses aventures cinématographiques, il était clair que c'est l’origine et la fonction de bourreau d’Itto Ogami qui constitue le cœur du sujet et que les intrigues tissées autour ne sont que péripéties. Dans l’enfant massacre, le récit complètement annexe, tourne même autour d’une simple histoire de teinturier. Le loup à l’enfant est un héros encore plus abstrait que le samouraï aveugle de la série Zatoichi ou que l’homme sans nom crée par Sergio Leone et Clint Eastwood. Il est une figure mythologique et métaphysique en même temps qu’un prétexte idéal à un enchainement de violence radicale typique du cinéma d’exploitation des années 70. De tous les Baby Cart, l’enfant massacre est sans doute le plus influent, régulièrement cité par les gourous de pop culture contemporaine que sont le cinéaste Quentin Tarantino ou le scénariste dessinateur Frank Miller.
Sortie triomphalement en 1972, ce deuxième volet est de fait l'un des derniers sommet du cinéma de sabre en même temps que l'expression de ses pulsions autodestructrices ce qui en fait dans un sens comme l’autre une expérience limite."
 David Martinez, Leonard Haddad / HK Vidéo
source : Hk Video / Wild Side

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Directement adapté d'un des chef-d'oeuvres du manga japonais scénarisé par Kazuo Koike (également auteur de Crying Freeman), vendu à plus de 8 millions d'exemplaires pour une oeuvre de plus de 8000 pages, BABY CART met en scène Itto Ogami, héros dans la pure lignée japonaise : invincible, mais le coeur aussi tourmenté que son sabre est froid et implacable, il est pourtant marqué par sa destinée sans issue, le menant toujours plus avant vers une violence qui semble sans limite. 

En vente sur theendstore.com

Baby Cart, l'intégrale

En novembre 2003, HK Vidéo éditait le premier volume de Baby Cart, adaptation du manga Lone Wolf & Cub de Kazuo Koike et de Goseki Kojima. Un deuxième volume vint clore un mois après cette cultissime saga cinématographique disponible pour la première fois en France.
Deux ans ans après Wild Side Vidéo réedite les six films dans un coffret intégrale. Wild Side se démarque grâce à des bonus, là ou les coffrets HK proposaient "seulement" des présentations de David Martinez.

Retiré de la vente depuis l'apparition de l'édition Wild Side, nous avons décidé à l'occasion de la disponibilité du coffret sur theendstore.com de proposer les présentations de David Martinez et Léonard Haddad par écrit.

Rendons à César ce qui appartient à César puisque cette idée de retranscrire les bonus dvd vient d'un fanzine, Miroir Noir, pour ne pas le citer, qui depuis son premier numéro, propose des bonus dvd couchés sur papier.

Le fanzine Peeping Tom évoque les questions de droit, espérons que ni Metropolitan, ni HK nous poursuive pour cela car c'est avant tout à titre informatif et en hommage à la qualité rédactionnelle de l'équipe de Christophe Gans.


BABY CART, LE SABRE DE LA VENGEANCE
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"Au début des années 70, les grands studios japonais ne savent pas encore que leur âge d’or touche à sa fin. Le développement forcené de la télévision et du cinéma engagé et expérimental de la nouvelle vague japonaise leurs ont porté un coup fatal qui les plongera dès 1975 dans une crise à l’issue incertaine.
Tourné en 1972, Baby Cart le sabre de la vengeance est encore un pur film de système, mais les prémices de la fin d’une époque y sont déjà apparentes.
Il est certes produit par un studio majeur, la Toho et réalisé par Kenji Misumi, un maître artisan ayant mené toute sa carrière au sein de ce même système, notamment à la Daei spécialiste des films de sabre mais il se distingue de la production de son temps par le fait qu’il prend sa source dans un manga et qu’il est accompagné d’une série télé dérivée.
C’est donc l’une des toutes premières œuvres brisant les frontières de la culture populaire qui deviendront par la suite de plus en plus poreuses. L’un des premiers avatars d’un multi médiatisme balbutiant.
Du manga au cinéma en passant par la télé, Baby Cart est avant tout un concept. Un homme pousse le landau de son fils sur les chemins du Japon et massacre ses assaillants sans presque prendre la peine de s’arrêter, préfigurant des centaines de jeux vidéo On doit cette idée au fameux scénariste de manga Kazuo Koike, créateur multirécidiviste de personnage d’assassins marqués par des origines tragiques qui les rendent à la fois impitoyables, invincibles et extraordinairement ambivalents.
Comme Golgo 13, Lady Snowblood ou Crying freeman le héros de Baby Cart tue. Mais pire qu’un assassin Itto Ogami est un bourreau. Un complot conçu pour usurper sa position d’exécuteur auprès du shogun aboutit à la mort de de sa femme et à sa déchéance. Plutôt que de se faire hara-kiri Ogami suit son propre code du déshonneur en prenant la fuite avec son jeune fils et en devenant un assassin.
Après près de vingt ans de carrière comme second rôle dans des films de sabre ou de gangster Tomisaburo Wakayama prête son physique de taureau placide au personnage du loup à l’enfant.
Ce n’est pas un hasard. La série est produite par Shintaro Katsu, l’acteur culte de Zatoichi, le samouraï aveugle, qui n’est autre que le propre frère de Wakayama. Kazuo Koike signe lui-même le scénario adapté de son manga. Le réalisateur Kenji Misumi remplaçant en quelque sorte le dessinateur Koze Kojima en tant qu’illustrateur de ses visions nihilistes.
La source manga du film est visible non seulement dans la fidélité à certains épisodes dessinés mais aussi dans le style formel mis au point par Misumi. Très composé et très graphique en apparence plutôt classique, Baby Cart est par certains aspects une œuvre radicalement expérimentale, un grand exemple de freestyle cinématographique, zébré d’éclair de couleurs ou d’effet gore saisissant.
On y retrouve un découpage en vignette dérivé des cases du manga et quelque dérapages surréels comme la séquence d’exécution surexposé qui ouvre le film, le fameux duel sous le soleil couchant avec l’enfant sur les épaules ou l’utilisation du son dans les nombreux flashbacks ou seul les dialogues et les coups de sabres sont audibles à la manière des bulles et des onomatopées sonores caractéristiques de la BD .

A tout point de vue, ce n’est qu’un début, le sabre de la vengeance pose des bases formelles que chacun des cinq autres films de la saga n’auront de cesse d’approfondir et de radicaliser.
Dans le même temps la série télé et le manga continueront de prospérer, annonçant la prise de pouvoir de ces deux médias sur la culture populaire japonaise pendant les années 80. On peut le regretter puisqu’elle est comparé sur l’année 1972, la version cinéma de Baby Cart était belle et bien la plus fascinante des trois."


source : Hk Video / Wild Side

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Directement adapté d'un des chef-d'oeuvres du manga japonais scénarisé par Kazuo Koike (également auteur de Crying Freeman), vendu à plus de 8 millions d'exemplaires pour une oeuvre de plus de 8000 pages, BABY CART met en scène Itto Ogami, héros dans la pure lignée japonaise : invincible, mais le coeur aussi tourmenté que son sabre est froid et implacable, il est pourtant marqué par sa destinée sans issue, le menant toujours plus avant vers une violence qui semble sans limite. 

En vente sur theendstore.com

Lech Kowalski, cinéma à vif

Si le nom propre Kowalski était un mot commun, celui-ci pourrait vous rapporter 25 points minimum au scrabble.
Mais Lech Kowalski n'est pas commun et a trainé sa caméra dans les caniveaux de l'underground. Témoin privilégié de la naissance de la contre culture américaine, d'un cinéma d'avant garde forgé à coup de réalisme violent, le cinéma de Kowalski sera présenté à la Villa Arson mercredi 4 juin 2014 en sa présence dans le cadre d'une programmation "Cinéma contemporain, au vif".

En 2010, la Cinémathèque française proposait une rétrospective de son travail. Voici le texte de Nicole Brenez présentant le cinéaste :

Lech Kowalski, une émeute à lui tout seul
L'œuvre de Lech Kowalski, formé à l'Ecole d'Arts Visuels de New York, assistant de Shirley Clarke puis de Nam June Paik, accomplit l'idéal d'un cinéma populaire, c'est-à-dire par et pour le peuple, recueillant les manifestations emblématiques de l'énergie expressive en fusion que libèrent les colères, les désirs et les désespoirs contemporains. Son travail couvre trente ans d'histoire de la contre-culture, plusieurs continents et nombre des figures de la marginalité : musiciens, porn-stars, prostituées, junkies, mercenaires, sans-abris, clandestins, anciens prisonniers, tziganes... On y trouve même un cinéphile (Peter Scarlet en 2003, s'efforçant de ranimer le cinéma en Afghanistan). Commencée à l'écoute fraternelle des exorcismes punk (Johnny Thunders, les Ramones, les Sex Pistols), avec une brève mais splendide incursion dans l'émergence du hip hop (Breakdance Test), l'œuvre s'élargit progressivement aux situations et révoltes collectives pourvu qu'elles restent aussi rugueuses et spontanées que les prestations vocales d'un Joey Ramone à ses débuts. Lech Kowalski incarne en cinéma le mouvement punk : excitation maximale à la rencontre de singularités inassimilables qui obligeront le grand corps social inerte à se déplacer lentement, face à face extralucide avec la misère (sociale, mentale, sexuelle...), refus de la préservation de soi, foudroyante crudité stylistique, le trash comme résurrection critique du naturalisme. L'art non comme produit émouvant mais comme émeute productive. Cela nous vaut quelques films désormais fameux : D.0.A. (1981, sur la tournée des Sex Pistols aux Etats-Unis), On Hitler's Highway (2002, rencontres de laissés pour compte au long d'une autoroute construite par les nazis et qui mène à Auschwitz), À l'Est du Paradis (2005, portrait de sa mère déportée en Sibérie et autoportrait de l'artiste en déviant américain) et bien d'autres classiques instantanés. Avec quelques complices, en 2008 Lech Kowalski crée l'entreprise Camera War, usage exemplaire des possibilités logistiques et esthétiques actuelles en matière de guérilla visuelle. (camerawar.tv). "Chacun est en recherche d'une expérience mieux partagée, pure et délivrée des intérêts financiers. La montée de l'activité, de la créativité et de la rébellion à laquelle nous avons assisté en 2008 et 2009 partout dans le monde est une part de la guerre en cours. La fabrique de la propagande et de la publicité ne fonctionne plus aussi bien qu'auparavant. Les corporations paniquent. Les peuples le sentent et s'agitent. Voyons où cette énergie sans repos va nous mener." (Lech Kowalski, 2010). Grand événement le 5 novembre : en compagnie de Mimetic, Lech Kowalski se livre à un mix en direct qui constitue le lancement de son prochain projet filmique, une fresque intitulée "The End of the World Starts With One Lie".

Nicole Brenez / Cinémathèque Française
WINNERS AND LOSERS / 2007

La finale de la coupe du monde de football de 2006 opposant l'Italie à la France, rendue célèbre par le très médiatisé coup de tête de Zidane à Materazzi, est filmée dans le dernier documentaire de Lech Kowalski sans jamais montrer les joueurs, du côté des acteurs invisibles et pourtant indispensables au succès d'un tel événement: les supporters.
Ces derniers sont présentés entre Rome et Paris, dans leurs maisons, dans les cafés, dans les stades regardant le match sur un écran. Véritables miroirs de la société moderne, ces nouvelles stars suivies pendant la finale, sont dépeintes dans toute leur complexité dans un quotidien bien particulier.
Au-delà de la tension, du nationalisme provoqué par un tel événement, de l'enthousiasme ou de l'agressivité, Winners and Losers aborde la nature humaine avec beaucoup de tendresse, d'humour et de réalisme
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> mercredi 4 juin à 19h00

HOLY FIELD, HOLY WAR /2014

Partout dans le monde, les petits agriculteurs sont menacés. Leur lutte pour survivre se fait loin des caméras et des médias.
En Pologne, un pays où plus de 60% de la surface est occupée par l’agriculture, de nouveaux acteurs sont en compétition pour s’accaparer les terres. Ce qui se passe en Pologne est un avertissement à prendre au sérieux

> mercredi 4 juin à 21h00

Ces deux films sont inédits en dvd.

Seulement trois films de Lech Kowalski sont disponibles en dvd :


Cracovie, un petit groupe de punks fabrique des chaussures en cuir pour survivre, mais aussi pour fouler le sol des rues comme bon lui semble. Le film nous plonge rapidement en noir et blanc dans ce petit microcosme qui se crée ses propres règles, tout en s’inscrivant dans le système qu’il rejette. Sans aucun commentaire, le cinéaste Lech Kowalski suit la petite entreprise artisanale dans son quotidien rythmé par les coups des marteaux et les chansons anarchistes. Les rapports se tissent, entre machines d’atelier et guitares électriques, entre aiguilles à coudre et seringues. Petit à petit la fabrique se perfectionne, les vies s’organisent, le film retrouve alors la couleur dans une deuxième partie où certains changements se font sentir. La caméra se promène, discrète mais toujours totalement immergée dans les événements. Elle ose le très gros plan, n’hésitant pas à mettre en évidence les aspérités du cuir et les cicatrices de la peau. Les images sont tactiles, tout se ressent.
The Boot Factory nous confronte de manière directe avec le réel, dans un rapport de proximité parfois poussé à l’extrême. Le film traduit la brutalité des situations par ses mouvements de caméra inattendus et ses brusques changements de point de vue. Les bruits sont incisifs, la musique envahissante, les plans s’assemblent et s’entrechoquent. Tout fait de ce film un produit brut. Pourtant, derrière l’apparente spontanéité des images se cache une réelle maîtrise cinématographique. Lech Kowalski observe de manière très intime ce qui se fait et se défait sous ses yeux tout en gardant la distance nécessaire. Il réussit habilement à filmer les pas des protagonistes, n’oubliant pas qu’il est aussi important de filmer les empreintes qu’ils laissent derrière eux.



Début des années 80, le Lower East Side à New York. Ici gît, sous un préau de fortune et dans un terrain vague boueux, une cantine tenue par des sans-abri, coincée entre des immeubles carbonisés et une longue haie de grillages. Une femme coiffée d'un képi et un quinquagénaire barbu portant un haut-de-forme aux couleurs des États-Unis, s'affairent autour d'une vaste cuve où mijote la soupe... La fameuse «soupe aux cailloux» décrite par la fable, préparée à partir d'aliments chapardés, négociés auprès des restaurateurs, donnés par des voisins et cuite grâce à du bois récupéré dans la rue. Des clients, jeunes et immigrés pour la plupart, parfois drogués, viennent chercher ici de quoi survivre ainsi qu'un peu de réconfort. Un refuge cependant condamné à disparaître, à être remplacé par des logements pour personnes âgées démunies. À l'heure des négociations avec les autorités, le débat est houleux et dégénère. Sous le regard gêné des conseillers, vieilles dames et jeunes sans-abri s'affrontent, haranguent le public... À la manière du cinéma direct de Wiseman, l'empathie en plus, Lech Kowalski filme avec une sympathie non dissimulée et un réalisme imposé, une marginalité qui s'organise, ce fameux vœu pieu anarchiste confronté à l'ordre gouvernemental. D'un noir et blanc soigné au cadre parfaitement maîtrisé, Rock Soup tranche sur l'esthétique habituelle du réalisateur, tout en préservant son regard si particulier, partagé entre romantisme révolutionnaire et pragmatisme désabusé.


C’est en 1974 à New York que se forme l’un des groupes mythiques de la scène punk-rock, les Ramones. Avec leurs jeans déchirés, leurs blousons en cuir noir et leurs riffs insistants, ils furent les pionniers du mouvement, et lui gagnèrent ses lettres de noblesse. En 1989, Dee Dee Ramone, bassiste du groupe et l’un de ses membres fondateurs, quitte les Ramones et se lance dans une carrière solo, avant de les retrouver brièvement à la fin des années 90.
Dans Hey Is Dee Dee Home, Lech Kowalski réalise une interview de celui qui composa les plus grands morceaux des Ramones. Filmé en plans fixes, assis seul au milieu des ténèbres, la vulnérabilité de cette figure légendaire du rock estencore accentuée par un éclairage qui creuse les traits de son visage. Dee Dee nous livre les démons d’une vie faite d’extrêmes, et dresse le portrait de l’univers de la punk, très sex, drug and rock’n’roll. À travers le catalogue de ses nombreux tatouages, chacun relié à un événement marquant, il revient sur sa carrière, ses amis musiciens, son naufrage dans la drogue et ses tentatives pour en sortir.
À la fin de l’interview, les applaudissements de l’équipe de tournage sortent Dee Dee de sa solitude et le ramènent parmi les vivants. Ce répit ne sera pourtant que de courte durée, puisqu’il sera retrouvé mort quelques semaines plus tard, victime d’une overdose d’héroïne.

source : L’Éclat / Lech Kowalski / La Cinémathèque française

,...et du Bis

Troisième et dernière vague de titres Artus, ce trio de nouveautés inaugure une nouvelle collection, " SF Vintage" avec encore une fois au programme, un maître italien, un artisan du Bis et l'étendard de la science fiction russe.

LA PLANETE DES VAMPIRES / Terrore nello spazio / Mario Bava / 1965
En mission dans l’espace, les vaisseaux Argos et Galliot reçoivent des signaux de la planète Aura. Une force mystérieuse les oblige alors à y atterrir. Alors que certains membres de l’équipage sombrent dans la folie, d’autres sont retrouvés massacrés. Le capitaine Markary découvre que Aura est habitée par d’étranges entités extra-terrestres, prêts à tout pour fuir leur planète maudite… 

Déjà édité dans la Collection Cinéma de Quartier de Jean-Pierre Dionnet en 2001, le film était très rapidement devenu introuvable pour d'obscures raisons de droit.
Les heureux possesseurs du disque avaient la chance de posséder entre leurs mains un collector. La donne va changer avec cette nouvelle édition. Il aura donc fallu 13 ans pour régler un litige dont on ne connaitra peut-être jamais les tenants et les aboutissants.

Peu de supplément à l'exception d'un module vidéo d'Alain Petit dénommé "Terreur dans l'espace", l'édition Artus Films sera certainement comparée à la précédente édition française mais nous ne doutons pas de la qualité du master utilisé par le label Montpellierrain.

LA PLANÈTE DES HOMMES PERDUS / Antonio Margheriti / 1961
Une météorite s’approche dangereusement de la Terre. Malgré les calculs du professeur Benson (Claude Rains), qui estime qu’elle va passer son chemin, les autorités militaires envoient des fusées de reconnaissance. Alors que la météorite se place en orbite et déclenche une série de catastrophes, une armada de soucoupes volantes se dirige vers la Terre… 

Il pianeta degli uomini spenti, titre original du second long-métrage de Margheriti (1930-2002) signé sous son pseudonyme favori Antony M. Dawson, réunit Claude Rains (vu dans Les Enchaînés d'Alfred Hitchock ou dans une des nombreuses adaptation du Fantôme de l'Opéra) et Umberto Orsini (L'homme sans mémoire de Duccio Tessari).

Alain Petit revient au travers d'une vidéo sur l'oeuvre de Margheriti et sur la Science Fiction italienne.

Dernier titres du printemps, Planeta bur est une curiosité connue pour avoir servi à Roger Corman de canevas pour réaliser son Voyage to the Planet of Prehistoric Women. Premier film du réalisateur, pionnier de la Science Fiction, a être distribué en France.

LA PLANÈTE DES TEMPÊTES / Planeta bur / Pavel Klushantsev / 1962
Trois vaisseaux spatiaux quittent la Russie à destination de Vénus. A l'approche de la planète, un vaisseau est détruit, un autre reste en orbite, et le dernier parvient à se poser. Les cosmonautes, parmi lesquels un Américain et son robot «John», partent explorer la planète. Alors qu’ils rencontrent d’étranges et inquiétantes créatures, un volcan entre en éruption… 

Et c'est toujours le fidèle Alain Petit qui contribue, grâce à un supplément vidéo, à nous faire découvrir la Science Fiction Russe .

Prochainement en vente sur theendstore.com

...du Bis,...

Deuxième vague de titres Artus qui seront dans les prochains jours en vente sur theendstore.com avec encore une fois tous les ingrédients du Cinéma Bis, des nazis, des vierges, de la vengeance et de l'érotisme.

Avec ces quatre nouveaux titres transalpin, Artus Films déclare son amour à un "genre" (le Cinéma Bis), à un pays (l'Italie), bref à une certaine idée du cinéma qui a aujourd'hui disparu des salles de cinéma.

SATANIK / Piero Vivarelli / 1968


Marnie Bannister, une vielle femme défigurée se rend chez un scientifique, inventeur d’un procédé pouvant rajeunir la peau. N’ayant expérimenté son produit que sur des animaux, celui-ci refuse de traiter la dame comme un cobaye. Elle élimine alors le professeur et s’injecte elle-même le liquide miracle, mais bien plus qu’il n’en fallait. Elle devient aussitôt une jeune et jolie femme, prête à prendre sa revanche sur son passé. Elle devient Satanik ! 

Comme pour les westerns, le label montpelliérain met en valeur les artistes italiens peu ou pas connu de ce côté des alpes. Piero Vivarelli est l'auteur du film La possédée du Vice, récemment diffusé à la Cinémathèque de Paris lors du week end hommage aux soirées Cinéma Bis et de quelques bandes érotiques dont Le Décameron Noir (1972).

Accompagné d'un livre de 64 pages signé Alain Petit, cette édition de Satanik - cousine masquée de Diabolik de Mario Bava  réalisé la même année - propose une interactivité différente de l'édition italienne vendue sur theendstore.com.


Genre pour le moins controversé, la "Nazisploitation"est née avec la célèbre Ilsa, La Louve des SS de Don Edmonds en 1975. Il n'aura pas fallu longtemps pour que les producteurs italiens sentent le filon et ce dès 1976 avec ce Horreurs Nazies, le camp des filles perdues réalisé par Sergio Garrone.

Lors de la seconde guerre mondiale, dans un camp de prisonniers, les jeunes filles subissent les pires tortures. En effet, le commandant du camp, jadis castré par une fille après l’avoir violée, cherche à se faire greffer un nouveau sexe, qu’il choisit parmi ceux de ses plus beaux officiers. Avant de passer à l’acte, il teste les éventuels donneurs sur les prisonnières qui arrivent de plus en plus nombreuses…

Sergio Garrone n'aura signé que du Bis durant sa carrière. Entre 1966 et 1984, Garrone n'a jamais eu les moyens d'un Umberto Lenzi ou la reconnaissance d'un Ruggero Deodato. Dans l'ombre des grands artisans, Garrone restera un "vulgaire" technicien dont les principaux films resteront Django le Bâtard, Pas de Roses pour le Führer et ce Horreurs Nazies.

Derrière le pseudonyme de Paolo Solvay se cache Luigi Batzella (1924-2008). Un enièmre artisan italien qui a un parcours similaire à Sergio Garrone. Nazisploitation, Guerre, Western, Horreur, si de prime abord tous les rélisateurs que l'on a évoqué à travers ces breve présentation laisse penser que tous sont interchangeable, la vision des films témoigne au contraire de la volonté pour chacun de ses metteurs en scène à investir le genre en apportant au moins un élément que se soit dans la mise en scène, dans le traitement de l'histoire ou dans le sadisme des situations bine souvent étonnante pour l'époque.

LES VIERGES DE LA PLEINE LUNE aka Il plenilunio delle vergini / 1973

Depuis des années, Karl Schiller recherche l’anneau des Nibelungen, bijou mystique qui confère la puissance à celui qui le possède. Alors qu’il mène une quête archéologique, son frère jumeau, Franz, convoite l’anneau à des fins personnelles. Il devance Karl et se retrouve en Transylvanie, au château du comte Dracula. Là, il rencontre la comtesse, la veuve de Dracula, qui le séduit et le vampirise. Peu après, Karl arrive lui aussi au château, pour découvrir une étrange cérémonie de noces suivie par un sacrifice rituel de jeunes vierges…

En bonus, Artus nous propose un entretien avec Alain Petit et surtout une interview de l'actrice Rosalba Neri qui a traversé le cinéma italien en général et le cinéma de genre en particulier dans presque une centaine de film. De Merveilleuse Angelique à Big Guns en passant par OSS 117, Ursus, ou encore 99 Womens de Jesus Franco, Rosalba Neri aura autant marqué les Bissophiles par les films dans lesquelles l'actrice aura joué que par son charme animal et ses courbes.

L'ultime film de cette vague est LA VENGEANCE DE LADY MORGAN (1965) de Massimo Pupillo


Alors qu’elle est promise à Sir Harald Morgan (Paul Muller), la jeune et jolie Susan épouse Pierre, son amour de toujours. Peu de temps après, celui-ci meurt dans un tragique accident. Susan doit donc se marier avec Morgan. Elle vient vivre à son château, servie par des domestiques plus qu’inquiétants. Avec l’aide du Comte, ceux-ci harcèlent Susan, qui finit par se suicider. Morgan parvient alors à hériter de sa fortune, qu’il convoitait. Mais Lady Morgan revient d’entre les morts pour assouvir sa vengeance… 

La vendetta di Lady Morgan est le troisième film de Massimo Pupillo a être distribué en dvd grâce au travail admirable d'Artus Films. A ce rythme, on peut espérer une intégrale car le réalisateur n'a signé que 6 long-métrages.
On retrouve justement un entretien avec le metteur en scène dans un module intitulé "Mondo Pupillo".

Retrouvez tous les détails des suppléments sur les fiches produits sur theendstore.com

TEOF : La marque du diable

Après La Lame Infernale et La Guerre des gangs, The Ecstasy of films est de retour avec un troisième titre qui va faire taire les "puristes" qui ont crié à l'accident industriel cinéphile après la sortie du film de Lucio Fulci, sans version italienne.

Le tout jeune label revient de plus belle avec l'introuvable, l'invisible, La Marque du Diable aka Mark of the devil aka Hexen bis aufs Blut gequält de Michael Armstrong et Adrian Hoven (1970) dans une édition collector limitée à 666 exemplaire. L'édition est à ce jour épuisée. C'est pourquoi nous sommes particulièrement de vous proposer les derniers exemplaires en circulation.



Dans un village, l'inquisition fait des ravages. Albino, chasseur de sorcières, emprisonne et torture de pauvres femmes innocentes. Christian et son terrible bourreau Jeff Wilkens arrivent dans ce village avec pour mission de faire respecter la loi et la notification des actes de tortures. Alors qu’il attend dans un bar la venue de Lord Cumberland, Christian s'amourache de Vanessa, une servante accusée de sorcellerie par Albino..

Supplément :
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- Bande annonce originale  
- Galerie Photos  
- Fac-similé de 28 pages incluant une partie du fanzine de Norbert Moutier très rare : MONSTER BIS N°24 - Dossier  "Inquisition Torture Bourreaux"  
 - Entretien Udo Kier (11min)   
- Entretien Herbert Fux (23min)   
- Entretien Gaby Fuchs (11min)   
- Entretien Ingeborg Schöner (9min)   
- Entretien audio Herbert Lom (5min)   
- Entretien Norbert Moutier (7min)   
- Entretien Jacques Sirgent, directeur du "Musée des vampires" (Inquisition et Sorcellerie)   
- Critique d'époque de Joe Dante, traduction et introduction du texte par Frank Lafond, auteur du livre "Joe Dante, l'art du je(u)".   
- Scènes coupées (7min)   
- Radio spots d'époque


Une réussite exemplaire pour un éditeur qui confirme projet après projet son envie de proposer les plus belles raretés du cinéma Bis. Un parcours (sans faute) qui rappelle la collection VHS René Chateau Video, "Les films que vous ne verrez jamais à la télévision".

En vente sur theendstore.com

♫ Jesús revient, Jesús revient ♫

On aurait pu jouer le parallèle avec un autre Jésus venant de lui de Nazareth mais nous n'avons dieu que pour le seul et l'unique Jesús de Madrid.

Cinéaste bis par excellence, l'image de Jesús Franco est pour le moment figé dans ce "carcan" un brin réducteur pour l'un des expérimentateur les plus important du XXième siècle.

Mais grâce à des entretiens comme celui que propose le fanzine Cannibale Fanzine, la vision que l'on pourrait avoir de cet hédoniste de la pellicule pourrait bien évoluer. Car au détour d'une foultitude d'anecdote issue de la mémoire d'Alain Petit, on retient quelques œuvres méconnus et qui semblent très loin de toute la vague érotique de l'auteur de Vampyros Lesbos.

Sommaire :
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- Le Labyrinthe de Jess : entretien fleuve avec Alain Petit autour de Jesús Franco (22 pages)
- Santo, Blue Demon, La Llorona, Zovek : la nouvelle collection mexicaine de Bach Films passée en revue
- Le Roi de l'autre ciné : rencontre avec Jorge Grajales
- La genèse du Diabolique docteur Flak : chronique du film + entretien avec Jean-Jacques Rousseau
- L'enfance de l'art : rencontre avec Jean-Pierre Putters au sujet de Mad... ma vie !
- Compte-rendus festivals / séances spéciales : MOTELx + Absurde Séance Nantes : Japan eXtrem
- Django, prépare ton cercueil chroniqué
- Retour sur la saison 6 des Cannibales Séances
- Notes de lectures
Premier numéro à être disponible dans notre boutique (theendstore.com), ce quatrième numéro de Cannibale Fanzine édité à 200 exemplaires signe, après trois numéros (dont un numéro zéro) le passage au dos carré collé et à un certain "professionnalisme" esthétique enfin à l'image des écrits de très grande qualité.

Pour accompagner ce prozine, rien de mieux que de (re)découvrir trois long-métrages rarissimes que l'éditeur Artus Films nous propose dans des éditions de qualité.

LE MIROIR OBSCÈNE / 1973
Annette (Emma Cohen) et Marie (Lina Romay), deux sœurs, vivent avec leur père sur une île, à Madère. Depuis leur plus jeune âge, elles entretiennent une relation ambiguë, mêlant jalousie et obsession fusionnelle. Lorsque Annette décide de se marier, Marie, ne le supportant pas, se suicide. Annette se renferme davantage sur elle-même, et quitte l’île pour habiter en ville. Désormais, sa sœur va la hanter à travers un miroir, jadis témoin de leurs rapports incestueux… 




Disponible dans deux montages différent, et ce pour la première fois en dvd, le film bénéficie également d'un module donnant la parole à... Alain Petit.

LES INASSOUVIES / 1970
Mr Mistival (Paul Muller) confie sa fille Eugénie à sa maîtresse, Mme de Saint-Ange (Maria Rohm) afin de l’initier aux jeux de l’amour. Arrivée sur une île, la jeune fille va découvrir les joies de l’érotisme, du saphisme et d’autres perversions raffinées. Sa naïveté et son innocence décuplent le plaisir de ses initiateurs qui l’emmènent de plus en plus loin dans la débauche… 

En supplément, on retrouve Alain Petit qui est devenu la mémoire du cinéaste espagnol, l'historien d'une carrière qui n'a pas encore révélé tous ses secrets.

Dernier film de cette nouvelle salve, The Girl from Rio, précédemment disponible en zone 1 chez Blue Underground sortira en France sous le titre Sumuru, la Cité sans hommes.

SUMURU, LA CITE SANS HOMMES / 1969


Le détective privé Jeff Sutton est envoyé en mission au Brésil afin de retrouver une jeune femme disparue. Transportant avec lui une mallette pleine de dollars, il atterrit à Femina, une cité futuriste peuplée par des femmes d’un genre nouveau. Menée par Sonanda (Shirley Eaton), ces amazones modernes ont pour but d’asservir l’espèce masculine. Tout se corse quand Sir Matthews (George Sanders) convoite l’argent de Sutton, et cherche à s’emparer de la réserve d’or de Sonanda. 



Film psychédélique et sixties, Sumuru se voit offrir rien d'autre que le directeur de la Cinémathèque de Paris et instigateur des soirées Cinéma Bis pour évoquer la confection du film à travers la figure de son producteur britannique Harry Alan Towers.

Plus d'une vingtaine de films de Jesús Franco sont disponibles sur theendstore.com dont la nouvelle vague de l'indispensable Collection Jess Franco d'Artus Films.

Arrietta : retour de flamme

Parfois les cinéastes d'avant garde ont les mêmes problèmes que certains réalisateurs de films de genre. Si Adolpho Arrieta a la même nationalité que Jesus Franco, on ne peut pas dire qu'ils ont connu le même traitement en dvd. Pourtant, Arrietta a bénéficié d'une reconnaissance critique de son travail très tôt. Dans le sillage de cinéaste devenu culte aujourd'hui (Mekas, Schroeter, Garrel, Eustache, Warhol), Adolpho Arrietta est resté comme un secret de cinéphile, exception faite de son Flammes (repris en salle l'année dernière par Capricci).

Il était donc plus aisé de découvrir un Franco qu'un Arrietta et ce, depuis de nombreuses années. Mais cela va changer grâce à Re:voir qui propose pour la première fois au monde un coffret regroupant l'intégrale de ses œuvres réalisées entre 1965 et 2008.

Une box qui se révèle plus proche d'un coffre renfermant des trésors inestimables et singuliers pour une œuvre à la fois poétique et mystérieuse.


Quand on évoque le cinéma d'Arrietta, on parle rarement d'histoire mais plutôt des moments sublimes qui les traversent et qui marquent le spectateur indélébilement. Autant donner la parole à l'artiste qui dans l'ouvrage de Philippe Azoury, Un morceau de ton rêve, s'est épanché sur plus de quarante ans de cinéma

DVD 1 :
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LE CRIME DE LA TOUPIE / 1965 / 18mn
"Biette disait que mon premier court-métrage [...] contenait déjà la métaphore de tout mon cinéma, cette façon de faire touner le sens. Peut-être qu'il y a une morale de la toupie, et j'aie bien faire tourner le sens en bourrique, ou faire des films changeants, virevoltants, où il y a toujours des surprises à attendre."
JOUET CRIMINEL / 1969 / 37 mn

"Le Jouet Criminel, le film que j'ai tourné avec Jean Marais. C'est un film complètement illogique, absolument absurde, teinté de beaucoup de lyrisme. C'est de loin le plus fou de ma filmographie."

Inclus LA IMITACION DEL ANGEL / 1966 / 21mn

DVD 2 :
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LES INTRIGUES DE SILVIA COUSKI / 1974/ 71mn
"Les Intrigues sont fantasmagoriques et documentaire à la fois. Ces travestis et leur façon de marcher dans Paris existaient bel et bien. Ces fêtes existaient. On ne les as pas inventées pour le film. [...]
On considère Les Intrigues de Silvia Couski comme un film plus érotique parce qu'il est peuplé de travestis. Mais les travestis ne sont pas érotiques, ils sont innocents. Ils sont comme les anges. C'est une chose complètement mentale, complètement spirituelle, le travestissement."
TAM TAM / 1976 / 57 mn
"Douze heures de rushes, si je me souviens bien. Des images très belles, que je ne savais où placer, des plans de visages [...] Des séquences qui ne correspondaient plus à ce que devenait le film au montage. Ça, plus les multiples prises de vues sous d'autres angles. J'ai tendance à beaucoup tourner."
DVD 3 :
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POINTILLY / 1972 / 39 mn
"Pointilly était un film que j'avais beaucoup coupé au montage, qui devait avoir une durée plus longue, mais dont il ne reste au final que trente minutes. On ne coupe pas à ce point, on n'arrive pas à une durée aussi sèche, sans une certaine frustration : celle de n'avoir pas su dire les choses."
FLAMMES / 1978 / 82 mn
"Une fois, j'étais resté seul dans la maison de Flammes, les autres étaient allées dormir, je travaillais au plan du lendemain quand soudain j'ai perdu la séparation entre le film et la réalité. J'ai eu le sentiment que le film était la réalité, je cherchais le père, la fille, les habitants de la maison, je ne savais plus qu'il s'agissait d'acteurs...Ça a duré quelques secondes, peut-être un peu plus, mais je crois à ce moment-là que j'étais au bord du délire."
DVD 4 :
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GRENOUILLES / 1984 / 35mn
Après Flammes, [...] j'ai écrit Grenouilles, que j'ai tourné en 1983 sur un mois, en Catalogne, à côté de la mer, sur la Costa Brava. Mais le scénario n'était pas très clair, et j'ai tourné le film dans une situation très délirante, totalement paranoïaque : la productrice acceptait que j'aie mon équipe, mais elle avait aussi emmené son équipe ! Ingérable. [...] Mais il y a dans Grenouilles quelques scènes, notamment une scène entre Elisabeth Bourgine et Pascal Greggory dans une piscine, qui est une des choses les plus belles, les plus érotiques, que j'aie jamais réalisées.

MERLIN / 1990 / 58mn
"Merlin, qui était plus compliqué, je sentais qu'il fallait que j'aie en plus du scénario un appui ; j'ai tout story-boardé, de façon si précise qu'ils étaient obligés de faire comme ça et pas autrement - et comme j'étais en conflit avec toute l"équipe, c'était un supplice pour eux et un délice pour moi."

Inclus KIKI / 1989 / 22mn

DVD 5 :
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Dans ce cinquième dvd sont regroupés les dernières oeuvres d'Adolpho Arrietta réalisées en DV :

ECO Y NARCISO / 2003 / 19mn
VACANÇA PERMANENTE / 2006 / 29mn
DRY MARTINI / 2008 / 7mn
"Au lieu de me demander pourquoi je filme, vous feriez mieux de me demander pourquoi je ne filme pas. Maintenant, il y a beaucoup de temps entre chaque film. L'idéal serait de filmer tout le temps. Filmer, c'est une envie que je ne peux discuter, ce n'est pas une raison, c'est une envie."

Adolpho Arrietta in Libération, 1983.

"J'attendais le digital. Maintenant il est là."

Le coffret 5 dvd - digipack cartonné est en vente sur theendstore.com

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L'ouvrage de Philippe Aoury est également en vente sur theendstore.com

Moins connu que Jean Eustache, Philippe Garrel ou Marguerite Duras, dont il fut l’ami, Adolpho Arrietta est pourtant l’un des grands cinéastes underground des années 1970-1980. L’univers de ce magicien du cinéma, digne héritier de Jean Cocteau, va de Madrid à Paris, mais aussi de Jean Marais à Enrique Vila-Matas, des Cahiers du cinéma aux Gasolines : toute une histoire légendaire, à la fois glamour et fauchée, qui revit ici avec brio.