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Jeunes Filles Impudiques | Jean Rollin (1973)

Dans quelques jours, nous fêterons un triste anniversaire, celui du premier anniversaire de la disparition de Jean Rollin. L’occasion pour nous d'évoquer la disponibilité d'un film méconnu (comme preque toute sa filmographie me direz-vous), Jeunes Filles Impudiques. Encore une fois, il faut se tourner vers le marché extérieur pour pouvoir (re)voir ce long-métrage.


Présentation de l'éditeur
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Deux ravissantes auto-stoppeuses décident de se reposer dans une villa en pleine forêt. La propriété semble inhabitée, mais les jeunes filles ignorent qu'elle sert de Q.G. à une bande de voleurs de bijoux dont l'arrivée soudaine donne lieu à toute une série d'actions violentes et érotiques. Les deux belles font preuve d'une bravoure hors pair et elles ne se laissent nullement intimider par la touche de perversité !

Les jeunes filles impudiques est le premier film que Jean Rollin signe de son pseudonyme Michel Gentil. C'est le premier film aussi où le réalisateur culte fait apparaitre la belle actrice Joëlle Coeur, celle qui deviendra par la suite l'héroïne de plusieurs de ses meilleurs films. Coeur s'impose dans ce film pornographique gai et archi dynamique qui rapidement obtint le statut de film "culte", devenant même un grand succès du box-office américain, dont le slogan évocateur "Sex kittens who stop at nothing !" (Les petites chattes du sexe que rien n'arrête) est devenu légendaire !

Prix : 15 euro

A commander en envoyant un mail à theendstore@gmail(POINT)com

Coming soon : Cinema Retro #22

Dans quelques jours le nouveau Cinema Retro sera disponible auprès de THE END. Un numéro anniversaire puisqu'il marque l'entrée du magazine dans sa huitième année. Un petit miracle en quelque sorte, à l'heure ou tous les "experts" des médias annoncent la fin de la presse papier (encore plus pour la presse dites spécialisée), Cinema Retro témoignent d'un intérêt certain du public aussi bien pour le support que pour la thématique qui, je vous le rappelle, s’intéresse aux films et séries TV des années 60 et 70. Autant dire la base, voire les fondations, de la plus parts des cinéphiles actuels. Mais regardons en détail ce qui nous attends pour janvier 2012 avec Sybil Danning en couverture.


Dossier 8 pages sur Le Dernier train du Katanga* aka Dark of the Sun aka The Mercenaries de Jack Cardiff | Retour sur deux films en Cinerama: Krakatoa à l'est de Java (1969) de Bernard L. Kowalski et de la Conquête de l'ouest de John Ford, Henry Hathaway et de George Marshall signé Sir Christopher Frayling | Bonus le making of de la conquête de l'ouest | Delivrance de John Boorman | Les films d'Elvis Prestley | Des photos rares de James Bond et toutes les rubriques habituelles (dvd, livres, soundtrack,...)

Pour commander ou réserver votre numéro, envoyer un mail à theendstore@gmail(POINT)com

Prix : 12 euro

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*A noter que dans le numéro 11 de la revue Impact daté du mois de septembre / octobre 2011, le Professeur Thibaut décrypte le film.

Nikkatsu / Rétrospective // DVD /// Livre

Du 7 décembre 2011 au 20 janvier 2012, la cinémathèque de Paris accueille une grande rétrospective consacrée à la Nikkatsu. A travers une sélection de films rares et indisponibles en dvd pour la plus part, la cinémathèque a voulu retracer 100 ans de cinéma japonais à travers la vie d'un studio hors norme qui a vu éclore des talents aussi diverses que Kenji Mizoguchi ou Seijun Suzuki. Ce maitre du polar déjanté sera bien évidemment représenté avec deux longs métrages (La jeunesse de la bête et le vagabond de Tokyo, tous deux disponibles en dvd chez HK Vidéo). Pour beaucoup de fanatique de cinéma érotique (japonais), la Nikkatsu c'est LE studio du Roman Porno (ou Pinku Eiga) et bien évidemment le genre aura droit à trois soirées Bis pour découvrir sur grand écran des œuvres de Chûsei Sone, Noboru Tanaka ou Yasuharu Hasebe dont certains de leurs films sont disponible en France en dvd. Mais laissons la place à Jean-François Rauger qui nous présente la manifestation :


Centenaire de la Nikkatsu

Fondée en 1912, la Nikkatsu est une des plus anciennes compagnies de production cinématographique japonaises. Son histoire témoigne des transformations du cinéma mais aussi de la société. Elle saura s’adapter aux mutations du public et trouvera des solutions originales (le roman porno par exemple) aux crises récurrentes de l’industrie cinématographique.

Parcourir en trente-sept films l’évolution d’une compagnie de production est une manière d’entrer dans l’histoire du cinéma qui ne réduirait pas celle-ci à une addition de titres ni à une sélection de cinéastes, mais à l’examen d’une stratégie industrielle s’adaptant aux transformations de la société et sensible à l’évolution du public. Un mouvement auquel se sont parfois exemplairement pliés quelques-uns de ceux qui sont devenus d’indiscutables auteurs du cinéma. C’est en tout cas ce que nous permettra de constater la programmation consacrée au studio Nikkatsu, qui fêtera son centenaire en 2012. Divisée en grands studios intégrés verticalement (production distribution-exploitation), l’industrie cinématographique japonaise doit sa richesse et sa particularité à ce profil oligopolistique, force et faiblesse de la cinématographie nipponne classique.

Genre contre drames sociaux
La Nikkatsu a été fondée en 1912 par le regroupement de quatre compagnies de cinéma, cumulant les activités d’exploitation de salles, de distribution et de production. Elle possède alors des studios à Tokyo et à Kyoto. Elle lance notamment Matsunosuke Onoe, acteur venu du théâtre kabuki, qui deviendra une des premières stars du cinéma nippon, dans des oeuvres qui constitueront les sources du film de sabre (chambara) et du ninjutsu eiga (films de ninjas), comme le montrera l’étonnant fragment retrouvé et restauré de Jiraiya le ninja de Shôzô Makino (1921). Mais à côté de la production de films historiques, la Nikkatsu s’intéresse aussi aux drames contemporains, catégorie dans laquelle s’affirme Kenji Mizoguchi (La Marche de Tokyo en 1929 ou Terre natale l’année suivante, sans doute les titres les plus anciens disponibles de l’auteur de La Rue de la honte). Alors que Masahiro Makino (fils de Shôzô) continue la tradition du cinéma de genre (Singing Love Birds est un très curieux film musical) dans les années 1930, on voit émerger des cinéastes comme Sadao Yamanaka, cinéaste-poète à la carrière fulgurante (il est mort à la guerre à 28 ans, seuls trois de ses films subsistent) dont seront montrés Tange Sazen et le pot d’un million de ryôs (1935), ainsi que Kôchiyama Sôshun (1936), comédies satiriques subtilement amorales, dénonçant l’ordre féodal.
Pendant la guerre, la Nikkatsu sera contrainte, à la demande du régime militaire, de fusionner avec d’autres compagnies de production. En 1942, son département de production est absorbé par la DAIEI. Essentiellement concentrée sur son réseau de salles après la guerre, la Nikkatsu reprend des activités de production à partir de 1954.

Vers la modernité
Un nouvel âge d’or pour l’industrie cinématographique japonaise s’annonce alors. La Nikkatsu va prendre en compte le rajeunissement d’un public, en quête d’autonomie et d’affirmation générationnelle. C’est le moment des films sur ce que l’on a appelé « la Génération du soleil » et de la découverte d’une nouvelle liberté chez de nombreux cinéastes. De Passions juvéniles de Kô Nakahira par exemple (1956), François Truffaut écrira : « La mise en scène est admirable d’invention et de non conformisme. Presque tous les raccords sont faux, tout simplement parce que les plans se suivent et ne se ressemblent pas… ».

Parallèlement à ce rajeunissement général de l’inspiration, quelques auteurs vont s’imposer à la Nikkatsu, comme Yuzo Kawashima, chaînon manquant du cinéma nippon vers la modernité. On verra de lui Le Paradis de Suzaki (1956) et Chronique du soleil à la fin d’Edo (1957). Puis les désillusions de la « Génération du soleil » s’incarneront dans les années 1960 dans une série de films noirs signés notamment Koreyoshi Kurahara (Black Sun ou The Warped Ones) ou Takashi Nomura (A Colt Is My Passport). Seijun Suzuki, quant à lui, fera exploser le genre dans une série de titres ultra stylisés mêlant violence et grotesque, comme La Jeunesse de la bête ou Le Vagabond de Tokyo. Mais les doutes et les révoltes de la jeunesse s’incarneront, tout autant sinon plus, dans les films de Shôhei Imamura, rejetons d’une Nouvelle Vague qui s’attaqueront de front à la société japonaise et à ses mensonges (Cochons et Cuirassés) et inventeront un cinéma de la pulsion individuelle (Désir meurtrier), elle-même symptôme d’une société déboussolée.

Naissance du roman porno
Au début des années 1970, face à la concurrence de la télévision et à la chute de la fréquentation des salles, les studios durent proposer au public des sensations plus fortes en accentuant la violence et l’érotisme. La Nikkatsu sera ainsi sauvée de la faillite par le roman porno, somptueux genre-maison inauguré en 1971 avec un film comme Le Jardin secret des ménagères perverses de Shôgorô Nishimura. L’audace des sujets et des situations, où s’affirme une sexualité crue, brutale souvent, tordue parfois, inquiétante toujours, s’y marie avec des inventions formelles ébouriffantes. Une génération de cinéastes talentueux, doués, profonds, s’y affirme, comme Tatsumi Kumashiro (L’Enfer des femmes, forêt humide, étonnante transposition de la Justine de Sade), Chûsei Sone (sans aucun doute la révélation de cette programmation), Noboru Tanaka (Rape and Death of a Housewife), Masaru Konuma (Sasurai no koibito : memai). Véritable âge d’or du cinéma japonais, expression à part entière d’une modernité à la fois révoltée et désenchantée, morbide et ardente, le roman porno de la Nikkatsu aura constitué un moment crucial et inégalé depuis.


Jean-François Rauger




Si nous évoquons cette rétrospective à la cinémathèque de Paris, c'est pour vous informer de la disponibilité auprès de THE END, de deux produits qui sont les parfaits compléments pour approfondir (une partie de) l'histoire du studio et découvrir chez soi des perles méconnues de la Nikkastu. Commençons tout d'abord avec ce coffret signé Eclipse (collection parallèle de l'éditeur américain Criterion) intitulé Nikkatsu Noir avec 5 polar à la japonaise.


I Am Waiting de Koreyoshi Kurahara (1957)
Rusty Knife de Toshio Masuda (1958)
Take Aim at the Police Van de Seijun Suzuki (1960)
Cruel Gun Story de Takumi Furukawa (1964)
A Colt Is My Passport de Takashi Nomura (1967)

Seulement deux films (affichés en gras) du coffret seront proposés au public français mais d'autres films (tout aussi intéressants) seront projetés comme Black Sun (1964) et The Woman from the Sea (1959) de Koreyoshi Kurahara.
Pour compléter ses cinq polars japonais - caractérisés par une imagination visuelle de tous les instants - un ouvrage en anglais est paru en 2007, revenant en 160 pages sur les figures les plus importantes du genre.

Décomposé en quatre sections, le livre parle autant des acteurs emblématiques du studio (Yujiro Ishihara, Akira Kobayashi, Keiichiro Akagi et Tetsuya Watari), des actrices (Mie Kitahara, Ruriko Asaoka, Izumi Ashikawa et Meiko Kaji), des acteurs (Joe Shishido, Hideaki Nitani, Nobuo Kaneko, Tamio Kawachi, Hideki Takahashi et Tatsuya Fuji) et des réalisateurs méconnus (Toshio Masuda, Koreyoshi Kurahara) ou cultes comme Seijun Suzuki et Yasuharu Hasebe. L'auteur Mark Shilling, vivant depuis plus de 30 au pays du soleil levant, apporte son lot d'anecdotes passionnantes et d'analyses pertinentes. Un petit livre par la taille mais un régal pour cinéphile avide de découvrir tout un pan du cinéma (d'exploitation japonais) encore méconnu aujourd'hui.
Espérons que cette rétrospective (parisienne) rencontre le succès et qu'un éditeur vidéo (Wild Side ? Carlotta ? HK Vidéo ? ) décident d'investir dans ce cinéma ô combien divertissant et esthétiquement éblouissant.

Retrouvez la programmation du cycle Nikkatsu sur le site de la cinémathèque de Paris, ici

Cinémathèque de Nice | David Lean & Pierre Etaix

La programmation du mois de décembre 2011 de la cinémathèque de Nice fait écho à deux coffrets dvd indispensables de deux "monstres" du cinéma et aujourd'hui disponible dans dans des conditions optimums !
Commençons par l'édition la plus récente avec le coffret David Lean aux éditions Carlotta renfermant 5 long métrages du réalisateur anglais réalisé entre 1944 et 1950.


5 chefs-d’œuvre sur une période de dix ans durant laquelle David Lean, avant les fresques épiques de la maturité (dont Lawrence d’Arabie et Le Docteur Jivago), devient le maître du cinéma classique anglais. Des comédies de ses débuts aux mélodrames passionnés, le cinéaste élabore un grand style, épris de perfection technique, au montage raffiné. Son tempérament romantique y mélange le lyrisme, la hantise des sentiments fragiles, abîmés, disparus, et la respiration des éléments, ciel, vent et pluie. Incontournable !

Seulement 2 films sur 5 du coffret seront diffusés à la cinémathèque de Nice mais l'institution se rattrape en nous proposant d'autres long métrages de la même période ainsi que les grands succès du metteur en scène (Lawrence d'Arabie, le Pont de la rivière Kwai, Docteur Jivago) :

HEUREUX MORTELS (1944)
1919-1939. Pendant vingt ans, la famille Gibbons réside au 17 Sycamore Road, Clapham, au sud de Londres. Sur fond des grands événements de la vie politique et sociale en Grande-Bretagne, la vie des Gibbons déroule ses joies et ses peines, ses mariages et ses deuils, ses cocasseries et ses nostalgies…
Sous l’autorité de l’auteur, David Lean transpose à l’écran une pièce de Noël Coward, son parrain de cinéma. Avec cette tranche de vie magnifiée par un Technicolor discret et raffiné, Lean dresse à la fois le portrait d’une maison, d’une famille et d’un pays. L’origine théâtrale du matériau stimule son inventivité de cinéaste, les caractères truculents du dramaturge se marient avec le lyrisme plus étouffé du réalisateur. Triomphe exemplaire de l’énergie britannique du moment, Heureux Mortels réunit déjà plusieurs visages familiers du cinéma de David Lean, dont Celia Johnson (Brève Rencontre) et le légendaire John Mills (Les Grandes Espérances, La Fille de Ryan).
> mardi 20 décembre à 14h00
> jeudi 22 décembre à 18h30


BRÈVE RENCONTRE (1945)
Sur un quai de gare, en banlieue de Londres, deux êtres, Alec et Laura, se rencontrent par hasard. Chacun est marié et heureux dans son quotidien bourgeois. D’une rencontre à l’autre, ils se revoient et tombent amoureux. Il leur faut alors affronter la tentation de l’adultère et les dangers du commérage. Ces brefs moments transformeront à jamais leurs existences jusqu’alors paisibles…
Dernière collaboration de David Lean avec le dramaturge Noël Coward, Brève Rencontre est l’une des œuvres centrales du cinéma britannique de l’après-guerre, dont il capture l’amertume, la monotonie du quotidien, la délicatesse d’émotion et le rêve d’évasion. Pour la première fois, le romantisme de Lean s’exprime en solo et, porté par les clairs-obscurs de la photographie de Robert Krasker (Le Troisième Homme) et la musique de Rachmaninov, métamorphose le fait divers en une chronique déchirante sur l’élan et la fragilité de la passion.
> jeudi 8 décembre à 20h00
> samedi 10 décembre à 16h00


L'ESPRIT S'AMUSE
(1945)
Romancier couronné de succès, Charles Condomine vient d’épouser en secondes noces la belle Ruth. Pour préparer son nouveau livre, il invite une voyante pour une séance de spiritisme qui a des conséquences imprévues. L’expérience réveille en effet le fantôme d’Elvira, la première épouse de Charles, qui décide de s’installer dans le manoir des nouveaux mariés...
Après Heureux Mortels, David Lean adapte à nouveau une pièce de Noël Coward. Cette fois, il s’agit d’une histoire excentrique et surnaturelle, qui mêle la comédie sophistiquée avec le goût de la période pour les fantaisies magiques. Équilibre d’ironie et de séduction formelle, L’Esprit s’amuse permet aussi à Lean de transcender le matériau d’origine par des idées visuelles originales et une splendide utilisation du Technicolor, d’où émerge le spectre vert d’Elvira !
> jeudi 8 décembre à 18h30
> samedi 10 décembre à 14h00

LES AMANTS PASSIONNÉS (1949)
Mariée au riche et bienveillant Howard Justin, Mary se souvient de son amour pour Steven Stratton. Elle avait d’abord fui la passion avant d’y céder. Des années plus tard, le couple Justin a retrouvé son harmonie, mais le destin fait se retrouver Mary et Steven...
Autour d’Ann Todd, sa troisième épouse, David Lean réunit Trevor Howard (Brève Rencontre) et Claude Rains, son acteur préféré (Casablanca, Les Enchaînés), pour un mélodrame original et flamboyant. Entre liberté baroque et tension parfois proche du thriller, Les Amants passionnés reprend les thèmes de l’adultère et de la passion abordés dans Brève Rencontre et leur donne une forme lyrique, exacerbée, magnifiée par les paysages romantiques et rendue énigmatique par l’imbrication complexe des flashbacks. Au fil des souvenirs de l’héroïne, Lean dresse le portrait subtil des sentiments en perpétuelle métamorphose, du désir et de la peur de la passion jusqu’au mensonge, à la violence et au sublime.

MADELEINE (1950)
En 1857, à Glasgow, contre les voeux de ses parents, qui la destinent à un mariage bourgeois et prometteur, Madeleine Smith noue une relation secrète et passionnée avec Émile L’Angelier. Lorsqu’elle décide de mettre un terme à cette liaison, celui-ci se rebelle. Peu après, Madeleine est accusée de l’avoir empoisonné...
Épouse et muse de David Lean, l’actrice Ann Todd (Les Amants passionnés, Le Mur du son) était fascinée par la figure de Madeleine Smith. Pour elle, le cinéaste élabore un complexe portrait de femme, entre mélodrame et film judiciaire. Par une construction elliptique et la trame raffinée des métaphores du montage, Lean livre l’une de ses œuvres les plus sensuelles, troublante exploration des interdits et de l’érotisme victoriens.

Comme à l'accoutumée, Carlotta a gorgé ce coffret de bonus succincts mais passionnants

Préfaces de Pierre Berthomieu pour tous les films
« Il était une fois Brève rencontre » : souvenirs du tournage (24’)
« Directed by David Lean » : portrait de David Lean par Pierre Berthomieu (32’)
Bande-annonces et galerie photos pour tous les films

Les autres films de l'hommage (20 ans déjà que le cinéaste nous a quitté) à David Lean sont :

LES GRANDES ESPÉRANCES (1946)
CEUX QUI SERVENT EN MER (1942), co-réalisé par Noel Coward
OLIVER TWIST (1948)
CHAUSSURE À SON PIED (1954)
LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ (1957)
LAWRENCE D’ARABIE (1962)
LE DOCTEUR JIVAGO (1965)
LA FILLE DE RYAN (1969)
LA ROUTE DES INDES (1984)

A noter que le film Summertime (1955) est disponible en dvd depuis cet été dans une magnifique édition collector toujours chez Carlotta.

Passons maintenant à l'autre moment fort du mois avec la rétrospective Pierre Etaix. En novembre 2010, un coffret intégral de l’œuvre de Pierre Etaix voyait le jour après des années de bataille judiciaire et d'imbroglio juridique.

S'il fallait résumer la vie et l’œuvre de Pierre Etaix, celui de Clown vient très vite à l'esprit. Son travail au cirque, au music-hall, au cinéma ses écrits et son œuvre picturale témoignent qu'il est le digne héritier d'une longue tradition clowesque qu'il a su prolonger jusque dans ses films, comme ses prédécesseurs, de Charlie Caplin à Buster Keaton, l'avaient fait en leur temps. Dessinateur, gagman, musicien, metteur en scène, décorateur de théâtre, mime, cinéaste, homme de télévision, poète, Étaix démarre sur les planches qu’il ne quittera jamais. Mais fasciné par le grand écran, il se lance, au début des années 1960, avec son ami Jean-Claude Carrière, dans la réalisation. C’est le début de 10 ans de collaboration qui donnent naissance à 5 longs métrages et 3 courts qui parcoureront le monde jusqu’au moment où, conséquences d’imbroglios juridiques, les films ne pourront plus être visibles pendant près de 20 ans.

LE SOUPIRANT (1962)
Un jeune homme timide doit se marier très rapidement pour hériter d'une fortune…
> jeudi 22 décembre à 14h00
> vendredi 23 décembre à 18h00
Le film sera précédé du court-métrage : Rupture, 1961, 11mn

YOYO (1964)
Au milieu de toutes ses richesses, un milliardaire s'ennuie, rêvant devant la photo d'une femme. Passe un cirque où il reconnaît dans l'écuyère la femme de la photo, qui a un enfant qui lui ressemble…
> mardi 6 décembre à 20h00
> dimanche 11 décembre à 15h00
Le film sera précédé du court-métrage : Heureux Ann

TANT QU’ON A LA SANTÉ (1966)
Les mésaventures de Pierre, jeune homme sérieux et calme, dans le monde moderne…
> mardi 13 décembre à 20h30
> vendredi 16 décembre à 16h00

LE GRAND AMOUR (1969)
Marié avec Florence et directeur de l'usine de son beau-père, Pierre mène une vie rangée et doucement heureuse. Mais une nouvelle secrétaire arrive et Pierre en tombe amoureux…
> mercredi 7 décembre à 14h00
> vendredi 9 décembre à 20h00
Le film sera précédé du court-métrage : En pleine forme, 1971, 12mn

PAYS DE COCAGNE (1969)
Des Français en vacances, suivis par la caméra de Pierre Étaix, vivent et livrent leurs opinions sur des sujets divers : l'Homme sur la Lune, la publicité, l'érotisme, le mariage…
> mercredi 28 décembre à 18h00

En bonus, on retrouve les suppléments suivants :

PIERRE ETAIX, NATURELLEMENT - 2010 - 30' - d'Odile Etaix
Tout a un lien chez Pierre Etaix : le dessin, le cirque, le cinéma... Un regard sur l'artiste, les éléments détenteurs de son comique, de la scène du music-hall au cinéma, en passant par la piste.

L'ILE AUX FLEURS - 1989 - 12' - de Jorge Furtago
Un film culte et rare choisi par Pierre Etaix.

LE CAUCHEMAR DE MELIES - 1988 - 4' - bde Pierre Etaix
Un film vidéo réalisé dans le cadre d'une hommage à Méliès.


La cinémathèque propose également le dernier long métrage de Pierre Etaix et non disponible sur support numérique :

L’ÂGE DE MONSIEUR EST AVANCÉ
(1987)
Un auteur interroge son actrice et le régisseur du théâtre sur la pièce qu'il écrit et qu'il répète. Entre les trois personnages se joue peu à peu une autre pièce…
> mercredi 4 janvier à 14h00
> vendredi 6 janvier à 18h15

A côté de cela, quelques reprises (Red, True Grit,...) films d'animations (le château des singes, Une vie de chats) pour les fêtes et d'autres classiques (les lumières de la ville, Bessie à Brodway), bref un mois chargé et pour tout savoir sur le programme, on vous invite à vous rendre sur le site de la cinémathèque de nice, ici

Coffret David Lean : 40 euro
Coffret Pierre Etaix : 50 euro (+ livres de 112 pages)

A commander en envoyant un mail à theendstore@gmail(POINT)com

source : Arte, Carlotta, Cinémathèque de Nice

La Nouvelle Vague Allemande | coffret dvd

Noël est la période propice au cadeaux et notamment aux coffrets dvd et blu-ray. L'éditeur La Vie est belle a pensé à tous les germanophiles avec un coffret de 9 films pour découvrir la relève du cinéma allemand.


Présentation de l'éditeur
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Dès le début des années 2000, de jeunes réalisateurs allemands s’emploient avec foi, humilité et sobriété à renouveler l’esthétique, le style et l’histoire du cinéma de leur pays. Établis à Berlin, ils se sont rencontrés « A travers les films des uns et des autres », selon l’expression d’Angela Schanelec. Leur cinéma, intimiste, est un reflet puissant de l’Allemagne d’aujourd’hui. Ils sont régulièrement sélectionnés à Cannes, Berlin ou Toronto. La presse européenne a baptisé leur mouvement « École de Berlin ». Ce coffret rassemble quelques-uns de leurs films majeurs.

Angela Schanelec
Orly (2010)
Quatre récits croisés, quatre moments d’une vie dans un lieu où l’on ne fait habituellement que passer, l’aéroport d’Orly. Une jeune femme, partant chez elle rejoindre son mari, tombe amoureuse d’un autre homme. Une mère accompagne son fils encore adolescent à l’enterrement de son ancien mari et père de l’enfant. Un jeune couple en route pour un grand voyage se perd de vue. Une femme a besoin de se retrouver dans l‘anonymat de la foule des passagers pour pouvoir ouvrir la lettre de rupture que son compagnon lui a envoyée. Tous attendent leur vol…

Nachmittag (2007)
Dans la maison qu’il partage au bord d’un lac avec son oncle souffrant, Konstantin, jeune écrivain, retrouve sa mère, actrice de théâtre ainsi qu’Agnès, son amour de jeunesse. Un après-midi d’été baigné de lumière suffit à constater la solitude de chacun et l’impossibilité des relations d’alors. "J’ai conçu Nachmittag en m’inspirant de La Mouette de Tchékhov, la pièce que j’avais en tête, ou plus exactement ce qu’elle représentait pour moi, le souvenir que j’en avais gardé. La mère, le fils, le frère aîné, la maison, le lac, l’été. Chez Tchékhov, plus de deux années s’écoulent ; mais pour pouvoir en saisir l’histoire, je pensais que, pour mon film, elle se déroulerait sur un après-midi seulement. D’où le titre. Finalement, il a fallu trois jours en été pour qu’on assiste à la fin d’une famille. Le plus souvent, j’ai pensé à l’amour entre la mère et le fils qui se côtoient sans jamais se rencontrer vraiment, ce rapport qui va jusqu’au vide où l’on se perd soi-même."

Marseille (2005)
Le temps des vacances, Sophie échange son appartement en Allemagne contre un studio à Marseille où elle ne connaît personne. Seule, elle sillonne les rues et s’imprègne de la ville. Son visage et son histoire sont un mystère.

Christoph Hochhaüsler

Le Bois lacté (2003)
Sylvia est la belle-mère de deux jeunes enfants, Léa et Konstantin. Ils vivent en Allemagne, près de la frontière polonaise. La jeune femme ne s'entend pas avec eux. Un jour, en les ramenant de l'école, elle prétexte une course à faire en Pologne pour les y abandonner. De retour à la maison, elle cache la vérité à son mari. Ne voyant pas ses enfants revenir, celui-ci part à leur recherche.

L'Imposteur (2005)
Étouffé par l'amour de sa mère, par les attentes de son père et par l'ennui mortel de la vie dans la banlieue, Armin, 18 ans, se met à écrire des lettres anonymes. Il s'inspire tout d'abord d'un accident dont il a été témoin, puis d'un crime dont il vient de prendre connaissance. Ce qui n'était au départ qu'un jeu vire bientôt à l'obsession.

Henner Winckler

Voyage Scolaire (2002)
Ronny est un lycéen timide et introverti. Au cours d’un voyage d’études en Pologne, alors que ses camarades s’amusent, il reste dans son coin, tout en sirotant des bières. Lorsque son regard croise celui d’Isa, une fille de sa classe au tempérament sauvage, il s’éprend d’elle. Un soir, ils rencontrent Marek, un jeune Polonais. Ronny s’aperçoit rapidement que Marek est très intéressé par Isa. Commence alors un jeu dangereux...

Lucy (2006)
Maggy est une jeune mère célibataire de 18 ans. Elle vit avec sa fille Lucy chez sa mère, jusqu’au jour où elle rencontre Gordon, serveur dans une discothèque. Ils s’installent ensemble et tentent tant bien que mal d’élever l’enfant malgré leur désir de liberté.

Ulrich Köhler
Bungalow (2002)
Au retour d’une manœuvre, Paul, un jeune soldat, se sépare furtivement du reste de la troupe en se laissant oublier à une station-service. Tandis que ses camarades retournent à la caserne, Paul se rend dans le bungalow de ses parents. Sa désertion se complique le jour où son frère Max arrive en compagnie de sa petite amie, Lene.

Montag (2006)
Nina et Frieder s’installent avec leur petite fille dans une nouvelle maison qu’ils rénovent eux-mêmes. Un soir sans prévenir personne, Nina ne revient pas chez elle. Elle se retrouve alors à rôder dans les couloirs d’un étrange hôtel qui s’élève au coeur de la forêt. Lentement, la nouvelle vie de la famille se fissure.

Si ces titres de film ou ses réalisateurs ne vous disent pas grand chose, ce n'est pas grave car vous avez le temps de faire connaissance avec la relève du cinéma allemand. Remercions le label La vie est belle de nous offrir ce coffret en édition limité à 250 exemplaires. Sachez que les films étaient déjà disponibles en duo ou à l'unité mais que ce regroupement à un prix très attractif est une bonne raison pour découvrir cette prometteuse génération de réalisateur.

En bonus pour approfondir cette Nouvelle vague, on vous propose un extrait de l'article de Pierre Gras paru dans les Cahiers du cinéma #662 en décembre 2010.

"Quatre facteurs majeurs expliquent l'apparition de cette génération des années 2000. Le premier est une réaction contre la banalité du cinéma commercial allemand de la fin des années 90, comme à ses variantes modernes (Cours, Lola, cours, Good bye Lenin ! et les trois films de Fatih Akin Head-on) devenues aujourd'hui des succès d'exportation. [...] Le deuxième facteur est l'existence d'un réseau dense d'écoles de cinéma et d'écoles d'art où la pupat des membres importants de cette génération ont été formés. Hochhaüsler et Heinsenberg ont travaillé ensemble à l'école de Munich, où un peu plus tard Ade a suivi les cours de production. Winckler a étudié le cinéma à Hambourg et Grisebach à Vienne, Köhler vient de l'école d'art de Hambourg. [...] En créant la revue semestrielle Revolver, Hochhaüsler et Heisenberg ont ensuite joué un rôle dans cette cristallisation d'ambitions neuves en donnant la parole aux cinéastes.[...] Enfin, les cinéastes profitent de la bonne santé économique de l'industrie après des années 90 mortifères.
Pierre Gras

Prix : 48 euro / 9 films

Pour commander le coffret envoyer un mail à theendstore@gmail(POINT)com

ArrowDrome, des rééditions et de la Blaxploitation

Cela fait quelques semaines que nous n'avons pas évoqué la collection Arrowdrome de l'éditeur anglais Arrow et il était temps d'y remédier. Dans cette première salve de titres bon nombre sont des rééditions de films précédemment sorti en blu-ray dans de superbes packagings et aujourd'hui disponible en dvd à prix raisonnable. Vous comprendrez donc que l'ont passe rapidement sur ses sorties pour évoquer LE titre qui nous intéresse.

> Obsession de Brian De Palma
Interview avec Brian De Palma, Cliff Robertson et Genevieve Bujold, bande annonce cinéma et livret signé Brad Stevens
> The Bird With the Crystal Plumage de Dario Argento disponible en France chez Wild Side
> The Funhouse de Tobe Hooper
Interview du réalisateur, bande-annone et livret de Kim Newman (Videowatchdog, Sight and Sound).
> The Cat O' Nine Tails de Dario Argento également disponible chez Wild Side.
Interview du réalisateur, bande-annonce et livret de Alan Jones, biographe de Dario Argento.

Passons maintenant au titre de Février 2012 qui nous intéresse avec Penitentiary (1979) de Jamaa Fanaka (et non Sanaka comme sur la vhs française Carrere Video & Mariko).
A la suite d'une altercation dans un bar, Martel Cordone est incarcéré...

Écrit, produit et réalisé Jamaa Fanaka (de son vrai nom Walter Gordon), Penitentiary est une descente sans concession dans l'enfer carcéral. Si le déroulement du scénario peut paraitre classique, le film reste encore aujourd'hui atypique et (d)étonnant. De part leur durée ou par le sujet filmé, certaines séquences du film étonnera le cinéphage habitué de film de prison. Comme l'affrontement tendu et violent de plus de 10 minutes entre notre héros (Leon Isaac Kennedy) et son codétenu (Badja Djola) dans leur cellule alors que les autres prisonniers pensent à un viol ou la vision troublée d'un boxeur k-o de son adversaire en travesti, Fanaka place le sexe au centre de son film.


Plus étonnant est l’absence de clivage ethnique pour la simple et bonne raison que la prison est composée à 99% de noir. Pourtant dans tout bon film de Blaxploitation il y a toujours une scène (ou plusieurs) ou le blanc est un horrible esclavagiste moderne et le policier forcément facho, adepte de la ratonnade. Ici, au contraire c'est grâce aux blancs que notre héros retrouvera la liberté. Est-ce une faiblesse ? non, puisque le long-métrage ne cesse d'adopter des angles originaux pour évoquer la vie dans un pénitencier.
A l'exception de la scène d'ouverture et de la séquence de fin, le long métrage se situe dans l'enceinte de la prison (lieu qui servit au tournage de Freddy de Wes Craven). Mais pour autant le film comporte des (petites) bouffées d'air avec les travestis, la tenue des prisonniers (des jeans "pat d'eph") et des séquences de danse sur de la musique soul ou funky. A noter que la bande originale du film a été écrite par Frankie Gaye, frère de Marvin, dont c'est la seule incursion dans la Blaxploitation.

Déjà édité en zone 1 en édition spéciale, ce zone 2 uk (sans version française, ni sous titres) comporte comme suppléments un commentaire audio de Jamaa Fanaka, des bandes-annonces et un livret écrit par Calum Waddell, journaliste et auteur de Jack Hill: The Exploitation and Blaxploitation Master. Mais le bonus le plus important est l'ajout de la séquelle Penitentiary II (L'oeil du tigre en V.F.) avec Mr. T. Voilà de quoi donner envie de découvrir ce film plaisant et percutant.

The Wicker Man (1973) | Ciné B

Alors qu'habituellement le fan de ciné Bis lorgne avec envie sur la programmation (bis) de la cinémathèque de Paris, le cinéphile azuréen pourra se délecter de The Wicker Man sur grand écran. Un cadeau de Noël avant l'heure.


À la suite de la disparition d'une petite fille sur la petite île de Summerisle, la police envoie un de ses inspecteurs pour enquêter. Sa tâche est compliquée par les insulaires qui nient l'existence de l'enfant et semblent dissimuler d'étranges pratiques...

Sur un scénario d'Anthony Shaffer (Frenzy, Le Limier), financé par le producteur de L'homme qui venait d'ailleurs (David Bowie / Nicolas Roeg) ce film étrange réalisé par Robin Hardy a acquis au fil du temps le statut d’œuvre culte. Réalisateur à la carrière brève, Robin Hardy a retrouvé en 2011 l'univers de The Wicker Man avec The Wicker Tree. Sorti dans divers festivals, ce nouveau film toujours inédit en dvd semble avoir quelques difficulté pour trouver le chemin des revendeurs.
Dans la production des années 70, The Wicker Man fait figure d'ovni à côté des films de la Hammer ou de la Amicus. Son sujet, sa mise en scène et les ombres scénaristiques font de ce long-métrage une inexpérience incroyable qui n'a toujours pas perdu de sa force et de son mystère.

Le film fut édité en dvd dans la collection "Cinéma de Quartier" de Jean-Pierre Dionnet dans une édition 2dvd (aujourd'hui introuvable) comprenant la version longue du film de 99 minutes contre 84 pour la version salle. Le site internet de la cinémathèque de Nice indique 1h39 ce qui laisserait penser qu'il s'agit de la version longue. Info ou Intox, seul les azuréens pourront confirmer ceci mais il n'est pas impossible que se soit la version longue tant la diffusion en dvd tant à se généraliser dans l'institution.

> vendredi 2 décembre à 21h30