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Cahiers du Cinéma #671 | Sur la route avec Cimino

Ce numéro du mois d'octobre risque de rentrer dans la légende et d'être reprit par bien des blogs qui s’intéressent un minimum à Michael Cimino. Le réalisateur de Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter, 1978) Le canardeur (Thunderbolt and Lightfoot, 1974) et La Porte du Paradis (Heaven's Gate, 1980) a accepté de recevoir le journaliste et auteur Jean-Baptiste Thoret (auteur du cinéma des années 70) pour un voyage dans le passé de ce cinéaste culte, victime broyé par Hollywood.



Quelle autre revue (française) propose 22 pages sur Michael Cimino, un plaidoyer Contre Cannibal Holocaust (Vincent Malausa), une rencontre avec Yoshihiro Nishimura, réalisateur de Tokyo Gore Police (Stéphane du Mesnildot), 10 pages d'entretien avec Philippe Garrel (Nicolas Azabert & Stéphane Delorme), 10 pages sur Raoul Ruiz (Azabert & Delorme), 9 pages sur Fritz Lang à l’occasion de la prochaine rétrospective à la cinémathèque de Paris et du film Metropolis en version longue et les critiques habituelles (dvd, livres).

Bref un numéro indispensable pour tous ceux qui veulent savoir comment Cimino a écrit le scénario de Silent Running, comment il a rencontré Clint Eastwood, quels sont les cinéastes qui l'ont influencé, les lieux dont il se sent en connexion. Un document, une rencontre, appelé cela comme vous voulez, le papier de Jean Baptiste Thoret est l'article de l'année en ce qui nous concerne.

source : Cahiers du Cinéma

Frankenhooker en blu-ray !

Pas une semaine, pas un mois sans que le label anglais Arrow Films face l'actualité dans la blogosphère cinéma et pour cause, chaque sortie crée l'événement. Et ce n'est pas leur prochain titre qui risque de calmer les ardeurs des cinéphiles. Puisque le 5 décembre prochain, le film culte (parmi tant d'autres) de Frank Henenlotter, Frankenhooker aura droit à une édition hautement défini !


Depuis que sa fiancée est morte déchiquetée dans un terrible accident de tondeuse à gazon, Jeffrey, inspiré par la mythe de Frankenstein, n'a qu'une obsession : redonner vie à sa promise. Ayant sauvé la tête de cette dernière, il décide de lui donner un corps de rêve. Pour cela il écume les fonds de New York et organise une soirée "explosive" avec des prostituées qui éclateront les unes après les autres, lui livrant pêle-mêle leurs meilleurs morceaux pour reconstituer sa dulcinée. Mais quand l'orage lui donnera vie, le rêve deviendra cauchemar.

Le film est également annoncé en blu-ray en zone A par Synapse mais à la vue des bonus de l'édition anglaise, il ne fait (quasiment) aucun doute que l'édition Arrow enterre la sortie du label américain et ce grâce à une quantité de bonus exclusif !

Reversible sleeve with original and newly commissioned artwork by Graham Humphries
Double-sided fold-out artwork poster
Exclusive collector’s booklet featuring brand new writing on the film by Calum Waddell
BLU-RAY CONTAINS:
Brand New High Definition Transfer of the film (1080p)
SPECIAL FEATURES: - UK exclusive audio commentary with director Frank Henenlotter and star James Lorinz
UK exclusive introduction to the film by actor James Lorinz (1080p)
Your Date’s on a Plate: The Making of Frankenhooker: UK exclusive 'making of' documentary featuring director Frank Henenlotter, star James Lorinz and special effects artist Gabe Bartalos (1080p)
A personal UK exclusive tour of the Gabe Bartalos effects lab in Los Angeles, California (1080p)
A Salad That Was Once Named Elizabeth: Patty Mullen Remembers Frankenhooker
A Stitch In Time: The Make-Up Effects Of Frankenhooker
Turning Tricks: Jennifer Delora Remembers Frankenhooker
Original theatrical trailer



Cette relecture déjanté du mythe de Frankenstein est une véritable merveille de cinéma rigolo trash. A l'instar de ces précédents films, Elmer le remue méninge, Basket Case ou du récent Sex Addict (Bad Biology, disponible auprès de THE END en dvd), Frank Henenlotter, nous propose un cocktail détonnant d'humour gore arrosé
d'une satyre de notre société du superficiel.

Artus Films, le Jurassic Pack !

Après deux coffrets Prestige consacré à Bela Lugosi et à la Planète Mars, Artus continue sur sa lancée en compilant quatre films pour rugir de plaisir.


En 1915, le génial technicien d’effets spéciaux Willis O’Brien, réalise « The Dinosaur and the Missing Link », un court-métrage d’animation, ouvrant ainsi la voie à un thème majeur du cinéma fantastique, l’un des plus prolifiques et des plus populaires : le film de dinosaures. Populaire, car ce genre est bien souvent un mélange savoureux d’aventures, d’exotisme, de fantastique, et parfois, d’horreur, de western, ou de science-fiction. Prolifique, car depuis lors, le dinosaure a été au centre de centaines de films, du chef-d’oeuvre au nanar. Retrouvez dans ce coffret 4 classiques méconnus des années 50 : « The Beast of Hollow Mountain », « King Dinosaur », « Lost Continent » et « Two Lost Worlds ».

The Beast of Hollow Mountain (1956) de Edward Nassour et Ismael Rodríguez
King Dinosaur (1955) de Bert I. Gordon, scénarisé par Tom Gries (Les 100 fusils, Will Penny le solitaire).
Lost Continent de Enrico Gras et de Giorgio Moser.
Two Lost Worlds (1951) de Norman Dawn.

Bonus
DVD 1
> Court-métrage : « The Ghost of Slumber Mountain » de Willis O’Brien (1918)
> Bandes-annonces
> Diaporama d’affiches et photos
DVD 2
Courts-métrages de Willis O’Brien :
> The Dinosaur and the Missing Link (1915)
> Prehistoric Poultry (1916)
> R.F.D. 10,000 B.C. (1916)

> Bandes-annonces
> Diaporama d’affiches et photos

Ajoutez à cela un livret de 12 pages : « Les dinosaures attaquent ! » par le Pr. Brave Ghoul et 4 reproduction de lobby cards et vous obtiendrez un coffret Retro du plus bel effet à un prix dérisoire (20 euro).

A commander à theendstore@gmail(point)com

Sortie le 20 octobre 2011

Cinema Retro #21 | Clockwork Orange

Chaque trimestre, l'achat du nouveau Cinema Retro est quasi obligatoire pour tous ceux qui sont nostalgiques d'un certain âge d'or du cinéma. Encore une fois, le sommaire de la revue est riche en informations, anecdotes, entretiens et analyses pertinentes. Consacrée en grande partie à Orange Mécanique de Stanley Kubrick 40 ans après sa sortie sulfureuse, ce numéro est une bonne manière de poursuivre la découverte des dessous de l’œuvre du maitre après la passionnante exposition de la Cinémathèque de Paris.



Raymond Benson examine la descendance d'Orange Mécanique et interviews Malcom McDowell et Jan Harlan, assistant de Stanley Kubrick et futur producteur de ses films | Making of du controversé Les Diables (The Devils) de Ken Russell et analyse des passages coupés et censurés à travers le monde depuis sa sortie | Hommage au film culte de Bertolucci Le Dernier Tango à Paris | Analyse The Killers de Don Siegel ( dernier film de Ronald Reagan | Making of d'Halloween de John Carpenter | Interview de Vera Day, la Marilyn Britanique | Rencontre avec Michael Winner, Mike Hodges et Ken Russell | Flashback sur l'étrange histoire des 2 biopics de 1965 autour de Jean Harlow... et les rubriques habituelles (DVD / Livres / B.O) et bien d'autres choses.

Prix : 12 euro

A commander à theendstore@gmail(point)com

source : Cinema Retro

Cinémathèque de Nice | Rétro Blake Edwards

C'est la rentrée pour la cinémathèque de Nice ! A partir du mardi 4 octobre,l'établissement rouvrent ses portes pour le plus grand plaisir des cinéphiles azuréens. Au programme de ce mois d'octobre, suite et fin des "choix des artistes" dans le cadre de L’Art contemporain et la Côte d’Azur - Un territoire pour l’expérimentation, une rétrospective Blake Edwards, des reprises de films récents et des classiques. Bref un cocktail imparable pour commencer l'année.

Voici notre sélection :

LES AMOURS IMAGINAIRES - Xavier Dolan (2010)
Deux amis, Francis et Marie, tombent amoureux de la même personne. Commence un triangle amoureux conflictuel…

> mercredi 26 octobre à 20h00
> vendredi 28 octobre à 14h00

LE JOUR DU VIN ET DES ROSES - Blake Edwards (1962)
Joe, responsable des relations publiques dans une grande compagnie, commence à boire pour mieux supporter son stress et ses relations de travail. Son alcoolisme mondain devient peu à peu chronique et bientôt son épouse cherche elle aussi du réconfort dans l'alcool...

> vendredi 14 octobre à 13h30
> dimanche 16 ocotbre à 16h00

VICTOR VICTORIA - Blake Edwards (1982)
Dans les années 30 à Paris - Une chanteuse sans le sou décide de se faire passer pour un homme travesti pour trouver un engagement. Aidée d'un ami qui s'improvise impresario, le subterfuge les conduit au succès jusqu'à ce que l'amour complique tout…
> jeudi 6 octobre à 20h00
> dimanche 9 octobre à 17h00

Johnny s'en va t'en guerre - Dalton Trumbo (1974)
Après la Première Guerre mondiale, le retour d'un soldat qui a perdu ses membres et une partie de son visage. Dans sa chambre d'hôpital, ne pouvant ni parler ni entendre, il se souvient de son passé et essaie de communiquer…

> mardi 11 octobre à 18h00

Maria Beatty / Été Indien / Nice

L’automne sera (très) chargé pour la réalisatrice Maria Beatty, nouvelle "chef de file" du cinéma lesbien. Présente lundi à Nice pour un échange avec les spectateurs et accessoirement présenter son (dernier) long métrage Return of Post Apocalyptic cowgirls (2010) et accompagné de courts-métrages (Belle nature, Black glove, Elegant spanking). Elle sera à Lausanne entre le 15 et le 23 octobre pour le LUFF (Lausanne Underground Film Festival) pour une rétrospective et Paris le 13 novembre pour le festival Chéries Chéris.

Faisant suite au premier volet datant de 2008, dénommé Post-Apocalyptic Cowgirls, dont voici l'histoire :


Une amazone farouche et exotique, portant pistolet et bottes, fait du stop sur une route désolée de l’Arizona. Une ravissante soumise l’invite à monter dans sa voiture. L’alchimie qui se crée entre ces deux jolies et dangereuses lesbiennes vous rendra plus chauds que le soleil du désert. Au programme : fessées, fist-fuck, jeux avec la langue, des bottes, des armes, des serpents et des cactus dans la poussière. Leurs jeux érotiques sont tels des oasis trempées dans la fournaise.

Le film est disponible en France chez BQHL


Quant à la suite, interdite au moins de 18 ans, le synopsis du film, issu du programme de la manifestation parisienne Chéries Chéris, annonce la couleur ! L'ambiance dans la salle risque d'être moite.


L’humanité s’est dissoute. Quatre jeunes femmes ont survécu, leurs chemins se croisent dans le désert de l’Arizona et leurs désirs s’apprivoisent dans un cimetière d’avions. La cowgirl sauvage Surgeon imprime de sa loi les corps de soumises qu’elle rencontrera au cours de ses tribulations sexuelles. La rouille des avions tache la peau de ses nouvelles recrues et la tôle des avions chauffe sous leurs caresses sadomasochistes. Gang bang de girls punk dans un boeing éventré, bondage sur l’aile d’un avion, et flirt poussé dans un cockpit. Les Post Apocalyptic Cowgirls réinventent la jouissance pure à l’intérieur des vestiges de la civilisation.

Si vous souhaitez approfondir le cas Maria Beatty, voici deux présentations des festivals Chéries Chéris et du LUFF.

Maria Beatty a débuté comme photographe avant de produire et réaliser une quarantaine de films dans lesquels elle combine passion, pouvoir, beauté et ritualisme. Ses films, à l’esthétique brillante, délicate et unique, empruntent au cinéma muet, à l’expressionnisme et au film noir, inventant ainsi un nouveau « genre » : le cinéma érotique noir. Proche des féministes post-porn (Monika Treut, Diamanda Galas, Carolee Schneemann, Lydia Lunch...) mais aussi de musiciens tels que John Zorn, elle développe à partir de 1995 une vision exploratrice de la sexualité, des fantasmes et du fétichisme au féminin. Désormais classique, son premier moyen-métrage de fiction The Elegant Spanking pose les bases de son style érotique noir ; extase esthétique et sexuelle se mêlent réinventant le genre pornographique. En 2008, elle a réalisé un court-métrage érotique Belle de Nature dont la musique a été composée par John Zorn, pour France 2. Son second long métrage de fiction, Bandaged (producteur exécutif : Abel Ferrara ) est un thriller à facture gothique et noire, maintenant disponible en DVD. Elle prépare actuellement le tournage de son prochain long métrage Café du Diable (The Devil’s Café ), qui aura lieu à New York au printemps 2011. Kaléidoscope d'histoires individuelles extrêmes, Café du Diable condense la folie de deux mondes, le monde intérieur et le monde extérieur, et interroge les limites de soi et de l'autre dans un tourbillon de pulsions.

L'oeuvre de Maria Beatty débute avec son hypnotique The Black Glove, présentant le portrait intimiste d'une relation sadomasochiste entre elle-même et une partenaire dominante. Ce travail, devenu légendaire dans le milieu, porta cette adepte au rang de figure culte de la scène fétichiste. Ce film parvint à définir un nouveau genre de cinéma appelé "Erotic Noir", constitué d'un mélange subtil de saphisme, de fétichisme et de cette sombre atmosphère de vieux films criminels. Se tenant scrupuleusement à un travail sans compromis, sur lequel elle possède un contrôle total, Maria Beatty s'établit comme une réalisatrice réellement indépendante. Par une approche profondément personelle, elle parvient à atteindre une sensualité rarement observée dans le cinéma dit “adulte”. Elle plonge le public dans le monde obnubilant des fantasmes fétichistes, incluant différentes sortes de bondage, de cire, de latex, d'adoration des pieds, ainsi que toutes sortes de tortures douces et sensuelles. Pour reprendre les mots de la réalisatrice : “Mes films se complaisent dans ce jeux relationnel entre la douleur et le plaisir”. Sa poésie explore une sensualité purement féminine par le biais de différentes esthétiques et de sa troupe d'actrices hautement androgyne.

> lundi 3 octobre 2011, à partir de 19h30 dans le cadre du festival Ze festival l'été indien.

Les films de Maria Beatty sont disponibles auprès de THE END, pour connaitre les films et nos tarifs, contactez-nous par mail à theendstore@gmail(point)com

Russ Meyer, l'intégrale !

Que les obsédés sexuels français se calment ! Que les cinéphiles amoureux des poitrines XXL sèchent leurs larmes car malheureusement l'intégrale Russ Meyer (1922-2004) n'est pas sous titré dans notre langue pour la bonne et simple raison que le coffret provient de l'excellent éditeur anglais Arrow Films.


Précédemment disponible dans un coffret tout aussi énorme que les poitrines des actrices des Russ Meyer, Arrow offre un coffret relifté, aminci et bien plus pratique à ranger pour le collectionneur en manque de place. Ajoutez à cela des nouveaux bonus, l'amateur du cinéma généreux de Russ Meyer devra mettre la main à la poche pour acquérir ce qui semble être le coffret ultime pour appréhender l’œuvre de ce cinéaste indispensable.

Détails des bonus :
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> livret du biographe et ami de Russ meyer, David K. Frasier (auteur du livre Russ Meyer, The Life and Films) avec des interviews jamais publiées de King Leer (surnom de Meyer)
> commentaire audio des Pussycats pour Faster Pussycat Kill Kill
> Commentaire audio de Russ Meyer sur Vixen, Supervixens, Beneath the Valley of the Ultravixens (Ultra Vixen en V.F.) et Faster Pussycat Kill Kill
> Vixen Featurette
> Album photo d'Erica Gavin
> Featurette sur Kitten Natividad
> Interview de Kitten Natividad
> Interview de Russ Meyer par Jonathan Ross
> Featurette avec Raven Delacroix
> Go Pussycat Go
> Bande-annonces

Pour les plus réfractaires à la langue anglaise, les éditions simples de Motor psycho, la saga Vixen, Faster Pussycat Kill Kill sont toujours disponibles, mais ce n'est que la partie émergée de la filmographie de Russ Meyer. Espérons qu'un éditeur français (indépendant ?) décide de proposer le restant de sa riche carrière. Comme nous sommes dans l’espérance, souhaitons qu'un jour, un éditeur français se décidera à rééditer ce livre écrit par Jean Pierre Jackson en 1982 et qui reste à ce jour l'un des plus complet dans la langue de Molière.


"Russ meyer ou 30 ans de cinéma Érotique à Hollywood" raconte l'histoire étonnante de ce genre encore sous-évalué, depuis les bandes naïves ou clandestines des débuts jusqu'aux films pornographiques d'aujourd'hui, passant successivement par le film nudiste, de strip-tease, le "nudie", le film "sexy" et le "soft-core".
Et surtout, ce livre est une première mondiale ! Il présente enfin au public le meilleur, le plus connu et le plus original des réalisateurs érotiques américains : RUSS MEYER. Fruit d'une amitié personnelle avec ce cinéaste provocateur et drôle, cet ouvrage éclaire à la fois tout un pan de l'histoire du cinéma américain et jette une lumière inédite sur certains aspects de la vie hollywoodienne.


Pour finir, nous ne résistons pas à vous proposer deux critiques de film signées Luc Arbona extraites des pages télé des Inrockuptibles mais qui parlent en creux plus de style et de thématique que des films en soi. Quant à nous, Russ Meyer - maitre d'un cinéma pop- était un cinéaste avant-gardiste voire progressiste, peut-être même le réalisateur féministe par excellence.

Montagnes Russ
Quand un cinéaste monomaniaque et fétichiste réduit son style à une image, son art tien de l'idolatrie religieuse. Meyer en Wagner de la pop culture.
Au début, il y avait l'ennui. Un désert infesté de scorpions et de vipères, quelque part très à l'Ouest, du côté de la vallée de la Mort. Un jour, une baraque s'est installée. Des strip-teaseuse aux seins extraordinaires en sont sorties. Elles se débattaient avec quelque chose d'invisible comme gênées par leurs encombrants poumons. Elles se cabraient, se déhanchaient sur un air de twist, furieuses mais ravies. Russ meyer est arrivé. Fasciné par ces amazones catcheuses prêtes à l'attraper par les couilles, le cinéaste n'a plus eu qu'une obsession : faire des images, multiplier les panoramiques, célèbre ces walkyries de fête foraine. Quand il est question d'un film de Russ Meyer, quel qui soit, il est quasiment impossible de dépasser tous ces clichés. Normal, son cinéma, véritable iconologie des poitrines explosives pourrait se résumer à une avalanche de clichés. [...]
Avec une constance religieuse, de 1959 à 1976, Russ Meyer n'a jamais eu qu'une obssession : faire rentrer Las Vegas dans un soutien-gorge. En cela, le cinéaste s'impose comme un prêtre païen, véritable Wagner californien de la pop culture.


Combien de fois faut-il faire l'amour ? [Common Law Cabin (1967)] in Les Inrockuptibles #461 - sept/oct; 2004 p.109

Western Femelle
"Je ne déteste pas les muscles, mais le pognon c'est mieux !" Cette réplique, tout droit sortie de la bouche haineuse de Varla, la brune tueuse aux seins bandés comme des zeppelins de Faster Pussycat ! résume toute la grâce malsaine de ce chef-d’œuvre incontestable de Russ Meyer [...]. C'est sur cette grammaire de la soif de toute puissance que repose le film : J'en veux ! J'en veux tout plein ! De la baston en plein soleil, des gros calibres à la ceinture, de la sueur, du cuir, de la poussière : Faster, Pussycat ! reprend tous les gimmicks du western et réinterprète les codes de ce cinéma de propagande destiné à chanter la geste mythique de la conquête de l'ouest. Il remplace les machos burinés à cheval par des survireuses déchainées au volant de Porsche-fusées. Au beau milieu du désert, dans une fermette isolée, débarquent trois de ces femelles furieuses au rimmel impeccable, véritables kalachinovs à vagin, résolues à envoyer des dérouillées à tout ce qui bouge. C'est ultra efficace. Normal, les ressorts sont exactement ceux du western, ceux d'une propagande / publicité qui ne fait que sublimer une seule et même rhétorique : de la violence avant tout chose. Vas-y Minette, Tire ! Tire ! Il serait même tentant de se mettre à genoux devant l'esthétique sauvage de ce film : le grain gris-bleu de sa photo impeccable, son iconologie cuir crypto lesbienne, ses contre-plongées vertigineuses, ses chorégraphies de jiujitsu, etc. De Mondino à Kill Bill en passant par les Cramps, un film qui s'impose comme un western matrice.

Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! in Les Inrockuptibles #480 - Février 2005, p.102

source : Arrow / Les Inrockuptibles