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Capricci : Albert Serra en dvd

A force de nous abreuver de publications plus intéressantes les unes que les autres, on oublie que le métier premier de Capricci est la production d’œuvre cinématographique. Après avoir distribué en salle puis en dvd, le premier long métrage d'Albert Serra,Honor de cavalleria (2006), Capricci a directement aidé à la production de son second long métrage, Le chant des oiseaux (2009). Sorti en salle en janvier 2009 et auréolé de nombreux prix à travers le monde, Capricci réitère son engagement envers le cinéaste ibérique avec la sortie en dvd (mars/avril 2012) de ce second film, ainsi que du récent El senyor ha fet en mi meravelles traduit littéralement Le Seigneur a fait pour moi des merveilles.


DVD 1 : Le chant des oiseaux (2008)
Les Rois Mages sont en route à la recherche du Sauveur. Ils traversent, un peu au hasard, des déserts de glace, puis de sable. Ils vivent au gré des saisons, en harmonie avec la nature, se nourrissant simplement et dormant à la belle étoile.

"Tourné en Islande, en France et dans les îles Canaries, Le Chant des oiseaux porte l'adoration des mages à l'ère d'Internet, dans un désert mondialisé. C'est un refrain désormais connu, entendu partout, de Shanghaï à Hollywood. Mais les mages ne tirent ici ni puissance ni ivresse de ces bonds intercontinentaux. Au contraire, ils sont lourds, raides ou enflés en toutes circonstances, marchent le dos voutés ou tanguent comme des pingouins, et lorsque se présente la chance d'une séquence aquatique, leur corpulence leur permet tout juste d'agiter l'extrémité de leur membres et de flotter à la surface comme des bouées ou des toons. On les voit parcourir le globe, ils sont taillés pour la sédentarité. Leur langue, leur élocution, leurs traits et leur port sont ceux de la Catalogne profonde. Allongés côté à cote, le simple fait de changer de position paraît nécessiter une force titanesque. évoquant les capes de Star Wars, leurs habits font aussi bien songer à des peignoirs"
Antoine Thirion p.10-11 in Cahiers du Cinéma #641 - janvier 2009

Aussi surprenant que contemplatif, cette "comédie" en déstabilisera plus d'un face à ce film d'où émane par la beauté des images une certaine étrangeté. Son premier long métrage était déjà une relecture des aventures de Don Quichotte et Sancho Pança, ici, point de blasphème, juste une libre interprétation d'un récit.



Le second film, projeté l'été dernier au Festival de Locarno (Suisse), est une commande du musée d'art contemporain de la ville de Barcelone (MACBA) entre Serra et Lisandro Alonso. Le principe était que chacun des cinéastes envoient à l'autre une "correspondance" vidéo. Alonso a réalisé un court métrage d'une trentaine de minutes, Carta para Serra et Albert Serra lui a répondu par un long-métrage de 146 minutes.

DVD 2 : Le Seigneur a fait pour moi des merveilles (2011)
Albert Serra, ses proches collaborateurs et ses acteurs, repèrent des paysages, visitent, débattent, attendent. Ils arpentent La Mancha.

Si nous ne savons que très peu de chose sur ce film, qui se présente comme une comédie, l'adjonction de ce second film est le supplément inattendu qui suffit à réjouir le cinéphile. Pour patienter jusqu'à la sortie du dvd, retour sur Le chant des oiseaux avec un extrait de la note d'intention du réalisateur publiée dans les Cahiers du Cinéma lors de la sortie du film en salle.

La quête des Rois mages...
Qui ne connait pas cette histoire, à la base de la tradition chrétienne ? Trois rois partis pour adorer le Seigneur nouveau-né, guidés simplement par une étoile, chargés des plus somptueux présents... Quel paradoxe, pourtant, quand on songe que leur épopée tient en deux paragraphes dans La Bible. Dans quelle mesure alors ce que nous en savons, ou croyons en savoir, ne relève-t-il pas davantage de notre imagination que du Texte ?
Pour le réalisateur que je suis, tout est donc possible? Impensable trahison de l'Idée ; évident foisonnement d'idées. Le Rois mages en proie aux rigueurs climatiques - la neige, le froid ; la lumière irradiant le sable du désert libyen. Les Rois mages face à des signes difficiles à interpréter : un buisson en feu, un éclair sur un lac. Les Rois mages évoquant des sujets plus matériels : d'où proviennent leurs maux de ventre ? Choisissent-ils avec circonspection les herbes dont ils se nourrissent simplement ? Rois mais hommes avant tout, forcés de vivre en harmonie avec la Nature.
Il n'est pourtant, et naturellement pas question de faire un film verbeux, sensationnel. Il ne s'agit pas de narrer le mythe constitutif mais plutôt de rendre compte de son atmosphère, de sa dimension poétique. Comme dans mon précédent film, Honor de cavalleria, c'est la recherche d'une forme singulière qui m'intéresse.
Je souhaite réaliser Le Chant des oiseaux dans le même esprit, poussant plus loin encore la philosophie de tournage qui a présidé à la production de Honor de cavalleria.
Au niveau technique, d'abord. Le tournage d'Honor de cavalleria m'a convaincu du potentiel qu'offre aujourd'hui le numérique. Tout ce qui est joué par les comédiens est tourné, sans souci de changement d'objectifs, de lumière artificielle, de remplacement de chargeur, de répétitions. Cela est primordial pour travailler avec des acteurs non professionnels. Les aspects techniques ne seront pas négligés pour autant dans ce nouveau projet. Au contraire. Ils seront confiés aux mêmes professionnels (directeurs de la photographie, directeur artistique et technique du son) ainsi qu'au même laboratoire que pour Honor de cavalleria. Nous chercherons à atteindre une image encore plus surprenante, tout en gardant une certaine austérité visuelle.
Je souhaite néanmoins donner au Chant des oiseaux un ton plus empreint de comédie que pour Honor de cavalleria, film sévère, très conceptuel. Le chant des oiseaux offrira, je l'espère, davantage de place à l'inconnu puisque la Bible propose un récit très sommaire de l'épopée des Rois mages. La mise en scène pourra être plus extravagante dans ce projet que dans le précédent - même s'il est difficile de rendre compatibles ces deux tons si divergents, le mythique et l'humoristique. C'est aussi en cela que l'on pourra juger de la réussite du projet.


Albert Serra - p.13

Prix : 25 euro

Mondo Hollywood : un mondo culte !

Disponible en dvd depuis 2008 chez l'excellent éditeur Chalet Pointu, Mondo Hollywood (1967) est un mondo devenu culte par son interdiction (temporaire) en France comme en Californie. Son côté sulfureux vient également des apparitions de Bobby Beausoleil, bien connu des admirateurs de Kenneth Anger ou de Charles Manson et de tous un tas de freaks comme de vedette de cinéma, et ce, pendant plus de 120 minutes psychédéliques. L'évocation de ce dvd, nous permet également de rappeler l'existence de l'(excellent) ouvrage de Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud, Mondo Movies et films cannibales, Reflets dans un œil mort, indispensable pour quiconque s’intéresse à ce phénomène aujourd'hui disparu (quoique, on retrouve dans certains shows de télé-réalité ou certaines émissions des réminiscences des Mondo qui jadis faisaient scandales, là, où aujourd'hui cela est anecdotique) et sur l'évolution des mœurs à travers le monde.


Tourné entre 1965 et 1967, ce documentaire underground est un film culte sur le Hollywood des années 60 : acteurs, sportifs, LSD gourous, hippies, musiciens, danseuses, travestis...Considéré comme une "prophétie bizarre" par la critique, un film "pro-communiste" pour la CIA, "donnant une image trop flatteuse du capitalisme, trop de voitures et de piscines" pour les communistes, interdit en 1968 en France pour apologie de perversités, incluant la drogue et l'homosexualité, ce film est un témoignage dune société en pleine mutation morale. Avec des apparitions de Frank Zappa, Sean Connery, Brigitte Bardot, Alfred Hitchcock, Ronald Reagan... mais aussi Bobby Beausoleil, membre de la "Manson family" (aujourd'hui en prison pour meurtre) et Jay Sebring coiffeur des stars, victime de Charles Manson.

Supplément : interview de Robert Carl Cohen (80mn)

En bonus, THE END vous propose (dans un but informatif et pour la promotion de l'ouvrage) la chronique de Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud extraite de Mondo Movies et films de Cannibales.


Mondo Hollywood (1967) de Robert Carl Cohen est un (autre) objet cinématographique non identifié mais dont le montage survitaminé et le psychédélisme jubilatoire en font un témoignage passionnant et unique sur les États-Unis des années 60, même si son action se déroule exclusivement à Hollywood.

Robert Carl Cohen commence dans le documentaire à la fin des années cinquante et après avoir filmé la Chine, l'Allemagne ou Cuba, il se décide avec ce projet d'enfin retourner vers ses origines et d'aller à la recherche des personnalités les plus excentriques du lieu où il a grandi. Il part d'un principe simple : il y mettrait tous les êtres les plus hors normes et les plus insolites qu'il rencontrera et leur fera narrer leurs propres scènes, dans un principe de volontariat et de liberté d'expression. Personne ne sera payé, aucune ligne de dialogue n'est écrite, et Cohen, lui, se charge de monter tout ce qu'il récoltera sur bobines.

Muni d'une camera 24 heures sur 24, il se fait le témoin de ce Hollywood de la fin des années soixante, excentrique, tourné vers la culture surf et les acides. Le tournage commence en septembre 1965 et dure jusqu'en mai de l'année 1967 mais, comme il le stipule lui-même dans un entretien avec Don Wrege, son attitude diffère de celle de Jacopetti lorsqu'il fit Mondo Cane : "J'ai fait de mon mieux pour capturer l'esprit de la ville à cette époque, un esprit qui n'existe plus. Hollywood est très différente aujourd'hui. Je n'ai pas essayé d'aller chercher ce que vous appelleriez "l'obscène". Mondo Cane fut le premier à utiliser le spectacle Mondo aux Etats-Unis.[...] J'ai donc essayé de montrer le monde Hollywoodien, alors que dans Mondo Cane , ils recherchaient le sensationnel. Je n'essayais pas de rendre Hollywood sensationnel, elle l'était déjà assez !".

Il n'a pas besoin d'aller chercher l'insolite, l'insolite est partout à Hollywood. De plus, en se faisant passer pour un journaliste de la chaine Monte Carlo TV (qui n'a d'ailleurs jamais existé), il a pu avoir accès à des séances exceptionnelles et on trouve dans son film de nombreuses personnalités : d'Alfred Hitchcock à la Reine Elizabeth, de Frank Sinatra à Brigitte Bardot, de Dean Martin à Robert Mitchum, de Telly Savalas au couple Elizabeth Taylor/Richard Burton, de Michael Caine à Anthony Quinn, de Jayne Mansfield à Charlton Heston, de Steve McQueen à Rock Hudson, etc. Plusieurs séquences font aujourd'hui partie de l'histoire comme la conférence de presse de Ronald Reagan, sans parler de la présence de Frank Zappa avant même qu'il ait sorti son premier album. En effet, comme dans tous les autres Mondo Movies américains de cette époque, la musique y est un élément majeur, assuré ici par des formations qui allaient par la suite devenir cultes comme Davie Allan & the Arrow ou The Mugwumps et d'autres noms comme The Raphaels. Il faut savoir que les personnalités choisies pour figurer dans le film ont-elles mêmes par moment assuré les chants et les parties musicales des épisodes les concernant.

Dans sa sélection, Robert Carl Cohen avait appliqué trois critères qu'il a suivi à la lettre : que ce soit quelque chose qui représente totalement Hollywood, son rêve et ses illusion, que la personne choisie soit inhabituelle et fantasque, et qu'elle soit dans le rêve Hollywodien. Il a donc retenu en vrac et entre autres Gypsy Boots, un écolo déjanté, Lewis Beach marvin III, un millionnaire qui vit avec un singe et so nchien, margaretta Ramsey, une actrice, Vito, un musicien hippy excentrique, Mr & Mrs White, un couple aisé, Dale E. Davis, un surfeur, Valérie Porter, une ancienne actrice de films de série B, Estella Scott, une femme de ménage, Sheryl Carson, une esthéticienne, Carol Cole, la fille de Nat King Cole, Richard Alpert, un psychologue, Helen White, une star du cinéma muet, ainsi que des sportifs, go-go danseuses, travestis ou accros aux amphétamines.

Comme d'autres films de l'époque, tel Medium Cool par exemple, il faut recadrer cette œuvre dans son contexte et dans les bouleversements qui déchiraient les États-Unis à ce moment-là : les manifestations anti-Vietnam, le mouvement des droits civiques, l’émergence très forte de la contre-culture avant qu'elle ne montre sa face la plus sombre. Il est d'ailleurs à noter que Bobby Beausoleil, un des personnages du film, a travaillé pour Kenneth Anger avant de commettre des crimes avec les disciples de Charles Manson et d'être incarcéré à vie. On y retrouve aussi un coiffeur, Jay Sebring, qui fut assassiné par la bande de Manson.
Mais ceux qui attendent de voir un Mondo dans la lignée italienne, avec des scènes terribles, seront décontenancés car il ne demeure ici qu'un désir de faire un cinéma libre, sans tabous, sans interdit. Du coup, les censeurs critiqueront le fait que, selon eux, le film fait l'apologie de la drogue mais, comme Cohen le dit lui-même, ce n'est pas sa faute si "à n'importe quel endroit où je mettais la caméra, la culture de la drogue était présente". Des éléments très Mondo demeurent néanmoins : en pur héritier du plan choc à la Jacopetti, Cohen passe de culturiste leveurs de poids à une femme qui coupe une tranche de viande. S'ajoutent des scènes de foules, des matches de foot ressemblant à des grandes messes nazies, des cracheurs de feu et un goût pour les freaks, une visite d'un musée du sexe, une évocation des sexualités taboues, etc. Le montage, quant à lui se délecte dans le gros plan et les effets psychédéliques.

En 1968, le film fut invité pour ouvrir le Festival du film d'Avignon, le ministère de l'information interdira instamment le film pour des raisons qui semblent bien absurdes aujourd'hui : "Apologie d'un certain nombre de perversités, parmi lesquelles les drogues et homosexualité... Un danger pour la santé mentale du public par son agression visuelle et la psychologie de son montage". Trois années plus tard, en 1971, le ministère français de la Culture enlèvera l'interdiction " en raison des changements profonds" apportés au film. Rien ne fut changé mais Mondo Hollywood gardera une réputation sulfureuse, notamment en Californie où il fut interdit deux fois et accusé de "pornographie".


Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud in Mondo Movies et films cannibales, Reflets dans un oeil mort (2010) page 67 à 70.

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Mondo Movies et les films de cannibales. Reflets dans œil mort de Sébastien Gayraud et Maxime la chaud. Mondo movies et films de cannibales. Deux genres qui n'en sont qu'un, à mi chemin entre le documentaire et le film d'horreur. De Mondo cane (1962) à Cannibal holocaust (1980), plus de vingt ans d'images-choc, de polémiques, de scandales. Un cinéma du XXe siècle, inconnu, mystérieux. Ici, les explorateurs se perdent dans la jungle, fusils et caméras aux poings. Ici, le monde entier est un spectacle et la vie et la mort sont authentiques. Authentiques, vraiment ? Où se termine la réalité et où commence la fiction? De l'Italie à la France, en passant par les États-Unis, une fascinante cinématographie parallèle, véritable panorama de l'étrange. De L'Amérique insolite jusqu'à La France interdite, de Mondo Hollywood jusqu'à Face à la mort, un voyage aux frontières de l'extrême. Reviendrez-vous de ces continents perdus ? - 368 pages, 30 euros. Disponible auprès de THE END (à commander à theendstore@gmai(POINT)com

John Carpenter, le retour

Plus de 10 après son dernier long métrage (Ghost of Mars, 2001), John Carpenter fait son grand retour, non pas en salle mais directement en dvd/blu-ray avec The Ward, l’hôpital de la terreur.


En 1966, dans l’Oregon, Kristen est arrêtée par la police après avoir mis le feu à une ferme. Murée dans un état de stupeur, le corps couvert d’ecchymoses et incapable d’avoir le moindre souvenir de ce qu’il s’est passé, Kristen est enfermée dans un hôpital psychiatrique pour jeunes filles. Au sein de l’institution, les autres détenues : Emily, Sarah, Zoey et Iris, vivent toutes dans la terreur d’un fantôme qui aurait été vu la nuit dans les couloirs. Kristen, qui est bien décidée à s’échapper, n’y prête aucune attention mais va bientôt comprendre que la créature qui hante l’institution détient peut-être la clé pour comprendre son passé…

Bonus :
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> Commentaires audio de John Carpenter et Jared Harris (VOST)
> Les coulisses du film



C'est probablement du aux mauvais échos lors de festivals qui a freiner les distributeurs français pour une exploitation salle. Heureusement les fanatiques de Big John ont pu découvrir le film durant la première édition du PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival). THE END était présent mais à délibérément fait l'impasse sur le film pour ne pas définitivement enterré le réalisateur de Prince des Ténèbres et de Assaut sur le central 13, aujourd'hui nous regrettons...
Édité par Metropolitan Filmexport, le label a la riche idée de ressortir le même mois (février 2012) le premier film de John Carpenter, le cultisme Assaut.


Dans un commissariat isolé, où téléphone et électricité ont été coupés, un groupe de policiers se retrouve sous l’assaut d’un gang de rue de Los Angeles. Afin de s’en sortir, Ethan Bishop, lieutenant de police, doit demander l’aide des prisonniers détenus au poste.

Bonus :
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> Commentaire audio de John Carpenter
> L'histoire du film (16 mins)
> Piste séparée avec la bande originale
> 2 spots radio
> Bande-annonce



Le bonus THE END, quelques extraits du livre John Carpenter par John Carpenter de Gilles Boulenger jamais sorti en librairie mais jadis disponible dans l'édition collector limitée de Ghost of Mars.

Comment avez-vous rencontré Joseph Kaufman et J. Stein Kaplan, les producteurs du film ?
J. Stein Kaplan était un ami de l'USC, et il avait rencontré Joseph Kaufman lors d'un séjour à Philadelphie. je devais réaliser eyes avec le duo Kaplan/Kaufman comme producteurs, mais Jon peter et la Colombia ont voulu acheter le projet. J'ai donc écrit Assaut pour le tandem Kaplan/Kaufman en remplacement de Eyes.

Sont-ils intervenus durant le tournage ? Ou aviez-vous une totale liberté ?
J'ai eu une liberté totale. Mes seules limites étaient d'ordre budgétaire.

Comment s'est fait le distribution des rôles ? Sur quels critères ?
Darwin Joston était un ami. Un voisin, en fait. C'était l'époque où je vivais sur les collines de Hollywood, près de l'endroit où a été tourné l'Invasion des profanateurs de sépultures [de Don Siegel, 1956]. J'avais vu Austin Stocker dans Abby et Sheba Baby, deux films de blaxploitation. Nancy Loomis était la petite amie de Tommy Lee Wallace,, mon producteur exécutif. henry Brandon [qui jouait Scar dans La Prisonnière du désert, Ndr] était assez âgé à l'époque et était plus qu'heureux de se retrouver dans Assaut. J'ai choisi Laurie Zimmer et tout le reste de la distribution après des essais libres. A mes débuts, je choisissais les comédiens sur des critères simples : leur aptitude à la comédie et leur tempérament bon enfant. On ne payait pas beaucoup, alors il fallait que tout se passe pour le mieux.

La manière dont le film est structuré reste assez unique dans votre œuvre. Vous installez quatre actions différentes, puis vous les reliez entre elles.
Je voulais montrer le caractère inéluctable d'événements dus au hasard qui, en s’entremêlant, finissent par provoquer une situation qui n'aurait jamais eu lieu dans d'autres circonstances. C'était le biais que j'avais trouvé pour surmonter le caractère invraisemblable de l'idée du siège. Le film terminé, je me rappelle avoir lu un article sur un commissariat, Fort Apache, à New York, qui subissait les attaques constantes des habitants du quartier. J'ai alors réalisé que l'idée de base de Assaut n'était pas aussi ridicule et mélodramatique que j'avais pu l'imaginer.

Autre ouvrage consacré à John Carpenter paru lui en librairie mais aujourd'hui épuisé, Mythes et Masques : les fantômes de John Carpenter de Luc Lagier et Jean-Baptiste Thoret retrace film après film la carrière de ce grand cinéaste du fantastique. Extrait :

"Au milieu des années soixante-dix, la tendance du cinéma américain est l'atomisation des formes de narration classiques. dans les films de Tobe Hooper, Georges Romero ou encore Wes Craven, la caméra se déchaine et tente de restituer une réalité déconstruite par le cauchemar du Vietnam. Si Dark Star (1974) ne déroge pas à cette veine chaotique et désabusée, Assaut (que l'on peut considérer comme le premier "vrai" film de Carpenter) travaille une forme qui, en apparence seulement, confine à l'ultra classicisme. Mais derrière sa facture faussement désuète de série B révérencieuse, Assaut dissimule en ébullition, subtilement masqué par la rigueur des cadrages (l'utilisation du cinémascope renforce cette sensation d'ordre) et celle du récit, très respectueux des règles de la tragédie classique (unité de lieu, de temps et d'action). Dans le dispositif fantastique du film, ce travail sur la surface est essentiel : il a pour fonction de charger au maximum la vraisemblance de l'histoire et de forger une réalité opaque. Lorsqu'il se déclenchera, le siège apparaitra ainsi littéralement incroyable aux yeux des spectateurs, comme à ceux des protagonistes. "Le Fantastique ne se conçoit que par rapport à une norme" écrit Charles Grivel, et l'effet fantastique produit sera d'autant plus efficace que cette norme aura d'abord paru inébranlable. L'originalité d'Assaut réside donc dans sa double capacité à construire une surface ordonné et sûre, et de procurer dans le même temps, une sourde impression de chaos"

Melville, l'homme au Stetson

Alors que la sortie événement en dvd / bluray collector du film Le Samouraï (1967) fait des remous sur internet (dvdclassik) et dans la presse (Cahiers du Cinéma) et ce, en partie dû à une qualité d'image quelque peu approximative en comparaison au Criterion, voire au René Chateau, l'éditeur Sonatine annonce la sortie d'un ouvrage consacré au maitre du polar, Jean-Pierre Melville.


Présentation de l'éditeur :
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Été comme hiver, Jean-Pierre Melville arborait invariablement un Stetson et des Ray-Ban. Le cinéaste du Samouraï et du Cercle rouge n’a jamais cessé d’entretenir sa légende.

Mais qui était vraiment ce styliste hors pair dont les treize longs-métrages continuent d’influencer des cinéastes aussi divers que Quentin Tarantino ou John Woo ? Un visionnaire qui a préfiguré la nouvelle vague en s’affranchissant des règles traditionnelles et en créant ses propres studios ? Un réalisateur tellement maniaque qu’il n’hésitait pas à se brouiller avec ses stars ? Un homme à jamais marqué par son passage dans la Résistance ?

À travers une enquête qui l’a conduit à rencontrer une quarantaine de proches et à découvrir des documents jusque-là classés « Confidentiel » dans les archives de la France combattante, Bertrand Tessier reconstitue le parcours d’un homme aussi complexe que génial tout en faisant revivre une époque : celle du grand polar à la française.


L'auteur
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Bertrand Tessier est journaliste, auteur et réalisateur. Il a signé des documentaires sur Romy Schneider et Patrick Dewaere et publié des biographies de Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et Romy Schneider.

source : Sonatine

A noter que l'ouvrage Riffs pour Melville que nous évoquions ici est toujours disponible auprès de nous.

Jean Rouch : 3 nouveaux dvd

L’œuvre de Jean Rouch (1917-2004) parait gargantuesque et en perpétuelle redécouverte. Le cinéphile devra attendre très longtemps avant de pouvoir revoir certains films du cinéaste ethnographe tant la restauration prend du temps face à une filmographie considérable. Les Éditions Montparnasse ont déjà proposé à travers diverses sorties un large spectre de son travail, notamment celui consacré à l'Afrique mais ces deux nouveaux titres prouvent que d'autres long-métrages documentaires sont encore à redécouvrir.

Chroniques d'un été / Edgar Morin et Jean Rouch (1960)

Paris 1960. Alors que la guerre fait rage en Algérie et que le Congo lutte pour son indépendance, Edgar Marin, sociologue, et Jean Rouch vont enquêter sur la vie quotidienne de jeunes parisiens pour tenter de comprendre leur conception du bonheur…

La version proposé ici est de 90 minutes. A l'origine le bout à bout fait par Morin et Rouch était de 4 heures, une durée déjà réduite puisque se sont pas moins de 20 heures qui ont été tourné. Dans un article des Cahiers du Cinéma, il a été évoqué que ces 20 heures soient proposés sous forme d'épisodes pour mieux rendre l'aspect prise de vue du quotidien parisien. Malheureusement cela ne semble plus d'actualité...

Passons au second titre à sortir au mois de mars 2012 qui fait partie des derniers travaux de Jean Rouch.

Madame l'eau (1993)

A la recherche de solutions pour lutter contre la sécheresse, Lam, Damouré et Tallou partent en Hollande, le pays de l’eau et des moulins. Ils ramènent dans leurs bagages un ingénieur néerlandais et le moulin démontable dont il est l’inventeur.

Nous ne savons que très peu de choses sur ce film qui fait partie des très nombreuses "ethnofiction" du cinéaste. Le film a reçu le Prix de la Paix à Berlin en 1993. A noter que le tournage de Madame l'eau a fait l'objet d'un autre film Rouch's gang (1998) signé Steef Meyknecht, Dirk Nijland et Joost Verhey.

Finissons par un documentaire de 52 minutes de Philippe Costantini sur l'hommage de Jean Rouch à Germaine Dieterlen, ethnologue de renom disparu en 1999, qui eut droit à un enterrement Dogon au Mali. Le film fait également figure de testament puisque Jean Rouch restera définitivement au Mali où il s’éteindra quelques semaines plus tard, le 18 février 2004.


Présentation de l'éditeur :
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En décembre 2003, Jean Rouch se rend au Mali, en pays dogon. Depuis la mort de Germaine Dieterlen avec qui il tourna les cérémonies du Sigui et plusieurs films sur les rituels funéraires, Jean Rouch souhaitait ardemment que des funérailles traditionnelles lui soient célébrées comme ce fut le cas pour Marcel Griaule (chef de la mission Dakar - Djibouti en 1931) qui révéla le peuple Dogon. Jean Rouch, fils spirituel de Marcel Griaule, retrouve ainsi à Sangha les fils des informateurs avec qui Germaine et lui travaillèrent tout au long de ces années de tournage et de recherche. Il évoque avec eux le souvenir de cette relation singulière établie par Marcel Griaule et poursuivie soixante ans durant par celle que les Dogons appellent “Madame l'Éternelle”. Fidèles au souhait de Jean Rouch, disparu brutalement avant la cérémonie prévue, les Dogons rendent leur hommage en inhumant un mannequin dans une grotte funéraire et élèvent ainsi cette grande dame au rang d'ancêtre.

“Ce devait être la cérémonie funéraire pour Germaine Dieterlen, ce fut aussi un peu celle de Jean Rouch (...). C'est ce moment étrange de passation des savoirs, cet adieu aux Dogons et à lui-même, que le film a saisi (...). Un bel hommage du village à celle qui était pour eux Yassiguiné, la soeur des masques. Pas seulement une ethnologue, une initiée donc, tout comme Rouch. Après leur départ, les Dogons n'ont pas seulement la mémoire de leurs dialogues avec Germaine, de leurs tournages avec Jean Rouch, ils ont aussi les photos de Germaine et de Jean. Et les films.” (Libération).

Les Introuvables : Lang, De Toth, LeRoy

Voilà bientôt 10 ans que Wild Side à travers sa collection "Les Introuvables" comble le cinéphile comme l'amoureux d'un cinéma tombé dans l'oubli. Avant l'arrivée du dvd et de Wild Side, le seul moyen de (re)voir certains films étaient d'espérer un passage télévisé (cable, satellite ou hertzien) ou lors d'un festival ou d'une rétrospective. Autant dire une probabilité plus que hasardeuse. Aujourd'hui avec internet et le raccourcissement des distances, quantités de long-métrages sont aujourd’hui accessibles. Espérons que cela continue encore et toujours, de quelque manières que se soient...

Les trois prochains titres sont déjà connus depuis le début du mois de décembre via dvdclassik et 1kult mais nous vous proposons le visuel de ces trois films américains signés Fritz Lang (dont une rétrospective est en cours à la Cinémathèque de Paris), André De Toth et Mervyn LeRoy. Tous les trois ont déjà eu l'honneur de précédentes éditions, ce qui marque une certaine fidélité de la part de Wild Side envers ces cinéastes.

Désirs humains [Human Desires](1954)

Carl Buckley (Broderick Crawford) tue l’amant de sa femme Vicki (Gloria Grahame). Témoin de la scène, elle avoue le meurtre à Jeff Warren (Glenn Ford), un collègue de Carl. Pour ne pas compromettre Vicky dont il s‘est épris, Jeff garde le silence. Les amants décident alors de tuer le mari…
Inédit en DVD, ce drame social magistral est un des grands classiques du maître Fritz Lang. Inspiré de La Bête humaine de Zola, ce bijou de réalisation met en scène Glenn Ford (Gilda, La Vallée de la poudre), Gloria Grahame (Feux croisés, Les Ensorcelées) et Broderick Crawford (Les Fous du roi, Les Gens de la nuit).

Bonus : La loi des Désirs, entretien avec Bernard Eisenschitz (13mn)

La Valse dans l'ombre (Édition Collector [Waterloo Bridge] (1940)

Londres, 1917. Myra tombe amoureuse de Roy, un officier, sur le pont de Waterloo pendant un raid aérien. Plus tard, l’armée annoncera qu’il est tombé sous le feu de l’ennemi. Le cœur brisé, Myra sombre dans la prostitution. Mais parfois l’histoire se répète…
Merveille de réalisation à la sublime photographie, LA VALSE DANS L'OMBRE met en scène les stars Vivien Leigh (Autant en emporte le vent, Un tramway nommé désir et Robert Taylor (Ivanhoé, Libre comme le vent) dans une inoubliable histoire d'amour. Un trésor enfin édité, accompagné de la 1ère version du film, réalisée par James Whale (Frankenstein, la Fiancée de Frankenstein) en 1931.

Bonus : Waterloo Bridge : un pont entre deux rêves, entretien avec Olivier-René VEILLON (13mn) + Waterloo Bridge (1931) - 78 minutes - avec : Mae Clarke, Douglass, Montgomery, Doris Lloyd, Frederick Kerr, Enid Bennett, Bette Davis.

Femme de feu [Ramrod] (1947)

Connie Dickason refuse d’obéir à son père Ben qui souhaite la marier à Frank Ivey, un rancher très puissant, autoritaire et irascible. Pour tenir tête à ce dernier, elle engage Dave Nash…
Œuvre rare du grand André DeToth, FEMME DE FEU (Ramrod) est une pépite magistralement réalisée. Le film rassemble Joel McCrea (Buffalo Bill, Coups de feu dans la sierra) et la star Véronica Lake (pour son unique western) dans un rôle savoureux de lady manipulatrice et indépendante.

Bonus : Western noir pour femme de feu : entretien avec Bertrand Tavernier (26mn)

source : Wild Side

Black Power Revolution : cinéma & dvd

L'un des privilèges de vivre à Paris est de ne rater aucun film, ou presque. Sorti le 16 novembre 2011, le film documentaire suédois Black Power Mixtape 1967-1975 est toujours à l'affiche de quatre salles parisiennes. Croisons les doigts pour que le film fasse le tour de France et qu'une salle niçoise est la bonne idée de projeter ce documentaire retraçant l'évolution de la condition des noirs aux USA durant les années 60 et 70 et de leur combat.


Extraits du dossier de presse :
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The Black Power Mixtape est un documentaire d’archives axé sur la musique qui examine l’évolution du mouvement « Black Power » dans la communauté afro-américaine ainsi que sa diaspora entre 1967 et 1975. Combinant de surprenantes images inédites tournées en 16mm, reposant dans les caves de la télévision suédoise depuis 30 ans, avec des entretiens audio contemporains d’artistes, d’activistes, de musiciens et d’érudits afro-américains majeurs, le film observe les gens, leur culture et leur style au sein d’une société en changement. Utilisant un format novateur qui colle au format populaire des années 1970, The Black Power Mixtape est un voyage cinématographique et musical au sein des ghettos américains.
A la fin des années 1960 et au début des années 1970, l’intérêt des suédois pour le mouvement contre la guerre et pour celui des droits civiques aux Etats-Unis a atteint un sommet. En combinant engagement et naïveté, les réalisateurs suédois ont traversé l’Atlantique afin d’explorer le mouvement « Black Power », qui était tantôt ignoré, tantôt dépeint par les médias américains comme un mouvement naissant, terroriste et violent. Malgré les obstacles auxquels ils ont été confrontés de la part des conservateurs blancs américains comme des membres de mouvements radicaux, les réalisateurs suédois n’ont pas interrompu leurs investigations et ont formé au bout du compte des liens avec des figures-clés du mouvement « Black Power », basés sur leur objectif commun d’obtenir l’égalité en droits pour tous. [...]
Les entretiens filmés incluent à la fois des grandes figures telles que Stokely Carmichael, Eldridge Cleaver, Bobby Seale et Angela Davis (au temps de son incarcération), ainsi que des extraits du téléfilm de Lars Ulvestam : Harlem : Voices, Faces. (Quand ce film fut diffusé en Suède, l’ambassadeur américain basé dans le pays a demandé et obtenu un temps de parole à la télévision suédoise pour mettre en lumière les « nombreux défauts » du film).

Une rumeur circula pendant des années parmi les réalisateurs comme quoi la Suède avait plus de matériel d’archives sur les Black Panthers que les Etats-Unis. Il y a 2 ans, je travaillais sur un film parlant de Philly Soul et j’explorais les archives de la Swedish Television quand j’ai compris que cette rumeur était fondée. Peut-être pas entièrement, mais les archives sur le Mouvement Black Power étaient incroyablement riches. J’ai tout de suite su que j’avais mis la main sur quelque chose de rare. A partir du moment où nous avons vu le contenu d’archives, nous avons su immédiatement que nous ferions The Black Power Mixtape 1967-1975, d’une manière ou d’une autre. Nous n’avons pas attendu l’approbation de qui que ce soit ; nous avons commencé à faire ce en quoi nous croyions, et avons trouvé les fonds nécessaires au cours de notre cheminement. J’ai également considéré cet acte comme mon devoir de faire en sorte que ces fantastiques images sortent de la cave et soient rendues accessibles au public.
Göran Hugo Olsson, réalisateur

Déjà disponible en zone 1 ou en zone 2 uk (sans sous titres à l'exception des passages en suédois qui sont sous-titrés en anglais), le film n'est pas encore annoncé en dvd en France. Mais le documentaire est soutenu par Arte, ayant déjà sorti divers films dont ceux de William Klein consacré au FESTIVAL PANAFRICAIN D'ALGER et à ELDRIDGE CLEAVER BLACK PANTHER (dans un coffret 2 dvd disponible auprès de THE END) ainsi qu'un autre double dvd, THE MURDER OF FRED HAMPTON / AMERICAN REVOLUTION 2. Ce documentaire viendrait completer leur offre des plus belles manières.

En attendant une éventuelle sorti en dvd, on pourra toujours patienter en se procurant le documentaire de John Evans chez BQHL. Datant de 1998, ce film est une interview de Huey P. Newton (1942-1989), co-fondateur et leader du parti Black Panther, durant son emprisonnement dans les années 70.

OAKLAND, 1966 : fatigué de subir le harcèlement de la police locale depuis des années, un groupe de jeunes activistes met sur pied des patrouilles armées, chargées de mettre fin à la brutalité policière. C'est ainsi que nait le Black Panther Party pour l'Autodéfense. Abandonnant la philosophie de Martin Luther King quant à la résistance non-violente, les Panthers prônent une politique plus militante, notamment l'autodétermination et le séparatisme pour leur peuple. Huey P. Newton est le cofondateur du Black Panther Party pour l'Autodéfense, une organisation considérée par J. Edgar Hoover, directeur du FBI, comme “la plus grande menace à la sécurité intérieure des États-Unis”. Il passe quatre ans en prison pour homicide, avant que sa condamnation ne soit annulée en 1971. Ce document fort consiste en une interview exclusive de Newton pendant son incarcération, réalisée par le cinéaste John Evans. Newton expose ses buts en tant que révolutionnaire : l'autodétermination pour les Afro-Américains, le plein emploi, un logement décent pour les pauvres et les gens privés du droit de vote, la fin de la brutalité policière et le retrait des troupes américaines du Viêtnam.