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Independenza ! Part 13 : L'Échappée

Avec la découverte d'un réalisateur révolutionaire comme Koji Wakamatsu, nous avons eu envie de proposer des livres revenant sur les tumultes des années 60 et 70 à travers des mouvements citoyens, groupuscules, voire des terroristes des idées. La première salve est édité par L'Échappée - structure associative désirant promouvoir des écrits libertaires - qui a l'heureuse initiative de proposer en français des bouquins passionnants pour approfondir et comprendre les changements sociaux grâce aux combats menés par des femmes et des hommes.
Trois des ouvrages proposés sont issus de la collection "Dans le feu de l'action" dont voici les présentations :

PANTHÈRES NOIRES
Histoire du Black Panther Party


« Si tu me tires dessus, je te tire dessus » est le message que fait passer le Black Panther Party à la police d'Oakland en 1966. S'inscrivant dans la filiation des mouvements d'émancipation noirs aux États-Unis, ses membres passent de la théorie à l'action. Ils représentent le réveil de l'homme noir face aux violences physiques et sociales dont il est victime. Ni intégrationnistes, ni séparatistes, leur objectif est la Révolution. Pour l'atteindre ils mettent en place des actions concrètes contre la pauvreté et l'aliénation des populations noires des ghettos. Face à cet appel à renverser l'ordre établi, loin du folklore dans lequel on a voulu les enfermer, le gouvernement décide d'anéantir les panthères noires. Il utilisera tous les moyens nécessaires. Malgré sa brièveté, cette expérience révolutionnaire reste encore un modèle pour les opprimés du monde entier.

Tom Van Eersel, journaliste et historien, a travaillé deux ans sur le Black Panther Party. De Paris à New York, il a rencontré d'anciennes Panthères noires qui lui ont raconté leurs souvenirs et leurs engagements.

WEATHER UNDERGROUND
Histoire explosive du plus célèbre groupe radical américain
Dan Berger


« Faisons la guerre chez nous ! » est le mot d’ordre lancé par le Weather Underground à la fin des années 1960. Ce groupe d’étudiants issus de la middle class américaine, révoltés par la guerre du Vietnam et galvanisés par les luttes des Black Panthers décide de prendre les armes pour renverser le gouvernement. Leurs attentats contre le Capitole, le Pentagone, le Département d’État, le FBI et leur spectaculaire libération de prison de Timothy Leary, le pape du LSD, les placent en tête des ennemis de l’État. Clandestins, pourchassés de toute part durant dix ans, certains de ses membres finiront par se rendre et resteront de longues années en détention.

Ce livre, fruit d’un travail de recherche minutieux et inédit et de nombreux entretiens avec d’anciens Weathermen, nous plonge dans l’histoire tumultueuse de ce groupe armé révolutionnaire. Il retrace la vie de ses membres, nous décrit leur quotidien de clandestins, détaille leurs objectifs politiques et dévoile leur stratégie militaire. Il porte un regard distancié et parfois critique sur leur action et sur ces années de feu où tout paraissait possible, y comprisune poignée d’activistes déterminés attaque l’impérialisme là où il se croyait invulnérable.

Dan Berger est universitaire et militant politique. Il vit à Philadelphie et a co-édité Letters From Young Activists : Today’s Rebels Speak Out, un ouvrage collectif qui donne une voix à la nouvelle génération de militants Nord-Américains.

LES DIGGERS
Révolution et contre-culture à San Francisco (1966-1968)
Avec un DVD du documentaire Les Diggers de San Francisco d’Alice Gaillard et Céline Deransart.


«EVERYTHING IS FREE, do your own thing».
Automne 1966, c'est avec ce mot d'ordre que les Diggers, un petit groupe de jeunes révoltés issus du théâtre, cherchent à radicaliser les enfants fleurs en train de converger vers San Francisco. Référence faite aux paysans anglais du XVIIe siècle menés par Gerrard Winstanley qui s'étaient appropriés des terres seigneuriales pour les cultiver en commun, les Diggers de San Francisco s'emparent du quartier de Haight Ashbury et y cultivent les graines d'une utopie en acte. Partisans du «théâtre guérilla», ils mettent en scène leur rêve d'une vie Libre et Gratuite, distribuent des repas, ouvrent des magasins gratuits, organisent de gigantesques fêtes..., et réclament la rue comme théâtre de leurs actions politiques critiques, subversives et festives.
Entrés dans la légende de la contre-culture avec le flamboyant roman autobiographique d'Emmett Grogan, Ringolevio, les Diggers ont traversé les années 1960 comme un de ces «orgasmes de l'histoire» qui jaillissent ça et là, aussi intense que court, et pour lequel il est autant question de révolution que de plaisir...

Alice Gaillard est co-auteur du film Les Diggers de San Francisco pour lequel elle a rencontré la plupart des membres du groupe.

PAUL CARPITA
Un cinéaste franc-tireur. Entretiens avec Pascal Tessaud
Préface de Ken Loach | Textes de Dominique Cabrera, Robert Guédiguian et Eric Guirado


Marseillais, fils d'une poissonnière et d'un docker, résistant, instituteur, communiste, Paul Carpita réalise en 1954 son premier long métrage Le Rendez-vous de quais. Il reconstitue la grève mythique des dockers phocéens contre la guerre d'Indochine. Le film frappe par son enracinement dans le réel. Tourné clandestinement avec des acteurs non professionnels et des décors naturels, caméra à l'épaule, il anticipe la Nouvelle vague et est considéré comme l'unique film néo-réaliste français, le chaînon manquant entre Toni de Jean Renoir et A bout de souffle de Jean-Luc Godard.
Lors d'une projection, la police saisit les bobines. Il subira la plus incroyable censure du cinéma français. Pendant 35 ans, Paul Carpita croit son film détruit, il continue son métier d'instituteur tout en tournant de somptueux court-métrages: La récréation, Marseille sans soleil, Graines au vent… Lorsqu'une copie du film ressurgit en 1989, le public découvre une oeuvre extraordinaire qui fera le tour du monde. Il réalise ensuite Les Sables mouvants et Marche et rêve!
Ces passionnants entretiens nous font découvrir l'incroyable parcours et le cheminement artistique de ce cinéaste engagé au regard singulier, défenseur d'un cinéma populaire en phase avec les tourments intimes et sociaux qui agitent notre société.

Après des études de Lettres et cinéma à la faculté de Nanterre, Pascal Tessaud, réalise plusieurs court-métrages de fiction ainsi que le documentaire Slam, ce qui nous brûle. Il produit aussi des documentaires sonores pour l'émission Surpris par la Nuit sur France culture dont Paul Carpita, portrait d'un cinéaste franc-tireur.

source : L'Échappée

Mondo Movies et films cannibales, Reflets dans un oeil mort

Encore une fois, Bazaar & Co montre son indépendance et son courage dans l'édition de bouquin de cinéma en publiant LE livre sur les Mondo Movies et les films de Cannibales. Qui d'autre que Bazaar & Co aurait pu ? Personnellement je ne vois pas ?
Si vous voulez tout savoir sur Mondo Cane et ses suites, sur Cannibal Holocaust, Cannibal Ferox et la crème des cannibales movies, n'attendez plus, jetez-vous sur ce pavé de 370 pages.



Mondo movies et films de cannibales. Deux genres qui n'en sont qu'un, à mi chemin entre le documentaire et le film d'horreur. De Mondo cane (1962) à Cannibal holocaust (1980), plus de vingt ans d'images-choc, de polémiques, de scandales. Un cinéma du XXe siècle, inconnu, mystérieux. Ici, les explorateurs se perdent dans la jungle, fusils et caméras aux poings. Ici, le monde entier est un spectacle et la vie et la mort sont authentiques. Authentiques, vraiment ? Où se termine la réalité et où commence la fiction? De l'Italie à la France, en passant par les États-Unis, une fascinante cinématographie parallèle, véritable panorama de l'étrange. De L'Amérique insolite jusqu'à La France interdite, de Mondo Hollywood jusqu'à Face à la mort, un voyage aux frontières de l'extrême. Reviendrez-vous de ces continents perdus ?

« Les mondo movies et films de cannibales sont deux frères jumeaux issus d’une même matrice. Ils ressortent en fait d’un seul genre que l’on pourrait appeler, un peu à défaut d’autre chose, le docu-horreur. Le principe en est simple : il s’agit de mélanger images prises sur le vif et scènes de fiction dans le but de créer une confusion dans l’esprit du spectateur. Le documentaire, genre associé à la notion de règle déontologique, est détourné au service du sensationnel et de l’image-choc. Les sujets sont toujours les mêmes : la violence, la mort, le retour à un état primitif dégénéré. Les lieux choisis sont lointains afin de satisfaire le désir d’exotisme du public, mais aussi pour établir un contraste entre l’état civilisé (sous-entendu celui du spectateur) et l’état de nature (les indigènes folkloriques).
Et puis bien sûr il y a l’horreur. Les mondo et films de cannibales sont des films d’une violence extrême qui ne reculent devant rien pour choquer le spectateur : tortures, comportements sexuels extrêmes, massacres d’animaux non simulés, exécutions sommaires, le tout aggravé encore par la confusion entretenue sur la nature des images montrées.
Le discours de ces productions est là aussi toujours le même : l’homme est un loup pour l’homme, sa nature est la violence.
Parfois ambiguë dans sa formulation, cette vision du monde est au diapason d’un dispositif cinématographique oscillant en permanence entre dénonciation et complaisance pure et simple. Cinéma d’exploitation par excellence, le docu-horreur est aussi un genre hybride. Il emprunte son langage à la fois au cinéma de genre et à « l’art et essai » et anticipe une rhétorique télévisuelle qui finira par l’achever. Au carrefour de nombreux courants esthétiques, politiques et philosophiques, il jette des ponts entre l’underground et le grand public, abolit la frontière entre le vulgaire et le poétique.
Totalement imprégné des remous d’une période allant du début des années 60 au milieu des années 80, il constitue plusieurs décennies après un fascinant objet cinématographique, le témoignage excentrique d’une histoire secrète du XXe siècle.

Regarder ces films aujourd’hui, c’est plonger son regard dans un miroir déformant dans lequel nous pouvons nous reconnaître ou pas. C’est vivre une expérience qui nous pousse à mobiliser toutes nos facultés critiques, à ressentir dans son intimité une profonde décharge sensitive.
C’est le moindre de ses paradoxes : le docu-horreur, bien que souvent qualifié de morbide, s’avère au final d’une vitalité peu commune.
»

Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud

préface de Boyd Rice.

Sélection dvd pour accompagner la lecture :


> Cannibale Ferox - Umberto Lenzi (1981)

Des étudiants en anthropologie se rendent en Amazonie pour étudier les moeurs des tribus cannibales. Sur place, ils rencontrent Mike et Joe, deux américains trafiquants de diamants et de cocaïne, ayant réduit des indigènes à l’esclavage. A la suite du viol et du meurtre d’une fille de la tribu, les cannibales se révoltent contre leurs tortionnaires. Ces derniers vont être soumis aux pires outrages…

> Emanuelle et les derniers cannibales - Joe d'Amato (1977)

Travaillant dans un hôpital psychiatrique, Emanuelle découvre un étrange signe tribal tatoué sur le ventre d’une jeune fille. Cette dernière pourrait bien avoir été en contact avec une tribue de mangeurs d’hommes, pourtant supposés disparus de la région. Intriguée, Emanuelle décide de se rendre dans la forêt amazonienne pour y percer le mystère. Elle va y découvrir que les cannibales sévissent toujours, avides de chair fraîche et de boyaux fumants…

> Amazonia : L'Esclave blonde - Mario Gariazzo (1985)

Alors qu’elle comparait en justice pour le meurtre de son oncle et de sa tante, Catherine Miles explique à la cour comment le drame s’est déroulé. Passant des vacances en Amazonie, elle et ses parents se sont fait agresser par des indigènes. Evanouie, c’est lorsqu’elle reprend connaissance qu’elle aperçoit ses géniteurs inanimés se faisant trancher la tête par la tribu. Captive, elle devient l’esclave des sauvages et subit toutes les humiliations. Mais, dans son coeur, seul le désir de vengeance subsiste, et les sauvages ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

> Cannibalis : au pays de l'excorcisme - Umberto Lenzi (1972)

John Bradley, un journaliste photographe en voyage dans la jungle thaïlandaise, est capturé par une tribu de cannibales sauvages. Réduit à l’état d’esclave, il subit les pires humiliations comme autant de rites de passage. Bientôt, l’amour que lui porte une jeune sauvageonne, fille du chef du clan, va lui permettre de se faire accepter par la tribu. Très vite le mariage est célébré… Malheureusement, l’attaque d’une tribu rivale rendra sa femme aveugle. Il doit alors faire un choix entre sa vie civilisée et le nouvel homme qu’il est devenu…



> Cannibal Holocaust - Ruggero Deodato (1980)

Une équipe de jeunes reporters à la recherche de cannibals disparaît dans la jungle sud-américaine. Une équipe est envoyé pour tenter de savoir ce qu’il s’est passé. Cette équipe ne récupère que les bobines de films. De retour aux Etats-Unis, le visionnage des bobines va leur apprendre l’effroyable vérité…

et bien sur les Mondo Cane de Prosperi et Jacopetti



Choquant, fascinant, cruel, barbare, ce voyage aux confins de l'horreur ne vous laissera pas indemne. Découvrez la folie et la violence d'un animal monstrueux, véritable aberration de la nature : l'homme. Oserez-vous accepter la vérité de notre monde ?

Inventeur d'un genre à part entière, le "mondo", Mondo Cane fut un choc lors de sa présentation au Festival de Cannes en 1962. Repoussant toutes les limites de ce que l'on peut montrer à l'écran, ce film a marqué le cinéma d'une empreinte indélébile tant que la carrière des réalisateurs en fut marqué à jamais.



Plus de 5 heures de suppléments :

> Cette liberté de Chien (96mn), documentaire relatant le parcours des réalisateurs et l'impact énorme sucité par "Mondo Cane".
> Mal d'Afrique (40mn), analyse du rapport entre les auteurs et l'Afrique,...etc

Édition Limitée et numérotée !

Les trois visages de la... Hammer

Trois nouveaux livres viennent de faire leur apparition à la boutique consacré au mythique studio anglais de la Hammer. Trois thématiques venant illustrer les composantes du succès dans le monde des productions de la Hammer.
Car la Hammer c'était des histoires d'épouvante, d'horreur, de suspense, bref des films pour créer des émotions, interprétés notamment par des actrices aux charmes équivoques emballés dans une imagerie aux couleurs chatoyantes et ce jusqu'aux affiches. Trois livres pour découvrir toute l'histoire de la Hammer et comprendre leur place dans l'histoire du cinéma.

HAMMER GLAMOUR



Over fifty years ago, with the release of The Curse of Frankenstein and Christopher Lees iconic performance in Dracula, Hammer ushered in a whole new era of blood and barely-restrained cleavage in glorious colour, mixing sex and horror with a style and panache that made the small British company world famous.

Bursting at the seams with rare and previously unpublished photographs from Hammers archive and private collections worldwide, and featuring many new interviews, Hammer Glamour is a lavish, full colour celebration of Hammers female stars, including Ingrid Pitt, Martine Beswick, Caroline Munro, Barbara Shelley, Joanna Lumley, Nastassja Kinski, and of course Raquel Welch (who can forget her fur bikini in One Million Years B. C.?).


Fifty years ago, Hammer Films released their first gothic horror movie, The Curse of Frankenstein. The now-legendary British company went on to make such classics as Dracula (and its many sequels), making international stars out of Peter Cushing and Christopher Lee, changing the face of horror cinema, and inspiring a generation of Hollywood filmmakers, including the likes of George Lucas, Martin Scorsese and Tim Burton.

Now, for the first time, Hammer have given their active backing to an authorised history of the company, and have provided unlimited access to their archives.
The Hammer Story provides a film-by-film dissection, dripping with rare promotional material and previously unpublished photographs.


THE AUTHORISED COLLECTION, WITH HUNDREDS OF HAMMER FILM POSTERS FROM AROUND THE WORLD Hammer is almost as well known for the way it promoted its films as for the films themselves. The legendary British production company supported each new release with eye-catching posters that have become classics of their kind. This is the first collection of these iconic posters, with nearly 300 examples drawn from Hammers own archive, and private collections worldwide. Some are well remembered, most are extremely rare. The Art of Hammer is a testament to the companys pioneering mastery of film promotion, and a celebration of movie art at its best.

Koji Wakamatsu, cinéaste de la révolte

Après trois coffrets dvd incontournables, révolutionnaires, érotiques et politiques. Les éditions I.M.H.O propose la biographie signé Wakamatsu himself accompagné de texte de Nagisa Oshima et Jean Baptiste Thoret, en bonus, le film La Femme qui voulait mourir (1970) en dvd. Disponible sur theendstore.com



L’ouvrage retrace le parcours atypique de ce réalisateur controversé et offre des clés de lecture pour comprendre son œuvre. Composé de plusieurs essais et notes de production, ce recueil de textes fait part des réflexions du cinéaste sur l’industrie cinématographique, les mouvements sociaux et la politique. Sa position engagée dans le conflit israélo-palestinien, son regard sur la Corée, sa vision du pinku eiga sont autant de thèmes traités à travers des anecdotes intimes et touchantes. Mêlant humour et poésie, Wakamatsu raconte son enfance, son passé de yakuza et les différentes rencontres qui l’ont amené à devenir le cinéaste de renommée internationale qu’il est aujourd’hui.

Les textes de Wakamatsu sont complétés par un long entretien, un texte inédit du réalisateur Nagisa Oshima et un portrait par le critique de cinéma, Jean-Baptiste Thoret.

INCLUS LE DVD INEDIT DE LA FEMME QUI VOULAIT MOURIR

Réalisé en 1970, le film est célèbre pour avoir été interdit au Japon car il montrait des images du suicide de Mishima. Alors que Mishima vient de se suicider en public, deux couples se rencontrent par hasard dans une auberge, à la campagne : désormais avec des compagnons différents. chacun des protagonistes des deux couples se sont connus il y a des années...

Si vous ne connaissez pas encore Wakamatsu, nous (re)copions le texte de Stéphane De Mesnildot publié à l'occasion de la rétrospective du cinéaste à la Cinémathèque de Paris.

WAKAMATSU OU L’INSURRECTION LYRIQUE

C’est l’enfant terrible du jeune cinéma japonais des années 1960 et 1970. En une quarantaine de titres, la Cinémathèque propose la rétrospective la plus importante jamais consacrée au cinéaste.

Des femmes nues, crucifiées par des yakuzas au pied du mont Fuji. Un étudiant aux mains sanglantes chantant de douces ballades. Un homme brûlé par l’atome, faisant l’amour sous un portrait de Staline. Une adolescente qui éclate de rire sous le soleil avant de sauter du toit d’un immeuble. Et des vierges violentes et des anges violés. Et des anges encore, ceux de la révolution, dont l’orgasme a le pouvoir d’embraser Tokyo. Images folles et bouleversantes qui firent de Koji Wakamatsu le poète révolté du cinéma érotique japonais.

A la fin des années 50, le jeune Wakamatsu passa six mois en prison, ce qui brisa sa carrière de yakuza mais déclencha une nouvelle vocation. Après avoir « découvert combien l’autorité du pouvoir s’exerçait de façon répressive et brutale 1 », le petit truand, qui s’occupait des « autorisations de tournage » dans le quartier de Shinjuku, décida de devenir cinéaste. Le jeune homme choisit comme arme un genre que ni les grands studios ni le gouvernement n’arrivaient encore à contrôler : le cinéma pink. Tournés en quelques jours avec des non-professionnels, ces films érotiques de séries B étaient l’objet de scandales réguliers. Takeshi Tetsuji, le premier donna une dimension ouvertement politique au genre avec Neige noire (1965), qui montrait une femme nue traverser une base militaire américaine et un GI abattu d’une balle dans la tête. Le procès gouvernemental qui s’ensuivit fut l’une des causes célèbres de la liberté d’expression japonaise. Il attira également sur le cinéma pink l’attention des étudiants contestataires. Ceux-ci, qui militaient contre la reconduction perpétuelle de l’AMPO (le traité de sécurité nippo-américain, en fait une humiliante mise sous tutelle), se reconnaissaient dans les films d’Oshima, de Susumu Hani ou Toshio Matsumoto, mais aussi dans la violence et la noirceur du cinéma pink.

Koji Wakamatsu filme d’abord les cauchemars d’une société malade, hantée par les échecs des luttes passées. Dans Les Secrets derrière le mur (1965), un adolescent épie les locataires d’un immeuble des quartiers pauvres. Voyeur et incestueux, le garçon est surtout captif du monde sans espoir légué par ses aînés. La figure du jeune homme impuissant et nihiliste est essentielle chez le cinéaste. L’étudiant de Va, va vierge pour la deuxième fois (1969) est incapable de venir en aide à la jeune fille qui se fait violer et, plus tard, de lui faire l’amour. Seuls le massacre des agresseurs et le suicide leur permettront d’établir une forme de communication.
Si le cinéma de Koji Wakamatsu possède une dimension sadienne, celle-ci réside dans la représentation d’une sexualité appartenant aux puissants et devenant un instrument de pouvoir. Dans Curriculum vitae des relations sexuelles(1964), le cinéaste désigne l’exploitation sexuelle comme une composante du destin prolétaire : l’héroïne passe des mains de la mama-san du bordel à celles du patron de l’usine, qui l’utilise comme « prime » pour ses clients. Dans Quand l’embryon part braconner (1966), le chef de rayon séquestre sa vendeuse et en fait son esclave sexuelle. Comment s’éveiller de ce cauchemar ou, comme le dirait Kenzaburo Oe, comment survivre à notre folie ? La violente radicalisation des groupes d’extrême gauche à la fin des années 60 apporta une réponse à Wakamatsu.

A partir de Quand l’embryon part braconner, Wakamatsu collabore avec le cinéaste et scénariste Masao Adachi. Lié aux mouvements gauchistes et plus tard à l’Armée Rouge Japonaise, Adachi eut une grande influence sur la métamorphose esthétique et politique du cinéma de Wakamatsu. Ayant monté sa propre maison de production, Wakamatsu tourne le moyen métrage Les Anges violés pour les salles d’avant-garde. Ses films suivants appartiendront bien davantage à l’underground et à la nouvelle vague qu’au cinéma pink. A l’intérieur même de la richesse inouïe de la production japonaise des années 60 et 70, Va, va, vierge pour la deuxième fois, La Vierge violente (1969), Sex Jack (1970) et L’Extase des anges(1972) forment une suite de poèmes insurrectionnels incandescents.

S’il s’engage dans une voie poétique et symboliste, le cinéma de Wakamatsu ne relâche pas pour autant ses liens avec le réel. Travaillant hors du vaste clos des studios, Wakamatsu retrouve naturellement les gestes de la Nouvelle Vague française : son cinéma s’écrit au présent, dans les rues de Tokyo, avec la jeunesse qui vagabonde à Shinjuku ou occupe les universités. A la façon des actualités révolutionnaires du collectif Newsreel, il ouvre Shinjuku Mad (1970), Sex Jack et Running on Madness, Dying in Love (1969) sur les affrontements violents de la garde nationale avec les Zenkyotos, les syndicats universitaires de gauche. Les étudiants, public majoritaire des films de Wakamatsu, pouvaient participer à une manifestation et en découvrir peu de temps après les images dans une salle de cinéma pink.

L’énergie de la jeunesse et la colère que lui inspire la répression sont les forces motrices du cinéma de Wakamatsu. Il ne faut cependant pas sous-estimer le plaisir de l’action pure et de l’impact visuel, qui en font le plus eisensteinien des cinéastes japonais. Ainsi les saisissants passages du noir et blanc à la couleur, rejouent, avec un plaisir sans cesse renouvelé, le saut chromatique d’Ivan le terrible. Inclure quelques mètres de pellicule couleur dans un film noir et blanc était bien sûr une convention du cinéma pink, destinée à faire apparaître la chair « rose » des actrices et permettre d’annoncer un film en couleur. Pour Wakamatsu la scène érotique n’est pas la finalité de l’événement coloré. Dans Les Anges violés et Va, va vierge pour la deuxième fois, Wakamatsu filme une plage en bleu monochrome comme un Paradis perdu. Mais les apparitions les plus marquantes portent sur le dévoilement du sang, rouge, vif et théâtralisé, lors des massacres des Anges violés et de Va,va vierge pour la deuxième fois. Dans L’Extase des anges, Wakamatsu ne se contente pas de dégager la couleur du noir et blanc, il libère aussi la musique et la vitesse. Enfin, libération sexuelle et révolution s’accordent puisque la couleur est réservée à la jouissance et aux explosions. C’est d’abord l’intense activité érotique du révolutionnaire Octobre qui embrase la ville.

Réalisant l’équation idéale d’Eisenstein et du Free Jazz, Wakamatsu associe la frénésie du band de Yosuke Yamashita au bond de l’image dans la couleur. Le sang d’une révolutionnaire éclabousse l’écran en une éjaculation écarlate, provoquant un crescendo d’explosions, de corps catapultés dans l’espace, de courses folles dans les rues de Tokyo et de voitures fonçant vers la mort. L’Extase des anges fut comme le dernier rêve des révolutionnaires japonais avant un réveil brutal. La même année, Masao Adachi partit au Liban rejoindre l’Armée Rouge Japonaise engagée auprès des Palestiniens. L’Armée Rouge Unifiée, la branche restée au Japon, se livra quant à elle à une sanglante lutte intestine, multipliant en son sein même les exécutions. Extrêmement médiatisé, le siège des survivants par la police dans le chalet d’Asama fut le tombeau de l’extrême gauche japonaise. Ce naufrage et l’odyssée nihiliste de l’Armée Rouge Unifiée inspirèrent à Koji Wakamatsu United Red Army (2007), qui marqua son retour sur la scène internationale.

Dans ses trois derniers films, Koji Wakamatsu reprend ses thèmes de prédilection. Il s’agit moins d’une récapitulation que d’une mise en perspective historique à travers le portrait de trois générations de Japonais. Après United Red Army, échec de la génération des années 60, Le Soldat Dieu (2010) revient sur la guerre et les mensonges patriotiques.

Wakamatsu dégage une figure primitive du mâle japonais, aussi impressionnante que celle de Quand l’embryon part braconner. Le soldat qui revient du front amputé des quatre membres et dont l’Empereur veut faire un héros, était un tortionnaire et un violeur, et avant cela un bourreau domestique traitant sa femme en esclave. Cette figure masculine,malfaisante et autoritaire, remonte aux origines de la société féodale japonaise.

Les derniers films de Koji Wakamatsu s’attachent à des figures de l’échec, aux monstres de l’impérialisme japonais,aux révolutions ratées et à une jeunesse à qui l’on offre pour seul avenir l’ivresse du consumérisme. Pourtant, si l’on considère la révolution cinématographique qu’a initiée Wakamatsu et qui continue, encore aujourd’hui, d’inspirer les jeunes cinéastes, la réussite est totale.

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1 Jean-Pierre Bouyxou, entretien avec Koji Wakamatsu, Sex Star System n° 14, juin 1977.

source : IMHO

Jean Rollin, MoteurCoupez !

Depuis plus de 50 ans, Jean Rollin continue inlassablement, contre vent et marée, de creuser le même sillion, celui du fantastique. A partir de ses premiers court-métrages dans les années 50 et de son premier long métrage, Le Viol du vampire (1968), Jean Rollin a évolué dans le cinéma français comme une ombre, un fantôme, un mort vivant. Tantôt ignoré, tantôt ridiculisé, Rollin a pourtant su en 18 films proposé une alternative au cinéma de genre français. Une poésie indescriptible avec un ton libertaire, un amour profond pour le genre, le réalisateur français a su construire une œuvre qui aura toujours trouver plus d'écho à l'étranger qu'en France. Une telle combativité force le respect.

Nous sommes heureux de proposer son autobiographie revenant sur sa carrière riche en anecdote et rencontre. Un complément idéal au magnifique coffret dvd édité par Encore dont nous parlions ici



Mémoires d'un cinéaste singulier

En Mai 68 sortait dans quatre salles parisiennes le premier film d'un jeune réalisateur d'à peine 30 ans, Le Viol du vampire. Ce fut un scandale inouï, qui n'est pas oublié aujourd'hui. Jusqu'à son dernier film, La Nuit des horloges (2008), Jean Rollin traîne derrière lui une réputation sulfureuse. On a pu dire avec raison que Jean Rollin est le Clovis Trouille du cinéma ! MoteurCoupez ! est l'histoire de ce cinéaste, auteur d'une trentaine de films, contre vents et marées. Des films de série B des années 1960, un cinéma érotique également mais d'un érotisme particulier et personnel, l'œuvre de Rollin déconcerte. Son histoire, souvent comique quand il relate les problèmes insurmontables qu'il encontre, la hargne avec laquelle la critique s'acharne contre lui, est l'itinéraire de quelqu'un qui se situe résolument en marge du cinéma traditionnel ! Abondamment illustré, ce livre retrace un véritable cinéma d'auteur, proche du surréalisme.

Suivi de trois scénarios de l'auteur, dont L'Itinéraire marin, dialogues de Marguerite Duras.

350 photographies illustrent la toute première rétrospective de l'œuvre de ce cinéaste. Le témoignage essentiel de Jean Rollin livre le vécu d'une figure du cinéma français. Son dernier film, La Nuit des horloges, sera sur les écrans à la fin de l'année 2008.

Coming soon : Hayao Miyazaki, cartographie d'un univers

Le premier ouvrage analytique sur l'œuvre Hayao Miyazaki arrivera en boutique dans quelques jours.


L’œuvre de certains artistes entre de leur vivant dans l’imaginaire collectif. Le mangaka et réalisateur japonais Hayao Miyazaki (Nausicaä, Mon Voisin Totoro, Chihiro, Ponyo…) est l’un d’entre eux. De la Toei aux studios Ghibli, il a imposé, en plus de quarante ans de carrière, une vision singulière et nuancée du monde, de l’homme et de la société. Respectant la volonté de l’auteur de n’être jugé que sur ses créations, cet ouvrage prend le parti d’explorer l’imaginaire de Miyazaki et d’en rechercher la cohérence interne. Grâce à une analyse minutieuse des personnages, motifs et thèmes récurrents, la chronologie de ses œuvres est mise en perspective, tant sur la forme que sur le fond, pour aboutir à une véritable cartographie de son univers, placée sous le signe du voyage initiatique et de la magie intérieure. Une étude qui replace également cette production dans son contexte, non pas historique ou biographique, mais culturel : inspiré tant par sa propre société que par les pays du soleil couchant, Miyazaki se trouve aujourd’hui au cœur d’un dialogue, à la fois textuel et visuel, entre Japon, Europe et États-Unis.

Prolongeant ce jeu de miroirs, Raphaël Colson, essayiste et grand amateur de manga et d’animation, s’est associé à Gaël Régner, fin connaisseur de la langue et de la culture japonaises, pour proposer une approche originale, dans laquelle l’image et le texte participent intimement à l’exploration et au décryptage d’une œuvre au message universel et profondément humaniste.

Keiichi Tanaami, sombre magicien du cinéma électrique



Cette appellation ne vient pas de nous mais du réalisateur Japonnais et homme de théâtre Shuji Terayama (Les Fruits de la Passion [disponible en dvd à la boutique]).

L'éditeur / Boutique Chalet Pointu / Chalet Films a l'excellente idée de publié un livre | dvd sur l'oeuvre de Keiichi Tanaami, illustrateur et réalisateur de film d'animation psychédélique (sous influence de drogues ? aucune réponse de vient argumenter dans ce sens. Ce qui est certain, en revanche, c'est que Tanaami a expérimenté le LSD lors de voyages aux États-Unis, voyages qui lui permirent de rencontrer Andy Warhol à quelques occasions).



"Keiichi Tanaami, sombre magicien du cinéma électrique..."
DVD 14 Films (1975-2009) + Livre 116 pages.

Un Livre-DVD consacré à l’oeuvre animée de Keiichi Tanaami, artiste contemporain japonais considéré comme l’un des représentants du Pop Art nippon les plus doués de sa génération. Les films d’animation de Keiichi Tanaami font se côtoyer souvenirs d’enfance, rêves et fantasmes sur fond de psychédélisme et d’érotisme. Cet ouvrage rassemble 14 de ses meilleurs films ainsi qu'un très beau livre de 116 pages, présentant pour la toute première fois les dessins originaux ayant servi à la réalisation de ces films d’animation.

LES FILMS : Sweet Friday (1975 - 3’20’’) | Why (1975 - 10’) | Memories Hidden in Darkness - Dreams of Various Shades (2000 - 4’05’’) | Scrap Diary (2002 - 4’20’’) | A Gaze in Sunmmer 1.9.4.2 (2002 - 4’) | Chirico (2008 - 4’30’’) | Goldfish Fetish (2002 - 7’45’’) | Fetish Doll (2003 - 4’20’’) | A Portrait of Keiichi Tanaami (2003 - 3’50’’) | 10 Night’s Dreams (2004 - 6’) | The Harmonic Gleam Vibration (2005 - 10’55’’) | Madonna (2005 - 4’15’’) | Puzzle of Autumn (2003 - 4’15’’) | Shunga (2009 - 4’30’’)

BONUS :
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DVD :
Décryptage (Emission Court-Circuit du 18 sept. 2009, ARTE, 6’) :
Helmut Herbst, animateur et spécialiste de l’animation parle du travail de Keiichi iTanaami.
Un après-midi d’été avec Keiichi Tanaami (3 août 2009, 19’) :
Rencontre avec Keiichi Tanaami et visite de son atelier à Tokyo.


LIVRE :
Introduction de Shuji Terayama
Les films commentés par le réalisateur.
Filmographie et biographie de Keiichi Tanaami.





Keiichi Tanaami, psyche delire

Au début des années 50, après une formation au dessin à l'atelier de Kazushi Hara (créateur majeur de mangas de l'après-guerre), puis une incursion dans le milieu des albums illustrés aux côtés du regretté Shigeru Komatsuzaki (Matango) et de Soji Yamakawa (King of Boy), Keiichi Tanaami doit ranger ses ambitions au placard lorsque ses parents, désireux d'une situation "convenable" pour leur fils, l'orientent vers des études de design. Il excelle tant dans le domaine qu'il reçoit, dès la deuxième année, la prestigieuse mention "Japan Advertising Artist Club" de l'Université. Diplôme en poche, Tanaami intègre alors une importante agence de publicité, mais démissionne au terme d'un an, sollicité par de multiples commandes extérieures...

No More War
Les années 60 et 70 lui font alors gagner ses galons d'illustrateur et de graphiste reconnu, alors qu'il participe activement à l'émergence de la culture psychédélique et du pop art japonais, au point d'égaler Tomio Miki et Ushio Shinohara (figure phare du néo-dadaïsme japonais), et de se lier d'amitié avec Robert Rauschenberg (artiste plasticien américain considéré comme fer de lance de expressionnisme abstrait) et Michel Tapié (critique d'art français également musciecien, peintre, sculpteur et théoricien à l'influence internationale) lors d'une visite de ceux-ci au Japon. Parmi les faits significatifs de cette période pour Tanaami figurent la réalisation de pochettes d'albums des groupes rock Monkees ou Jefferson Airplane, de l'affiche pacifiste No More War, ou encore la nommination au poste de directeur artistique de la version nippone de Playboy. C'est en 1969, à l'occasion d'une escale new-yorkaise, que Tanaami découvre la nouvelle scène artistique qui devait activement stimuler son travail, à travers les films expérimentaux de Kenneth Anger ou Andy Warhol, et les BD de Robert Crumb. Son œuvre porte en outre les stigmates d'une existence qui s'apparente à une suite de traumatisme indélébiles : à l'âge de 9 ans, le bombardement de Tokyo durant la Deuxième Guerre mondiale le marque si profondément que l'événement fusionne dans son esprit avec les poissons rouges de son grand père (le reflet de bombes dans les écailles de poissons est un motif récurrent de son œuvre, voir A Gaze in Summer 1942 ou Goldfish Fetish). De même, l'œdème pulmonaire survenu en 1981 le plonge dans un profond coma lui provoquant diverses hallucinations pétries de symboles asiatiques (grues ou éléphants), réemployés par la suite dans son travail.

Scorpio Rising
Fort d'une carrière entamée en 1965, totalisant quelque 60 productions animées et / ou expérimentales, Keichii Tanaami témoigne ainsi d'une démarche radicale dont le travail ne ne souffre pas nécessairement d'ambition narrative, préférant lâcher la bride à des délires excessifs (corps humains déstructurés de Memories Hidden In Darkness) et des transgressions sexuelles (illustrations explicites du Kâma-Sûtra de Shunga). N'hésitant pas à recourir à une esthétique sans concession (combat de boxe pointilliste de Why et à un ton provocateur (la femme pratiquant l'onanisme dans Sweet Friday), l'artiste aborde notamment la thématique sexuelle avec une stimulation - oserons-nous dire une pénétration ? - tout à la fois d'ordre physique et spirituelle, excitant les sens façon grand huit épileptique, tout en situant son travail à mi-chemin des œuvres délurées de Bill Plympton et expérimentales de Norman McLaren... l'auteur ne cachant rien de l'influence de ce dernier : "McLaren a eu une très grande influence sur la réalisation de mes films lorsque j'étais jeune. On peut noter cette influence dans mes anciennes œuvres à partir de son expérimentation sur les films sur pellicule, comme Cannon (1963, pellicule étroitement déplacée pui imprimée), Blinkity Blank (1955, grattage de pellicule), Rythmetic (1956, avec son artificiel). Mais le film qui m'a le plus inspiré a été Scorpio Rising de Kenneth Anger. Après avoir passé du temps dans une fête homosexuelle, les motards gays foncent vers la mort... C'était une image très dure, comme si elle surgissait d'une psyché profonde formée d'un mélange de sexe et de mort. J'aime aussi Sleep and Empire d'Andy Warhol. "Qu'est-ce qu'un film ?" Qu'est ce qu'on y voit ? "...J'ai appris de nombreuses ses choses à aprtir de films qui sont virtuellement sans incidence".

Yellow Submarine
Largement diffusées dans des festivals du monde entier (d'Ottawa à Hiroshima, en passant par des lieux de culture tels le Centre Pompidou ou le MoMA), les œuvres de Tanaami fascinent, interpellent, dérangent parfois. Et influencent une nouvelle génération d'artistes japonais, comme Naohiro Ukawa ou la jeune Tabaïmo. Admiré par ses pairs pour la longévité de son œuvre, reste à savoir comment Tanaami perçoit cette reconnaissance du milieu. "Katsuhika Hokusai, artiste du mouvement Ukiyo-e, est décédé en 1849 à 90 ans. Juste avant sa mort, il a fait cette déclaration : Laissez-moi vivre dix ans ou même cinq ans de plus. Alors je deviendrai un vrai peintre". I lavait plus de 70 ans quand il peignit son œuvre la plus connue, 36 vues du Mont Fuji. La passion et l'obsession d'Hokusai a dit, j'espère devenir un vrai peintre dans cinq ans". Aujourd'hui septuagénaire, Keichii Tanaami expose de nouvelles œuvres qui explorent d'autres formes d'expression telles la sculptures ou le mobilier, et continue d'enseigner l'art et le design à la Kyoto University of Art and Design. On se prend naturellement à rêver d'un seul établissement réunissant les cours actuellemen dispensés à travers le monde par des artistes comme, entre autres, Don Bluth (Brisby), Virgil Widrich (Fast Film) et Keiichi Tanaami, improbable grand écart qui symbolise la richesse protéiforme du cinéma d'animation. A la question, enfin, de savoir si le cinéaste a déjà été tenté par l'expérience d'un long métrage façon Yellow Submarine, l'intéressé répond : "Bien sûr que j'ai été tenté, et j'adore Yellow Submarine. J'ai plusieurs idées et j'aimerais essayer de faire un long métrage si l'opportunité m'en est offert". Allez chiche !


Article de Gersende Bollut paru dans Chronic'art #66, mai 2010 p. 38-41
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L'article a été reproduit dans un but informatif, si la rédaction de la revue ou l'auteur souhaite son retrait, merci d'envoyer un mail à theendstore@gmail(POINT)com



A Portrait of Keiichi Tanaami
envoyé par chaletpointu. -

Le Cinéma enragé au Japon



Initialement prévu chez Bazaar & Co, la seconde édition du livre "Le cinéma enragé au Japon" écrit par Julien Sévéon (Catégorie III, Mad Movies,...) sortira le 19 aout prochain au édition Rouge Profond.

PRÉSENTATION DE L'ÉDITEUR
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Le Cinéma enragé japonais s’éloigne des grandes avenues cinématographiques nippones pour s’intéresser aux productions alternatives et transgressives. Films extrêmes, brûlots révolutionnaires érotiques, œuvres désenchantées (cyber)punk ou productions violentes aux forts relents sociaux, ils sont souvent l’œuvre de cinéastes engagés politiquement, activistes ou libertaires, parfois même hors-la-loi (certains d’entre eux ont frayé avec les yakuzas). Dans un style clair et épuré, Julien Sévéon passe en revue quelques grands noms du cinéma indépendant, souvent déviant. Avec Koji Wakamatsu, Masao Adachi, Sogo Ishii, Katsuya Matsumura, Shinya Tsukamoto, Takahiza Zeze, Hisayasu Sato et ceux qui les entourent, c’est toute l’histoire de la jeunesse nippone des années 1960 à nos jours qui défile. Passionnante initiation pour les néophytes en la matière, et riche source d'informations inédites pour les plus avertis, l’ouvrage parle de cinéma, avec intensité et conviction, mais aussi de la société japonaise. Il est enrichi de nombreuses illustrations (affiches et photogrammes) inédites en France et d’entretiens récents et plus anciens avec des cinéastes chevronnés ou émergents.


352 pages | 410 images noir & blanc et couleur | 24 €

Le sommaire de la première version était le suivant :

Première partie : Le cinéma enragé au Japon
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1. Porno et révolte sociale
2. Sogho Ishii et la déferlante (cyber)punk
3. Gore et ultra-violence, le côté obscur du Japon

Deuxième partie : Entretiens avec quelques cinéastes
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1. Hisayasu Sato
2. Sasaki Yumeka
3. Ian Kerkhof
4. Takahisa Zeze
5. Sogo Ishii

Si le nombre de pages à plus que doublé, on peut croire que Julien Sévéon va conserver certains éléments de cette présentation et apporter quantité de complément dont un long entretien avec Koji Wakamatsu.

Prochainement disponible à la boutique.

en bonus quelque mot de Julien Sévéon sur Koji Wakamatsu lors de Paris Cinéma.


Hommage à Koji Wakamatsu

ZANZIBAR, Les films Zanzibar et les dandys de Mai 1968



PRÉSENTATION DE L'ÉDITEUR
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Réalisés autour de Mai 1968 par une douzaine d'enragés dont le chef de file incontesté est Philippe Garrel, les films Zanzibar relèvent d'une ''innocence sauvage'' qui frappe par sa violence comme par sa lucidité. L'auteure lève le voile sur l'une des expériences les plus surprenantes de l'histoire du cinéma français.

" Les films Zanzibar ont été pour moi l'une des plus grandes découvertes du cinéma français. Aucun cinéphile ne peut les manquer. Ils sont un lien passionnant entre la Nouvelle Vague et l'avant-garde, entre le film poème et le film narratif. Ces films n'ont rien perdu avec le temps, bien au contraire. Ils ont gagné en intensité dans leur vision personnelle, poétique et cinématographique. " Jonas Mekas (2000).


PRÉSENTATION DU GROUPE ZANZIBAR
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Pendant les années soixante, la tension sociale monta jusqu’à atteindre son paroxysme en 1968. Au mois d’avril se tenait le Festival du Jeune Cinéma d’Hyères. C’est à cette occasion que se sont rencontrés les membres qui formeront par la suite le groupe Zanzibar :

-Alain Jouffroy, poète et écrivain, mentor du groupe
-Philippe Garrel, jeune cinéaste prodige, le plus connu du groupe
-Daniel Pommereulle, peintre, membre du parti communiste, réalisateur de deux films et acteur dans des films de Godard et de Rohmer
-Bernadette Lafont, muse de la Nouvelle Vague et actrice des films de Garrel
-Patrick Deval, cinéaste et critique
-Jackie Raynal, très jeune scénariste des films de Rohmer, réalisatrice
-Michel Fournier, chef opérateur des films de Garrel et de presque tous les films Zanzibar

D’autres jeunes gens les ont rejoints à leur retour à Paris pour participer au tournage du premier film répondant à l’appellation Zanzibar. Il s’agissait de Détruisez-vous, de Serge Bard. Alors étudiant à Nanterre en ethnologie, S. Bard prend une caméra pour dénoncer le système universitaire. Ce film sera interprété par la suite comme extrêmement prémonitoire des événements de mai 68.

C’est surtout la rencontre avec Sylvina Boissonnas, qui permit au groupe de réaliser des films. Cette riche héritière séduite par l’esprit de mai 68 et par les projets du groupe Zanzibar finança tous les films (une trentaine entre 1968 et 1970) et même, en 1969, une expédition à travers l’Afrique, vers Zanzibar.
Grâce à ce mécénat, les films Zanzibar sont d’une très grande qualité matérielle : tournés en 35mm, bonne équipe technique…
Ces films, bien que réalisés par de très jeunes gens (entre vingt et trente ans) non professionnels, font tous preuve d’une esthétique très élaborée et très travaillée.

Nourris de la Nouvelle Vague, mais adoptant un rythme beaucoup plus contemplatif, ces films mettent en scène de beaux acteurs, jeunes et brillants pour la plupart issus des milieux de la mode (Zouzou, modèle de Jean Paul Goude, Caroline de Bendern…) ou détournent les acteurs de la Nouvelle Vague (Bernadette Lafont mais aussi Jean-Pierre Léaud, Pierre Clémenti, Laurent Terzieff). Mais l’un des principes de ce groupe était également de tenir des rôles interchangeables sur les tournages, les acteurs comme les techniciens passant à la réalisation et les réalisateurs jouant dans les films des autres au côté des écrivains ou des peintres proches de ce mouvement.
L’autre caractéristique de ces productions est de considérer le film comme un moyen de faire agir le spectateur. Il ne s’agit plus ni de divertissement, ni d’art, il s’agit de faire prendre conscience, de jouer un véritable rôle social. Ils rompent par là la notion de film d’auteur, l’individu s’effaçant derrière le nom du groupe.

La plupart de ces films n’ont existé que le temps d’une projection ou ont été “ perdus ” par les laboratoires. Ce caractère éphémère convenait tout à fait à l’esprit de ce groupe. Les films n’étaient pas faits pour durer, ils étaient en eux-mêmes des actes révolutionnaires. L’exemple le plus frappant est celui du film de Serge Bard : Ici et Maintenant. Il explique ce titre comme faisant référence au contraire du cinéma qui est toujours ailleurs et avant. Ce film par un grand plan-séquence de vingt minutes sur le visage de l’actrice fixant les spectateurs les invitent à (ré)agir.

Ce caractère éphémère a fait qu’après la dissolution du groupe en 1970, il ne restait presque plus de traces de leur travail. Il existe aujourd’hui très peu d’ouvrages sur eux. Après mai 68, beaucoup quittèrent la France, momentanément ou définitivement. Sylvina Boissonas s’engagea dans les mouvements féministes tandis que d’autres comme Caroline de Bendern ou Jackie Raynal allèrent aux Etats-Unis. Parmi les cinéastes seul Philippe Garrel atteint une certaine notoriété. Devenu le symbole du renouvellement de la Nouvelle Vague, il fut assez soutenu par les Cahiers du Cinéma, bien qu’étant à la limite du cinéma narratif.


source : Malavida pour le dvd Le révélateur.

LISTE DES FILMS "ZANZIBAR"
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MARIE POUR MÉMOIRE (Philippe Garrel, 1967)
LE LIT DE LA VIERGE (Philippe Garrel, 1968)
LE RÉVÉLATEUR (Philippe Garrel, 1968)
LA CONCENTRATION (Philippe Garrel, 1968)
DÉTRUISEZ-VOUS (Serge Bard, 1968)
DEUX FOIS (Jackie Raynal, 1968)
HOME MOVIE, AUTOUR DU ‘LIT DE LA VIERGE’ (Frédéric Pardo, 1968)
FUN AND GAMES FOR EVERYONE (Serge Bard, 1968)
ICI ET MAINTENANT (Serge Bard, 1968)
LA RÉVOLUTION N’EST QU’UN DÉBUT. CONTINUONS LE COMBAT (Pierre Clementi, 1968)
CHROMO SUD (Etienne O’Leary, 1968)
UN FILM PORNO (Olivier Mosset, 1968)
ONE MORE TIME (Daniel Pommereulle, 1968)
ÉMET (Claude Martin, 1969)
VITE (Daniel Pommereulle, 1969)
ACÉPHALE (Patrick Deval, 1969)
KEEPING BUSY (Michel Auder, 1969)
L’HOMOGRAPHE (Michel Fournier, 1969)
UN FILM (Sylvina Boissonnas, 1969)

Les films Zanzibar sont en vente sur theendstore.com
Acéphale
Détruisez -Vous
Deux fois
Fun and games for everyone
Le lit de la vierge
Le révélateur

X-Rated : adult movie posters

Pour le mois de juillet THE END a décidé de faire monter la température avec un ouvrage retraçant les plus belles heures des affiches de film érotique et pornographique des années 60 à 70.



Introduction :

Les historiens considèrent que la pornographie moderne est née dans les années 1650. On retrouve des films classés X dès le début du cinéma, à la fin du 19ème siècle. A cette époque, on les appelait "exploitation movies" ou "stag movies", et ils étaient souvent utilisés dans les maisons de passe. Les films "en boucle" montrant des scènes de sexe répétées, étaient projetés pour exciter les spectateurs, de sexe masculin pour la plupart. De nombreuses actrices d'Hollywood, dont Marilyn Monroe, ont touché au cinéma érotique avant d'accéder à la notoriété. De même, des metteurs en scène comme le légendaire Francis Ford Coppola ont souvent travaillé sur des films soft porn au tout début de leur carrière.
Le vingtième siècle fut le théâtre d'une bataille constante entre l'industrie du divertissement et la censure, tout particulièrement pour les films classés X. De la fin des années 50 au milieu des années 70, la plupart des films pour adultes sortant aux États Unis étaient porno ou "stag". Ils étaient produits à l'étranger, souvent en Scandinavie ou en Extreme orient, et beaucoup étaient distribués sous l'étiquette "film d'art" pour tenter d'échapper à la censure.

Les années 1960 et 1970 sont considérées comme l'âge d'or du cinéma pornographique. Durant cette période, les budgets de production ont augmenté, ce qui a permis une amélioration générale de la qualité des films et des scénarios. De grand classiques ont ainsi vu le jour : Gorge Profonde (1972), Derrière la Porte Verte (1972), The Opening of misty Beethoven (1976) et Debbie Does Dallas (1978) furent quelques uns des nombreux grand succès au bo-office et surent séduire même les critiques. Deux films produits en France, Emmanuelle (1974) et Histoire d'O (1975), ont, de par leur succès, également aidé le cinéma porno à accéder à la commercialisation de masse.

Presque toutes les affiches de films X de cette époque furent conçues par des artistes inconnus, à l'exception de celle d'Emmanuelle pour laquelle les distributeurs firent appel au designer Steve Francfurt (p119). Frankfurt était le génie qui se cachait derrière de nombreuses affiches de films et l'auteur d'accroches comptant parmi les plus mémorables du cinéma; on peut ainsi lire sur l'affiche d'Emmanuelle : X was never like this". La pornographie, bien huilée, devenait chic. Pour la première fois, les films étaient montrés dans les cinémas conventionnels et attiraient un public jeune et à la mode; cette évolution a donnée naissance au terme "porno chic".

Un petit nombre de metteurs en scène semblent dominer le genre : Russ Meyer (p116 & 117), Radley Metzger (p107 & 156), Joseph Mawra (p44,45 & 61) et Joseph Sarno (p127 & 133) notamment, des noms devenus légendaires dans cette industrie. Meyer est tout particulièrement renommé pour sa fascination pour les femmes à la poitrine anormalement forte, et l'énorme succès rencontré par ses films laisse supposer que son public partageait cette attirance. Lorna (1964) de Meyer fut le tout premier film de cette catégorie à allier sexe et nudité totale.

C'est à cette époque que les premières grandes stars du cinéma porno ont vu le jour. Marilyn Chambers et John Holmes devinrent connus de tous. Holmes joua dans plus de 200 longs métrages porno et partagea la couche de 10 000 femmes, soit au moins une par jour. Alors que Chambers et Lovelace étaient célèbres pour leurs performances remarquables, Holmes était essentiellement réputé pour ses légendaires 35 cm !

Avec l'introduction du magnétoscope en 1976, le cinéma porno a pu entrer dans l'intimité des foyers. Les films se vendaient très bien, malgré leur prix initialement élevé. Les films classés X représentaient 25 à 40% des ventes de cassettes vidéo à la fin des années 1970, un chiffre remarquable puisqu'ils ne bénéficiaient d'aucune publicité. Les appareils audiovisuels se répandent durant les années 1980 et 1990, les affiches de films devinrent moins imaginatives. Aujourd'hui, pratiquement tous les films pornos sont destinés à être distribués sous la forme de cassettes VHS et DVD, ce qui rend superflues les affiches de films X.

Les affiches de films sont conçues de façon à attirer l'attention, créer un désir et inciter le public cinéphiles à entrer dans les salles de cinéma. C'est sans aucun doute le cas des affiches de films X. Parfois, elles visaient aussi à induire le public en erreur de façon flagrante. Metzger importa des films étrangers tels Day of Sin and Nights of Nymphomania (Mellem Venner - Hollande) (1963) et The Weird Love makers (Kyonetsu No Kisetsu - Japon) (1964) et les commercialisa comme des films américains pour s'assurer qu'ils attiferaient un plus large public. Le graphisme de l'affiche de The Weird Love makers est simple, avec une accroche mystérieuse : "They do everything". De telles affiches promettaient bien plus que le film ne pouvait offrir.

Aujourd'hui, cependant, ces affiches sont une source d'inspiration et d'information très riche pour les designers graphistes et les spécialistes des sciences sociales qui veulent révéler ce qui se passait réellement dans l'intimité des foyers.


Tony Nourmand et Graham Marsh

Au cours des 160 pages, l'amateur des films classé X et érotique retrouva toute l'inventivité des affichistes pour contrecarrer les diverses interdictions.
Des grands noms de l'industrie à d'illustres inconnus, les auteurs (Tony Nourmand et Graham Marsh) dévoileront une esthétique resplendissante aujourd'hui malheureusement disparue pour une catégorie de films toujours marginalisés.
C'est sans compter sur quelque éditeurs cou..courageux sortant le X du circuit traditionnel des sex-shops.

Présentation de quelques affiches de film issue du livre et disponible en dvd à la boutique :





Koji Wakamatsu : la consécration !

Après un premier coffret consacré au cinéaste (engagé et enragé) japonnais, Blaq Out continue son travail avec la sortie, le 6 juillet prochain, du volume 2 qui s'annonce tout autant mémorable.



Au programme de ce volume 2 :

> LA SAISON DE LA TERREUR (1969)

Une véritable bombe à retardement !
A la fin des années 60, au Japon. Deux policiers mettent sur écoute un étudiant soupçonné d’activisme. Mais celui-ci semble se complaire dans l'oisiveté et les plaisirs de la chair, ne quittant son appartement et ses compagnes qu'en de très rares occasions...
Avec LA SAISON DE LA TERREUR, Koji Wakamatsu radicalise encore plus sa manière d’aborder le cinéma pink en épurant sa mise en scène, mais toujours avec la même rigueur et la même virtuosité. L’érotisme et le filmage des corps se fait alors froid et clinique, comme pour mieux coller au comportement de son personnage principal, révolutionnaire repenti se réfugiant dans un mode de vie qu’il fustigeait autrefois. Mais l’inaction peut-elle vraiment annihiler toute pulsion activiste ?

Bonus : préface de Jean-Pierre Bouyxou


> RUNNING IN MADNESS, DYING IN LOVE
(1969)

Le récit d’une passion dévorée par la culpabilité !
Alors que des affrontements ont lieu dans les rues de Tokyo entre manifestants et forces de l’ordre, un jeune activiste se dispute violemment avec son frère policier. En tentant de s’interposer,la femme de ce dernier tue accidentellement son mari...
Bien que prenant toujours pied dans un contexte révolutionnaire, Koji Wakamatsu laisse, le temps d’un film, ses obsessions contestataires pour s’attarder sur le récit d’une passion charnelle, née dans le sang et dévorée peu à peu par la culpabilité. RUNNING IN MADNESS, DYING IN LOVE suit l’errance de ces deux amants sur les routes d’un Japon qui ne peut que rejeter leur relation, traversant les paysages les plus singuliers du pays en quête de pureté et de pardon mais ne faisant que retarder l’échéance d’un amour voué à l’échec.

Bonus : préface de Danielle Arbid


> SEX JACK (1970)

Festival de Cannes 1971 (Quinzaine des Réalisateurs)
Recherchés par la police, un groupe d'étudiants révolutionnaires trouvent refuge dans l'appartement d'un jeune inconnu providentiel. Condamnés à vivre entre quatre murs le temps que les choses se tassent, ils passent leur temps à fumer, boire et faire l'amour.
Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du festival de Cannes en 1971, SEX JACK est un des films les plus marquants qu’ait réalisé Koji Wakamatsu, cinéaste subversif recourant au genre pink pour faire passer des messages politiques. En montrant les limites de l’action collective exacerbées par la logique de fuite et d’attentisme pour laquelle ont opté les membres d’un mouvement contestataire, Wakamatsu semble suggérer que seule la prise de conscience individuelle, affranchie de toutes formes de dépendance, peut mener à la révolution.

Bonus : préface de Gaspar Noé

> L’EXTASE DES ANGES
(1972)

Un pamphlet brûlant et un film (cul)te !
Au début des années 70 au Japon, une faction de jeunes radicaux nommés d’après les différents jours de la semaine tentent de voler des armes sur une base militaire américaine. Mardi, Mercredi et Jeudi sont tués. Lentement, les membres restants réalisent qu’ils ont été trahis par leur propre organisation...
Alors qu’il vient d’achever ARMÉE ROUGE / FPLP : DÉCLARATION DE GUERRE MONDIALE tourné au Liban dans les camps d’entraînement palestiniens, Koji Wakamatsu réalise L’EXTASE DES ANGES, le plus politique de ses films pink, utilisant plus que jamais cette mouvance du cinéma japonais comme une plateforme pour véhiculer des idées subversives. Inspiré de faits réels, le fi lm dissèque l’échec des mouvements révolutionnaires, dont les membres se tournent vers l’anarchisme et les actes Individuels pour parvenir à leurs fins.

Bonus : préface de André S. Labarthe


Les réjouissances ne sont pas finies puisque IMHO a la bonne idée de sortir en novembre 2010, le premier ouvrage français consacré à Koji Wakamatsu.



> Koji Wakamastu, le cinéaste de la révolte.

A l’occasion de la rétrospective à la Cinémathèque française dédiée au cinéaste Koji Wakamastu, les éditions IMHO publieront un livre consacré au cinéaste de la révolte. Essais du réalisateur, entretiens passés et présents, texte inédit de Nagisa Oshima, portrait de l’enfant terrible du cinéma japonais par Jean Baptiste Thoret ainsi que filmographie complète seront autant de points d’entrée dans un cinéma protéiforme et sans concessions.

sortie prévue le 26 novembre 2010.

Comme il est indiqué dans la présentation de l'ouvrage, les parisiens et les plus chanceux pourront découvrir l'intégralité de l'œuvre de Koji Wakamatsu à la cinémathèque de Paris lors d'une grande rétrospective, la première consacré au réalisateur hors du Japon.

Le mois de décembre sera donc l'acmé des "festivités" cinématographique autour de Wakamatsu puisque le troisième coffret chez Blaq Out (Naked Bullet (1969), La vierge violente (1969), Violence sans raison (1969), Shinjuku Mad (1970) et La femme qui voulait mourir (1970)) sortira et le dernier film du cinéaste sera visible en salle le 1 décembre 2010.

Coming soon : Jack Kirby, Dario Argento, Jim Steranko, Zombies !

Quantité de nouveaux livres sont arrivés hier et disponibles dès aujourd'hui. Revu en détail :



Zombies ! de Julien Bétan & Raphaël Colson

Les morts-vivants sont parmi nous ! Cinéma, télévision, littérature et bandes dessinées, musique, jeux vidéo ou mondes virtuels, ils ont progressivement contaminé l’ensemble des supports culturels, inexorablement infecté la surface du globe. En quelques décennies, le zombie s’est imposé comme une figure incontournable de la culture globale, s’adaptant et mutant pour se maintenir sur la ligne d’horizon. Bien plus que de notre chair, c’est de nos peurs qu’il se nourrit, incarnation putride et déshumanisée de l’avenir incertain qui hante nos sociétés.
Julien Bétan et Raphael Colson, deux anciens libraires férus de culture populaire, épaulés par Julien Sévéon, de la revue Mad Movies, ont réalisé cette étude historique et culturelle de ce que Deleuze et Guattari qualifiaient de « seul mythe moderne » : le zombie !




Les apocalypses de Jack Kirby de Harry Morgan & Manuel Hirtz

L’œuvre de Jack Kirby apparaît comme l’une des plus originales des littératures dessinées du XXe siècle, et aussi comme l’une des plus fécondes. Le « King » a marqué de son empreinte, dès les années 1940, tous les genres canoniques du comic book (super-héros, guerre, westerns), dont il est parfois à l’origine (romance comics dans l’immédiate après-guerre). Mais c’est au début des années 1960 que son génie créateur se manifeste de la façon la plus éclatante, puisqu’il crée à lui seul l’univers des Marvel Comics. Au-delà d’un panthéon de personnages, qui font aujourd’hui les beaux jours du cinéma destiné au grand public, Kirby est l’inventeur d’une technique narrative en images qui devint la norme chez Marvel, et dont l’influence s’étendit bien au-delà.
Cet ouvrage présente un parcours critique passionnant de l’œuvre de Jack Kirby. Les auteurs mettent en lumière les relations de cette œuvre avec son environnement et montrent comment Kirby s’approprie et métamorphose des éléments graphiques et scénaristiques tirés de la culture populaire, pour construire son monde fictionnel. Cet examen critique amène à montrer comment le récit dessiné crée sa propre logique, c’est-à-dire comment les contraintes physiques, sémiotiques et éditoriales qui pèsent sur les comic books de Jack Kirby amènent à la création d’un univers singulier. Finalement, les auteurs esquissent la structure de l’univers mythique de Jack Kirby, dans de grandes séries comme The Fantastic Four, Thor et Kamandi, mais aussi dans l’œuvre tardive, dans laquelle les motifs graphiques sont convoqués de façon quasi-abstraite, la logique du mythe se substituant dès lors à la logique du récit feuilletonesque.




Jim Steranko, Tout n'est qu'illusion de Guillaume Laborie.

Affichiste, designer, scénariste et dessinateur de comics, éditeur, prestidigitateur, historien et critique de la bande dessinée et des pulps... Jim Steranko a tout essayé et à chaque reprise il a approché et égalé les plus grands, signant seul ou avec d'autres (Spielberg, Coppola, Bakshi, Ellison...) quelques-unes des plus belles productions du septième et du neuvième art.
L'itinéraire de celui qui est classé parmi les cinq créateurs les plus influents de l'histoire des comic books est aussi un fabuleux voyage à travers quarante ans de culture populaire américaine. De Nick Fury à la mort de Captain America, des paperbacks du Shadow et de G-8, en passant par Dracula, Indiana Jones ou Outland, le parcours de Steranko est aussi exemplaire de l'émergence du statut de l'auteur au sein de la production de masse de la bande dessinée américaine. Avant Frank Miller et Alan Moore, Steranko est le premier artiste des comics qui accède à une véritable aura de pop star. Il est aussi le défenseur-transcripteur permanent des grands mythes de la pop culture, qu'il décode mieux que personne.




CRIME DESIGNER, Dario Argento et le cinéma de Bernard Joisten

Crime designer est un essai sur le cinéaste italien Dario Argento, maître incontesté de la pulsion criminelle. Derrière des films organisés comme des enchantements du drame, se profile une théorie de la mise en scène activée de forces excentriques, mais aussi de clichés tordus. Crime Designer interroge Argento le cinéaste manipulateur de visions ambivalentes, tendues d’érotisme et de tragédie.

Une première partie découpera les thèmes, les scènes, les séquences, selon des ordres et des logiques étrangères au corps des films. Agir à la tronçonneuse et mixer les informations selon des genres, fabriquer des exergues, mettre des accents sur tel ou tel structure, jeu, logique, scénographie. Chasser l’homogénéité des films pour fabriquer des catégories. Dans ce chapitre, on mélange, on invite, on fait jouer le sens dans les circuits de la comparaison. Guy Bourdin, Guy Debord, guimauve et Guy Georges, à qui le tour ? On erre entre les grandes manœuvres théoriques et les petites ondes de l’intuition. Le cliché, la mode, le négatif, le design, la publicité, la lumière, le montage, De Palma, Hooper (Tobe), le vide, la fermeture, l’ouverture, le motif-tableau, les animaux, la dérision, la caméra subjective... Où se trouve Argento, dans ce yoyo théorique, à quel niveau d’assemblage, de ressemblance ou de rupture ? Expliquer sa position, son statut, et le prestige de sa singularité.

Une deuxième partie exposera les films dans leur économie générale. Il s’agit ici de ne pas démonter le matériel pour le garder dans un état de lisibilité facile et fluide. Analyser, c’est détruire, ça relève de la technique des bulldozers qui cherchent des corps dans un jardin de serial killer. On détruit les indices. La deuxième partie restitue ces indices, les place en exergue, les énonce en suivant le chemin des narrations. Ici c’est la mémoire qui travaille, qui surfe sur l’impact des trames, ses zones majeures, ses éléments foudroyants. Il ne s’agit pas de résumer, de raconter la globalité, mais de suivre le parcours des schémas principaux de la machine Argento.

Nouveautés Bazaar & Co : John McTiernan & Julien Duvivier

John McTiernan de Claude Monnier


Predator, Piège de Cristal, A la poursuite d’Octobre Rouge, Le Treizième Guerrier… Autant de titres mythiques qui ont révolutionné le film d’action et influencent le cinéma américain depuis plus de 20 ans.
Derrière ces œuvres puissantes, un homme : John McTiernan.
Grand maître de la caméra, au même titre qu’un Spielberg ou un De Palma, McTiernan a su imposer un style. Mais caché sous la surface du film d’action brillant et haletant, il y a aussi un véritable auteur, littéralement obsédé par des thèmes qui le poursuivent de film en film : l’invasion du territoire, le primitivisme, l’invisibilité, le contact entre civilisations ou encore l’onirisme et la mythologie.


Julien Duvivier, 50 ans de cinéma de Hubert Niogret


Julien Duvivier a longtemps été considéré, notamment hors de France, comme m un des trois plus grands cinéastes français (avec René Clair et Jean Renoir). Effacé m en quelque sorte par l'arrivée de la Nouvelle Vague quand il était à la fin de m sa carrière, son oeuvre imposante numériquement et dans l'ensemble d'un très haut m niveau qualitatif, qui compte des films mythiques (Poil de Carotte, Un carnet S de bal, La Fin du jour, La Bandera, La Belle équipe, Pépé-le-Moko...,ces trois derniers avec un des plus grands acteurs français, Jean Gabin), de très grands succès commerciaux (Golgotha, Toute la ville danse, Le Petit Monde de Don Camillo, Le Retour de Don Camillo) mérite d'être réexaminée avec une attention historique, esthétique, précise et approfondie.
Débutant dans le cinéma muet où il acquiert une grande expérience, il aborde le parlant avec brio et saura parfaitement passer outre les contingences techniques pour délivrer des films passionnants, toujours mis en scène avec passion et tension. Sa virtuosité technique ne saurait cependant cacher des préoccupations, des obsessions qui font aussi de lui un auteur dont l'univers est à découvrir.


Extraits :

L'année 1996 où les Rencontre Cinématographiques de Florence avaient initié une rétrospective Julien Duvivier sous la direction d'Aldo Tassone et l'écriture d'un livre-catalogue dont je partageais la rédaction essentiellement avec Pierre Billard, mais aussi quelques grands défenseurs de Julien Duvivier comme Patrick Brion, Raymond Chirat et quelques autres, a marqué le début d'une reconnaissance du cinéaste. Cette année-là je réalisais un documentaire sur Julien Duvivier ', incluant de nombreux témoignages. Par la suite, la Cinémathèque française a organisé un hommage à Julien Duvivier avant la rétrospective de 2010. Le Festival L'Imagine Ritrovata à Bologne a projeté quelques films muets, Haceldama a été restauré par mes soins à la demande de Bernard Martinand à la Cinémathèque française, te Tourbillon de Paris avait suscité l'enthousiasme de Peter Von Bagh à Bologne, et Au Bonheur des Dames, a été restauré et remis en musique grâce au compositeur canadien Gabriel Thibaudeau.

Comme l'écrivait André Bazin en 1957, les cinéastes qui avaient dominé le cinéma français étaient incontestablement René Clair, Jacques Feyder, Marcel Carné, Julien Duvivier et Jean Renoir. Cette reconnaissance était mondiale puisqu'à l'époque de la fin du muet et du début du parlant Jean-Pierre Léaud er Julien Duvivier jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les films sur le plateau français s'exportaient bien davantage que maintenant, et Julien Duvivier était admiré au Japon, avaient des propositions contractuelles aux États-Unis comme René Clair qui fut d'ailleurs le premier a quitté la France pour l'Angleterre. Aujourd'hui, Jacques Feyder est injustement oublié, René Clair, Jean Renoir ont survécu dans la mémoire du cinéma français, Marcel Carné aussi mais dont le talent est souvent ramené à celui de ses collaborateurs Prévert-Kosma-Trauner.