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Rétro-viseur : Ice (1969)

Sorti en dvd avec Milestone en septembre 2010 (nous en parlons ici), il nous a semblé important de revenir sur ce film admirable et déstabilisant de Robert Kramer . Entre documentaire et politique fiction, les résonances de ce film prennent une certaine mesure dans notre monde en pleine (r)évolution.

Ice peut-être considéré comme le prototype du film a-spectaculaire. Il s'agit en effet d'une oeuvre qui renonce d'emblée aux prestiges habituels du film américain - couleurs, comédiens célèbres, scénario bien agencé, images soignées - pour les remplacer par un 16mm gris, caméra à la main et son synchrone. Le cinéma américain découvre l'humilité des temps de crise politique et du même coup trouve des accents déchirants pour évoquer le drame qui se prépare dans un pays où s'accumulent chaue jour davantage les contradictions explosives.
Né en dehors du système, Ice est le résultat du travail effectué par une partie de l'équipe de "Newsreel", coopérative d'actualités indépendantes et militantes créées en 1967, à l'instigation de Jonas Mekas et Robert Kramer pour lutter contre le conformisme des actualités officielles et pour donner des événements américains une interprétation critique. Il y a d'ailleurs dans Ice un élément qui renvoie à l'activité de la coopérative, ce sont les nombreuses séquences où les membres du groupe préparent des films destinés à une utilisation comme instrument de propagande. Ice s'ouvre par un de ces films : film didactique où sont exposés, avec des textes se superposant aux images, un certain nombre de données théoriques et historiques.
Ice nous projette dans un futur immédiat. Les États-Unis se déchirent dans la guerre civile ; les tortures, les assassinats, les règlements de compte sont devenus chose courante. Les minorités opprimés - Noirs, Blancs, femmes, intellectuels, tous ceux qui refusent l’État fasciste enfanté par l'état libéral actuel - se sont engagés, en liaison avec la guérilla mexicaine, dans une lutte sans merci. Le but est clair : détruire l’État, détruire une société qui ne se définit plus que par l'oppression qu'elle exerce sur l'individu. La lutte est indécises, obscure, faite de brefs affrontements, d'enlèvements, de passages à tabac, de meurtres sommaires, d'agressions sournoises. Le pouvoir fasciste ne se défend même pas par sa police régulière, il a secrété comme un prurit des bandes de civils qui se chargent de la besogne. L'action révolutionnaire est ici le fait d'intellectuels ; pour eux l'action se mène à deux niveaux, celui de l'affrontement direct - armé - avec l'oppresseur, celui de la propagande - par la parole et par le film - auprès des masses à gagner : propagande, maison par maison, étage par étage, avec des résultats difficiles à apprécier. En ce domaine, l'efficacité ne se vérifie pas dans l'instant dans le progrès irréversible de l'idée-force du film : tout le pouvoir au peuple.


Dans la ligne de mai 68, auquel le film emprunte certaines images et certains slogans, notamment la très belle formule venue du curé Meslier : "L'humanité ne sera pas heureuse tant que le dernier bureaucrate ne sera pas dissout dans le sang du dernier capitaliste", Ice nous livre l'image d'une Amérique de plus en plus malade, d'une Amérique bloquée dans les glaces d'un hiver interminable et dont aucun signe n’indique la fin. Les combats engagés ici et là sont des combats longs, incertains, mais leur incertitude même conditionne la volonté de ne jamais renoncer. [...] Au milieu des luttes, les hommes et les femmes nous sont livrés avec leurs angoisses, leurs peurs, leurs brefs instants de bonheur, leur courage quotidien qui leur donne la force de poursuivre un combat inhumain. Tout l'art de Kramer consiste à nous montrer simultanément le plan théorique, collectif et le visage particulier de chacun des protagonistes et surtout à nous faire sentir de quelle somme de faiblesse mises bout à bout nait la force révolutionnaire. Ice nous introduit au cœur d'une dimension essentielle de l'homme contemporain : l'homme s'y définit et n'y existe que par rapport à son refus d'une société qui aliène sa liberté.


Jean A. Gili in Cinéma 70 - p136 à 138

> Ice et Milestones sont en vente sur theendstore.com
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Jean A. Gili, critique et historien du cinéma, née à Nice en 1938, est professeur émérite de l'université Paris I Sorbonne. Auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma italien (Ettore Scola, une pensée graphique ; L'Italie de Mussolini et son cinéma) vient de réactualiser son livre Le Cinéma Italien (préface Ettore Scola) aux Éditions de La Martinière. Il intervient également dans les bonus dvd de la collection "Les Maîtres Italiens" et dans la revue Positif.

Le Samouraï de Melville en collector !

L’œuvre la plus emblématique du cinéaste français Jean-Pierre Melville (1917-1973) sort enfin en version collector blu-ray et dvd. Jusqu'à présent le cinéphile avait le choix entre se procurer la version zone 2 René Chateau Vidéo, sans bonus et avec avec une image perfectible, ou de s'orienter vers le zone 1 avec le Criterion, remplis de bonus. Fini le dilemme, puisque c'est le 7 décembre prochain que fera son apparition chez les revendeurs d'une édition double dvd ou d'un digibook blu-ray / dvd en édition limitée. A l'instar du film Le Guépard sortie l'année passé ou du coffret Apocalypse Now, Pathé réitère le concept (à l'attention des cinéphiles) de proposer une version collector limitée avant une sortie plus "basique" pour le plus grand nombre (lire moins chère).



Bonus :
Nouveau master HD restauré
un livret de 48 pages rédigé par Jean-Baptiste Thoret
Documentaire : « Melville » (20’)
Interview d’époque d’Alain Delon (INA)
Interview de Jean-Pierre Melville dans le décor de la chambre du Samouraï (INA)

Si de prime abord, les suppléments semblent quelque peu modeste, il faut faire confiance à la qualité rédactionnelle du journaliste et auteur Jean-Baptiste Thoret pour que le livret soit le bonus le plus important et passionnant. A titre de comparaison, voici les compléments du dvd Criterion :

New, restored high-definition digital transfer
New video interviews with Rui Nogueira, author of Melville on Melville, and Ginette Vincendeau, author of Jean-Pierre Melville: An American in Paris
Archival interviews with Melville and actors Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon, and Cathy Rosier
Theatrical trailer
New and improved English subtitle translation
PLUS: a 29-page booklet featuring film scholar David Thomson, filmmaker John Woo, and selections from Melville on Melville


Pour ceux qui ne connaissent pas ce chef d’œuvre du cinéma Français (et International, son influence sur des réalisateurs comme John Woo, Scorsese ou Refn est incontestable), voici un rappel de l'histoire :


Jef Costello, dit le Samouraï, est tueur à gages. Chargé d’abattre le patron d’une boîte de nuit, Jane, sa maîtresse, dot lui servir d’alibi… mais Valérie, pianiste, est témoin du meurtre. Arrêté, Jef est relâché faute de preuves. Les commanditaires du meurtre lui demandent alors d’éliminer Valérie.

Le cinéma de Melville, pour des raisons d'abord historiques, est un cinéma de l'après-coup, après-coup d'un genre, le film noir, dont il magnifiera les codes et les rituels, sur le mode de la célébration funèbre et du tragique mythologique. Après coup donc, maniériste sans doute, mais surtout moderne dans la façon dont il exige de la part du spectateur, qui est aussi un enfant, une attention particulière aux détails (vestimentaires, visuels, scripturaux, comportementaux...). voir, c'est déchiffrer, soit le pacte fondateur de la révolution optique conduite par la modernité cinématographique. Qu'est-ce qui, dans le plan importe vraiment ? Que faut-il regarder ? Moins radical que d'autres modernes européens en ce sens que son travail de mise en abyme n'a jamais désamorcé la croyance et le plaisir liés à la fiction populaire, Melville sait combien les apparences sont trompeuses, combien les mêmes habits ne fabriquent pas toujours les mêmes moines, combien la vérité des situations ou des rapports humains se loge parfois au sein d'infimes détails.
Jean-Baptiste Thoret in Riffs pour Melville / Editions Yellow Now

Duel au couteau (1965) | Ciné B

Plus connu pour ses talents de maitre de l'angoisse (La fille qui en savait trop, Le masque du démon, Opération Peur ou encore Schock), Mario Bava a pourtant signé tout au long de sa riche et grande carrière des "petits" films venant balisé sa filmographie d'un certain hommage envers un cinéma plus "Hollywoodien". Mario Bava a réalisé aussi bien des films à grand spectacle, de science fiction, des westerns voire même une comédie. Si tous ces films ont la volonté de satisfaire avant tout les spectateurs des classes populaires, il faudrait un jour qu'un journaliste / auteur français planche sur son œuvre autrement qu'à travers la peur ou les effets spéciaux. Ou alors, espérons que dans un avenir lointain un éditeur français courageux (ou fou) décide de traduire l'ouvrage, que dis-je la bible, sur Mario Bava "All the colours of the darks" signé Tim Lucas.


Arald, roi des Vikings, a disparu en mer il y a plusieurs années. Son général, Aghen, rentre au pays avec son armée et décrète que la couronne et l’épouse d’Arald, Karin, lui appartiennent. Cette dernière s’enfuit avec son fils, Moki, pour se cacher dans la forêt. Un jour, alors qu’ils sont attaqués par des hommes d’Aghen, un voyageur solitaire leur porte soudain secours. Il reste avec eux pour réparer les dégats causés par l’attaque, et Karin commence à se confier à lui...

À mi-chemin entre Les Vikings de Richard Fleischer et L’Homme des vallées perdues de George Stevens, Duel au couteau participe au renouveau du film d'aventures dans le cinéma italien des années 60. Mario Bava (Le Masque du démon) réalise une œuvre épique au Techniscope flamboyant qui se distingue par sa psychologie complexe. Pour leur dernière collaboration, le maître italien offre à Cameron Mitchell (Six femmes pour l’assassin) un rôle sensible et exigeant, à la hauteur de son talent.

Édité en 2009 par Carlotta dans une salve consacrée à Mario Bava (Les Vampires, La Baie Sanglante), le film de Mario Bava est accompagné d'un entretien avec Jean-Pierre Dionnet intitulé « Un western viking », revenant sur le tournage du film et sur la manière dont les productions hollywoodiennes de l’époque ont influencé tout un pan du cinéma de genre italien.

Le film, ainsi que d'autres long métrage de Mario Bava sont disponibles auprès de THE END. Plus d'infos à theendstore@gmail(point)com

> Vendredi 28 octobre à 22h00 à la Cinémathèque de Nice

Monte Hellman en blu-ray

Si la presse dans sa globalité à saluer le retour - après 20 de "silence" - de Monte Hellman, son nouvel opus laisse un gout trouble de déception. Peut-être que cette nouvelle vision permettra de réévaluer le film d'un cinéaste devenu légendaire grâce à Macadam à deux voies.


Mitchell Haven prépare un nouveau film inspiré de faits réels dans lesquels un politicien corrompu, sa maîtresse et plusieurs milliers de dollars ont disparu. A la recherche de son actrice principale, il rencontre une jeune femme qui ressemble étrangement à l’héroïne de son histoire. Alors que le tournage commence, il tombe amoureux d’elle et la sombre affaire criminelle remonte à la surface.

Son nom d'enfer ("Hellman") est légendaire depuis Macadam à deux voies (1971), road-movie beckettien, limite conceptuel, tout l'opposé d'Easy Rider. Mais sa carrière est pleine de trous - en cinquante ans, seulement dix films, échecs commerciaux pour la plupart, certains jamais distribués. Curieux parcours, assurément, que celui de Monte Hellman, inconnu du grand public comme des jeunes cinéphiles, mais adulé par une faction de partisans isolés. Ni reconnu ni vraiment maudit, cet atypique n'a cessé de travailler, souvent dans l'ombre, faisant du montage çà et là, produisant Tarantino (Reservoir Dogs) ou lançant Vincent Gallo. Voilà qu'il revient en pleine lumière avec Road To nowhere, polar bizarre, arty et qui se moque de l'être, autour d'un tournage de film compliqué par une affaire criminelle et l'amour d'une femme (la troublante Shannyn Sossamon). C'est une mise en abyme du cinéma (avec au moins trois films dans le film !), un excercice de style qui peut sembler un peu vain, autour de l'idée selon laquelle le cinéma détruit à mesure qu'il crée. Reste qu'on est bluffé par la définition inédite de l'image - on a l'impression qu'elle regorge d’oxygène - associé à de la pure mise en scène, autrement dit à du jeu sur le point de vue. Les dix première minutes, puzzle de plusieurs séquences aussi spectaculaires que silencieuses et qui n'ont a priori rien à voir entre elles, sont d'une beauté à couper le souffle.
Jacques Morice in Beaux-Arts Magazine

Et les journalistes ne s'y sont pas trompés en rapprochant le nom du film à l’œuvre culte des années 70 à travers des articles créant un pont entre ces deux long-métrages.

"Monte Hellman reprend la route" Le monde / "Reprendre la route" Chronic'art / "Monte Hellman, la route du retour" GQ /

Mais on est face à une impasse, un cul-de-sac, tant le concept du film tourne rapidement à vide et la force du projet s'évapore, se dilue, dans une mise en scène exemplaire mais dénué d'âme. Espérons que le dvd ou le blu-ray annoncé pour le 8 novembre prochain permettra de revivre cette mise en abyme et d'en apprécier toute l'ampleur.
En bonus, on retrouve un making of, une bande-annonce et les scènes coupées. Vu le temps qu'il a fallu à Monte Hellman pour retrouver le chemin des plateaux, ne laissez pas passer ce (dernier ?) film d'un réalisateur "fantôme".

Wild Side, les prochains titres

Pas de news de première fraicheur mais voici un récapitulatif des prochaines sorties du label au félin.


Tirant son titre d’une demande faite par Jackie Kennedy Onassis à ses agents de sécurité « cassez son appareil photo », ce documentaire retrace la carrière fulgurante de Ron Galella: célèbre photographe et paparazzo autoproclamé. Véritable chasseur aux méthodes frisant parfois le délire, le paparazzo espionne, traque, harcèle les stars pour capturer le moment où ses proies révèleront le visage qu'elles tentent désespérément de cacher au public. Ce film porte également un regard sur la nature de la célébrité, la relation entre les vedettes et leurs chroniqueurs, et l’équilibre fragile entre vie privée et liberté de la presse.

Leon Gast, auteur du magistral When we were kings – sur le match de boxe d’anthologie Ali-Foreman - traite ici d’un sujet très différent, plus pervers que le monde de la boxe : le portrait d'un des plus célèbres paparazzi américains, Ron Galella, aujourd’hui 77 ans, et tous flashes dehors. Galella est une légende urbaine du monde de la nuit new-yorkaise : un type qui a traqué la terre entière, et notamment Jackie Kennedy, laquelle lui a fait un procès pour l'avoir poursuivie dans Central Park ; ou encore Marlon Brando, qui lui a cassé cinq dents devant un resto chinois de Chinatown.

Sur les traces de son anti-héros, Leon Gast interroge bien sûr les pratiques de ces photographes « à l'arrache », dont les stratagèmes ne peuvent que provoquer l'indignation mais dont l'énergie et l'humour bon enfant forcent parfois la sympathie. Il pointe aussi l'étrange fascination qui les lie parfois aux vedettes. Le film est drôle, bourré d'anecdotes, bâti autour d'un personnage spectaculaire – qui se met en scène autant qu'il met en scène les célébrités. On comprend au bout du voyage qu'il a fait un job nécessaire pour capter l'essence d'une époque et de ceux qui la font. Ron Galella vit aujourd'hui de ses archives, des livres nostalgiques qu'il publie : il a été exposé au MoMA. C'est une mémoire de la culture populaire qui pleure un âge d'or, celui d'avant les « chargés de presse » et les «photocalls».


Vienne, 1957. Max, (Dirk Bogarde) un ancien officier SS, est portier de nuit dans un grand hôtel. Il se retrouve un jour face à Lucia (Charlotte Rampling), l’épouse d’un chef d’orchestre. Un fantôme de son passé. Car, pendant la guerre, Max entretenait dans un camp de concentration une passion sadomasochiste avec Lucia, l’une de ses prisonnières, alors à peine âgée de 16 ans. Irrésistiblement attirés l'un par l'autre, tous deux finissent par renouer leur liaison. Ceci n’est pas du goût des anciens compagnons nazis de Max, qui organisent des "procès-thérapies" où ils pensent pouvoir se décharger de leur culpabilité… ce qui passe par l’exécution des protagonistes de l’époque, derniers témoins de leurs atrocités. Les deux amants se retranchent dans l’appartement de Max, assiégés par les ex-nazis…
Réalisé en 1973, PORTIER DE NUIT fit scandale à l’époque de sa sortie, notamment aux États-Unis, où il fut classé X. La relation entre une ancienne victime des camps et un tortionnaire nazi, sur fond de sado-masochisme, permet à Liliana Cavani d’observer la fascination pour le Ma, que les sociétés de l’immédiate après-guerre refusaient de regarder dans les yeux. Mélancolique et provocant, PORTIER DE NUIT ressemble au théâtre d’ombres d’une génération qui a voulu surmonter le traumatisme du nazisme et tenter de le comprendre de l’intérieur. Le film doit enfin beaucoup à l’interprétation juste et enflammée du couple formé par Dirk Bogarde et Charlotte Rampling, dont le visage d’ange maladif, les cheveux courts et le numéro de cabaret où elle chante Marlène Dietrich, constitue l’une des séquences les plus marquantes et dérangeantes de l’histoire du cinéma.

Bonus :
> La Donna Nella Resistenza : le documentaire de Liliana Cavani sur l’implication
> des femmes dans la Résistance italienne (50')
> Interview de Liliana Cavani (20')

Le film sera également disponible en blu-ray à la même période.

sortie : 26 octobre


Été 1971. Anna, jeune mère ravissante et frivole, remporte le concours de beauté d’une station balnéaire. Son tempérament inconséquent et jouisseur rend sa vie de famille quelque peu chaotique. 30 ans plus tard, toujours marqués par cette vie haute en couleurs, Anna et ses enfants, réunis à son chevet, sauront-ils se réconcilier ?

Réalisateur admiré et plusieurs fois récompensé à la Mostra de Venise, Paolo Virzi nous entraîne dans un magnifique voyage à travers l'Italie des années 70 Un ton léger, des décors rafraîchissants et une "mama" rayonnante, magnifiquement interprétée par Micaela Ramazzotti et Stefania Sandrelli pour un film qui a remporté 3 Donatello (meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario).

Bonus :
Making-of (12mn)

Sortie : 7 décembre 2011

source : Wild Side

Gaumont à la demande, nouvelle vague

Depuis plus d'un an, le studio légendaire de la Gaumont a mis en place un système vu précédemment aux États Unis comme chez Warners Bros (Warner Bros Archive Collection) les dvd "à la demande".Un procédé qui permet aux éditeurs de combler les attentes des cinéphiles et au passage d'utiliser le matériel vidéo (correct mais sans restauration) qu'ils ont en leurs possessions.
En France, la Gaumont met ainsi, en flux tendu, des dizaines de longs-métrages aussi bien du patrimoine français que des curiosités pour cinéphages avertis. Voici une liste non exhaustive de films disponible à la vente :

Lady Paname De Henri Jeanson / Le Dernier des six De Georges Lacombe / La vérité sur Bébé Donge De Henri Decoin / Les Aristocrates De Denys De La Patellière / Le Blé en herbe De Gilles Grangier / Sans lendemain De Max Ophüls / Plein Sud De Luc Beraud / Le Masque de fer De Henri Decoin / Le franciscain de Bourges De Claude Autant-Lara / Le Mariage de chiffon de Claude Autant-Lara / Signé Arsène Lupin de Yves Robert / Belle de nuit de René clair / Caroline chérie De Richard Pottier / Le Joueur De Claude Autant-Lara / Sept hommes en or De Marco Vicario / Le Val d'enfer De Maurice Tourneur / Faites vos jeux, mesdames De Marcel Ophuls / Quand tu liras cette lettre De Jean-Pierre Melville / Antoine et Antoinette De Jacques Becker / Sa majesté Monsieur Dupont De Alessandro Blasetti / L'Alibi De Pierre Chenal / Guinguette De Jean Delannoy / Les grandes personnes De Jean Valere / J'étais une aventurière De Raymond Bernard / Le rideau rouge De Andre Barsacq / Le Puits aux trois vérités De François Villiers,etc...

Parmi cette liste, certains films ont attiré notre attention de part les réalisateurs qui les ont dirigé. Ainsi on constate la présence de deux Jesus Franco (Cartes sur Tables et Le Diabolique Docteur Z : Dans les griffes du maniaque, déjà disponible chez Mondo Macabro), un Riccardo Freda (Les Deux Orphelines) ou encore Le Justicier du Minnesota de Sergio Corbucci. Bref, un vrai plaisir pour le cinéphile de (re)découvrir des œuvres tombées dans l'oubli ou difficilement visibles que Gaumont propose dans les meilleurs conditions possibles.

La prochaine vague est annoncée pour le 16 novembre prochain et parmi les six nouveaux titres, deux ont particulièrement retenu notre attention :

L'assassin habite au 21 (1942) d'Henri Georges Clouzot

Plusieurs crimes, signés d'un mystérieux M. Durand, sont commis à Montmartre. Grâce à un informateur, le commissaire Wens découvre que l'assassin habite dans une pension au 21 avenue Junot. Le détective devra alors faire preuve de perspicacité face aux pensionnaires, tour à tour accusés puis innocentés, tout en étant aux prises avec l'affection maladroite et encombrante de son amie, Mila Malou, qui s'est mise en tête de résoudre l'affaire.


Jadis disponible chez René Chateau Vidéo, le dvd était devenu un collector vendu à un prix bien élevé compte tenu de la qualité du produit. Bientôt le dvd sera de nouveau accessible à tous avec ce prix unique de 12,99 euro. Premier long-métrage (après trois courts-métrages) d'Henri-Georges Clouzot, L'assassin habite au 21 marque le début d'une carrière bien trop courte pour le cinéaste que l'on considérait comme le Hitchcock à la française. Malgré le vif intérêt de la critique envers la sortie du documentaire L'Enfer, constitué des rushes du film jamais fini par Clouzot, trop peu d'écrit ont tenté d'analysé l’œuvre de ce cinéaste au talent ô combien moderne.

L'autre film a avoir attiré notre attention et La Fin du monde du réalisateur français Abel Gance (1889-1981). Un long métrage rare et inédit sur support numérique et sauf erreur de notre part, de part le monde.

La Fin du monde (1932) d'Abel Gance

Suite à la découverte d'une comète qui fonce droit sur la terre, un savant, aidé de son frère, parvient à unifier toutes les nations du monde et à faire proclamer une République Universelle. La comète ne fera qu'effleurer la terre et, avec une allégresse profonde, les hommes se retrouveront liés dans une fraternité nouvelle.

Quant autres films disponibles à la même période, voici les titres :
Les équilibristes (1992) de Nico Papatakis
Marie-Martine (1943) de Albert Valentin
Le pays bleu (1977) de Jean-Charles Tacchella
Les amants de Villa Borghese (1954) de Gianni Franciolini

source : Gaumont

Fantastique Semaine du Cinéma à Nice

Du lundi 24 au dimanche 30 octobre prochain, le cinéma le Mercury à Nice accueille la deuxième Fantastique Semaine du Cinéma organisé par l'association Les Méduses. Une occasion pour découvrir en avant-première une ribambelle de films de genre, de cinéaste confirmé (Kevin Smith, Jeff Nichols) ou en devenir (Michael R. Roskam pour Bullhead un premier film impressionnant programmé à l’Étrange Festival de Paris). Un événement pour tous les azuréens et pour les plus aventureux d'entre vous ami(e)s lecteurs. Votre serviteur ici présent compte y faire un tour et tentera de vous faire vivre les meilleurs moments du festival. En attendant voici la programmation :



24/10/11 > RED STATE (Avant-Première) [HD Digital] à 20H30
Dans une bourgade de l’Amérique profonde, trois adolescents répondent à une petite annonce érotique. Il s’agit en fait d’un traquenard et les trois nigauds se retrouvent prisonniers dans une ferme de fanatiques religieux qui réservent aux pécheurs le châtiment suprême.

25/10/11 > THE HELLACIOUS ACRES: THE CASE OF JOHN GLASS [HD Digital] à 19H30
Un beau jour, dans une grange isolée, John Glass se réveille d’un long sommeil cryogénique avec une grosse gueule de bois. Ignorant tout de l’endroit où il se trouve mais aussi de qui il est, un enregistrement lui apprend que la planète a non seulement été dévastée par une guerre mondiale, mais que des extra-terrestres l’ont également envahie. Et comme si cela ne lui pesait pas suffisamment sur les épaules, il se voit confier une mission d’importance planétaire: rétablir l’atmosphère afin de sauver les quelques représentants restants de l’espèce humaine

25/10/11 > THE HUMAN CENTIPEDE [HD Digital] à 21H40
Martin est un quarantenaire handicapé mental fasciné et obsédé par le film The Human Centipede. Il cherche à créer à sa manière le fruit de la création entrepris par le Docteur Heitzer dans le film original. Son objectif est de faire un mille-pattes avec douze personnes, toutes reliées de la tête à l'anus pour ainsi créer le plus long tube digestif au monde.

26/10/11 > THE MILLENIUM BUG [HD Digital] à 19H30
31 décembre 1999, la famille Haskin cherche à trouver du calme dans les montagnes Sierra Diablos loin du bruit des villes qui fêtent le passage à l'an 2000. Pas de chance pour eux, tous les 1000 ans sort de terre une horrible créature visqueuse, puante et aux dents acérées...

26/10/11 > BULLHEAD (RUNDSKOP) [35mm] à 21H40
Jacky est issu d’une importante famille d’agriculteurs et d’engraisseurs du sud du Limbourg. C’est un être renfermé et imprévisible, parfois violent… Grâce à sa collaboration avec un vétérinaire corrompu, il s’est forgé une belle place dans le milieu de la mafia des hormones. Mais, au moment de conclure un marché avec le plus puissant des trafiquants de Flandre, un agent fédéral est assassiné…

27/10/11 > PENUMBRA [HD Digital] à 19H30
Une jeune femme exerçant le métier d'agent immobilier fait une visite de dernière minute avec un couple de passage dans sa ville. Ces derniers recherchent un appartement idéalement situé pour approcher la prochaine éclipse...

28/10/11 > LES GOONIES [35mm - VF] à 19H00

28/10/11 > P.O.E. (Poetry of Eerie) [HD Digital] à 21H40
Fantastique anthologie réunissant 13 histoires courtes adaptées d'Edgar Allan Poe par un collectif de cinéastes italiens talentueux.

29/10/11 > PANORAMA DE COURTS MÉTRAGES à 14H00

29/10/11 > THE TAINT (Avant-Première) [HD Digital] à 19H00
Suite à la pollution de l’eau potable, les hommes perdent la boule et se mutent en misogynes psychopathes ultra-violents.

30/10/11 > TAKE SHELTER [35mm] à 16H00
Curtis La Forche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d’une tornade l’obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l’incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l’habite...

+ Snowtown [35mm] et Attack of the block [35mm] (sans date)

A vos agendas !