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Top 100 des plus beaux films français

Face aux listes et autres top, il y a ceux qui aiment, qui en font, et ceux qui n'aiment pas cet exercice.
L'hebdomadaire Les Inrockuptibles a publié sur son site internet un TOP 100 des plus beaux films français.

Comme toutes les listes celle-ci fera débat pour tous les cinéphiles qui accorderont de l'importance au choix, forcément subjectif, de la rédaction cinéma des Inrocks.

A THE END, nous avons décidé de reprendre ce classement et vous indiquer les disponibilités en dvd/blu-ray.


En rouge, vous trouverez les films indisponibles en dvd/blu-ray, en Bleu, les films disponibles en dvd/blu-ray et en vert, les films disponibles seulement en dvd en France.

1.La Maman et la Putain, de Jean Eustache (1973)
2.Le Mépris, de et avec Jean-Luc Godard (1963)
3.La Règle du jeu, de et avec Jean Renoir (1939)
4. Madame de…, de Max Ophuls (1953)
5. Les Nuits de la pleine lune, d’Eric Rohmer (1984)
6. Belle de jour, de Luis Buñuel (1967)
7. Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy (1967)
8. Les Parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy (1964)
9. La Jetée, de Chris Marker (1962)
10.Les Yeux sans visage, de Georges Franju (1960)
11.Playtime, de et avec Jacques Tati (1967)
12. L’Atalante, de Jean Vigo (1934)
13. A nos amours, de et avec Maurice Pialat (1983)
14. Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles, de Chantal Akerman (1975)
15. Pickpocket, de Robert Bresson (1959)
16. Cléo de 5 à 7, d’Agnès Varda (1962)
17. Le Rayon vert d’Eric Rohmer (1986)
18. La Belle et la Bête, de Jean Cocteau (1946)
19. La Femme d’à côté, de François Truffaut (1981)
20. Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais (1959)
21. Céline et Julie vont en bateau, de Jacques Rivette (1974)
22. L’Inconnu du lac, d’Alain Guiraudie (2013)
23. Lola Montès, de Max Ophuls (1955)
24. Loulou, de Maurice Pialat (1980)
25. Les Hautes Solitudes, de Philippe Garrel (1974)
26. A Bout de souffle, de Jean-Luc Godard (1960)
27. Out 1, de Jacques Rivette (1971)
28. Femmes, femmes, de Paul Vecchiali (1974)
29. Shoah, de Claude Lanzmann (1985)
30. Les Deux anglaises et le continent, de François Truffaut (1971)
31. Une partie de campagne, de Jean Renoir (1936)
32. Hôtel des Amériques, d’André Téchiné (1981)
33. Lola, de Jacques Demy (1961)
34. Une sale histoire, de Jean Eustache (1977)
35. Le Plaisir, de Max Ophuls (1952)
36. Du Côté d’Orouët, de Jacques Rozier (1970)
37. Le Diable probablement, de Robert Bresson (1977)
38. Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard (1962)
39. French cancan, de Jean Renoir (1954)
40. L’Argent, de Robert Bresson (1983)
41. Holy Motors, de Leos Carax (2012)
42. Zero de conduite, de Jean Vigo (1933)
43. Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard (1965)
44. Loin de Manhattan, de Jean-Claude Biette (1981)
45. Baisers volés, de François Truffaut (1968)
46. Que la bête meure, de Claude Chabrol (1969)
47. Les Chansons d’amour, de Christophe Honoré (2007)
48. Le Fleuve, de Jean Renoir (1951)
49. Ma nuit chez Maud, d’Eric Rohmer (1969)
50. La Peau douce, de François Truffaut (1964)
51. Gueule d’amour, de Jean Grémillon (1938)
52. Les 400 Coups, de François Truffaut (1959)
53. India Song, de Marguerite Duras (1975)
54. Les Vampires, de Louis Feuillade (1915)
55. Trouble Everyday”, de Claire Denis (2001)
56. Maine-Océan”, de Jacques Rozier (1986)
57. L’amour l’après-midi, d’Eric Rohmer (1972)
58. Le Samouraï, de Jean-Pierre Melville (1968)
59. Au hasard Balthazar, de Robert Bresson (1966)
60. Le Carrosse d’or, de Jean Renoir (1953)
61. La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche (2013)
62. Mauvais sang, de Leos Carax (1986)
63. Toni, de Jean Renoir (1935)
64. Sans soleil, de Chris Marker (1982)
65. Histoire(s) du cinéma, de Jean-Luc Godard (1988-1998)
66. La Sirène du Mississippi de François Truffaut (1969)
67. Un condamné à mort s’est échappé de Robert Bresson (1956)
68. Le Pont du Nord de Jacques Rivette (1981)
69. Le Trou de Jacques Becker (1960)
70. Adieu Phillippine, de Jacques Rozier (1962)
71. Rois et Reine, de Arnaud Desplechin (2004)
72. Mes petites amoureuses, de Jean Eustache (1974)
73. L’Armée des ombres, de Jean-Pierre Melville (1969)
74. Les Dames du bois de Boulogne, de Robert Bresson (1945)
75. L’Amour d’une femme, de Jean Grémillon (1953)
76. Le Deuxième Souffle, de Jean-Pierre Melville (1966)
77. Choses secrètes, de Jean-Claude Brisseau (2002)
78. La Maison des bois, de Maurice Pialat (1971)
79. Angèle, de Marcel Pagnol (1934)
80. Sauve qui peut (la vie), de Jean-Luc Godard (1980)
81. Comment je me suis disputé (ou ma vie sexuelle), d’Arnaud Desplechin (1996)
82. Le Charme discret de la bourgeoisie, de Luis Buñuel (1972)
83. Peau d’âne, de Jacques Demy (1970)
84. Van Gogh, de Maurice Pialat (1991)
85. Mon oncle, de et avec Jacques Tati (1958)
86. L’Année dernière à Marienbad, d’Alain Resnais (1961)
87. Remorques, de Jean Grémillon (1941) 
88. “Esther Kahn”, d’Arnaud Desplechin (2000)
89. L’Amour fou, de Jacques Rivette (1969)
90. Faisons un rêve, de et avec Sacha Guitry (1936)
91. La Femme infidèle, de Claude Chabrol (1969)
92. La Chamade, d’Alain Cavalier (1968)
93. Falbalas, de Jacques Becker (1945)
94. La Baie des anges, de Jacques Demy (1963)
95. Une femme est une femme, de Jean-Luc Godard (1961)
96. Dieu seul me voit, de Bruno Podalydès (1998)
97. Le Sauvage, de Jean-Paul Rappeneau (1975)
98. Travolta et moi, de Patricia Mazuy (1993)
99. Corps à cœur, de Paul Vecchiali (1979)
100. L’Apollonide, de Bertrand Bonello (2011)


Si les films des années 2000 sont plutôt bien positionnés avec neuf œuvres, les années 60 et 70 culminent avec presque 50% des plus beaux long-métrages français, l'effet Nouvelle Vague sans doute.

Pourquoi, aujourd'hui en France, nous n'arrivons pas, à de rares exceptions, à faire des films plastiquement réussi.

Jean-Luc Godard est le cinéaste le plus représentés dans le classement avec sept oeuvres. Vient ensuite Truffaut avec quatre films et les grands noms, Resnais, Chabrol, Cavalier, Pialat, Demy, Marker, Rhomer... sont égalements présents.

Pas vraiment de surprise, si ce n'est la présence à la 100ième place du film de Bertrand Bonello, L'Apollonide. Une position qui consacre le cinéaste du futur biopic sur Yves Saint Laurent.

Bertrand Bonello aura droit prochainement à sa rétrospective au Centre Pompidou, le signe sans doute d'avoir devant les yeux un réalisateur sur qui faudra compter dans les années à venir.

Retrouvez sur le site internet des Inrocks, les avis de tous les films.
> Les Inrocks - Le top 100

Rétro-viseur : Lilith (1964)

L'un des plaisirs de ce blog et de la boutique (jadis physique mais aujourd'hui virtuelle) a toujours été de partager des films oubliés, d'échanger "nos" petits secrets de cinéphiles, ces films qui laissent en nous des traces indélébiles faisant résonances à notre moi profond. Voici l'ambition de ce blog comme de notre rubrique le "Rétro-viseur".

Aujourd'hui, penchons-nous sur le dernier film de Robert Rossen (1908-1966), Lilith, adaptation de l'ouvrage éponyme signé J.R. Salamanca avec une critique d'Olivier Père. Journaliste aux Inrocks et jadis programmateur à la Cinémathèque de Paris, Olivier Père, à l'instar d'un Jean-Baptiste Thoret, témoigne d'un attachement aussi bien pour les grands classiques que pour les films de genre. Bien souvent c'était lui qui se chargeait dans les pages de l' hebdomadaire culturel des critique de giallo, des films nippons et autres cinéma des marges. Depuis, Olivier Père, après un passage à la Quinzaine des réalisateurs, est devenu le directeur du festival de Locarno en Suisse.


Chef-d’œuvre secret du cinéma américain, Lilith est le testament poétique et bouleversant de Robert Rossen.

Aux antipodes de la folie baroque de Shock corridor, de la folie décorative de La Toile d’araignée ou de la folie allégorique de Vol au-dessus d’un nid de coucou, il faut redécouvrir la folie de Lilith, un des chefs-d’œuvre les plus secrets du cinéma américain, dont la ressortie providentielle devrait élargir les rangs de ses trop rares admirateurs. Avec ce film, maudit aux États-Unis, encensé par la critique en France, Robert Rossen terminait prématurément sa carrière. Cet ancien scénariste avait signé plusieurs bons films (Sang et or, Les Fous du roi, L’Arnaqueur) qui ne laissaient en aucun cas présager un aussi bouleversant testament cinématographique (Rossen, gravement malade, devait mourir deux ans après la sortie de Lilith, à l’âge de 57 ans).


Lilith raconte l’histoire de Vincent, un jeune homme indécis et perturbé (il revient de la guerre et vit dans le souvenir de sa mère morte alors qu’il était encore enfant) qui se fait embaucher comme aide-soignant dans une clinique psychiatrique. Vincent ne tarde pas à tomber amoureux d’une jeune patiente schizophrène, Lilith, et découvre que cette dernière entretient des relations sexuelles indifférenciées avec d’autres malades et aime séduire les petits garçons. La fréquentation intime de l’univers de la folie et cette tragique déception amoureuse achèveront de déstabiliser Vincent, jusqu’au dénouement du film, unhappy end assez traumatisante dans sa logique abrupte. Chronique provinciale, description d’une institution psychiatrique, délicate histoire d’amour, Lilith est surtout une tentative de cinéma poétique à contre-courant de la production américaine. Si, à la même époque, le “cinéma de poésie” de Bergman, Pasolini, Resnais s’épanouit en Europe, le film de Rossen, qui ne doit rien à personne, demeure profondément marginal et unique trente-quatre ans après sa réalisation. Car malgré son approche de thèmes sexuels scabreux, Lilith délaisse les sentiers battus de la vulgarisation psychanalytique ou du film à thèse pour s’engager sur les chemins rarement explorés au cinéma de la peinture de l’inconscient.


Lilith n’est jamais théorique ou abstrait mais au contraire sensuel, porté par des acteurs en état de grâce. Les rares étreintes heureuses du couple se déroulent dans des paysages lumineux de forêts et de rivières, et leurs corps mêlés se fondent dans la nature, grâce à de magnifiques surimpressions et fondus enchaînés. Le film baigne ainsi dans un climat envoûtant et trouble, mélange de réalisme et d’onirisme, à mille lieues des clichés hollywoodiens sur la maladie mentale. Au cœur du film, la jeunesse et la beauté extraordinaires de Jean Seberg et Warren Beatty (et la présence fragile du débutant Peter Fonda) viennent souligner la modernité de Lilith, film fou sur l’amour, film d’amour sur la folie.
Olivier Père in Les Inrockuptibles


Toujours inédit en France en dvd, nous avons le plaisir de proposer le film sur theendstore.com grâce à l'import. Proposé en version anglaise sous-titré anglais (ou dans une des très nombreuses langues disponibles), le dvd ne comporte aucun supplément, pas même une bande-annonce. Espérons qu'un éditeur français se décide à proposer cette œuvre méconnue d'un réalisateur oublié.







Spielberg en (hors) série

A l’occasion des sorties rapprochées des films Les aventure de Tintin et Cheval de guerre (22 février 2012), ainsi qu'une (grande) rétrospective à la cinémathèque de Paris (du 9 janvier au 3 mars 2012), Mad Movies et Les Inrockuptibles viennent de publier deux hors séries à un mois d'intervalle. THE END vous propose un bilan pour faire votre choix. Commençons tout d'abord par Mad Movies puisqu'il s'agit du premier a avoir été disponible en kiosque.

Sorti en décembre 2011, le Hors-série de Mad Movies fait 132 pages pour un poids de 300 grammes. Spécialisé dans le cinéma de genre et plus particulièrement d'horreur, Mad Movies consacre la majorité de ses pages aux films qui s'inscrivent dans le domaine de la science-fiction et du fantastique. Voici le sommaire


Préface de Joe Dante
Les critiques des films : Duel, Les Dents de la mer, Rencontres du troisième type, E.T., l'extra-terrestre, La Saga Indiana Jones, Jurassic Park + Le Monde perdu, A.I. Intelligence Artificielle, Minority Report, La Guerre des mondes et Les Aventures de Tintin
Les débuts de Spielberg
Spielberg et l'horreur
Spielberg et les E.T.
La TV de Spielberg
Œuvres mineures ? (1941, La Quatrième dimension, Always, Hook)
La Formule Amblin
La Famille Spielberg
La Musique
Vidéographie



Si les autres films (La couleur pourpre, La liste de Schindler ou encore Amistad) sont évoqués au travers d'articles pour témoigner de la boulimie de travail du cinéaste, le cinéphile plus "généraliste" aura un gout d'inachevé... mais la ligne éditoriale de la revue passe avant... et celle-ci est respectée, cela est compréhensible. En contre-partie l'amateur de Spielberg pourra se délecter d'articles aussi bien informatif que proposant des analyses perspicaces et développé de fort belle manière.

Le point fort du HS de Mad Movies est de proposer un ensemble conséquent aux différentes activités parallèle de la carrière de Steven Spielberg, que se soit en tant que producteur (via Amblin puis Dreamworks) qu'à la télévision à travers ses nombreux projets, par toujours récompensés par le succès, loin s'en faut.

Quant aux Inrocks, leur hors-série fait 100 pages pour un poids de 200 grammes. Il suffit de feuilleter la revue pour s’apercevoir de la rareté du texte au profit de photographies, mais c'est une impression qui s'évacue rapidement dès la lecture, car ce numéro hors-série de l'hebdomadaire culturel réserve quelque bonne surprise. Avant de lister les points forts, regardons le sommaire :


I. Une Vie
Un jeu d'enfant Naissance d'un cinéaste
Une génération Spielberg et le Nouvel Hollywood
La construction d'un empire Plongée dans le Système Spielberg
L'extension d'un empire Spielberg et la télévision
Le maitre et ses disciples Les Héritiers de Spielberg

II. Une œuvre
Critique de l'intégralité des longs métrages de Duel (1971) à Cheval de guerre (2011)
Persistance rétinienne Onze motifs récurrents dans l’œuvre de Spielberg

III. Des gens
Master Class Steven Spielberg s'entretient avec James Cameron et J.J Abrams
Portrait de groupe La galaxie Spielberg
Tout Spielberg Filmographie, rétroxpective à la Cinémathèque français


Outre le fait que les Inrocks propose des critiques sur l'ensemble de la filmographie de Steven Spielberg, le cinéphile appréciera plus particulièrement deux articles passionnants. Le premier s'intitule "Persistance rétinienne" et s’intéresse à tous les motifs visuels récurrents dans l’œuvre de Spielberg. On retrouve donc le chromo familial, le halo, l’œil, la mâchoire, le parc d'attraction, les ébahis, l'ami imaginaire, le caca, le cercle, apnées et enfin les avions. Pas d'analyse mais juste la preuve par l'image de la répétition de signes, telle une marque de fabrique du style Spielberg. L'autre document important de ce hors-série est la retranscription (divers extraits) de la Master Class donné par Steven Spielberg en compagnie de James Cameron et J.J Abrams à la Director's Guild of America, à Los Angeles. Une discussion qui revient sur différents thèmes traités à l'intérieur du hors-série mais qui développe certains aspects ou entêtement (réalisé La Liste de Schindler en noir et blan et non en couleur comme le souhaité le studio) qui affirme Steven Spielberg comme un réalisateur de conviction et non le yes man à la solde des studios comme on l'a trop souvent présenté durant la fin des années 80.

Pour le reste, on peut constater des similitudes (obligatoires ? même le pull à rayure de Spielberg est identique) entre les deux revues qui reviennent l'une comme l'autre sur les aspects de la constellation Spielberg. Après c'est une question de sensibilité vis-à-vis de la revue mais sachez que les chroniques des films des Inrocks sont peut-être plus courtes mais font tout autant réfléchir et surtout donne une irrésistible envie de se replonger dans le monde de Steven Spielberg.

Au final, Les Inrockuptibles permettent d'avoir une vue d'ensemble de la carrière du papa d'E.T. tandis que Mad Movies dévoile l'inconscient d'un cinéaste qui marquera le septième art comme Kubrick ou Hitchcock l'ont fait dans leurs temps.

Le Soldat Dieu... enfin à Nice !


Durant la Seconde Guerre Sino-japonaise, en 1940, le lieutenant Kurokawa est renvoyé chez lui, en héros de guerre, couvert de médailles…mais privé de ses bras et de ses jambes, perdus au combat en Chine continentale. Tous les espoirs de la famille et du village se portent alors sur Shigeko, l’épouse du lieutenant : à elle désormais de faire honneur à l’Empereur et au pays et de montrer l’exemple en prenant à coeur de s’occuper comme il se doit du soldat dieu…

Oyez ! Oyez ! Le Soldat Dieu est enfin arrivé jusqu'à Nice après sa sortie nationale du 1 décembre 2010. Le dernier film de Koji Wakamatsu sera proposé au Mercury aux dates suivantes :

> jeudi 23 décembre à 20h15
> samedi 25 à 17h00
> dimanche 26 à 21h20
> lundi 27 à 14h00

Peut-être le film de l'année ?

Pour vous convaincre de vous ruez le voir voici quelques critiques et entretiens pour découvrir Wakamatsu et son univers érotico-politique nihiliste.

Charlie Hebdo #963
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[...]
Wakamatsu signe ici son centième film. Chez le réalisateur de Sex Jack (c'est son côté Pasolinien), sexe et politique ont toujours fait bon ménage, le premier servant de cheval de Troie au second, depuis Quand l'embryon part braconner (1966) jusqu'à ce Soldat Dieu qui, de retour de la guerre sino-japonaise, muet et amputé de ses quatre membres, n'a plus que son sexe pour exprimer sa colère. Au fond, Caterpillar reprend et creuse la ligne de l'embryon (l'affrontement à huit clos entre un homme et une femme ; les rapports de maître à esclave), même si Wakamatsu opte pour une mise en scène en apparence plus assagie. Mais les séquences au cours desquelles la femme exhibe dans une brouette, à des paysans en pâmoison, sa larve de mari, jouissant ainsi d'une humiliation (la haine) qu'elle maquille en glorification (la dévotion et la raison d'État), comptent parmi les images les plus glaçantes jamais filmées par son auteur.

Jean-Batiste Thoret

Cahiers du Cinéma #662
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L'empire de la haine
[...]Le Soldat Dieu est une œuvre brève (1h25), se réduisant à deux personnages et au décor unique d'une maison paysanne[...]. Le Soldat Dieu pourrait se lire comme le négatif de l'Empire des sens d'Oshima, dont Wakamatsu assura la production. La mutilation y est inversée (seul le pénis de l'homme demeure opérationnel) et le huit clos, au lieu d'isoler le couple de la folie belliciste de l'empire japonais, en concentre la violence et l'aliénation.
Wakamatsu adapte une nouvelle d'Edogawa Rampo, La Chenille, un classique de l'ero-guro (l'érotisme grotesque), courant littéraire japonais des années 20 dont les excès sanglants et la sexualité déviante en font l'ancêtre des brûlots érotiques et révolutionnaires de Wakamatsu. [...] En regard de l'esthétique ténébreuse de ces fils des années 60, Le Soldat Dieu pourrait sembler frontal et dénué de mystère. Le cinéaste efface les ombres de ses images de la même façon qu'il prive l'œuvre d'Edogawa Rampo de sa dimension fantastique et baroque ( à la différence de la Bête aveugle de Yasuzo Masumura, retranscription exemplaire de l'univers de l'écrivain). Cette littéralité n'est pourtant pas un défaut, puisqu'elle lui permet de dessiner sans ambiguïté un monstre concret et naturaliste : un être humain ramené à quelques besoins vitaux et pulsions élémentaires.

Stéphane du Mesnildot

Chronic'art (extrait)
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[...]
En transposant la trame d'un des sommets de la littérature japonaise (le Caterpillar d'Edogawa Ranpo) en plein conflit sino-japonais, Wakamatsu oriente sa guérilla contre les manœuvres hypocrites d'un gouvernement pour justifier l'effort de guerre. Faut-il en conclure, avec ce Soldat Dieu et ses râles antimilitaristes, à une redite déphasée du mythique Johnny got is gun ? Pour la deuxième fois consécutive, Wakamatsu préfère le naturalisme HD au magma de scories surréalistes qui agitaient son cinéma bis. Mais la reconstitution ne semble pas le souci principal (ni le point fort, avouons-le) du cinéaste. Au contraire : Le Soldat dieu ressemble davantage à une synthèse détournée, mais brillante, des marottes du Wakamatsu circa 60-70's.

Orfèvre de la perversion domestiquée, Wakamatsu revient à ce qu'il filme le mieux : la répétition ad nauseam d'actes quotidiens, le présent perpétuel comme matrice de crise conjugale. Comme souvent, l'Histoire n'a qu'une valeur de simple toile de fond, soumise au réticule domestique. Certes, les invectives de Wakamatsu ont pris de l'âge : sa consternation a gagné en sérénité et perdu en trépignements de sale gosse. Signe d'une tempérance inédite, le personnage féminin principal (étonnante Shinobu Terajima) apporte même une ampleur romanesque inédite - chez Wakamatsu, les personnages se réduisent souvent à de pures idées - à une œuvre peu versée dans l'identification empathique.

Mais ce tournant contemporain, plus mainstream, n'annonce pas pour autant un gâtisme en phase terminale. Avec son personnage démembré, Wakamatsu fait vite oublier son postulat historique pour retrouver cette galerie de freaks familière à son cinéma. Le Soldat dieu a beau être un film « en costumes », sa charge transgressive résonne bien avec l'actuel. Toujours aussi efficace, cette hargne punk explose lors des ébats intimes entre la jeune femme et son homme-lombric, véritable scuds adressés aux archétypes d'un dogme conjugal intemporel. Le guérillero du pinku eiga peut paraître assagi. Sa croisade contre le conformisme, quant à elle, semble loin d'être terminée.


Yann François

Entretien de Yann François avec Koji Wakamatsu : Le soldat mohican

Quel regard jetez-vous sur votre carrière ?
Chaque film est comme un de mes enfants. Quand je regarde mes anciens films, je les trouve assez mal réalisés. En tant que père, j'ai vraiment enfanté de sales gosses. Je ne sais pas si mon cinéma a évolué de manière positive. En tout cas, il a changé. Aujourd'hui, je fais des films plus librement. Quand j'étais jeune, j'étais souvent à la botte de mes distributeurs. Je me disais que, si 30 % de mes films pouvaient transmettre ce que je voulais dire, le travail était accompli. Les 70 % restants étaient destinés aux distributeurs et aux exploitants. Aujourd'hui, le taux est inversé : je suis libre à 70 % ! (rires)


Les Inrocks
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Avec Kôji Wakamatsu, aucun risque de s’ennuyer. Virulent, radical, extrémiste, le cinéaste gratte depuis longtemps les plaies de la société japonaise et ce nouveau film prouve de façon éclatante qu’il ne s’est nullement assagi avec l’âge.
Le Soldat dieu est un brûlot rageur, un coup de sabre tranchant dans le militarisme, le nationalisme et le patriarcalisme. Pour en donner une vague idée, quelque chose entre L’Empire des sens, Rambo, Freaks et Johnny Got His Gun. [...]
Tel Flaubert, Wakamatsu pourrait sans doute s’écrier “Shigeko, c’est moi !” Le Soldat dieu se passe il y a soixante-dix ans, mais son âpreté, sa colère, son féminisme, son tempérament iconoclaste sont d’aujourd’hui, et probablement de tout temps.


Serge Kaganski

Rencontre avec Kôji Wakamatsu, le plus subversif des cinéastes japonais par Olivier Père

Le sexe est politique dans vos films. Il n'est pas associé à la libération ou au plaisir, mais plutôt à la domination ou à la soumission.
C'est ma vision de l'acte sexuel. Pour moi, c'est beaucoup plus qu'une simple éjaculation.

Cannes 2010

Cette semaine les hebdomadaires, les quotidiens et les mensuels consacrent leur une et une grande partie de leur journaux à... Cannes.
Quelle originalité serait-on tenté de dire. Mais en l'occurrence la palme revient à Chronic'art. Qui dévoile avant tout le monde le déroulement de Cannes et rend le verdict du festival 10 jours avant sa clôture. Bravo !



à noter une chronique désastreuse de Vincent Malausa pour le dernier film de Noé, plus un avis, succinct, sur la biographie de Godard signé Antoine De Bacque. Un numéro très léger.

Cannes marque le grand retour de Jean Luc Godard et Les Inrocks nous offre une interview réjouissante tant les propos de JLG sont rafraichissants face au discours politiquement correct ou promotionnel débité de manière mécanique.



extrait pour le plaisir, enjoy :

Vous pensez vraiment que les films de Truffaut sont nuls ?

> JLG : Non, pas nuls... pas plus nuls qu'autre chose...pas plus que ceux de Chabrol...

Les Inrocks font un tour d'horizon de la sélection comme le numéro du mois de mai des Cahiers qui reviennent sur la disparition de Werner Schroeter, cinéaste allemand méconnu des jeunes générations et quasiment invisible en dvd.



Malgré une compétition peu attractive, Cannes semble être comme toujours le centre du monde pendant une dizaine de jour et monopolise toute l'attention des distributeurs. Il suffit de voir ce qu'il y a en salle pour constater que les deux prochaines semaines seront bien pauvres en (bon) film.

Les Inrocks : Roman Polanski



On ne serait que trop vous conseiller la lecture de l'article de Serge Kaganski consacré à Roman Polanski pour la sortie en France de son dernier long métrage The Ghost Writer tant celui-ci synthetise le parcours du cinéaste franco-polonais.

Entre flashback et flashforward, Kaganski démontre le lien si particulier, si fin, presque perméable entre la vie du cinéaste et les scénarios de ses fictions.

Bonne lecture !

> Polanski, revanche des fantômes par Serge Kaganski, Les Inrockuptibles #744

Les Inrocks : Mr Fantastic Fox



Les Inrocks consacre leur couverture et 8 pages au dernier film de Wes Anderson, Mr. Fantastic Fox dont nous vous proposions la bande annonce au mois d'aout. Le film est sorti aujourd'hui et non le 23 décembre dernier, une sage décision du distributeur français qui a préféré reculé la date de sortie pour, sans doute, éviter d'être face au rouleau compresseur Avatar de James Cameron ou le dessin animée La Princesse et la Grenouille.

Dépôt de bilan

Mais non ! ne vous inquiétez pas, nous ne venons pas vous annoncer la fin de la boutique.
Mais les mois de décembre et de janvier sont souvent propices à faire le bilan de l'année écoulé et faire des (bonnes ?) résolutions.
Au niveau cinématographique, les magazines adoptent différentes attitudes.



Chronic'art prend de l'avance dès le mois de décembre en annonçant son palmarès :

1. Southland Tales (inédit dvd / Wild Side) | The Box, deux films de Richard Kelly
2. Gran Torino de Clint Eastwood
3. Public Enemies de Michael Mann
4. Les Herbes folles de Alain Resnais
5. Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa
6. Inglorious Basterds de Quentin Tarantino
7. Là-haut de Pete Docter
8. Ce cher mois d'août
9. Vincere de Marco Bellochio
10. Démineurs de Kathryn Bigelow



Les Inrocks attendent la fin du mois de décembre pour dévoiler leur "best of 2009" ainsi que celui de leur lecteur.

1. Inglorious Basterds de Quentin Tarantino
2. Funny People de Judd Apatow
3. Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa
4. Hadewijch de Bruno Dumont
5. Le roi de l'évasion d'Alain Giraudie
6. Twilight 1 et 2 de Cartherine Hardwicke et Chris Weitz
7. Les Herbes folles de Alain Resnais
8. Singularités d'une jeune fille blonde de Manuel de Oliveira
9. Irène d'Alain Cavalier
10. Non ma fille tu n'iras pas danser de Christophe Honoré | Les Beaux Gosses de Riad Sattouf



Mad Movies publie leur TOP et leur FLOP dans le numéro de mois de janvier :

1. Avatar de James Cameron
2. Morse de Tomas Alfredson
3. The Chaser de Hong-jin Na
4. Watchmen de Zack Snyder
5. Midnight Meat Train de Ryûhei Kitamura
6. L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher
7. District 9 de Neil Blomkanp
8. Jusqu'en enfer de Sam Raimi
9. Antichrist de Lars Von Trier
10. Sex addict (inédit dvd) de Frank Henelotter



Enfin l'acmé des best of est atteint avec les Cahiers du cinéma qui consacre sa couverture et plus de 45 pages aux meilleurs films... non pas de l'année 2009 (relégué à la page 75) mais de la décennie.

1. Mulholland Drive, David Lynch
2. Elephant, Gus Van Sant
3. Tropical Malady, Apichatpong Weerasethakul
4. The Host, Bong Joon-ho
5. A History of Violence, David Cronenberg
6. La Graine et le mulet, Abdellatif Kechiche
7. A l’ouest des rails, Wang Bing
8. La guerre des mondes, Steven Spielberg
9. Le Nouveau monde, Terrence Malick
10. Ten, Abbas Kiarostami

Pour l'année 2009, le "Top Ten" de la rédaction est en bas de page, dans un coin :

1. Les Herbes folles de Alain Resnais
2. Vincere de Marco Bellochio
3. Inglorious Basterds de Quentin Tarantino
4. Gran Torino de Clint Eastwood
5. Singularités d'une jeune fille blonde de Manuel de Oliveira
6. Tetro de Francis Ford Coppola
7. Démineurs de Kathryn Bigelow
8. Le roi de l'évasion d'Alain Giraudie
9. Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa
10.Hadewijch de Bruno Dumont

Voilà, je pense que vous avez un bon aperçu des meilleurs films de l'année 2009 a voir ou à revoir. Bonne découverte !

Les Inrockuptibles #731 : Jim Jarmusch



A l'occassion de la sortie de son nouveau film, The limits of Control, Les Inrockuptibles rencontre le réalisateur de Ghost Dog et de Broken Flowers pour un entretien de 4 pages par Serge Kaganski et Jean-Baptiste Morain.

> Critique du film par Jean-Marc Lalanne.

Les Inrockuptibles #713/715 : Sexe 2009



Comme tous les étés, Les Inrocks partent en vacances trois semaines et nous offre pour patienter quelques douceurs.

Les cinéphiles (les plus érotomanes ou physionomistes au choix) auront reconnu Sasha Grey en couverture de ce numéro spécial Sexe.

Héroïne du dernier Steven Soderbergh, Girlfriend Experience [The Girlfriend Experience], Sasha se confit sur son travail, sa vision artistique, ses ambitions...
L'article est illustré par des photographies signées Richard Kern.