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Double Take | Arte



Les plus fidèles d'entre vous auront sans aucun doute reconnu (Hitchcock cela va s'en dire) mais surtout le visuel d'un film que nous proposons à la vente depuis plusieurs mois sur theendstore.com  (et nous sommes quasiment les seuls !).
Double Take, sorti dans les salles en France en septembre 2010 par E.D Distribution, va bénéficier d'une "exposition" exceptionnelle via Arte. Les guillemets sont de rigueur car les deux diffusions télévisuelles du film de Johan Grimonprez auront lieu ce soir (lundi 15 octobre) à 00h15 et le 31 octobre à 03h15, autant dire que seuls les avertis ou les insomniaques pourront profiter de ce film rare et étrange.

Présentation du film par Arte
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Quand Hitchcock rencontre... Hitchcock, sur fond de guerre froide. Un documentaire haletant qui mêle fiction et réalité pour explorer l'illusion et la confusion des identités sur les montagnes russes de l'Histoire.
"On dit que si l'on rencontre son double, il vaut mieux le tuer. Sinon, c'est lui qui vous tuera. Je ne me souviens plus lequel, mais... il faut savoir que parmi vous deux, il y en a un de trop. D'ici la fin du script, l'un de vous deux doit mourir." Ainsi commence Double Take et ainsi se déroule-t-il. Alfred Hitchcock rencontre son double, plus âgé de vingt ans - et le cinéma rencontre la télévision. Lequel est le bon, lequel saura se débarrasser de l'autre ? En toile de fond, s'intercalent des images du Kitchen Debate qui réunit Nixon et Khrouchtchev, à l'exposition américaine de Moscou en 1959. L'adversaire politique se fait sosie et la guerre froide thriller, tandis que le maître du suspense et son Mister Hitch rêvent de crime parfait.
Faux-semblants
Mêlant images d'archives, extraits de films et séquences narratives, ce documentaire d'une grande maîtrise esthétique met en scène des couples étranges et des négociations bilatérales, et montre comment la politique a fait de la peur un bien culturel de masse dans l'Amérique des années 50. Aussi captivant qu'un film d'Hitchcock, Double Take joue avec brio et humour de l'authenticité et des faux-semblants. Un essai et un coup de maître signé Johan Grimonprez, Black Pearl du Meilleur nouveau réalisateur de film documentaire, à la troisième édition du Festival international du film du Moyen-Orient (MEIFF) d'Abu-Dhabi en 2009.

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir le film, l'édition que nous proposons comporte des sous-titres français ainsi que des suppléments (The Hitchcock Casting,Trailer et teasers, Folger's coffee shop). Plus d'infos ici
Un film difficilement classifiable à l'instar de son réalisateur.
On peut être tenté de vous qualifier de cinéaste expérimental. Quelle différence faites-vous entre le cinéma « classique » et celui que vous pratiquez ?
Hier soir, Double Take a été projeté au centre Pompidou à Paris dans le cadre du festival Cinéma du réel. C’était dans une vraie salle de cinéma, mais qui fait partie d’un musée d’art contemporain. Mes films se rapprochent d’une forme usuelle, avec un début, un milieu, une fin. Même si comme Godard l’a dit, il n’est pas nécessaire qu’ils soient dans cet ordre-là. En tous cas, j’y raconte quelque chose de manière structurée, où je laisse du temps aux éléments pour qu’ils puissent être compris. Ca reste du cinéma, et pas par exemple de la pub, où ce rapport au temps a été totalement oublié. Double Take a visiblement été conçu par sa forme ou sa durée qui est celle moyenne d’un film, pour le cinéma. Est-ce que cela modifie votre démarche ? Non. J’adore l’idée qu’un film puisse être diffusé sur plusieurs supports : Double Take va passer en télé en Allemagne, parce qu’il a été co-produit par la ZDF et Arte. Il est actuellement montré dans une exposition à New York. Je serai même ravi qu’il passe sur des chaînes américaines où il serait entrecoupés de spots publicitaires. Parce que chaque moyen de le diffuser permet une recontextualisation en soi.

La figure centrale de Double Take est Alfred Hitchcock, cinéaste ô combien symbolique. Pourquoi ce choix ?
Double Take est en fait né d’un autre film, que je n’ai pas encore fait. Pour celui-ci, j’avais besoin d’un sosie d’Hitchcock.J’ai donc monté un casting au cours duquel j’ai rencontré Ron Burrage, son sosie officiel, qui le joue depuis vingt-cinq ans. En fait il a quasiment démarré sa carrière quand le vrai Hitchcock est mort. Cette rencontre a enclenché l’idée de Double Take. La vie de cet homme est tellement bizarre, tellement pleine de coïncidences : il a travaillé comme liftier à l’hôtel Claridge à Londres, là où Hitchcock était logé quand il travaillait sur un projet de film sur les camps de concentration. Il a ensuite travaillé au Savoy, où se trouvait le restaurant favori du réalisateur. J’ai trouvé amusant que la vie de Ron soit tellement liée par le cinéma sans que ça l’empêche d’en avoir fait sa propre vie. C’était une parfaite métaphore pour décrire la condition d’artiste, qui doit définir son propre espace tout en devant intégrer le fait qu’aujourd’hui ce sont les médias qui définissent son statut d’artiste.
Interview de Johan Grimonprez par Alex Masson in  L’Autre Cinéma belge, 2009, Édition Flandrimage.

> lundi 15 octobre 2012 à 00h15
> mercredi 31 octobre 2012 0 03h15

> dvd : Double Take | 22 euro
source : Arte, ED Distribution

Valérie au pays des merveilles | Arte Cinéma Trash

Certains films ont des destinées particulières. Jadis oubliés, Valérie ou la semaine des merveilles (retitré en France, Valérie au pays des merveilles pour bien saisir toute la promiscuité avec l’œuvre de Lewis Carroll) doit sa popularité à la musique de Lubos Fiser qui fut une grande source d’inspiration pour des groupes comme Broadcast, Espers ou Circulus. Une popularité qui doit également à la sortie du film en vhs en Angleterre grâce au label Redemption, éditeur de nombreux Jean Rollin, au début des années 90. Transmis de cinéphile en cinéphile tel un secret, Valérie retrouve une exposition avec la publication d'un dvd en 2008, toujours en Angleterre. Et la France ?


Après une diffusion dans l'excellent festival lyonnais Hallucinations Collectives en 2010, le cinéphile français aurait pu penser que le film retomberait dans les limbes... mais quelques mois après, l'éditeur Malavida (spécialisé dans les films d'Europe de l'est) proposa le film en dvd et aujourd'hui Arte diffuse le film. Une occasion, certes tardive (dans la nuit du 28 au 29 juillet à 1h30 du matin) mais peut-être un horaire idéal pour rêver les yeux ouverts.


Tandis que Valérie, 13 ans, somnole sous une verrière, un homme passé par une lucarne lui vole ses boucles d’oreilles. Plus tard il les lui renverra avec une lettre d’explications, plus tard encore il lui dévoilera le pouvoir de ces bijoux. Entre temps, Valérie qui vit seule avec sa grand-mère, une femme jeune sous son masque desséché, va voir arriver dans son village une procession de saltimbanques ; elle aura ses premières menstrues et se perdra dans un univers parallèle où le temps est aboli… Ce récit surréaliste est adapté d’un roman de Vitezslav Nezval, « Valérie et la semaine des merveilles », par le réalisateur Jaromil Jires dont le style était, jusqu’à l’arrivée des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, déjà éclaté, mais plus ancré dans la réalité. Valérie au Pays des merveilles (1970) est un conte pour adultes, innervé par ses multiples paradoxes, sensuel et monstrueux.
Jenny Ulrich - ARTE




Si vous ne pouvez découvrir ce monument du cinéma fantastique européen, vous pouvez toujours le découvrir en dvd dans une superbe édition française signé Malavida proposant le film dans les meilleurs conditions au monde avec en bonus la bande original de Lubos Fiser. Un dvd bien entendu en vente sur theendstore.com

De la même façon que La Nouvelle Vague en France, que le Free Cinema en Grande-Bretagne ou encore le Cinéma Novo au Brésil, le cinéma tchèque des années 60 a permis l'émergence de réalisateurs comme Milos Forman (L'AS DE PIQUE), Jan Kadar (LE MIROIR AUX ALOUETTES, 1965) et Vojtech Jasny (l'extraordinaire UN JOUR, UN CHAT..., 1963), majoritairement issus de la FAMU, école de cinéma encore réputée aujourd'hui. Pendant cette période, ils ont pu défier la censure, l'idéologie stalinienne ayant pour dessein de manipuler le peuple par l'art. Parmi eux, il y a Jaromil Jires qui a réalisé avec VALERIE AU PAYS DES MERVEILLES, une parfaite démonstration de vitalité, de liberté et d'inventivité. C'était en 1970.
Romain Le Vern




> Samedi 28 juillet à 1h30
>> en vente sur theendstore.com

Underwater Love | Arte Cinéma Trash

Premier inédit d'Arte Cinéma Trash à être diffusé (samedi 21 juillet à 23h55, un horaire très Midnight Movies dont on espère une continuité pour l'avenir), Underwater Love de Shinji Imaoka n'est pas à proprement parlé un inconnu pour les lecteurs de THE END.

En effet, deux de ses précédents longs-métrages, Frog Song et Lunchbox, sont disponibles à THE END et sur notre site (theendstore.com) depuis plusieurs mois grâce à la collection Mushi Mushi.

Revenons au film de samedi soir avec la présentation de Jenny Ulrich sur le site d'Arte :


Alors qu’elle circule en voiture près de l’usine de poisson que dirige son fiancé et où elle-même travaille, Asuka voit surgir sur la route un étrange personnage qui la force à s’arrêter : il s’agit d’Aoki, un ancien camarade de classe mort noyé dans un marais à l’époque du lycée. Aoki s’est réincarné en kappa, une créature mi-homme, mi-tortue issue du folklore japonais. Il a besoin de rester humide en permanence et raffole des concombres, et il est de retour dans la vie d’Asuka pour la séduire… Bien sûr, vu la sophistication très relative des effets spéciaux, on imagine mal ce pauvre kappa tout mal foutu arriver à ses fins. Et pourtant si ! Ce qui nous permet au passage de constater que le chef maquilleur (Yoshihiro Nishimura pourtant) ne s’est pas plus foulé pour le sexe que pour le bec de notre héros ! Et comme tout est à l’avenant dans cette comédie musicale érotique, vous allez selon vos goûts, votre humeur trouver l’expérience vaine et agaçante, ou, on l’espère : drôle, entraînante, étonnante, excitante.



Photographié par le globe trotteur de la discipline, Christopher Doyle (Paranoïd Park de Gus Van Sant; Vagues Invisibles de Pen-Ek Ratanaruang ; Nouvelle Cuisine de Fruit Chan) Underwater Love sera pour les non initiés une rencontre improbable avec le folklore nippon peuplé de Yokai.

Pour les mélomanes, sachez que la bande-originale a été signé par Stereo Total, groupe électro pop.



> Samedi 21 juillet 2012 à 23h55

Arte Ciné Trash : été 2012

Après une interruption de quelques mois, le retour du cinéma Trash sur Arte annonce un bel été en perspective. Si l'intégralité de la programmation n'a pas encore été dévoilé, voici les premières informations.

Underwater Love (2011) de Shinji Imaoka



Asuka coule des jours paisibles auprès de son fiancé. Mais sa vie est sur le point d'être bouleversée lorsqu'elle découvre que son ami d'enfance s'est réincarné en esprit de l'eau. Elle décide de l’emmener chez elle...

> Samedi 24 juillet

Valérie au pays des merveilles (1970) de Jaromil Jires


Vivant chez sa grand-mère malade, Valérie, une jeune adolescente pieuse et prude (en apparence), voit sa vie bouleversée lorsqu'elle reçoit deux boucles d'oreilles aux pouvoirs magiques. Ce sera le début d'un long voyage dans un univers profane et licencieux où se côtoient des fantasmes archaïques, des nymphes alanguies, des baladins hystériques, des acrobates fous, des moines lubriques, des évêques vampires. Un jour, en assistant à une parade fêtant le retour des missionnaires au village, elle est sous le charme d'un pauvre garçon au service du connétable de la ville, martyrisé par un grand méchant loup. Entre flower-power et gothique, VALERIE AU PAYS DES MERVEILLES est une adaptation fantastique de « Valérie et la semaine des miracles », un roman écrit dans les années 30 par Vitezslav Nezval, un des pères fondateurs du surréalisme tchécoslovaque. Tel quel, c'est une version d' « Alice aux pays des merveilles » pour les adultes qui annonce QUOI? (Roman Polanski, 1972). Un conte de fées qui peut être vu comme le croisement entre les univers de Walerian Borowczyk, Federico Fellini, Luis Buñuel et Murnau. Une symphonie chatoyante qui fonctionne sur différents niveaux (le merveilleux, le surréalisme, l'illogisme Kafkaïen, l'horreur, l'érotisme, l'onirisme), partagé qu'il est entre tension érotique, perversion des archétypes, morale enfantine et mélancolie impuissante.



disponible en dvd auprès de THE END dans une édition collector limitée à 1000 exemplaires.

> samedi 28 juillet 2012

Malgré les apparences, le cinéma Trash ne fera pas son retour avec Underwater love du japonais Shinji Imaoka mais avec deux autres films précédemment diffusés, Fritz The Cat et Princesse.

Fritz the cat (1972) de Ralph Bakshi




Princess (2006) de Anders Morgenthaler




> Samedi 14 juillet

Malgré la qualité indéniable de ces films, nous ne pouvons qu'être déçu de ces rediffusions, surtout après ce laps de temps qui nous laissé espérer une salve de films inédits et rares. Croisons les doigts pour que le mois d’août recèle son lot de surprise.

The Black Power Mixtape | Arte

Comme toujours, la chaine Arte nous réjouit avec sa programmation toujours aussi excitante et en parfaite adéquation avec nos intérêts cinématographiques. En novembre dernier, nous évoquions la sortie salle de ce documentaire aux images jusqu'ici inconnues et déterrées des archives suédoises pour retracer le combat politique de la communauté noire aux USA.

The Black Power Mixtape
Mercredi 4 avril 2012 à 22h45
Attention il s'agit de la version courte de 58 minutes. La version salle est de 93 minutes.



Présentation Arte :
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De 1967 à 1972, des équipes de télévision suédoises se sont intéressées au mouvement des droits civiques aux États-Unis. Du quotidien d'une famille noire qui manque de tout au désespoir des habitants de Harlem après les assassinats de Martin Luther King et Bob Kennedy, d'un discours de Bobby Seal au procès très médiatisé de l'égérie des Black Panthers Angela Davis, ces journalistes ont relayé le soulèvement de la population afro-américaine en tentant d'en comprendre les causes. Ils ont approché les grands leaders du Black Power lors de prises de positions publiques, mais aussi dans l'intimité. Dans une séquence particulièrement forte, Stokely Carmichael interviewe sa maman, qui raconte la misère et les discriminations. Dans un autre entretien d'une franchise stupéfiante, Angela Davis, interrogée depuis sa prison sur l'usage de la violence, s'emporte contre le journaliste avant d'évoquer son enfance, marquée par les meurtres raciaux et la possession vitale d'armes pour se défendre.

Mosaïque visuelle
Göran Hugo Olsson a exhumé les rushes en 16mm de la télévision suédoise pour composer une mosaïque visuelle d'une richesse saisissante, complétée par des témoignages et des anecdotes en voix off de personnalités célèbres comme Erykah Badu, Harry Belafonte ou Angela Davis elle-même. Sorti en salles dans sa version longue (de 1967 à 1975), ce documentaire, rythmé par la musique de Questlove, ressuscite la période charnière durant laquelle s'est forgée l'âme du Black Power et interroge son héritage à l'heure où l'Amérique a élu un président noir.


NOTES DU RÉALISATEUR
Une rumeur circula pendant des années parmi les réalisateurs comme quoi la Suède avait plus de matériel d’archives sur les Black Panthers que les États-Unis. Il y a 2 ans, je travaillais sur un film parlant de Philly Soul et j’explorais les archives de la Swedish Television quand j’ai compris que cette rumeur était fondée. Peut-être pas entièrement, mais les archives sur le Mouvement Black Power étaient incroyablement riches. J’ai tout de suite su que j’avais mis la main sur quelque chose de rare. A partir du moment où nous avons vu le contenu d’archives, nous avons su immédiatement que nous ferions The Black Power Mixtape 1967-1975, d’une manière ou d’une autre. Nous n’avons pas attendu l’approbation de qui que ce soit ; nous avons commencé à faire ce en quoi nous croyions, et avons trouvé les fonds nécessaires au cours de notre cheminement. J’ai également considéré cet acte comme mon devoir de faire en sorte que ces fantastiques images sortent de la cave et soient rendues accessibles au public.
Mon intérêt et mon dévouement pour ce projet trouvent leurs racines dans les années 1970 quand, en tant qu’étudiant, mes années scolaires étaient rythmées par un sens de la solidarité envers les mouvements libertaires. Plusieurs de mes camarades de classe étaient des enfants de survivants de l’Holocauste, d’autres faisaient partie de cette communauté de chiliens du temps d’Allende, exilés en Suède. Nous avons levé des fonds pour l’ANC après le soulèvement de Soweto en Afrique du Sud, et en 1980-1981, chacun d’entre nous était engagé dans les manifestations Solidaires en Pologne. Ma conscience personnelle a été profondément affectée par ces luttes.
Le film est une « Mixtape », il n’est pas retravaillé. Je voulais garder l’esprit du matériel d’origine, ne pas le découper en morceaux. Mon respect, non seulement pour les travailleurs de l’image, mais également pour les réalisateurs, est total. Les gens dans le film ont changé le monde pour le meilleur. Pas seulement pour les noirs d’Amérique, ou pour un groupe marginalisé, mais pour chacun d’entre nous. Ils ont montré qu’on ne pouvait pas s’asseoir et attendre que quelqu’un nous donne nos droits ; on doit se lever et les obtenir soi-même. Et cela est valable pour chacun, même si on est un blanc de classe moyenne, vivant en Suède.
Selon moi, la plus grande surprise dans la réalisation de The Black Power Mixtape 1967-1975 a été de rencontrer l’un de ses protagonistes – Angela Davis. Je l’ai admirée pendant tant de temps en la regardant à la télévision ou en lisant sa biographie. La pellicule que nous avons assemblée dans le film représente quelque chose que personne, en dehors des gens de la télévision suédoise, n’avait vu auparavant. J’ai été ému par les interventions d’Angela Davis, mais aussi par sa manière si directe de s’exprimer avec connaissance, force et subtilité. Puis, quand j’ai fini par la rencontrer, j’ai été complètement époustouflé par son humour et sa chaleur humaine. Ce fut un grand moment.
De manière plus générale, ce même sentiment de surprise résonna en moi avec toutes les autres personnes que j’ai interviewées pour le film. En tant que réalisateur de documentaires, on n’est pas toujours sûr de la manière dont les personnes qu’on interroge vont nous répondre, surtout à propos de problématiques si importantes et si sensibles. Mais chaque personne, impliquée dans le projet The Black Power Mixtape 1967-1975 et que nous avons approché pour des entretiens et des participations diverses, a fait preuve de générosité et de don de soi, que ce soit Erykah Badu, Talib Kweli, Harry Belafonte, Kathleen Cleaver, Sonia Sanchez, Bobby Seale ou Questlove, ce dernier nous gratifiant de la meilleure bande-son imaginable, collant parfaitement aux images.
Le volet le plus délicat dans la réalisation de The Black Power Mixtape 1967-1975 a été de mettre de côté du contenu de qualité qui ne rentrait pas dans le déroulé du film.
Finalement, je crois que mon désir est de faire un film qui met en lumière les gens remarquables, la société, l’activisme, la culture et les styles qui opèrent un changement.

Göran Hugo Olsson – Réalisateur (extrait du dossier de presse).

Rediffusion :
> lundi 09 avril 2012 à 11h00
> vendredi 20 avril à 01h50



source : Arte / Kanibal distribution

Corman's World en blu-ray / dvd [MAJ]

En novembre dernier, nous évoquions le documentaire Corman's World, présenté au Festival Lumière à Lyon, consacré au réalisateur culte, Roger Corman. Plus récemment, le film a fait le plaisir des festivaliers de l'édition 2012 du festival de cinéma fantastique de Gérardmer.
Pas encore annoncé en vidéo en France, les anglophones auront le privilège de découvrir ce film documentaire le 26 mars prochain en blu-ray et en dvd via Anchor Bay. Les éventuels suppléments n'ont pas encore été révélé.


Présentation du festival de Gérardmer 2012 :
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Ce documentaire retrace l’ascension triomphale du réalisateur, scénariste et producteur le plus prolifique d’Hollywood, le vrai « parrain » du cinéma indépendant, Roger Corman. Connu pour travailler très rapidement - certains de ses films furent réalisés en deux jours - et pour se complaire dans le monde des monstres de série B, des effets spéciaux médiocres, du jeu d’acteur bas de gamme et de la nudité à outrance, Roger Corman est aussi un rebelle respecté du cinéma.



Mise à Jour du 1/03/12
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Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, THE END a appris la diffusion du documentaire le samedi 10 mars prochain sur Arte à 22h10 sous le titre "Des ovnis, des monstres et du sexe" dans le cadre d'une série de documentaire rendant hommage à des figures cultes du cinéma de genre (Bud Spencer le 17 mars ; Christopher Lee le 24 et Udo Kier le 31).

Présentation de la chaine :
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Pour les uns, Roger Corman est le parrain du film indépendant américain, pour les autres, tout simplement, le roi des rois de la série B. Né en 1923, cet Américain hors normes a réalisé une cinquantaine de films et en a produit environ quatre cents. Extraordinaire découvreur de talents, il a permis à Jack Nicholson, Peter Fonda, Dennis Hopper, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou James Cameron de faire leurs premiers pas. Si certaines de ses productions à microbudget bâclées en cinq, voire deux jours, sont oubliées, d'autres sont de vrais bijoux entrés par la grande porte dans le panthéon du cinéma, comme La petite boutique des horreurs et surtout le cycle Poe (La chute de la maison Usher, La chambre des tortures, Le corbeau, etc.).
Dans ce portrait alerte et malicieux, ponctué d'extraits à frissons, le Who's Who du septième art rend hommage à celui qui sut inventer les films les plus terrifiants du moment, sans jamais se départir d'une désarmante bonhommie.


Encore une fois, Arte témoigne de sa qualité éditoriale et quelques semaines après le Festival de Gérardmer, la chaine Franco-allemande offre aux fans de Roger Corman 115 minutes de plaisir à ne pas rater !

source : Anchor Bay UK / Arte

Cinémathèque de Nice | David Lean & Pierre Etaix

La programmation du mois de décembre 2011 de la cinémathèque de Nice fait écho à deux coffrets dvd indispensables de deux "monstres" du cinéma et aujourd'hui disponible dans dans des conditions optimums !
Commençons par l'édition la plus récente avec le coffret David Lean aux éditions Carlotta renfermant 5 long métrages du réalisateur anglais réalisé entre 1944 et 1950.


5 chefs-d’œuvre sur une période de dix ans durant laquelle David Lean, avant les fresques épiques de la maturité (dont Lawrence d’Arabie et Le Docteur Jivago), devient le maître du cinéma classique anglais. Des comédies de ses débuts aux mélodrames passionnés, le cinéaste élabore un grand style, épris de perfection technique, au montage raffiné. Son tempérament romantique y mélange le lyrisme, la hantise des sentiments fragiles, abîmés, disparus, et la respiration des éléments, ciel, vent et pluie. Incontournable !

Seulement 2 films sur 5 du coffret seront diffusés à la cinémathèque de Nice mais l'institution se rattrape en nous proposant d'autres long métrages de la même période ainsi que les grands succès du metteur en scène (Lawrence d'Arabie, le Pont de la rivière Kwai, Docteur Jivago) :

HEUREUX MORTELS (1944)
1919-1939. Pendant vingt ans, la famille Gibbons réside au 17 Sycamore Road, Clapham, au sud de Londres. Sur fond des grands événements de la vie politique et sociale en Grande-Bretagne, la vie des Gibbons déroule ses joies et ses peines, ses mariages et ses deuils, ses cocasseries et ses nostalgies…
Sous l’autorité de l’auteur, David Lean transpose à l’écran une pièce de Noël Coward, son parrain de cinéma. Avec cette tranche de vie magnifiée par un Technicolor discret et raffiné, Lean dresse à la fois le portrait d’une maison, d’une famille et d’un pays. L’origine théâtrale du matériau stimule son inventivité de cinéaste, les caractères truculents du dramaturge se marient avec le lyrisme plus étouffé du réalisateur. Triomphe exemplaire de l’énergie britannique du moment, Heureux Mortels réunit déjà plusieurs visages familiers du cinéma de David Lean, dont Celia Johnson (Brève Rencontre) et le légendaire John Mills (Les Grandes Espérances, La Fille de Ryan).
> mardi 20 décembre à 14h00
> jeudi 22 décembre à 18h30


BRÈVE RENCONTRE (1945)
Sur un quai de gare, en banlieue de Londres, deux êtres, Alec et Laura, se rencontrent par hasard. Chacun est marié et heureux dans son quotidien bourgeois. D’une rencontre à l’autre, ils se revoient et tombent amoureux. Il leur faut alors affronter la tentation de l’adultère et les dangers du commérage. Ces brefs moments transformeront à jamais leurs existences jusqu’alors paisibles…
Dernière collaboration de David Lean avec le dramaturge Noël Coward, Brève Rencontre est l’une des œuvres centrales du cinéma britannique de l’après-guerre, dont il capture l’amertume, la monotonie du quotidien, la délicatesse d’émotion et le rêve d’évasion. Pour la première fois, le romantisme de Lean s’exprime en solo et, porté par les clairs-obscurs de la photographie de Robert Krasker (Le Troisième Homme) et la musique de Rachmaninov, métamorphose le fait divers en une chronique déchirante sur l’élan et la fragilité de la passion.
> jeudi 8 décembre à 20h00
> samedi 10 décembre à 16h00


L'ESPRIT S'AMUSE
(1945)
Romancier couronné de succès, Charles Condomine vient d’épouser en secondes noces la belle Ruth. Pour préparer son nouveau livre, il invite une voyante pour une séance de spiritisme qui a des conséquences imprévues. L’expérience réveille en effet le fantôme d’Elvira, la première épouse de Charles, qui décide de s’installer dans le manoir des nouveaux mariés...
Après Heureux Mortels, David Lean adapte à nouveau une pièce de Noël Coward. Cette fois, il s’agit d’une histoire excentrique et surnaturelle, qui mêle la comédie sophistiquée avec le goût de la période pour les fantaisies magiques. Équilibre d’ironie et de séduction formelle, L’Esprit s’amuse permet aussi à Lean de transcender le matériau d’origine par des idées visuelles originales et une splendide utilisation du Technicolor, d’où émerge le spectre vert d’Elvira !
> jeudi 8 décembre à 18h30
> samedi 10 décembre à 14h00

LES AMANTS PASSIONNÉS (1949)
Mariée au riche et bienveillant Howard Justin, Mary se souvient de son amour pour Steven Stratton. Elle avait d’abord fui la passion avant d’y céder. Des années plus tard, le couple Justin a retrouvé son harmonie, mais le destin fait se retrouver Mary et Steven...
Autour d’Ann Todd, sa troisième épouse, David Lean réunit Trevor Howard (Brève Rencontre) et Claude Rains, son acteur préféré (Casablanca, Les Enchaînés), pour un mélodrame original et flamboyant. Entre liberté baroque et tension parfois proche du thriller, Les Amants passionnés reprend les thèmes de l’adultère et de la passion abordés dans Brève Rencontre et leur donne une forme lyrique, exacerbée, magnifiée par les paysages romantiques et rendue énigmatique par l’imbrication complexe des flashbacks. Au fil des souvenirs de l’héroïne, Lean dresse le portrait subtil des sentiments en perpétuelle métamorphose, du désir et de la peur de la passion jusqu’au mensonge, à la violence et au sublime.

MADELEINE (1950)
En 1857, à Glasgow, contre les voeux de ses parents, qui la destinent à un mariage bourgeois et prometteur, Madeleine Smith noue une relation secrète et passionnée avec Émile L’Angelier. Lorsqu’elle décide de mettre un terme à cette liaison, celui-ci se rebelle. Peu après, Madeleine est accusée de l’avoir empoisonné...
Épouse et muse de David Lean, l’actrice Ann Todd (Les Amants passionnés, Le Mur du son) était fascinée par la figure de Madeleine Smith. Pour elle, le cinéaste élabore un complexe portrait de femme, entre mélodrame et film judiciaire. Par une construction elliptique et la trame raffinée des métaphores du montage, Lean livre l’une de ses œuvres les plus sensuelles, troublante exploration des interdits et de l’érotisme victoriens.

Comme à l'accoutumée, Carlotta a gorgé ce coffret de bonus succincts mais passionnants

Préfaces de Pierre Berthomieu pour tous les films
« Il était une fois Brève rencontre » : souvenirs du tournage (24’)
« Directed by David Lean » : portrait de David Lean par Pierre Berthomieu (32’)
Bande-annonces et galerie photos pour tous les films

Les autres films de l'hommage (20 ans déjà que le cinéaste nous a quitté) à David Lean sont :

LES GRANDES ESPÉRANCES (1946)
CEUX QUI SERVENT EN MER (1942), co-réalisé par Noel Coward
OLIVER TWIST (1948)
CHAUSSURE À SON PIED (1954)
LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ (1957)
LAWRENCE D’ARABIE (1962)
LE DOCTEUR JIVAGO (1965)
LA FILLE DE RYAN (1969)
LA ROUTE DES INDES (1984)

A noter que le film Summertime (1955) est disponible en dvd depuis cet été dans une magnifique édition collector toujours chez Carlotta.

Passons maintenant à l'autre moment fort du mois avec la rétrospective Pierre Etaix. En novembre 2010, un coffret intégral de l’œuvre de Pierre Etaix voyait le jour après des années de bataille judiciaire et d'imbroglio juridique.

S'il fallait résumer la vie et l’œuvre de Pierre Etaix, celui de Clown vient très vite à l'esprit. Son travail au cirque, au music-hall, au cinéma ses écrits et son œuvre picturale témoignent qu'il est le digne héritier d'une longue tradition clowesque qu'il a su prolonger jusque dans ses films, comme ses prédécesseurs, de Charlie Caplin à Buster Keaton, l'avaient fait en leur temps. Dessinateur, gagman, musicien, metteur en scène, décorateur de théâtre, mime, cinéaste, homme de télévision, poète, Étaix démarre sur les planches qu’il ne quittera jamais. Mais fasciné par le grand écran, il se lance, au début des années 1960, avec son ami Jean-Claude Carrière, dans la réalisation. C’est le début de 10 ans de collaboration qui donnent naissance à 5 longs métrages et 3 courts qui parcoureront le monde jusqu’au moment où, conséquences d’imbroglios juridiques, les films ne pourront plus être visibles pendant près de 20 ans.

LE SOUPIRANT (1962)
Un jeune homme timide doit se marier très rapidement pour hériter d'une fortune…
> jeudi 22 décembre à 14h00
> vendredi 23 décembre à 18h00
Le film sera précédé du court-métrage : Rupture, 1961, 11mn

YOYO (1964)
Au milieu de toutes ses richesses, un milliardaire s'ennuie, rêvant devant la photo d'une femme. Passe un cirque où il reconnaît dans l'écuyère la femme de la photo, qui a un enfant qui lui ressemble…
> mardi 6 décembre à 20h00
> dimanche 11 décembre à 15h00
Le film sera précédé du court-métrage : Heureux Ann

TANT QU’ON A LA SANTÉ (1966)
Les mésaventures de Pierre, jeune homme sérieux et calme, dans le monde moderne…
> mardi 13 décembre à 20h30
> vendredi 16 décembre à 16h00

LE GRAND AMOUR (1969)
Marié avec Florence et directeur de l'usine de son beau-père, Pierre mène une vie rangée et doucement heureuse. Mais une nouvelle secrétaire arrive et Pierre en tombe amoureux…
> mercredi 7 décembre à 14h00
> vendredi 9 décembre à 20h00
Le film sera précédé du court-métrage : En pleine forme, 1971, 12mn

PAYS DE COCAGNE (1969)
Des Français en vacances, suivis par la caméra de Pierre Étaix, vivent et livrent leurs opinions sur des sujets divers : l'Homme sur la Lune, la publicité, l'érotisme, le mariage…
> mercredi 28 décembre à 18h00

En bonus, on retrouve les suppléments suivants :

PIERRE ETAIX, NATURELLEMENT - 2010 - 30' - d'Odile Etaix
Tout a un lien chez Pierre Etaix : le dessin, le cirque, le cinéma... Un regard sur l'artiste, les éléments détenteurs de son comique, de la scène du music-hall au cinéma, en passant par la piste.

L'ILE AUX FLEURS - 1989 - 12' - de Jorge Furtago
Un film culte et rare choisi par Pierre Etaix.

LE CAUCHEMAR DE MELIES - 1988 - 4' - bde Pierre Etaix
Un film vidéo réalisé dans le cadre d'une hommage à Méliès.


La cinémathèque propose également le dernier long métrage de Pierre Etaix et non disponible sur support numérique :

L’ÂGE DE MONSIEUR EST AVANCÉ
(1987)
Un auteur interroge son actrice et le régisseur du théâtre sur la pièce qu'il écrit et qu'il répète. Entre les trois personnages se joue peu à peu une autre pièce…
> mercredi 4 janvier à 14h00
> vendredi 6 janvier à 18h15

A côté de cela, quelques reprises (Red, True Grit,...) films d'animations (le château des singes, Une vie de chats) pour les fêtes et d'autres classiques (les lumières de la ville, Bessie à Brodway), bref un mois chargé et pour tout savoir sur le programme, on vous invite à vous rendre sur le site de la cinémathèque de nice, ici

Coffret David Lean : 40 euro
Coffret Pierre Etaix : 50 euro (+ livres de 112 pages)

A commander en envoyant un mail à theendstore@gmail(POINT)com

source : Arte, Carlotta, Cinémathèque de Nice

Big Man Japan (Dai-Nipponjin) | Arte Cinéma Trash

Chaque semaine ou presque, THE END se répète mais Arte est la chaine la plus excitante du PAF. Qui d'autre que Arte pourrait diffusait un film aussi fou que Big Man Japan ? enfin Dai-Nipponjin puisque c'est sous son nom japonais et non sous son titre international qu'Arte a décidé de diffusé ce premier film d'Hitoshi Matsumoto. Réalisé, interprété et concepteur de la bande originale Hitoshi Matsumoto est un humoriste japonais autant populaire que Beat Takeshi.


Face caméra, un homme chevelu raconte son quotidien : divorcé, il voit peu sa fille, un gros chat errant lui tient compagnie, ses voisins écrivent des insultes sur la façade de sa maison, il ne s’éloigne jamais vraiment de sa demeure, car il ne sait pas quand on risque d’avoir besoin de lui. En effet, à tout instant cet homme est susceptible d’être appelé à la rescousse pour sauver Tokyo des monstres géants qui la menace. Oui, car il est le descendant d’une lignée de super-héros qui, sous le coup d’une impulsion électrique, se transforment temporairement en géants (non sans avoir pensé au préalable à enfiler un slip adapté à leur taille). Mais comme les interventions de notre héros sont plutôt dévastatrices, la population ne l’aime pas spécialement, son show télé est d’ailleurs relégué en dernière partie de soirée et ne fait pas beaucoup d’audience.

> jeudi, 24 novembre 2011 à 00h35
> samedi 26 novembre à 01H50

Sachez pour ceux qui n'auront ni la forme, le courage ou d'appareil d'enregistrement que le film est disponible en dvd en zone 2 uk mais sans sous-titre français.



source : Arte

Tokyo X Erotica | Arte Cinéma Trash

Dernière séance Cinéma Trash... pour le mois de juin et oui Arte ne stoppe pas sa case pendant l'été, la chaine de télévision franco-allemande nous proposera même une sélection admirable. Nous y reviendrions en temps et en heure. Restez connectés !



Les destins croisés de jeunes Tokyoïtes marqués par le sexe, la violence et la mort.

Un jeune homme meurt dans un couloir de métro, victime du tristement célèbre attentat au gaz sarin. C’est lui, agonisant, déjà mort, qui nous raconte le début de cette histoire éclatée : sur plusieurs années, nous verrons des couples explorer leur sexualité, mourir, revenir… Les maîtres du cinéma érotique/X japonais, le Pinku Eiga, lient volontiers éros & thanatos et ainsi en va-t-il dans l’œuvre de Takahisa Zeze. L’auteur, qui depuis s’est diversifié, est reconnu comme l’un des « Quatre rois divins du Pinku » actuels et ses films en rose et noir traversent même les frontières, tel ce « Tokyo X erotica » (2001) expérimental, tel avant lui « Raigyo » (1997).

Pour les (plus anciens) lecteurs / clients de THE END, Tokyo X Erotica n'est pas une "nouveauté" puisqu'il ouvrait fièrement l'arrivée (l'année dernière) de la collection pink Mushi Mushi en boutique, toujours disponible auprès de THE END.

A commander à theendstore(at)gmail.com

> jeudi, 30 juin 2011 à 00H30
> samedi 16 juillet à 02H15

Source : Arte

Sauna | Arte Cinéma Trash




Un étonnant film d'horreur historique, l'une des révélations du Festival de Gérardmer 2009.

"Sauna", un film d’Antti-Jussi Annila (Finlande, 2008, 1h20mn)
Avec Tommi Eronen, Ville Virtanen, Viktor Klimenko, Kari Ketonen, Sonja Petäjäjärvi

En 1595, la Finlande alors sous domination Suédoise sort de 25 ans de guerre avec la Russie voisine. Afin de sceller la paix, une frontière doit être tracée par deux délégations représentant les anciens antagonistes. Du côté finlando-suédois, deux frères sont aux commandes : l’impitoyable Eerik et l’éduqué Knut, hanté par le souvenir d’une jeune fille abandonnée en chemin. Les frères rejoignent leurs homologues Russes dans un marais et, au cœur de ce no man’s land, ils découvrent un étrange village, peuplé de 73 habitants… Suite au succès de son premier long métrage, « Jade warrior » (2006), Antti-Jussi Annila s’est retrouvé aux commandes de ce second film avec une grande marge de manœuvre et « Sauna » (2008), qui à l’origine devait être un slasher basique, est ainsi devenu un film d’horreur historique, teinté d’existentialisme et nourri par les légendes nordiques.




Si la bande annonce ne vous a pas convaincu de découvrir ce film Finlandais à la croisée de Stalker et de Vorace, sachez que le second essai de Antti-Jussi Annila (après Jade Warrior) fut nominé en 2009 à 7 reprises pour les Jussi (l'équivalent de nos Césars ou des Oscars) :

Meilleur acteur pour Ville Virtanen,
meilleur second rôle pour Tommi Eronen,
meilleure photo pour Henri Blomberg,
meilleur son pour Panu Riikonen et Vesa Meriläinen
,
meilleur montage pour Joona Louhela,
meilleur décor pour Antti Nikkinen, Ville Vauras, Vladimir Bedrich Dvorak
et pour finir meilleur costume pour Anna Vilppunen.

En gras sont les récompenses obtenues lors de la cérémonie.

> jeudi, 10 mars 2011 à 00:45
> Rediffusion samedi 12 mars à 02H25

Source : Arte Cinéma Trash

Serbis | Arte Cinéma Trash



Au coeur d'Angeles, aux Philippines, la famille Pineda a élu domicile dans un vieux cinéma qu'elle exploite et qui projette des films érotiques des années 70. Alors que tous les personnages vaquent à leurs occupations quotidiennes, on découvre peu à peu leurs penchants, et les difficultés auxquelles ils se heurtent, qu'elles soient d'ordre relationnel, économique ou sexuel. En prise avec leurs démons intérieurs, tous les membres de cette famille ferment les yeux sur le business qui fleurit au sein même du cinéma : celui de la prostitution.

Ne vous fiez pas à l'affiche du film, passé deux scènes de sexe explicites, le film tend un miroir aux particularités philippines par l'intermédiaire d'une "clientèle haut(e) en couleurs !

Critique des Inrockuptibles
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[...]Brillante Mendoza a la particularité d’être arrivé tard (à 45 ans) à la réalisation après une carrière dans la publicité. Depuis son premier film, Le Masseur (2005), il a enchaîné les films, “sans trop savoir comment”, se faisant surtout remarquer grâce à John John (2007), mélo poignant, élégiaque où la filiation peut être artificielle et sublime à la fois. John John évoquait les derniers moments tendres entre un orphelin et sa nourrice avant qu’il ne parte avec ses riches parents adoptifs. Le temps réel est aussi à l’œuvre dans Serbis, soit une journée dans un cinéma porno philippin tenu par une famille dysfonctionnelle. A sa tête, une matriarche (incarnée par l’actrice Gina Pareño, à l’image de la salle : splendeur fanée mais toujours digne) menant de front un divorce –vital pour ses affaires– et la gestion d’une salle devenue contre son gré un lieu de passes homo comme hétéro. Les acteurs sont d’un naturel confondant, et ceux qu’on suspectait d’être des amateurs se révèlent être des pros, à en croire Brillante Mendoza. Il y a du soap opera dans l’air (la fille s’entichant de son cousin, le neveu pressé au mariage par sa petite amie enceinte, les problèmes d’argent), mais le louvoiement des intrigues s’accorde en fait avec l’architecture du cinéma, personnage à part entière de Serbis, où couloirs et recoins obscurs sont soigneusement arpentés par la caméra de Mendoza comme un labyrinthe où papiers peints et peaux ont la même importance. Comme dans John John, Mendoza sait se faire documentariste – avec l’urgence requise, Serbis fut tourné en seulement douze jours –, il sait aborder de front, mais aussi toucher à une magie secrète des choses. Serbis (à traduire comme “service” au sens sexuel) dévoile ainsi des corps, un furoncle mal placé, des scènes de sexe crues (entre vrais prostitués et clients) tout en donnant la pulsation secrète d’un lieu organique, notamment dans une scène où le cinéaste semble d’abord s’attarder sur une bagarre pour ensuite révéler l’environnement des protagonistes et d’autres événements simultanés – un vol, l’excitation des spectateurs, le va-et-vient des clients qui entrent et sortent. Tout y est possible, pourvu que ce soit vivant, comme l’irruption d’une chèvre au cours d’une séquence surréaliste où la patronne essaie d’inculquer un peu de professionnalisme à ses employés. Le regard de Mendoza sur les déclassés a de la hauteur sans jamais être hautain, et évite heureusement le style favela chic d’un Meirelles (La Cité de Dieu). “Mes films ne sont pas vraiment politiques, mais plutôt au plus près des individus”[...]. Pourtant, Le Masseur, John John et Serbis ont en commun un thème économique (et donc forcément politique) :la marchandisation des corps, qu’il s’agisse de prostitution ou d’adoption (John John). “C’est une donnée propre aux Philippines et au tiers-monde, où il s’agit de survivre chaque jour – et donc inhérente à mon cinéma. Ce sont des préoccupations économiques, alors qu’en Occident elles sont plus psychologiques.” Tout de même, avec ses corps-objets, Mendoza se rapproche d’un cinéaste très occidental : Rainer Werner Fassbinder. Le cinéaste confère aussi une autre dimension au film grâce à un beau travail sonore qui avait fait son effet à Cannes : le cinéma de Serbis est ainsi perméable au soundtrack citadin de klaxons, motos et sirènes (comme dans toute ville du tiers-monde), qui s’insinue dans la vie de famille, déjà troublée par les gémissements des pornos projetés. Le son affirme aussi le côté maternel du film par un renversement opéré : ce cinéma était d’abord un ventre un peu honteux qu’on croyait échographié, vie publique et vie privée se confondant, décloisonnées. Et on se retrouve vite comme un bébé émerveillé, caché, attentif et craintif quant aux bruits extérieurs. Avec l’idée folle de ne pas vouloir en sortir, pour nous comme pour les personnages, de ne pas partir. Comme John John. Arrêter le voyeurisme au bord des profondeurs et de leur magie, telle est bien la subtilité de Serbis.

Léo Soesanto

critique de Chronic'art
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Serbis crache l'urgence par tous ses pores. Shooté en une vingtaine de jours par Brillante Mendoza (John John), cette plongée dans les entrailles d'un cinéma porno philippin bouillonne de pulsions, de crasse et de sexe jusqu'à déborder. De son précédent film, le cinéaste n'a gardé que photo cramée et vérisme sauvage, le reste a été sacrifié sur l'autel du mouvement. Au centre du magma trône le fameux cinoche. Un bordel insalubre digne des trompe-l'oeil d'Escher, où les volées d'escaliers se grimpent dessus, où l'espace s'entortille tel un nœud gordien. En fait, c'est tout Serbis qui carbure au chaos et à l'inversion, comme s'il répondait au troublant métissage philippin (écoutez leur langue, regardez leurs traits). Jusqu'à ce titre - serbis / service - qui désigne le joli paradoxe de la prostitution locale : ici, c'est celui qui suce qui paie.

Dans un indescriptible foutoir, homos, hétéros et travelos se mélangent dès lors au point de ne plus se distinguer. C'est le retour du corps en tant que véhicule, délesté de tout jugement ou considérations, moins pris pour ce qu'il est que pour ce qu'il fait. Ici tout n'est qu'action, expulsion, éjaculation, miction, comme s'il fallait nettoyer, assainir avant tout. Dans Serbis, on balaie les chiottes comme on se branle ou perce un furoncle : c'est une même manière de vider le trop-plein, d'appuyer sur reset pour purger le système. En vain. Le film entier obéit à ce principe incendiaire, flirte avec les points de suture et les digues prêtes à péter. Documentaire, fiction, fantastique, quotidien s'écrasent les uns sur les autres dans une frénésie croissante, portés par une caméra sur la brèche et un souci de vitesse permanent. Jusqu'au dernier plan où tout se consume. Un geste radical que les gardiens du temple taxeront sans doute de plagiat, hermétiques hélas à sa belle évidence : cette image n'est que l'issue logique d'un film en surrégime, l'embrasement d'un feu qui couvait.


Julien Abadie

> mercredi 15 décembre à 3h00

le film est disponible en dvd à la boutique

Ed Wood | Arte Cinéma Trash

Après Plan 9 from Outer space la semaine dernière, Arte continue à offrir aux insomniaques et aux couches tard d'autres pépites introuvables en dvd sous-titrés en français par le réalisateur de série B (ou Z) le plus culte : Ed Wood.



La fiancée du monstre [Bride of monster] (1955)

Un savant fou qui veut créer des surhommes nucléaires sème la mort avec son terrible assistant dans une forêt marécageuse. Le trublion de la série Z, Ed Wood, s'essaie au film d'horreur avec son acteur fétiche, Béla Lugosi (Dracula).
Une forêt marécageuse est le théâtre de nombreuses disparitions. La rumeur enfle parmi la population avoisinante, persuadée que, non de loin de là, la maison du docteur Eric Vornoff abrite un monstre sanguinaire. Intriguée, la journaliste Janet Lawton décide de se rendre sur place et disparaît. Son fiancé, le lieutenant de police Dick Craig, part à sa recherche. Le couple va peu à peu découvrir que le diabolique docteur et son terrible assistant Lobo, un colosse muet et difforme, sont en train de mettre au point une machine destinée à créer des surhommes à partir de l'énergie atomique...

> jeudi, 11 novembre 2010 à 00:55



Glen or Glenda ? (1953)

Le premier film réalisé par le maître du navet, Ed Wood : une ode au travestissement, une oeuvre novatrice qui ne cesse d'étonner.

Le cadavre d'un travesti est découvert. Un reporter écoute les explications d'un psychiatre spécialiste en matière de travestis et d'hermaphrodisme. Le médecin raconte l'histoire de Glen, un homme qui se rêvait femme. Il était une fois un couple de futurs mariés, Glen et Barbara. Glen aime sa fiancée mais il est songeur. Glenda sommeille en lui. Elle habite son corps, le pousse à faire du lèche-vitrine et le conduit à se travestir...

Changer de sexe !
Ed Wood, cinéaste américain considéré comme le maître du navet, signe ici un plaidoyer pro domo pour la tolérance, clamant haut et fort le droit des hommes à s'habiller en femme. Glen or Glenda ? est une sorte de docu drama articulé autour de la voix off du psychiatre narrateur. Cette voix rappelle les commentaires moraux des petits films noirs ou polars réalisés à la chaîne dans les années 40. Ed Wood détourne ce ton sérieux de l'Amérique bien-pensante à son profit. Réalisé à l'économie dans très peu de décors, mâtiné d'images d'archives piquées dans les caves des studios d'Hollywood, ce premier film demeure sur le plan narratif d'une élégante complexité, le réalisateur multipliant les mises en abyme et les récits emboîtés. Béla Lugosi, son acteur fétiche, y apparaît dans le rôle d'un narrateur extérieur - un esprit ? - attifé du costume d'un être diabolique.

> jeudi, 18 novembre 2010 à 01:05

source : Arte Cinéma Trash

Les lèvres rouges | Arte Cinéma Trash



Dans un hôtel chic et désert, un couple de jeunes mariés se laisse vamper par une mystérieuse comtesse –le réceptionniste se souvient d’elle quarante ans plus tôt, inchangée… La fameuse comtesse Bathory est interprétée par la troublante Delphine Seyrig, pierre angulaire de ce film que le réalisateur Harry Kümel n’envisageait pas sans elle, « l’intellectuelle » venue du cinéma d’auteur. Il la voulait absolument pour son beau film fantastique ou érotique ou surréaliste ou ce qu’on voudra. Et il avait raison ! Delphine, maniérée, susurrante, pleine d’un humour sous-jacent et de sex-appeal, s’avère fascinante.

source : Arte Cinéma Trash




> jeudi, 30 septembre à 01H10
> vendredi 1 octobre à 03H00

Le Vagabond de Tokyo [Tokyo Drifter] Seijun Suzuki (1966)



Dans le cadre du cycle "Le monde des gangsters", Arte proposera jeudi 16 septembre à 00h05, Tokyo Drifter de Seijun Suzuki (on peut être étonné de voir le titre américain et non le titre français, surtout que le film est disponible en dvd en France).



Un tueur repenti, deux clans yakuza et une indéniable audace stylistique... Quand un réalisateur aguerri bouscule les conventions du polar japonais.
Tetsuya, ancien tueur à gages du clan yakuza Kurata, a décidé de renoncer à la violence pour se lancer dans l'immobilier. Mais il est pris dans l'affrontement de son clan avec un gang rival. Laissant sa fiancée à Tokyo, il se réfugie à la campagne. Ses ennemis le poursuivent...

Avant-garde Yakuza
Quand il réalise Tokyo drifter en 1966, Seijun Suzuki a déjà à son actif vingt-cinq films d'action, tous de grande qualité. Mais dans ce qui est considéré comme l'une de ses oeuvres majeures, il se joue habilement des clichés du genre, auxquels il mêle des références européennes, notamment à Melville et à Godard. Réinventant le polar yakuza au service d'une exigence esthétique poussée, Suzuki sera licencié par la société de production à la sortie du film. Dans des décors stylisés à l'extrême, il illustre l'absurdité des codes du "milieu" et les désillusions d'un jeune gangster japonais dans une société en pleine occidentalisation.





Le coffret dvd est disponible à la boutique

Plus d'informations sur Arte

Cette Sale Terre - Andrew Kötting (2003) | ARTE



Francine et Kath sont deux soeurs qui vivent à l'écart dans la ferme de leurs parents défunts. Il y a aussi Etta, la petite fille de Kath, la soeur aînée, toujours enthousiaste et pleine d'entrain. Francine est indépendante et volontaire, c'est elle qui s'occupe des travaux de la ferme et qui assure la subsistance de la famille. Buto, le père d'Etta, travaille dur également, mais il est violent et rapace. Il ne s'est jamais occupé ni de Kath, ni d'Etta, mais Kath va avoir 21 ans et hériter de sa part de la terre. Buto la demande en mariage. Pour lui, la terre est tout ce qui compte.

Les occasions de voir un film d'Andrew Kotting à la télévision étant rare, saluons (une nouvelle fois) l'audace de la programmation de la chaine franco-allemande Arte pour nous proposer, Cette Sale Terre, film anglais atypique.

The Filthy Earth fait partie de la série des "Excentriques anglais". Une vibration apocalyptique parcourt ce film tellurique, avec scénario du cinéaste et de Sean Lock, d'après La Terre de Zola. L'Anglais se souvient des murailles de pierre d'un village dans les Pyrénées. Une ferme, ravivée des rugissement d'un taureau, est le site de joie, de tuerie, de viol. Le film est construit autour d'un dispositif triple, de 16mm, pour l'histoire de la famille Lowman, avec le mariage pour unir deux propriétés, la jalousie entre sœurs, la dissension entre père et fils. Des prises de vue fragmentées d'une fillette émettant le cri primal, "saleté de terre" préludent à l'éclaboussement d'une paysanne du sperme de la bête, taurine et humaine. L'univers perçu d'un aveugle est filmé en vidéo, tandis que les textures du marché sont rendues en super 8. En voix off, la jeune fille récite son monologue intérieur. Deux fils apparaissent comme découpés à l'avant-scène, garçon aveugle et fille écrasés vivant dans les bois incarnent l'homme sauvage. A l'église, la mariée est flanquée d'une vache, on allie superstition et savoir dans l'espoir d'une bonne moisson. La femme est broche et oie, le paysan, porc et coq, l'étranger est singe.
Un cinéma iconoclaste qui brise l'image en éclats de vitrail, en dripping, accompagnés des sons du synthétiseur. Kötting, tantôt surréaliste, tantôt expressionniste abstrait, aurai-t-il une nostalgie de l'envers coriace d'un monde soi-disant civilisé ? De sa vitalité destructrice, où on a la tête, telle une racine, dans la terre maudite ?


Eithne O'Neill

Chronique parue dans Positif #523, septembre 2004 p.40
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L'article a été reproduit dans un but informatif, si la rédaction de la revue ou l'auteur souhaite son retrait, merci d'envoyer un mail à theendstore@gmail.com

Cet avis ne vous a toujours pas donné envie de découvrir l'univers de ce réalisateur anglais. Peut-être que la bande annonce saura titiller votre curiosité.


Cette sale terre - Bande annonce Vost FR
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Et pour les convaincus sachez que l'excellent label Ed distribution a édité un coffret de trois films d'Andrew Kötting dans un packaging intérieur très original.



> jeudi 9 septembre 2010 à 00H15
> vendredi 10 septembre 2010 à 03H00

Alucarda | Arte Cinéma Trash


Au Mexique, au milieu du XIXe siècle, une femme accouche d'une petite fille dans un temple abandonné. Possédée par le démon, elle décide, avant de mourir, de confier le bébé, Alucarda, à un gitan de passage pour qu'il échappe à la malédiction satanique. Dix-huit ans plus tard, Justine, une jeune fille qui vient de perdre ses parents, est placée dans un couvent. Elle fait la connaissance de sa compagne de cellule, Alucarda. Les deux jeunes filels se lient d'amitié. Au cours d'une de leurs promenades, elles rencontrent un bohémien bossu qui les mène vers une diseuse de bonne aventure. Celle-ci est effrayée par ses visions...

Vers la fin des années 60 au Mexique, lorsque Juan Lopez Moctezuma s’intéresse, assez tardivement, à l’industrie du cinéma, il n’est pas aisé pour de nouveaux réalisateurs de démarrer une carrière, car l’incontournable syndicat dirigé par les vieux de la vieille bloque toute initiative. Mais le metteur en scène de théâtre (et mime) Chilien Alejandro Jodorowsky, qui tourne là son premier long métrage, trouve la parade : les courts métrages n’étant pas soumis aux mêmes restrictions, il construit « Fando et Lis », adaptation d’une pièce écrite avec Arrabal, en chapitres, prétextant qu’il s’agit d’un bout à bout de courts métrages et ouvre ainsi une brèche que vont élargir quelques talentueux suiveurs. Dont Juan Lopez Moctezuma qui collabore en tant que producteur avec Jodorowsky sur « Fando et Lis », puis sur « El Topo ». Moctezuma, après avoir fait ainsi ses armes, passe lui-même à la réalisation en 1973, mais il ne tournera que cinq films en tout. « Alucarda, la hija de las tinieblas » (1975) étant le plus culte de ceux-ci.

Jenny Ulrich

source : Arte Cinéma Trash

> vendredi 6 août à 00H35
> vendredi 13 août à 03H00
> dimanche 22 août à 03H00

Bondage | Arte Cinéma Trash

Les semaines se suivent et se ressemblent pour notre plus grand plaisir avec la case cinéma Trash d'Arte et les prochains films sont tout autant excitants que ce Bondage.



Le film « Bondage » (1977) s’inspire de la vie de l’artiste Ito Seiu, promoteur historique, au début du XXe siècle, du ligotage à caractère sexuel –un art qui ne sera massivement popularisé qu’à partir des années 60, au Japon. Réalisateur important de la firme Nikkatsu, Noboru Tanaka s’était déjà, en 1975, intéressé à un scandaleux personnage réel ayant durablement marqué les esprits japonais : dans « La véritable histoire d’Abe Sada », il racontait en effet la passion érotique et meurtrière de la fameuse Abe Sada un an avant que Nagisa Oshima en livre sa propre version dans « L’empire des sens ».

Jenny Ulrich

source : Arte Cinéma Trash

disponible à la boutique dans le coffret dvd Romans Érotiques Vol. 2 consacré à Noboru Tanaka avec La Véritable Histoire d’Abe Sada.

> vendredi, 30 juillet 2010 à 01h00
Rediffusion vendredi 6 août à 03h00

Va va vierge pour la seconde fois | Arte Cinéma Trash

La reconnaissance de Koji Wakamatsu et son importance dans le cinéma mondial semble acquise. Une consécration totale avec la diffusion sur le réseau hertzien de Va va vierge pour la seconde fois (1969) et cela se passe sur Arte comme d'habitude.



Un soir, une jeune fille est violée sur le toit d’un immeuble par quatre étudiants, sous les yeux d’un cinquième. Le lendemain au réveil, la fille fait calmement ce constat : nous sommes au matin du 8 août, c’est la seconde fois qu’on me viole, j’aimerais mourir. Elle demande alors au voyeur de la tuer...
Koji Wakamatsu débute sa carrière cinématographique dans les années 60 et il se montre particulièrement productif par la suite. Viol, voyeurisme, violence, SM sont des constantes dans son œuvre –il est l’un des premiers promoteurs du genre pinku eiga -, mais son propos est aussi, le plus souvent, politique. Il est d’ailleurs frontalement revenu, en 2007 avec « Unated Red Army », sur le radical mouvement révolutionnaire Japonais qui défraya la chronique dans les années 70 (mouvement aussi virulent que ceux d’Allemagne ou d’Italie à la même période). Car, oui, Koji Wakamatsu continue à travailler : son dernier film, « Le soldat dieu » a été primé à la Berlinale 2010 et il devrait sortir début décembre en France – il n’y a pas encore de date prévue pour l’Allemagne.

Si vous avez aimé « Va va vierge pour la deuxième fois » pour son voyeur qui passe à l’acte, pour les viols et les meurtres stylisés, pour la belle photographie en N&B que viennent zébrer de saisissants passages en couleur, pour l’impression claustrophobe qui s’en dégage, etc, essayez, entre beaucoup d’autres, « Les anges violés » et ses infirmières décimées dans une auberge. De toute façon, quasiment tous les films de Wakamatsu sont à voir
[...].

Jenny Ulrich

source : Arte Cinéma Trash

> Vendredi 16 juillet 2010 à 00h45
> Jeudi 22 juillet 2010 à 3h00

disponible en dvd à la boutique :

> Koji Wakamatsu Vol. 1 & Vol. 2
> United Red Army

Love Camp | Arte Cinéma Trash

Chaque semaine nous avons l'impression de radoter mais c'est toujours bon de le rappeler : Arte est la meilleure chose qui soit arrivé au P.A.F. (Paysage Audiovisuel Français) et la case Cinéma Trash en est la preuve.

Demain soir, Arte se dévêtit en proposant Love Camp, film érotique allemand de Christian Anders et Ilias Mylonakos daté de 1981.





D’abord connu comme chanteur, l’Autrichien Christian Anders a aussi, au tournant des années 70/80, écrit-produit-réalisé-interprété ET mis en musique deux films. Il y eut d’abord en 1979 « Roots of evil » où il démontrait notamment ses talents de karateka, puis en 1981 « Love camp » qui nous intéresse ici. Le « camp de l’amour » dont il est question est dirigé par la bien nommée La Divine, interprétée fort à propos par Laura Gemser : ses adeptes –car il s’agit en fait une secte- sont fermement invités à se prostituer pour enrichir la communauté et les demoiselles y consentent pour l’amour du rabatteur en chef, le beau Dorian (Christian Anders, bien sûr). Mais un jour, Dorian croise Patricia, la jeune et jolie fille d’un riche sénateur Américain...

Il ne faut pas confondre « Love camp » avec « Love camp 7 » de Lee Frost, mais si vous aimez la gratuité du premier, notamment dans les scènes de nu, n’hésitez pas à voir le second. Si par ailleurs ce qui vous a séduit dans « Love camp » c’est l’immersion dans une secte hippie dégénérée, vous pouvez aller piocher du côté des adaptations cinés plus ou moins putassières de la vie du gourou Charles Manson. Enfin, si vous êtes fous d’amour pour Laura Gemser –c’est bien normal-, (re)découvrez-la dans son rôle le plus connu, celui de Black Emanuelle (avec un seul « m » pour éviter les démêlées juridiques) : il existe plusieurs opus de ses aventures, mais ceux tournés par Joe d’Amato sont les plus déviants, en particuliers « Emanuelle et les derniers cannibales ». Ceci dit attention dans vos recherches car n’importe quel film avec Laura Gemser se voyait généralement opportunistement retitré : « Love camp » est ainsi, aux USA, édité en DVD sous le titre « Divine Emanuelle : love cult ».


Jenny Ulrich

source : Arte Cinéma Trash

> vendredi 9 juillet 2010 à 00:40
> Rediffusion jeudi 15 juillet à 03H00

O Fantasma | Arte Cinéma Trash



Arte confirme qu'elle est la meilleure raison de regarder la télévision !

O Fantasma de João Pedro Rodrigues - Portugal - 87mn - 2000

Dans les rues et terrains vagues de Lisbonne, la nuit, un jeune éboueur traque un garçon, objet de ses fantasmes, et devient une sorte de fantôme vêtu en latex, enfermé dans ses désirs.

Les déambulations nocturnes et sexuelles d'un jeune éboueur dans Lisbonne. Un film envoûtant, la plus brûlante et la plus troublante découverte cinématographique venue du Portugal ces dernières années.

Avec O fantasma, un coup de maître, le jeune réalisateur João Pedro Rodrigues a focalisé sur lui tous les espoirs du cinéma portugais. Dès les premières scènes, il conjugue la respiration animale de son acteur avec les tourments du désir. Ce film à la nonchalance traversée de naturalisme montre sans chichis la sexualité d'un garçon de la rue à travers des scènes d'onanisme et de fellation. Ces images ne permettent pas pour autant de réserver O fantasma aux seuls aficionados du genre gay. Rodrigues décrit à la perfection la dérive des sentiments, la déraison prenant le pas sur le quotidien. Personnage peu amène qui grogne et qui mord, Sergio n'est pas seulement l'ombre humaine de son chien, il incarne un fantôme de la nuit. Les dernières minutes, qui privent le spectateur d'une fin attendue, constituent la pièce maîtresse du film. Ces ultimes moments, hantés par la mort, empreints de symbolisme et explosant de poésie brute, valent à eux seuls le détour.

source : Arte Cinéma Trash

> Vendredi 25 juin à 00h30
rediffusion dimanche 27 juin à 03h00

le film est disponible en dvd à la boutique.