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The Works of Jonas Mekas

Dans le sillage du coffret édité par Re:voir et Potemkine pour les 90 ans de Jonas Mekas, Re:voir, le label de Pip Chodorov, et distributeur officiel des œuvres de Mekas en France, a continué de sortir parmi l’innombrable quantité de films du cinéaste cinq dvd constituant aujourd'hui un "pack".


Si on retrouve The sixties quartet, Guns of the trees, et Sleepness Nights Stories, déjà évoqué dans ces lieux, deux titres viennent complétés une offre unique au monde et une reconnaissance pour ce symbole de l'avant garde.

Présentation de l'éditeur :
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Cet ensemble est la continuation du coffret réunissant les oeuvres clefs de Jonas Mekas, l'un des plus importants cinéastes d'avant-garde new yorkais. Né en Lituanie en 1922, chassé par les armées soviétiques et nazies, Mekas arrive à New York avec son frère en 1949, après avoir passé quatre ans dans un camp de réfugié en Allemagne. Il s'achète aussitôt une caméra 16mm et commence, au jour le jour, à filmer le monde qui l'entoure. Il invente ainsi le journal filmé et affirme un style lyrique et profondément personnel, qui sublime le quotidien tout en témoignant de l'exil, de l'oppression politique et des forces vitales de la poésie.
Ce pack comprend son tout premier film "Guns of the Trees" (1962), son "Sixties Quartet" de films sur ses amis artistes - Warhol, Lennon, Ono ; Maciunas, la fondation du mouvement Fluxus ; et son amitié avec la famille de JFK - ainsi que trois de ses oeuvres vidéos des années récentes : la mort d'Allen Ginsberg, son déménagement de Manhattan vers Brooklyn, et son opus de 2011 "Sleepless Nights Stories", version mékassienne des 1001 Nuits.

Présentation  des deux autres films :
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A letter from Greepoint (2004 - 80 minutes - VOSTF)
En février 2004, après trente ans passés à SoHo, j'ai décidé de quitter le quartier pour m'installer à Greenpoint, à Brooklyn. Cette vidéo est sur ce que l'on ressent en quittant un lieu où on a passé plus de temps que n'importe où ailleurs, et qui était aussi celui de ma vie en famille. Je suis ailleurs maintenant. C'est une vidéo sur la création de racines dans un nouveau lieu, une nouvelle maison, avec de nouveaux amis, de nouvelles pensées et expériences. Mais c'est aussi une vidéo sur la vidéo. Je vais laisser Dominique Dubosc, mon bon ami parisien, en parler pour moi, dans une de ses récentes lettres : « Je crois que tu as enfin réussi à apprivoiser cette satanée caméra vidéo qui n'a été pendant si longtemps (et l'est toujours pour la plupart d'entre nous) qu'un simple enregistreur. Maintenant, c'est ta caméra-oeil, celle dont rêvaient les Kinoks. Bien sûr, il ne s'agit pas que de maîtriser la caméra. Le plus important, c'est l'énergie derrière. Le mouvement de la vie qui embrasse même la mort. Ça m'a donné un tel élan que je me sens à nouveau sur les rails. Merci. » Ce que voulait dire Dominique, et ce que je veux dire par là, c'est que lorsque en 1949, j'ai commencé à filmer avec ma Bolex, il m'a fallu quinze ans pour la maîtriser de telle sorte qu'elle fasse pour moi tout ce que je voulais. Quand en 1987, j'ai acheté ma première caméra Sony, j'ai pensé que ce serait différent. Mais non. C'est seulement aujourd'hui, après avoir travaillé quinze ans avec, que je sens qu'elle est devenue une extension de mon oeil, de mon corps. A Letter from Greenpoint est donc mon premier travail vidéo abouti.
 Jonas Mekas
Scenes from Allen's last three days on earth as a spirit (1997 - 67 minutes - VOSTF)

Enregistrement vidéo de la veillée mortuaire bouddhiste d'Allen Ginsberg, dans son appartement. Endormi maintenant pour toujours, on voit Allen dans son lit, entouré de ses amis proches, les moines bouddhistes chargés de la cérémonie, préparant Allen pour son voyage. La levée de son corps. Je parle avec Peter Orlovsky des derniers jours d'Allen. Puis, c'est le dernier adieu au Temple bouddhiste, 118 West 22ème Rue à New York, en présence de ses amis : Patti Smith, Gregory Corso, Peter Orlovsky, Le Roy Jones-Baraka, Hiro Yamagata, Anne Waldman et de beaucoup d'autres venus dire un dernier adieu à Allen.
Jonas Mekas

Encore une fois, on est frappé par la capacité de Mekas a passé du plus "futile" (un déménagement), à quelque chose d'intime (un enterrement), a saisir dans ces deux événements toute l'importance des étapes de sa vie et donc de la vie de chacun d'entre nous. Plus qu'un cinéaste, Jonas Mekas est l'oeil caméra qui a enregistré la (contre) culture du XXième siècle.

Disponible sur commande : contact[at]theeendstore[point]com / theendstore[at]gmail[point]com

Prix : 80 euro [pack 5 dvd]
Prix : 24 euro à l'unité

Mekas : Sleepless Nights Stories

Ce qu'il y a de formidable avec Jonas Mekas, au-delà de son extraordinaire longévité en tant que cinéaste, c'est son processus de création. En filmant quasi quotidiennement, Mekas emmagasine la matière de ses futurs films et nous offre potentiellement d’innombrables heures de cinéma.
Réalisé (monté ?) en 2011, Sleepless Nights Stories se voit se rencontrer à l'écran des figures bien connues comme  Marina Abramovic, Louise Bourgeois, Louis Garrel, Björk, Ken Jacobs, Harmony Korine, Lefty Korine, Rachel Korine-Simon, Adolfas Mekas, Oona Mekas, Sebastian Mekas, DoDo Jin Ming, Dalius Naujokaitis, Benn Northover, Hans Ulrich Obrist, Yoko Ono,...

"Ce film vient de mes lectures des Mille et Une Nuits. Mais à l'inverse de ces contes arabes, mes histoires font toutes partie de la vraie vie, même si elles s'aventurent parfois ailleurs, au-delà de la routine quotidienne. Il y a quelques vingt-cinq histoires différentes dans ce film. Leurs protagonistes sont tous mes amis. Les sujets de ces histoires couvrent un large champ émotionnel, géographique, des angoisses personnelles aux anecdotes. Ce ne sont pas de grandes histoires pour le Grand Écran : ce sont toutes de grandes histoires personnelles... Et oui, vous y trouverez aussi quelques provocations... Mais ça, c'est moi, l'un de mes nombreux moi. La simple question « Qu'est-ce qu'une histoire ? » est une provocation.

Jonas Mekas
Contient un livret de 24 pages du critique d'art Hans Ulrich Olbrist

24 euro | 114mn

Encore plus de Jonas Mekas

A défaut d'avoir vu le film de Robert Zemeckis, Forrest Gump, vous connaissez peut-être la maxime du film : " la vie c'est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber" et bien la filmographie de Jonas Mekas, aussi vaste que méconnue pour le néophyte, est une inépuisable source de ravissement. Voici deux nouveaux titres dans le catalogue Re:voir qui viennent compléter le magnifique coffret édité il y a quelques semaines (disponible sur theendstore.com).


GUNS OF THE TREES / Jonas Mekas / 1962 / 87mn
Grand prix (Najade d'oro), Mostra Internazionale del Cinema Libero di Porretta Terme, 1962.

Quatre jeunes essaient de comprendre pourquoi leur amie, une jeune femme, s’est suicidée. Un film fait de scènes disjointes oscillant entre le passé et le présent. Le titre vient d’un poème de Stuart Perkoff qui raconte comment quelques jeunes (vers 1960) sentait que tout allait contre eux, même les arbres dans les parcs et dans les rues leur semblaient tels des armes braquant leur existence même. JM
Guns of the Trees exprime les pensées, les sentiments, les efforts angoissés de ma génération, face à la perplexité morale de notre époque. Conçu comme un film épisodique, horizontal, il n'y a aucun lien apparent entre une scène et la suivante. Les scènes agissent comme des morceaux d'un plus grand mosaïque émotionnel. Là où le mot direct, ou l'image directe, échoue - quand on arrive à des choses plus essentielles - la façon indirecte du poète en saisira l'essence et la vérité. JM  
"Premier long-métrage de Jonas Mekas c'est un film vif, passionné, un enregistrement du New York des années 60. Jonas Mekas décrit ce film comme une tentative de dépeindre "l'intérieur" d'une génération à travers ses sentiments, pensées et attitudes. C'est une oeuvre amère mais lyrique. C'est révolutionnaire par la forme, en étant différent par la technique de tout ce que vous avez vu jusqu'alors. C'est un poster, une déclaration, un manifeste. Je tiens Guns of the Trees pour le film le plus important et de loin de la "Nouvelle vague" américaine.
Herman G. Weinberg, New York Film-Makers' Cooperative Catalogue n°6, 1975
THE SIXTIES QUARTET / Jonas Mekas / 129mn.

Mekas

Scenes from the life of Andy Warhol : Friendship and intersections / 1990 / 35mn
"Ce film est constitué d'images que Mekas a filmées pendant tout le temps où il a connu Andy Warhol. Ces images n'avaient pas été jusqu'alors montées, et par conséquent, pas montrées non plus. Le film s'ouvre sur l'un des premiers concerts du Velvet Underground au Dom alors que, sur scène, Edie Sedgwick et Gerard Malanga, muni de son fouet, dansent. Le son est strident, rauque, et accompagne admirablement les éclats de concert, puis sur ces images, la voix de Jonas Mekas se fait entendre : "So long Andy, see you again for sure". Ainsi, Jonas Mekas fait alterner des séquences qui mettent en scène le personnage public, l'artiste - la très belle séquence sur la rétrospective Warhol au Museum - avec des séquences intimistes, Warhol à la plage, ou avec des amis. A côté de ces images, Mekas recourt, comme à son habitude, à des intertitres qui peuvent être des évocations poétiques, ou des réflexions, sur le film que l'on voit. Le film devenant - comme c'est souvent le cas chez Mekas - d'une part un document sur des événements vécus et d'autres part une quête nostalgique d'un passé irrémédiablement perdu. Passé qui n'est pas forcément celui que nous proposent les images. Le film est ce qui permet de renouer avec les souvenirs, et par conséquent avec les émotions et qui sait, peut-être aussi, avec la fraicheur du regard pour les gens et pour le monde. Ce regard ne peut être que nostalgique. "So long Andy..." Yann Beauvais.
Zefiro Torna or scenes from the life of Georges Maciunas / 1992 / 35mn

« Zefiro torna e di soavi accenti
L’aer fa grato e’l pie discoglie e l’onde,
é mormorando tra le verdi fronde… »
Monteverdi, Madrigaux, livre IX, 1651
« La vie de George Maciunas, ses parents, ses amis ; de 1952 à 1978, divers événements de Fluxus : rencontres, réunions d’amis (Yoko Ono, Peter Moore, John Lennon, Andy Warhol, Almus Salcius, etc.). Des images de son mariage et de lui à l’hôpital de Boston, trois jours avant sa mort. Bande-son : musique de Monteverdi (Zefiro Torna), moi-même lisant les parties de mon journal concernant la dernière année de la vie de Maciunas. Méditation sur la Mort et le Néant. » Jonas Mekas
« À l’opposé de la monumentalité froide et pétrifiée du tombeau, Zefiro Torna, le film comme le madrigal, nous enseigne qu’avec la dispersion des cendres, tout peut revenir, tout peut reverdir pour qui est capable de les disséminer, de les abandonner au caprice de la brise ou au fil inconstant de l’eau. […] Étrange histoire de cendres et de souffrance, de retour au pays natal, de flux et de reflux que cet ultime geste qui n’est pas sans m’évoquer, pour finir, une image qui hante, elle, depuis toujours l’écriture et le cinéma de Mekas […], celle, rémanente, d’une pluie d’infimes fragments de paradis qui retombent lentement sur terre. Un paradis jamais perdu pour qui sait les recueillir sous toutes leurs formes, ici et maintenant, au sein d’une communauté d’amis. »
Patrice Rollet, « Zefiro Torna de Jonas Mekas », Trafic n°80, hiver 2011

Happy Birthday to John / 1995 / 24mn / Avec John Lennon, Yoko Ono
Le 9 octobre 1972, la moitié du monde de la musique s’est réunie à Syracuse, N.Y., pour fêter l’ouverture du John Lennon / Yoko Ono Fluxus show, une création de George Maciunas. Le même jour, un groupe, plus petit, s’est réuni dans la chambre d’un hôtel pour fêter l’anniversaire de John. Ce film est un enregistrement de cet événement. La bande-son est composée de chansons d'anniversaires chantées par John, Yoko, Ringo Star, Allen Ginsberg, Phil Oaks etc. Le film montre des documents d'archives du concert de John Lennon / Yoko Ono à Madison Square, le 30 août 1972, du Vigil à Central Park le 8 décembe 1980 et d'autres documents rares ». Jonas Mekas
 This side of Paradise / 1999 / 35mn / Avec Jackie, Caroline et John Kennedy Jr
"De façon imprévue, comme ontpu l'être les moments clés de ma vie, j'ai eu la chance à la fin des années 1960, de pouvoir passer plusieurs étées en compagnie de Jackie Kennedy, de sa soeur Lee Radziwill, de leur famille et de leurs enfants. Le cinéma constituait une part intégrale, inséparable et à vrai dire un élément clé de notre amitié.
A cette époque, la mort tragique prématurée de John F. Kennedy était encore très proche. Jackie voulait donner quelque chose à "faire" à ses enfants afin d'adoucir la transition, la vie sans leur père. Elle pensait qu'une caméra pourrait amuser les enfants. Peter Beard, qui exerçait alors la fonction de tuteur de John Jr. et de Caroline pour leur enseigner l'histoire de l'art, suggéra à Jackie que j'étais l'homme qu'il lui fallait pour initier les enfants au cinéma. Jackie accepta. Et c'est ainsi que tout a commencé. Les images de ce film proviennent toutes, à quelques exceptions près, des étés que Caroline et John Jr. ont passé à Montauk, en compagnie de leurs cousins Anthony et Tina Radziwill, dans une maison que Lee avait louée à Andy Warhol pour quelques étés. Andy passa lui-même quelques week-ends là-bas, dans l'un des cottages, de même que Peter Beard, que les enfants avaient adopté colle leur grand frère ou comme le père qui leur manquait. Ce furent des étés de bonheur, de joie et une continuelle célébration de la vie et de l'amitié. Ces journées furent comment des "Petits fragments de Paradis" Jonas Mekas
Prix : 24 euro pièce.

Les pré-commandes sont ouvertes par mail à theendstore@gmail(POINT)com ou contact@theendstore(POINT)com et prochainement en vente sur theendstore.com

source : Re:voir / Centre Pompidou

Jonas Mekas : Williamsburg, B’klyn

Depuis le début de la rétrospective Jonas Mekas au Centre Pompidou, les jeux de mots pullulent dans les médias autour du nom de famille de ce cinéaste engagé dès les années 50 dans un récit de l'intime. En développant le journal intime filmé, Jonas Mekas a enregistré sa famille, ses (célèbres) ami(e)s et des moments de vie.

Jusqu'au 23 décembre 2012, la Galerie du Jour Agnès B (Paris) propose un arrêt sur les premières images de Mekas. Le point de départ d'une oeuvre, le tournant d'une vie.



Jonas Mekas
Williamsburg, B’klyn 1949, images from purgatorio, my first New York home.
Photos de ses premières années aux Etats Unis, Williamsburg, Brooklyn. (1949 -1952)
C’est en octobre 1949, grâce à l’I.R.O (organisation internationale pour les réfugiés), que mon frère Adolfas et moi même avons atterris à Williamsburg qui était alors l’un des quartiers les plus délabrés de Brooklyn. Les premiers immigrants d’Europe de l’est, tziganes et juifs hassidiques habitaient là. Après dix années de guerre passées dans les camps de réfugiés - notre Enfer - nous pensions être mieux à Williamsburg, bien que ce ne fût pas le Paradis qu’on nous avait vendu. Nous l’avons en réalité vécu comme notre période de transition, notre Purgatoire. Ces images, prises entre 1949 et 1952, vous donneront un aperçu de ce que nous avons vu et ressenti à cette époque.
Nous étions effectivement à New York, en Amérique, mais nous vivions à Williamsburg, Brooklyn. Le New York enchanté se trouvait de l’autre côté du fleuve. Les vieux immigrants s’asseyaient sur les perrons et regardaient la rue,
les souvenirs lointains de leur terre natale en toile de fond, ils rêvaient de ce Paradis, juste là, sur l’autre rive de l’East River, vous pouviez presque le toucher... La plupart d’entre eux, nous disaient-ils, n’avaient jamais été à Manhattan. Ils nous demandaient fréquemment "Comment c’est là-bas, les gars ?"





Jonas Mekas, inventaire

Dès demain le coffret dvd Jonas Mekas (Re:voir / Potemkine) sera disponible à la vente (nous l'aurons dans les prochains jours sur theendstore.com, un peu de patience). Mais cette fin d'année sera marquée par d'autres événements (dont l'acmé sera la rétrospective au Centre Pompidou) pour célébrer le 90ième anniversaire du cinéaste (le 22 décembre) comme la publication aux éditions Paris Expérimental de deux ouvrages recensant son travail cinématographique, littéraire et artistique.

Présentation de l'éditeur :
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JONAS MEKAS / Films - Vidéos - Installations (1962-2012)


Né en 1922 en Lituanie, Jonas Mekas a réalisé plus de 80 films, vidéos et installations depuis son arrivée à New York en 1949. Chaque œuvre inventoriée est accompagnée d’un visuel, de la liste des collections publiques et des distributeurs, de la notice technique et d’un ou plusieurs courts textes résumant le contenu de l’œuvre. Présenté de manière chronologique, le travail de Jonas Mekas est ainsi perceptible en son ensemble, l’ouvrage se présentant à la fois comme un inventaire complet et un outil de recherche dans cette œuvre foisonnante. 
Films, vidéos, installations audiovisuelles ou sonores sont autant de propositions dans lesquelles s’exprime le « je filmé » du cinéaste et sa célébration du quotidien. Le catalogue raisonné est réalisé et préfacé par Pip Chodorov, l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Jonas Mekas. Il est accompagné d’un texte de deux jeunes historiens du cinéma replaçant l’œuvre de Jonas Mekas dans son contexte historique et dans son évolution stylistique. L’ouvrage inaugure une nouvelle collection de Paris Expérimental, « Outils / Tools », consacrée à des outils de recherche dans l’histoire du cinéma expérimental. Il sort simultanément à l’édition d’un Index de la revue Film Culture, revue fondée et dirigée par Jonas Mekas à New York de 1955 à 1996. 

280 pages | 28,50 euro

FILM CULTURE 1955-1966


Fondée à New York en 1955 par Jonas et Adolfas Mekas, la revue, d’abord orientée vers le cinéma d’auteur, s’impose très vite comme le lieu de débat et d’analyse incontournable de presque tout ce qui compte d’important dans le cinéma expérimental américain.
D’abord bimestrielle puis paraissant au gré des aléas financiers, la revue compte au total 79 numéros (dont certains doubles ou triples), de janvier 1955 à l’hiver 1996.
Film Culture constitue aujourd’hui un document-source incontournable, mesurant le pouls de l’avant-garde cinématographique, principalement américaine, mais pas seulement, durant deux ou trois décennies.
La revue recèle une mine d’informations sur les cinéastes qui créent, les mouvements qui se forment, les idées qui circulent, les films qui sont projetés. Elle accueille aussi les textes des artistes eux-mêmes, qui sont autant de manifestes. Sans parler de l’illustration, parfois dense et très diversifiée, la plupart du temps inédite. Tout ceci dans une maquette originale, qui a fait de certains numéros des exemplaires de collection (de 1956 à 1963, Jonas Mekas confie la maquette de la revue à Georges Maciunas).
La publication contient plusieurs index - Index des auteurs, Index des sujets, Index des titres de films et Index des illustrations, - ainsi que la liste complète des sommaires.
L’outil de recherche qui est ici proposé est précédé de deux documents rares. Le premier est le compte-rendu d’une discussion à Columbia University en 2001 entre Jonas Mekas, J. Hoberman, Andrew Sarris et P. Adams Sitney. Le deuxième reprend l’Editorial du numéro 14 de novembre 1957, dans lequel Jonas Mekas, le rédacteur en chef de la revue, plaide pour le renouveau d’un cinéma expérimental en Amérique. 

185 pages | 85 euros

Ces deux ouvrages sont disponibles sur commande contact@theendstore(POINT)com ou theendstore@gmail(POINT)com

Coming soon : Jonas Mekas

Est-il encore besoin de présenter Jonas Mekas ? Pour tous ceux qui s’intéressent un minimum à la contre culture et au cinéma expérimental, ce nom vous évoquent beaucoup de choses. Pour les autres sachez qu'il s'agit d'un cinéaste né en 1922 en Lithuanie. Il s'exile aux USA pour échapper aux invasions soviétique et nazie et commence à filmer dès son arrivée découvrant toute la scène artistique New-yorkaise. Il en devient très vite une figure majeure notamment en créant Anthology Film Archives.



LOST LOST LOST (1976)


Lost Lost Lost, tourné sur une période de quatorze ans, témoigne de la contre-culture des années 1950 ainsi que de l’évolution du style de son cinéma.
« Ces six bobines retracent une époque de désespoir, de tentatives désespérées pour faire pousser des racines dans un nouveau sol, pour créer de nouveaux souvenirs. Dans ces six douloureuses bobines, j’essaie de montrer ce qu’éprouve une personne exilée, ce que je ressentais pendant ces années. Cela décrit l’état intérieur d’une personne déplacée qui n’a pas encore oublié son pays d’origine, mais qui n’en a pas encore acquis un nouveau. La sixième bobine est une bobine de transition où l’on commence à voir de l’apaisement, où je commence à trouver des moments de bonheur. Une nouvelle vie commence. » Jonas Mekas
« La frontière disparaît entre un artefact – une œuvre d’art, conçue comme telle, une pure fabrication de l’imaginaire – et ce qui peut être décrit comme le témoignage d’un poète ; aussi sincère et honnête comme seul un poète peut l’être. Lost Lost Lost marque peut-être le début d’un nouveau genre, dans la lignée d’un Gide, d’un Sartre, d’un Malraux, mais en cinéma. »

SHORT FILM WORKS


Cette compilation de court-métrages rassemble des formes d'expressions diverses réalisées par Jonas Mekas entre 1965 et 2003. On y retrouve tout le génie du réalisateur, tour à tour drôle, subversif, cocasse, ironique, fondamentalement libre. On reconnaît aussi à travers cette palette étendue de son savoir faire, ce regard brillant et acéré, lumineux, qui fait que Jonas Mekas a toujours été beaucoup plus qu'un cinéaste, un amoureux de la vie et des hommes qu'il embrasse avec sa caméra, et dont ses montages chantent l'éternité.

Cassis (1966, 4mn) / Notes on The Circus (1966, 12mn) / Hare Krishna (1966, 4mn) / Report from Millbrook (1965-66, 12mn) / Time and Fortune Vietnam Newsreel (1968, 4mn)/ Travel Songs (1967-1981, 25mn) / Quarter Number One (1991, 8mn) / Imperfect Three-Image Films (1995, 6mn) / Song of Avignon (1998, 5mn) / Mozart, Wien & Elvis (2000, 3mn) / Williamsburg (1949-2002, 15mn)

THE BRIG (1964)


The Brig, pur produit du nouveau cinéma américain, fut tourné dans un théâtre off-broadway avec une authenticité bestiale qui lui valut le prix du meilleur documentaire au festival de venise. Cette fiction au ton polémique, dotée d'une bande-son sismique et d'une atmosphère cauchemardesque évoquant un kafka équipé d'une caméra Kodad remplit parfaitement son office : tout au long d'un journée harassante dans une cellule d'un régiment de marines, ce film saisit le spectateur par le col et le jette d'un mur à l'autre.

WALDEN (1969)

Immense fresque du milieu artistiques new-yorkais des années 60, Walden reste aujourd'hui un film essentiel. On en a parlé ici

> Extrait de Jonas (Gideon Bachmann, 6mn, 1967)

REMINISCENCES OF A JOURNEY TO LITHUANIA (1972)


Jonas et Adolfas Mekas sont arrivés en Amérique en 1949 en tant que réfugiés politiques. Anciens prisonniers des camps de travail allemands, exilés de leur village natal en Lituanie, recherchés par la police soviétiques, ils avaient été contraints de quitter leur foyer des années plus tôt, pour n'y revenir que 27 ans plus tard. Reminiscences of a journey to Lithuania, tourné entre 1971 et 1972, est le témoignage fascinant de la divisions d'une famille et de ses retrouvailles longtemps reportées.

> Extraits de Going Home (Adolfas Mekas, 1972) et Journey to Lithuania (Pola Chapelle, 1972).

AS I WAS MOVING AHEAD
(2000)


"As I Was Moving Ahead... montre les émotions, les sensations subtiles, les joies quotidiennes des gens telles que je les ai perçues dans les voix, dans les visages, dans les petites activités journalières des gens que j'ai rencontrés, observés, et avec qui j'ai vécu... Des choses que j'ai enregistrées pendant des années, à l'épposé des activités spectaculaires, divertissantes, sensationnelles et dramatiques qui dominent une grande partie du cinéma contemporain."
Tous les films comprendront des livrets d'une vingtaine de pages. Disponible à l'unité en septembre (20 euro) ou en coffret (prix non communiqué) en novembre.

Bien entendu, tous ces films seront en vente sur theendstore.com

source : Potemkine

Jonas Mekas présente Fluxfriends / George Maciunas / John Lennon / Yoko Ono

Cet ouvrage - signé Jonas Mekas - propose de revenir sur le mouvement d'art contemporain Fluxus et de dévoiler "l'intimité" des membres éminents qu'étaient George Macinuas, Yoko Ono et John Lennon.

Fluxfriends - locution que nous avons préférée à la traduction littérale du titre original américain Trois amis, se moule sur les néologismes inventés par George Maciunas : Fluxhouses, FLuxboxes, Fluxfilms.

Fluxus a été proposé par George Maciunas comme titre d'une revue en octobre 1960, lors de la réunion à la Galérie d'Almus Salcius de jeunes lituaniens qui voulaient créer un lieu de rencontres culturelles pour la diaspora newyorkaise.[...]

Fluxus : emprunt de la langue latine signifie "qui coule".
Jean-Michel Bouhours



Fluxfriends relève d'une catégorie littéraire inédite, le livre de montage, en référence au film de montage, préférant à la linéarité d'un récit un assemblage savant d'archives, d'entretiens, de textes et d'extraits de journaux intimes qui utilisent nombre de figures de style de cinéma : le flashback, l'ellipse, la séquence, l'insert.

Mouvement artistique international majeur des années 60-70, Fluxus s'est insurgé contre la sacralisation de l'art, maniant l'humour, la dérision, l'insignifiance.

Ce livre montre la véritable nature de ce mouvement, au travers du prisme des amitiés entre quatre individus : George Maciunas, clown, personnage espiègle, inventeur de la planète Fluxus ; Yoko Ono, artiste japonaise expérimentale, plasticienne, musicienne, cinéaste ; John Lennon, membre des Beatles, star de la Pop Music, et enfin ; Jonas Mekas, poète, chroniqueur, cinéaste, auteur de Journaux filmés.


Cher lecteur,

Vous allez trouver dans ce livre des fragments de trois êtres humains dont les vies ont été inextricablement entremêlées par le destin.
Georges Maciunas - esprit et corps de Fluxus, véritable cirque Barnum du mouvement ; humoriste zen, génie de l'insignifiant et du subtil ; créateur de Soho et du mouvement du logement coopératif ; John John - le plus célèbre membre des Beatles, groupe dont l'influence a sans doute été la plus grande de notre temps, dont les activités après 1966 pourraient aisément relever à la fois du Zen et du Fluxus, et Yoko Ono, qui amena John à Fluxus et qui est inextricablement liée à la formation de Fluxus, à la fois par son art et par son amitié avec George - ces amis, dont les existences, l'art et les rêves de changer le monde avec leur art sont entremêlés. Il faudra bien des ouvrages pour véritablement mettre en perspective leurs personnalités et leurs œuvres complexes. Tous les trois, ils ont contribué de manière fondamentale au développement artistique de la seconde moitié du XXe siècle. Leur influence sera encore sensible au siècle suivant.
Ce livre ne contribuera que modestement à la compréhension de leur œuvre. Mais il m'a semblé que les informations qu'il contient permettront de mettre en lumière des périodes et des aspects de leur vie et de leur travail grâce à des renseignements impossibles à obtenir auprès d'autres sources
Je souhaite remercier un autre ami, Richard Foreman, pour m'avoir autorisé à reproduire son essai sur Yoko Ono ; Hollis Melton pour sa contribution sur Soho ; et j'aimerai remercier tout particulièrement Yoko Ono, pour tout


Jonas Mekas

Prix : 22 euro (quantité limitée)

> en vente sur theendstore.com
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à noter qu'un dvd contenant les films Fluxus réalisés par Nam June Paik, Dick Higgins, George Maciunas, Chieko Shiomi, John Cavanaugh, James Riddle, Yoko Ono, George Brecht, Robert Watts, Pieter Vanderbiek, Joe Jones, Eric Anderson, Jeff Perkins, Wolf Vostell, Albert Fine, George Landow, Paul Sharits, John Cale, Peter Kennedy, Mike Parr, Ben Vautier est disponible auprès de THE END.


Dès le début des années soixante, Fluxus s'inscrit comme un héritage des avant-gardes futuristes et Dada, dans une logique des abandons face aux dictats des beaux-arts et de l'art officiel.
L'esthétique du mouvement comprend un gestuel réductif, en partie Dada, en partie Bauhaus, en partie Zen, et présume que tous les médias et toutes les disciplines artistiques sont une proie idéale pour la combinaison et la fusion. Perçu au début comme rien de plus qu'un réseau international de farceurs, les artistes
évidemment enjoués de Fluxus étaient, et restent, un réseau de visionnaires radicaux qui ont cherché à changer la perception politique, sociale, et esthétique.
L'Anthologie des Fluxfilms consiste en 37 courts métrages datant des années soixante. Ils étaient présentés à l'époque au sein des événements et happenings de l'avant-garde new-yorkaise comme des éléments d'environnements éphémères. Cette
collection de films s'étend de 10 secondes à 10 minutes et célèbre toute l'humeur éphémère du mouvement. Nous retrouvons ici le montage qu'à fait George Maciunas (1931-1978), fondateur du mouvement, de ses films avec ceux des artistes ci-dessus.
Contient un livret de 32 pages de Maeva Aubert sur les artistes Fluxus et leurs films.

Coming soon : Jonas Mekas / Walden


Poète et héros de la contre-culture américaine, Jonas Mekas, né en 1922 en Lituanie, est avec Walden l'inventeur du Journal filmé. Immense fresque du milieu artistique new-yorkais des années 60, Walden reste aujourd'hui un film essentiel.

«Depuis 1950, je tiens un journal filmé. Je me promène avec ma Bolex en réagissant à la réalité immédiate : situations, amis, New York, saisons. Certains jours je filme dix images, d'autres jours dix secondes, d'autres encore dix minutes, ou bien je ne filme rien. Walden contient le matériel tourné de 1964 à 1968 monté dans l'ordre chronologique. »Jonas Mekas

«Les films de Jonas Mekas célèbrent la vie, ils font oeuvre de résistance contre le monde envahissant de la marchandise et tentent de renouer avec les plaisirs que sont l'amitié, l'apparition de la première neige ou le retour du printemps. La génie de Jonas Mekas tient à cette générosité qu'il a de nous inclure dans sa vision du monde nous faisant ainsi (re)découvrir au détour d'une image, l'incroyable force et nécessité de la poésie.
»

Yann Beauvais



Dans les années 60, le cinéaste underground US organisait déjà la rencontre de Proust et de You Tube. Une ode à la mémoire.

Il existe encore quelques films majeurs de l’histoire du cinéma que personne ou presque n’a vus. Walden fait partie de ceux-là. Tourné entre 1964 et 1968, sorti en VHS en France en 1997, ce chef-d’œuvre de la contre-culture US, du cinéma dit “expérimental” et des images du XXe siècle en général est longtemps resté bloqué dans son écrin de bande magnétique. Son éditeur considérait qu’un DVD affaiblirait le grain si particulier d’un film de Jonas Mekas. Le débat semble clos et on ne regrettera pas d’avoir attendu une éternité. (Re)voir Walden aujourd’hui permet l’expérience d’un double mouvement, pas si contradictoire : retour aux sources et visite dans un futur dont on rêve.

Comme presque toute l’œuvre de ce pilier de l’underground new-yorkais, Walden est composé d’une copieuse agglomération (trois heures) de “haïkus visuels” tournés avec une caméra Bolex 16 millimètres, qui permettait arrêts sur image, ralentis, accélérés, surimpressions, le tout sans passer par l’étape du montage. Ce cinéma primitif, aux coutures naturelles, s’enfouit sous la peau du réel pour en tirer la lumière. Matrice du home-movie, Walden ne propose “ni tragédie, ni drame, ni suspense”, comme le clame la voix off quasi chantée. Saison après saison, Mekas filme son quotidien et le sublime grâce à son art stupéfiant du détail. Entre la Factory de Warhol, un concert du Velvet Underground featuring la fameuse danse du fouet de Gerard Malanga, un goûter d’anniversaire, une manif à Manhattan, une fleur tout juste éclose, un oiseau posé sur un banc, tout est filmé à égalité, ramené à sa condition essentielle : juste une image, que l’on pourrait presque toucher, que l’on voudrait habiter.

Une fois le tremblé épileptique assimilé (à l’heure de la caméra-téléphone portable, ce n’est pas difficile), Walden apparaît comme une ode déchirante à la mémoire, le mausolée d’une vie hantée par la perte. Le tout dans la plus grande atmosphère de joie possible. Allez comprendre.

Emigré de Lituanie avec sa famille dans les années 1940, Mekas a trouvé avec le cinéma un nouveau pays, comme il ne cesse de le clamer aujourd’hui encore à 86 ans. C’est pourquoi la moitié de son activité depuis les sixties, en plus de faire des films, a consisté à archiver ceux des autres dans le cadre de l’Anthology Film Archive, cinémathèque new-yorkaise de l’underground qu’il a créée. Pour tout cela, Jonas Mekas devrait aussi s’appeler Mister Memory.

On espère qu’il dépassera avec ce DVD le cercle habituel de ses fans, tant sa conception du cinéma épouse en toute simplicité l’ère YouTube. Mekas avait lui aussi eu l’idée, il y a plus de cinquante ans, de filmer le quotidien sur le vif. Mais avec un désir de beauté né chez Henry David Thoreau et Marcel Proust. Proust + YouTube ? Le futur, on vous dit.

Un livret de 150 pages contenant la traduction française des dialogues du film et des textes inédits de soixante auteurs, dont des protagonistes du film.


Olivier Joyard pour Les Inrockuptibles

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