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Les Mardis du Cinéma / Monaco

A partir de cette semaine, débute à Monaco (Théâtre des Variétés), la huitième saison des Mardis du Cinéma. Cette année, la thématique, vertiges du pouvoir, fera caisse de résonance à la future élection présidentielle en France, aux USA mais questionnera également tous les travers du pouvoir sous ses différentes représentations.

Fasciné par les fastes du pouvoir, le cinéma a été à tous les âges de son histoire, un art de la contestation et de la résistance, un moyen efficace de représenter les rapports de force qui sont l'essence de la dramaturgie.[...] Le cinéma peut être aussi un instrument indispensable dans la conquête du pouvoir. Les hommes d'états en savent quelque chose. [...] Cette nouvelle saison des "Mardis du Cinéma", on le comprend, se risque à une approche traversière des choses, ou l'essentiel réside dans la confrontation d'une problématique avec la matière même des films. On y rencontrera un pouvoir forcément polymorphe, avec au menu, des tyrans, des savants fous, des mégalomanes, des femmes fatales, des détraqués, toutes sortes de mapîtres du monde qui font partie de note imaginaire de spectateurs. Ce programme s'interroge enfin sur le pouvoir du cinéma lui-même, comme machine à désirs ou comme forme d'écriture.
Vincent Vatrican et Jacques Kermabon

Premier film à ouvrir le bal, Le Guépard de Luchino Visconti (1963). Récemment restauré et sorti en blu-ray et dvd collector, espérons que la copie proposée tiendra toute ses promesses autant que le support digital.



Voici le reste des films proposés dans les prochains mois.

PROGRAMME 2011 / 2012
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Le Guépard de Luchino Visconti
> Mardi 18 octobre 2011 / 20h30
Jour de colère de Carl Theodor Dreyer
> Mardi 25 octobre 2011 / 20h30
Furyo de Nagisa Oshima
> Mardi 8 novembre / 20h30
L'Oreille de Karel Kachyna
> Mardi 22 novembre 2011 / 20h30
Bienvenue Mister Chance d'Hal Hasby
> Mardi 6 décembre 2011 / 20h30
Les Yeux sans visage de Georges Franju
> Mardi 3 janvier 2012 / 20h30
Non ou va la haine gloire de commander de Manuel de Oliveira
> Mardi 17 janvier 2012 / 20h30
Gueule d'amour de Jean Gremillon
> Mardi 7 février 2012 / 20h30
Le Soleil d'Alexandre Sokourov
> Mardi 21 février 2012 / 20h30
L'argent de la vieille de Luigi Comencini
> Mardi 6 mars 2012 / 20h30
La Commissaire d'Alexandre Askoldov
> Mardi 20 mars 2012 / 20h30
Loulou de Georg Wilhelm Pabst
> Mardi 3 avril 2012 / 20h30
Écrit sur du vent de Douglas Sirk
> Mardi 17 avril 2012 / 20h30
1974, une partie de campagne de Raymond Depardon
> Mardi 8 mai 2012 / 20h30
La Nuit du Chasseur de Charles Laughton
> Mardi 22 mai 2012 / 20h30
La Cérémonie de Claude Chabrol
> Mardi 58 juin 2012 / 20h30

David Fincher ou l'heure numérique

Les excellentes éditions Capricci, que l'on ne présente plus sur ce blog, éditent de manière régulière des "petits" livres d'analyse, un regard critique venant en amont ou en aval de ce qui fait l'actualité cinéma. Le volume 5 de leur collection "Actualité critique" est consacré à David Fincher dont le remake de Millenium (adaptation du best seller suédois) sortira le 18 janvier 2012.


Le premier grand succès public de David Fincher date de 1996 : Seven. Trois ans plus tard, Fight Club fait scandale et devient culte. En 2007, les deux heures et demi sans résolution de Zodiac changent la donne : Fincher s'est apaisé, il prend désormais son temps. Suivront L'Étrange Histoire de Benjamin Button (2009), et The Social Network (2010) qui relate les débuts de Facebook et de Mark Zuckerberg. Trois films racontant la même histoire d’un homme seul perdu dans une tempête de signes et se demandant comment interpréter ou maîtriser les signes qui constituent le monde.

En quinze ans, le statut du jeune cinéaste américain a donc changé : le faiseur est devenu un maître, le réalisateur de clips et de publicités un cinéaste comptant parmi les plus respectés de l'industrie et les plus admirés des cinéphiles. Son obsession est toutefois restée la même : reformuler pour notre époque les obsessions et les paranoïas propres au Nouvel Hollywood des années 1970 ; montrer les puissances et les cauchemars d’un monde toujours plus livré aux forces du numérique ; être à la fois un réformateur et un pionnier. C'est donc la continuité et la nouveauté d’une œuvre que met en valeur cet essai, trois mois avant la sortie de son nouveau film, The Girl With the Dragon Tattoo, d'après la trilogie Millenium.

EXTRAIT
Jouer à résoudre des énigmes (The Game, Seven, Zodiac), à gagner au Monopoly (The Social Network), à se cacher (Panic Room, Alien 3), à se battre (Fight Club) ou à explorer des vies différentes en changeant de costumes (Benjamin Button). Entraînés dans le jeu, provoqués par les signes miroitant sous leur regard, les personnages de Fincher veulent leur donner sens ou bien les maîtriser. Dans les thrillers, les questions morales n’ont finalement que peu d’importance, évacuées au profit d’enjeux cognitifs : quelle signification dégager de ce rouillard d’informations ? Y répondre, c’est se définir, comme l’expérimente Benjamin Button dont l’exploration du monde éprouve la liberté et défie l’étrange pliure du destin sur son corps. Comprendre les signes, en évaluer le sens et la direction, c’est avant tout trouver quelle est sa place sur ce vaste terrain de jeu.

96 pages
Prix : 7,95 euro

Bucktown | Arte Cinéma Trash

Si Arte a déjà diffusé des fleurons de la Blaxploitation dans leur case Cinéma Trash comme Foxy Brown, Coffy et Shaft, il faut avouer que la diffusion de Bucktown sur la chaine Franco-Allemande est un plaisir qu'il ne faudra pas louper tant le film est borderline sur les aspects politiques.



Bucktown, sud des États-Unis, milieu des années 70. Duke Johnson, venu assister à l’enterrement de son frère, va se retrouver coincé là le temps de régler la succession, c’est-à-dire deux mois. Aux funérailles, il a fait la connaissance d’Harley, Aretha et Steve, tous trois issus, comme lui de la communauté afro-américaine ; il se frotte ensuite très vite aux « forces de l’ordre », des policiers blancs corrompus jusqu’à la moelle. Quand la situation se met à vraiment dégénérer, Duke décide de faire appel à ses « frères », des activistes plus opportunistes que révolutionnaires dirigés par Tat Roy. Mauvaise affaire : les habitants de Bucktown troquent la peste contre le choléra…

Si vous vous êtes bien amusés devant « Bucktown » (1975), sachez que la même année son réalisateur, Arthur Marks, a également tourné un autre fleuron de la blaxpoitation, « Friday Foster », avec toujours au générique Pam Grier, Thalmus Rasulala et compagnie. Si c’est le couple Duke/Aretha, Fred Williamson/Pam Grier qui vous a séduits –il y a de quoi !-, nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer miss Grier lors de la diffusion de « Foxy Brown » (1974), concentrons-nous donc cette fois sur mister Williamson. La carrière du grand Fred abonde en rôles de justiciers tataneurs, suivez-le par exemple dans le « Vigilante » (1983) de William Lustig ou, encore plus déviant, si vous avez aimé ses scènes de bagarre dans « Bucktown », voyez-le manier les arts martiaux dans « Les guerriers du Bronx » (1982) d’Enzo G. Castellari. S’il ne vous a pas échappé que l’interprète d’Haley, Bernie Hamilton, est surtout passé à la postérité pour avoir joué le capitane Dobey dans « Starsky et Hutch », série TV dont Arthur Marks a d’ailleurs été l’un des artisans, retrouvez notre ami Fred W. dans le rôle… du capitaine Dobey dans le film « Starsky et Hutch » (2004) de Todd Phillips. Enfin, si c’est la déroute des révolutionnaires qui vous intéresse, dirigez-vous vers le documentaire que William Klein a consacré à « Eldridge Cleaver, Black panther » (1969), juste avant l’avènement de la blaxpoitation.

Jenny Ulrich

Dans l'ouvrage Blaxploitation, 70's Soul Fever ! - en Français ! - que tous fans de la Blaxploitation se doit de posséder, le journaliste et auteur Julien Sévéon revient sur l’ambiguïté du film dû à une opposition politique à l'encontre des Black Panthers / Black Power ce qui est un comble pour un film destiné (à la base) à un public noir.
Reprenant la thématique décidément très populaire à l'époque du héros revenant dans son village natale pour l'enterrement de son frère (une idée posée par Get Carter et reprise dans Hit Man et The Bus is coming), Bucktown nous place dans une sorte de Babylone du sud, dans laquelle Duke (Williamson) débarque et apprend que son frère n'est pas mort naturellement. [...] Bucktown est un produit archétypal de la blaxpoitation. d'un côté, il offre les fantasme que l'on est en droit d'attendre de ce type de production, notamment du flinguage tout azimut de flics. Et là, chapeau bas à Williamson et sa clique qui dézinguent sauvagement (et joyeusement) les petits racistes bleus du coin durant une séquence totalement et purement jouissive. Cette opération expéditive est cependant rapidement contrecarrée oar les scènes suivantes qui présentes les nouveaux tenants du pouvoir comme des crapules encore pire que les anciennes. Normal, comme qui dirait, ils sont noirs... On est là face au double discours de la production blanche en charge de la majorité de la blaxploitation. Celle-ci veut certes bien offrir certaines scènes marketées pour le public noir, mais elle contre-balance cet apparent discours de rebellions en présentant les révoltés, quel qu'ils soient, comme des petites frappes violentes et arrivistes. Derrière tout cela plane le spectre du Black Power qui fait cauchemarder l'Amérique blanche. Les tenants du White Power, présentés par le chef de police et ses hommes, ne sont certes pas recommandables mais ils sont au final moins dangereux que les nouveaux califes qui, en prenant le pouvoir, servent de métaphore au Black Power. Pour l'américain moyen, même si il ne soutient pas leur politique, il vaut mieux avoir à faire à des adeptes du White Power que Black Power...
Julien Sévéon in Blaxploitation, 70's Soul Fever ! (2008) - Bazaar & Co, p73.

> jeudi 13 octobre à 23h55
> samedi 15 octobre à 02h05

source : Arte Cinéma Trash

Safe | Todd Haynes (1995)

A l'heure on l'on fait la guerre (à juste titre) contre le bisphénol A, découvrir ou revoir ce fabuleux film de Todd Haynes (Poison, Loin du paradis, Velvet Goldmine) est un pure bonheur que l'on doit à l'éditeur Doriane Films.
Si vous ne connaissez pas le "premier" film mainstream de Todd Haynes, THE END vous encourage à vous précipitez sur ce dvd.


Carol White, femme au foyer vit dans une villa des faubourgs aisés de San Fernando Valley. Entre l'aérobic, la décoration d'intérieur et les réunions entre amies, son temps s'étire sans relief. Jusqu'au jour où elle bascule dans le cauchemar : Devenue allergique à l'air qu'elle respire, victime d'un désordre immunitaire, elle rejoint une secte New Age pour se "détroxiquer". Mais la cure va la mener au bord de l'abyme.

Produit par Christine Vachon, LA productrice indépendante des années 90 et 2000 (Kids, Happiness en autres) est devenue une alliée indéfectible pour Todd Haynes depuis leur rencontre pour son premier long Poison en 1991. Reparti de Sundance avec le grand Prix, Poison était le départ d'une longue collaboration (à ce jour, elle a produit tous ses longs métrages).

Véritable plongée dans la vie d'une Desperate Housewive américaine, Safe sonde l'air du temps avec le stress lié à notre environnement (dès les années 90 !) et les conséquences de nos modèles de société sur notre psychisme. Si le film au premier abord peut paraitre fade et linéaire, pingre en rebondissement, il arrive à nous happer grâce à une mise en scène clinique. Détaillant la vie monotone de manière chirurgicale, Haynes nous fait vivre cette lente descente vers la maladie comme un chemin de croix. Toujours à distance de son sujet, le cinéaste ne s'autorise que très rarement des mouvements d'appareil, des zooms ou des travelling avant / arrière sont les seuls que le film comportent. Le film se clôt sur un plan rapproché pour témoigner de l’avancé de la maladie. Et à la fin le personnage de Julianne Moore ressemble à s'y méprendre à une malade atteinte du Sida. Safe est un film éprouvant et angoissant, cauchemar éveillé de l'american way of life.

En bonus, retrouvez un entretien avec Samuel Blumenfeld, journaliste au quotidien Le Monde.

Sortie le 24 octobre en dvd

Prix : 20 euro

A commander à THE END en envoyant un mail à theendstore@gmail(point)com

Joe Dante, l'art du je(u)

Si Joe Dante se fait rare dans les salles obscures (son dernier film a avoir eu les honneurs du grand écran est les looney Tunes passent à l'action en 2003), il bénéficie toujours d'une aura incomparable auprès des cinéphiles et un regard critique positif de la part des journalistes admiratifs de sa position dans Hollywood. A la fois artisan pour studio dans la grande tradition Hollywoodienne et cinéaste indépendant au regard critique, unique et acéré, pour exprimer aussi bien les travers américains que le charme fascinatoire de la culture américaine.
Le mois prochain sort en France, aux éditions Rouge Profond, le second ouvrage consacré au metteur après Joe dante et les gremlins de Hollywood, Joe Dante, l'art du je(u) dont voici la présentation de l'éditeur.


Le livre aborde, à travers la figure plurielle du spectateur, l’ensemble de la filmographie du réalisateur des deux Gremlins – et de bien d’autres films, parfois moins connus mais tout autant atypiques (Panic sur Florida Beach). Car ce « je », bien entendu, c’est d’abord Joe Dante lui-même, dont les goûts cinématographiques puis la carrière de critique de cinéma, de spectateur premier et professionnel par conséquent, ont grandement façonné la démarche de cinéaste. Mais « je », c’est également moi, le spectateur, moi qui suis mis en jeu à la fois par un savoir cinéphilique qui n’a de cesse de s’exhiber et par une démarche esthétique paradoxale. Comprendre le cinéma de Joe Dante consiste donc à saisir les particularités des citations et des autocitations qui l’émaillent, à interroger leur fonctionnement, leur sens ainsi que les problèmes de lisibilité qu’elles sont susceptibles d’entraîner ; cela revient aussi à déterminer la place du spectateur par rapport à la fiction grâce à l’étude de quelques dispositifs ludiques (écrans déchirés, regards à la caméra, etc.). Enfin, les terrains de jeu privilégiés du récit sont dépeints à travers certains aspects de l'Amérique dans laquelle le cinéaste invite littéralement à se plonger, comme le montre l’analyse détaillée des Banlieusards. Aux diverses approches viennent se mêler des propos inédits recueillis par l’auteur, où Joe Dante alterne prises de position et anecdotes signifiantes.
Docteur en études cinématographiques, Frank Lafond enseigne le cinéma à Lille. Il a publié des articles dans Positif, Simulacres, Les Cahiers du Gerf ou Post Script. Il a participé à divers ouvrages collectifs, dont Japanese Horror Cinema (2005), Roman Polanski, l'art de l'adaptation (2006), Cinema of Tod Browning : Essays of the Macabre and Grotesque (2008) et Les Cinémas de l’horreur (2010). De 2004 à 2008, il a été le rédacteur en chef de Rendez-vous avec la peur. Il a publié Jacques Tourneur, les figures de la peur (Presses Universitaires de Rennes, 2007) et dirigé plusieurs ouvrages collectifs : Cauchemars américains (Éditions du Céfal, 2003), George A. Romero, un cinéma crépusculaire (Michel Houdiard Éditeur, 2008), Cauchemars italiens, volumes 1 et 2 (L’Harmattan, 2011) et Le Mystère Franju (CinémAction, Corlet, à paraître fin 2011).

300 pages qui permettront de faire patienter le cinéphile avant une hypothétique sortie en France du dernier long métrage de Joe Dante, The Hole (en 3D) datant de 2009. Tourné au Canada, The Hole est la seconde incursions du papa des gremlins dans l'univers de la 3 dimensions. Après avoir réalisé un film pour un parc d'attraction (Haunted Lightouse), Joe Dante retrouve le cinéma d'épouvante (mis de côté depuis Hurlements*), avec cette hommage au cinéma des années 80 et des premiers films tournés en 3D.

Pour les plus impatients, sachez que le film est disponible (notamment grâce à THE END) en dvd et en blu-ray en zone 2/B, dans une édition britannique.

Sortie : novembre 2011
Prix : 22 euro
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*Sans compter bien entendu sur les deux films que Joe Dante a réalisé pour l'anthologie Master of Horror

Road Movie, USA | Thoret & Benoliel

Les habitués du blog et les cinéphiles connaissent Jean-Baptiste Thoret, sans doute un peu moins Bernard Benoliel. Co-auteur de cet ouvrage consacré au Road Movie - genre définitivement culte et symbole des États-Unis - vous l'avez croisé sur le blog dans le message consacré aux éditions Yellow Now pour son livre Opération Dragon. Ancien critique aux Cahiers du Cinéma, il est l'actuel directeur de l'Action Culturelle de la Cinémathèque Française et auteur de quelques écrits sur Anthony Mann et Clint Eastwood. Nous n'avons pas encore eu le plaisir d'avoir un exemplaire entre nos mains, donc nous ne sommes pas en mesure de vous parler de l'intérieur mais il y a de forte chance pour que le livre se présente sous la forme d'un essai. Pour le moment voici la présentation de l'éditeur.

L'Amérique a tout de suite eu besoin du cinéma : pour tirer le portrait de tout un peuple d'émigrés venus bâtir une nation. Pour s'imposer comme le pays de la liberté. Pour saisir comme dans un miroir grands espaces, ciels bleus et routes à perte de vue, autant de promesses de trajets initiatiques. Des Raisins de la colère à la Balade sauvage, de la fin des Temps modernes à Easy Rider, de New York-Miami à Route One/USA, le road movie - un drôle de genre qui doit beaucoup au western et veut encore y croire - s'est confronté à cette immensité du continent, lieu de tous les fantasmes, de toutes les démesures, de tous les paradoxes. Paradoxe de voyages qui en chemin n'en finissent pas de retrouver les traces du passé. Paradoxe d'aventures qui se révèlent toutes, pour le meilleur et pour le pire, une expérience intérieure, un aller sans retour, voire une hallucination. paradoxe de films qui voudraient prendre la mesure d'un pays gigantesque comme une carte rêve de correspondre à son territoire.

Prix : 45 euro

The Woman déjà en blu-ray !

Le dernier film de Lucky McKee fut parmi les meilleurs moments de l'édition 2011 de l’Étrange Festival de Paris, et sera pour beaucoup d'amateur de cinéma extrême un des must de l'année.

Quand un avocat capture et tente de « civiliser » une « femme sauvage », rescapée d’un clan violent qui a parcouru la côte nord-est des États-Unis pendant des décennies, il met la vie de sa famille en danger.

Annoncé en France pour le premier trimestre 2012 via l'éditeur Emylia, l’Angleterre devance tout le monde, même les USA avec la sortie en blu-ray et en dvd du sulfureux film de Lucky McKee. Voici quelques précisions issues du programme de l’Étrange :
Nouvelle collaboration de Lucky McKee et Jack Ketchum après Red, dans cette suite d’Offspring. Après quelques expériences cinématographiques douloureuses (The Woods, charcuté au montage, Red où il a été viré au bout de quelques semaines), le réalisateur texan transforme sa dépression en art dans cette satire au vitriol de l’American Way of Life dont la sauvagerie inouïe a provoqué l’ire de spectateurs au festival de Sundance. À noter la présence d’Angela Bettis, l’actrice de May, dans un second rôle de femme au foyer soumise.




En bonus, le label anglais propose un making of, des scènes suprimées, le court métrage d'animation "Mi Burro", une rencontre avec les concepteurs et une piste audio "Distracted" de Sean Spillane.

Voilà ce que nous en disions après la projection au Forum des images à Paris :

LE film choc du Festival, celui qui sent le souffre, après un passage remarqué à Sundance, The Woman n'aura pas l'effet escompté sur nous. En effet, si le film bénéficie d'une excellente direction d'acteur, d'une mise en scène dynamique et d'une musique pop rock, le long métrage, par son humour, déconnecte de la souffrance des personnages. Il est même très dommageable pour la crédibilité de l'ensemble que le gore prennent le pas sur l'humour et sur les non-dits, qui jusqu'alors réussissaient à créer une atmosphère inquiétante et pesante. Des mystères qui se diluent au fil de l'intrigue, des effets gores pour contenter le fanboy en mal d'hémoglobine et The Woman de Lucky McKee perd de sa sauvagerie, de son intellects (la femme sauvage aurait pu être le catalyseur des frustrations des femmes de la maison et ne sert finalement que de prétexte à la libération de leurs conditions). En définitive, une très bonne série B qui aurait pû gagner davantage en conservant des zones d'ombres.