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L'Étrange Festival de Paris : Jour 8

Vendredi 9 septembre / Take Shelter / Tomie Unlimited
Les mauvais films ont ce pouvoir de vous faire réévaluer ceux vus précédemment. Et la vision du dernier film de la saga Tomie de Noboru Iguchi (2011), nous a permis d'apprécier davantage Take Shelter de Jeff Nichols (2011) et ce, malgré quelques longueurs.


Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d’une tornade l’obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l’incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l’habite...

Faisant suite au Shotgun Stories, toujours inédit en dvd en France, Take Shelter confirme tous les espoirs que les critiques avaient mis dans son premier film. Le film vient de remporter le grand prix au festival de Deauville 2011 (présidé par Olivier Assayas) et avait déjà remporté le grand prix à Cannes (remis par Robert De Niro). Une récolte de prix, justifié pour un film à l'univers délicat et proposant une histoire simple en apparence mais à la construction brillante.
Lors de la sortie française de Shotgun Stories, le distributeur avait mis sur l'affiche "par un des dignes héritier de Terrence Malick", la filiation avec le cinéaste de Tree of Life est d'autant plus pertinente que l'on retrouve pour Take Shelter la même actrice, Jessica Chastain. En outre le film porte le même regard fasciné sur les phénomènes naturels, une vision à la limite du mystique. Seule la durée du film, nous a posé problème. Étendu sur 117 minutes, l’œuvre de Nichols prend le temps de développé chaque personnages en écho au trio familial, de façonné un univers cohérent mais la durée des plans, des séquences étirent le film bien plus que de raison. Peut-être qu'une seconde vision permettra d'apprécier l'ampleur du monde aussi angoissant que passionnant de Jeff Nichols.

sortie : 7 décembre 2011


L'histoire : Tsukiko et ses parents ne peuvent se résoudre à faire le deuil de Tomie, décédée quelques mois plus tôt. Le jour de son anniversaire, cette dernière réapparaît…

Après ce début de soirée réjouissant, Tomie s'annonçait comme une récréation horrifique dans la lignée de Ring et The Grudge, enfin c'est ce que nous pensions. Car c'était sans savoir que le responsable des effets spéciaux était Yoshihiro Nishimura, la tête pensante du label Sushi Typhoon et réalisateur de Tokyo Gore Police. Si son travail en tant que responsable des effets spéciaux et maquillage a fait ses preuves, nous ne faisons pas partie de ceux qui pensent que tout ce que touche Nishimura se transforme en chef d’œuvre. Comme tout créateur, il a des hauts et des bas, et Tomie Unlimited fait partie de ses travaux les moins intéressants. Après si vous aimez comme nous Basket Case et Elmer le remue méninge, certaines idées pourront vous faire esquisser un sourire car c'est définitivement vers le délire rigolo trash que le film tend et non l'épouvante des filles aux cheveux longs.

L'Étrange Festival de Paris : Jour 4/5/6/7

Lorsque nous avons commencé à commenter le festival, nous espérions dire des choses, à défaut d'être intelligentes, qui vous donnent envie de découvrir les films présentés sur les 10 jours de la manifestation. Naïfs comme nous sommes, nous n'avions pas envisagé que les films vus soient décevants, pour ne pas dire énervants, d’où notre silence de ces derniers jours.


Lundi 5 septembre / Soudain le 22 mai
Le Forum des images étant fermé, l’Étrange Festival a déménagé à Montreuil (Cinéma Le Méliès) le temps d'une soirée consacrée à Koen Mortier et à la carte blanche de Jean-Pierre Mocky (Viva la muerte /Fernando Arrabal).
Après la claque Ex Drummer, le second film du réalisateur belge énerve par ses postures "cinéma d'auteur" et même si le réalisateur se défend d'un quelconque calcul, son esprit chaotique et un accident de raccord seraient à l'origine de la narration éclatée, morcelée et racontée par les divers acteurs du drame, nous avons du mal à croire qu'il n'y a pas une quelconque préméditation. Seul le dernier quart d'heure nous a convaincu, le talent de Koen Mortier est bien (trop ?) visible et ce malgré son dispositif narratif (un agent de sécurité revit l'explosion d'une bombe en compagnie d'autres victimes) épuisant et répétitif.

Mardi 6 septembre / Meat / Clinic
Ce jour restera comme la pire journée du festival (et la seule ? nous l’espérons). Meat se révèle très rapidement sans intérêt oscillant entre le fantastique abscons et l’expérimental superficiel. Quant à Clinic, film d'horreur / fantastique australien, inspiré de faits réel, ne témoigne pas d'une grande originalité question mise en scène, et les personnages semblent tous évolués de manière caricaturales.

Mercredi 7 septembre / Super de James Gunn
Peut être le meilleur film vu depuis l'ouverture du festival, Super n'est pas un énième film d’antihéros, ni de super héros mais un drame à l'humour noir proprement (d)étonnant, avec un final alternant avec brio la comédie et l'émotion. Tout le film joue autour de cette ambivalence, drame d'un homme humilié par la vie et/ou comédie d'un homme qui devient un super-héros.
Super est un film vraiment Étrange pour le coup, laissant ce trouble intérieur d'avoir assisté à un film touchant, drôle mais également surprenant par son traitement premier degrés du héros (ennui, attente, fatigue, blessure, doute, tout le quotidien revu et corrigé par James Gunn) et de la violence engendré par ses actes. Déjà auteur d'un sympathique Slither (Horribilis en V.F.), James Gunn, issu de l'écurie Troma (Lloyd kaufman) prouve une nouvelle fois que l'on peut sortir des bas-fonds du cinéma et écrire pour Hollywood (Les Scooby-Doo) et réaliser des films indépendants de très bonne qualité.

Jeudi 8 septembre / Stake Land
A la vision du second long-métrage de Jim Mickle, beaucoup évoque Terrence Malick pour la présence de la nature, des champs de blé et du pollen dans les airs. Ceci est un sacré compliment tant le film n'arrive jamais à trouver l'ampleur métaphysique ou philosophique d'une œuvre du réalisateur américain. Le premier film de Jim Mickle, Mulberry Street (vendu en dvd avec Mad Movies) avait été une (plutôt) bonne surprise mais ce second effort s'avère plus laborieux. Le film est réussi techniquement mais les enjeux nous semblent bien trop vus et revus pour surprendre le spectateur (des femmes et des hommes tentent de survivre dans un monde post-apocalyptique livré aux vampires et autres créatures de la nuit).

Brain Dead | Arte Cinéma Trash

La semaine dernière lorsque nous avons vu le nom de Brain Dead nos yeux et notre cœur n'ont fait qu'un tour et nous pensions avoir la chance de (re)voir sur le réseau hertzien l'un des films cultes de Peter Jackson (Feebles). Encore une fois, THE END fantasme et démarre au quart de tour.
Le film de ce soir est bien Brain Dead et non Braindead de Peter Jackson, un espace qui fait toute la différence. Mais estimons-nous heureux et chanceux de pouvoir regarder un film du réalisateur de Carnosaur ! Ironique ou pas, présentation du film par Jenny Ulrich


Un neurochirurgien (Bill Pullman) est poussé par un ancien camarade d’université (Bill Paxton) –avec lequel il était en concurrence pour la femme qu’il a épousé- à tripatouiller le cerveau d’un mathématicien mentalement dérangé (Bud Cort) détenant une formule capitale pour la nébuleuse entreprise Eunice. L’opération a lieu. Puis la vie de notre brillant docteur part en vrille.

Si vous avez été sensibles aux références faites par le réalisateur Adam Simon, dans ce premier film, au « Re-Animator » (1985) de Stuart Gordon et au « Schock Corridor » (1963) de Samuel Fuller, repenchez-vous à l’occasion sur ces deux classiques –sur le second surtout, puisque Simon a consacré un documentaire à Fuller, « La machine à écrire, le fusil et le cinéaste » (1996). Si c’est la progressive mais radicale perte de repères entre rêves, réalité et folie qui vous a plu dans « Brain Dead » (1990, d’abord exploité en France sous le titre « Sanglante paranoïa »), voyez le contemporain « L’échelle de Jacob » (1990) d’Adrian Lyne ou les plus récents « Shutter Island » (2010) de Martin Scorsese et « Inception » (2010) de Christopher Nolan. Si vous avez été impressionnés par la performance de Bud Cort, acteur passionnant mais malchanceux (un grave accident a grandement perturbé sa carrière, du coup on se souvient essentiellement de lui dans « Harold et Maude » (1971) de Hal Ashby), suivez-le dans son unique film en tant que réalisateur, « Ted & Venus » (1991). Si c’est Adam Simon et son lien avec l’horreur qui vous intéressent, on ne va pas forcément vous renvoyer vers son « Carnosaur » (1993), mais plutôt vers le documentaire où il donne la parole aux grands maîtres du genre, « The American Nightmare » (2000). Enfin, si quand vous entendez « Brain Dead » vous pensez illico à Peter Jackson, rien ne vous empêche de vous reprendre une bonne dose de ce joyeux délire gore qu’est « Braindead » (1990) !


Jenny Ulrich

Ma chère Jenny, nous aurions aimé (comme beaucoup d'autre) qu'il s'agisse du Jackson plus que du Simon. Peut-être une autre fois.

> jeudi 8 septembre 2011 à 00H15
> samedi 10 septembre 2011 à 01H35

source : Arte

Out of the Blue | Dennis Hopper (1980)

Précédemment édité par Bach Films, dans leur collection Serial Polar, Out of the Blue se voit offrir une nouvelle édition plus... luxueuse.



Présentation de l'éditeur
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Don (Dennis Hopper), un camionneur alcoolique et désabusé, a percuté un bus rempli d’enfants. Tandis qu’il purge une peine de prison, Katie (Sharon Farrell), sa femme, se réfugie dans la drogue et les bras d’autres hommes, et Cindy (Linda Manz), sa fille, multiplie les fugues et ne jure que par Johnny Rotten, le chanteur des Sex Pistols. Lorsqu’il est libéré, Don tente d’impulser un nouveau départ à une famille anéantie. Mais les démons du passé ressurgissent…

Balade rock’n’roll des laissés pour compte du rêve américain, Out of the Blue est la tempête qui surgit, dix ans après, dans le ciel bleu d’Easy Rider (1969). Les paroles lancinantes de la chanson de Neil Young, Hey Hey My My, ont donné son titre à ce film mythique, véritable concentré de « no future », dont les héros déchus nous réservent un final en forme d’apothéose nihiliste.

Bonus :
Nouveau master : 1.85 – 16/9
Version originale avec nouveaux sous-titres français
Entretien avec Dennis Hopper (93 min)
Présentation du film par François Guérif (9 min)
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Au revoir le boitier plastique, bonjour le digibook ! Alors que certains films peinent à être éditer en France, d'autres ont la chance de se voir disponible dans plusieurs éditions. Ne boudons pas notre plaisir de pouvoir posséder une (très) belle édition de ce somptueux film du regretté Dennis Hopper (1936-2010).

Out of the Blue suinte la douleur par tous les ses pores. La façon dont Dennis Hopper y déploie une incroyable dimension masochiste est déjà étonnante, comme si son personnage aimantait de lui-même malheur et chagrin. Mais le prix du film est aussi dans l’antidote qu'il secrète contre le déterminisme parfois pataud de son propre récit.
Contrebalançant un scenario qui n'y va pas de main morte dès qu'il agite les spectres de l'alcoolisme, de la drogue et de l'inceste, la mise en scène de Hopper joue une carte erratique qui privilégie les moments de fugue adolescente et oes échappées nerveuses aux passages obligés du mélodrame. Passé plutôt inaperçu à l'époque ce film pose rétroactivement au culte pour plusieurs raisons. D'abord pour la jeune Linda Manz, révélée par les Moissons du Ciel, qui campe ici une pure égérie punk-rock et qu'on ne reverra ensuite que dans Gummo d'Harmony Korine. Ensuite, pour son nihilisme qui l'érige au titre du "film le plis no future du cinéma américain". Enfin, pour la sublime ballade de Neil Young Hey, Hey, My, My, véritable scénario secret d'un film qui ne cesse d'explorer le terrible refrain : "it's better to burn out than to fade away". Une décennie après Easy Rider, cette comète noire confirme Hopper en barde désenchanté qui sait que même auprès des hippies et des punks, seul le blues est éternel.
Joachim Lepastier in Cahiers du Cinéma #670, p.61

Prix : 17 euro

Pour commander, envoyez un mail à theendstore@gmail(DOT)com, paiement par paypal ou par chèque

ArrowDrome, de l'érotisme et du giallo

Même si les deux nouveaux ArrowDrome sont disponibles dans notre beau pays, nous ne résistons pas à vous dévoiler les jaquettes toujours aussi graphiques de Tokyo Decadence (1991) et L’oiseau au plumage de cristal (1969).


Sam Dalmas est un écrivain américain. Venu habiter à Rome en espérant pouvoir y vivre de sa plume, il doit très vite déchanter et se résoudre à écrire des ouvrages de vulgarisation pour gagner sa vie. Il est environ minuit à Rome. Il rentre chez lui, parcourant une rue déserte où seule une galerie futuriste est éclairée. Distraitement, il y jette un coup d'œil, puis s'arrête brusquement, et se précipite: au fond de la galerie, un homme vêtu de noir et une jeune femme luttent sauvagement, l'éclat d'un couteau brille entre eux... Essayant de lui porter secours, il est piégé par les deux portes automatiques de la galerie d'art et ne peut qu'observer pendant que l'assaillant s'enfuit. La police arrive sur les lieux du drame et cherche vainement l'issue choisie par l'agresseur pour fuir. Suspicieuse, elle confisque le passeport de Sam…

Sorti en blu-ray en juin dernier toujours chez Arrow, L'oiseau au plumage de cristal de Dario Argento fait son apparition en dvd dans la collection ArrowDrome. En ce qui concerne cette édition, le nombre de bonus est nettement inférieur à celui de l'édition blu-ray puisque celle-ci comportait les compléments suivants :

A Crystal Classic: Luigi Cozzi Remembers Dario’s Bloody Bird
Sergio Martino: The Genesis Of The Giallo
The Italian Hitchcock: Dario Argento Remembers The Bird With The Crystal Plumage
Exclusive collector’s booklet featuring brand new writing on the film by Alan Jones, author of Profondo Argento
Four sleeve art options with original and newly commissioned artwork;
Two-sided fold-out poster.


Pour l'édition dvd, nous aurons droit à une interview de Dario Argento et un livret signé Alan Jones, auteur de "Profondo Argento".


Ai, jeune Japonaise romantique, rêve du grand amour. Pour conquérir l'homme de sa vie, une voyante lui conseille de porter une topaze rose au doigt. Ai est aussi une call girl spécialisée dans le sadomasochisme, une perle qui se soumet aux désirs les plus extravagants de sa clientèle... Tokyo Decadence est la récit de sa dérive dans une capitale japonaise secrète, violente et folle, où la volonté de puissance et d'enrichissement menacée par l'ombre du krach n'est tempérée que par une recherche éperdue du plaisir. Dans cette société décadente où tout est rapport de force, Ai semble nous dire, à l'instar du Marquis de Sade, que "tout, dans la vie, est affaire de délicatesse".

L'édition de Tokyo Decadence, film du scénariste d'Audition de Takashi Miike, ne comporte qu'un un livret de Robin Bougie (Cinema Sewer) et des bande annonce de la collection ArrowDrome. C'est toujours plus qu'en France ou le film possède deux éditions mais aucune ne proposent de véritable bonus. Et pourtant il y aurait beaucoup de chose à dire sur le réalisateur / écrivain Ryu Murakami.

Romancier punk depuis 1977, il a réalisé cinq films depuis 1980. Topazu est son quatrième. Murakami réussit comme personne à construire une petite heure d'apologie du bondage et de la strangulation, du bruit du vibro et du silence après, de la goutte rouge sang perlant sur le bras entre deux filaments spermeux. Pour cela, en génie du casting, il a choisi pour camper la prostituée Ai la fragile Miho Nikaido, actrice et épouse d'Hal Hartley. Soumise au film comme quelqu'un qui n'attend, pour exister, qu'une raison supplémentaire de souffrir, embarquée dans les rêves des autres, elle endure sans piper mot cet enfer reptilien, lentement déroulé, défoulé et effeuillé comme un catalogue. Entre autres apogées de la caresse, le chic de la dissolution du monde étant ici de boire à l'arrière d'une voiture du champagne en mangeant des asperges, tout cela pour aider la montée du shoot. J'aime ce film humoristique pour ses mauvaises raisons. Il propose à cette actrice possible un http://www.blogger.com/img/blank.gifprogramme limpide : se tenir blanche et droite comme un peuplier dans un porno capitaliste.
Philippe Azoury in Les Inrockuptibles

Enfin pour terminer, si vous ne le savez pas, lors des émeutes du mois dernier à Londres, un entrepôt qui abriter une partie des stocks d'Arrow Films a été détruit par les flammes. Certaines éditions blu-ray et dvd seront épuisées prochainement... avis aux collectionneurs.
Following the riots in north London which left the Sony distribution centre smouldering, this senseless attack has unfortunately meant that Arrow stock along with that of many distributors went up in flames. We are working hard to ensure that new stock is manufactured as soon as possible. At this juncture we will be changing some of our releases. Arrow Video DVD versions of Dawn of the Dead, Day of the Dead, A Bay of Blood, Deep Red and Battle Royale will not be reprinted but will be re-issued as ArrowDrome releases.

L'Étrange Festival de Paris : Jour 2 & 3

Premier week-end et premières grosses journées pour les festivaliers avec la Nuit Grindhouse (Hobo with the shot gun, Tucker & Dale fightent le mal, Norwegian Ninja et le documentaire The Grindhouse, next generation du journaliste Didier Allouch) et une quinzaine d'autres long-métrages. Faute de budget extensible (pourquoi pas de pass festival ?), nous avons décidé de retenir deux films : The Woman, le nouveau Lucky McKee (May) et Kill List de Ben Weathley (Down Terrace, toujours inédit en France).


Quand un avocat capture et tente de "civiliser" une "femme sauvage", rescapée d’un clan violent qui a parcouru la côte nord-est des États-Unis pendant des décennies, il met la vie de sa famille en danger.

LE film choc du Festival, celui qui sent le souffre, après un passage remarqué à Sundance, The Woman n'aura pas l'effet escompté sur nous. En effet, si le film bénéficie d'une excellente direction d'acteur, d'une mise en scène dynamique et d'une musique pop rock, le long métrage par son humour déconnecte de la souffrance des personnages. Il est même très dommageable pour la crédibilité de l'ensemble que le gore prennent le pas sur l'humour et sur les non-dits, qui jusqu'alors réussissaient à créer une atmosphère inquiétante et pesante. Des mystères qui se diluent au fil de l'intrigue, des effets gores pour contenter le fanboy en mal d'hémoglobine et The Woman de lucky McKee perd de sa sauvagerie, de son intellects (la femme sauvage aurait pu être le catalyseur des frustrations des femmes de la maison et ne sert finalement que de prétexte à la libération de leurs conditions). En définitive, une très bonne série B qui aurait pû gagner davantage en conservant des zones d'ombres.


Huit mois après un travail désastreux à Kiev qui l’a laissé physiquement et mentalement marqué, Jay, un ex-soldat devenu tueur à gages, est pressé par son partenaire d’accepter une nouvelle mission. Très vite, Jay commence à ressentir à nouveau les effets de la peur et de la paranoïa...

Les zones d'ombres sont nombreuses dans le second long-métrage de Ben Weathley, et ce, pour notre plus grand plaisir. A l'instar des autres films vus à l’Étrange Festival, l'humour (noir, so british) est encore très présent dans ce film. Un second degrés qui joue en permanence le contre pied et le talent du réalisateur est de jouer, jusqu'au dernier quart d'heure, sur le fil d'un réalisme social (réseau pédophile ?) et de répliques caustiques venant soulager le spectateur de la violence de certaines images. Le film pourra laisser beaucoup de personnes sur leurs faims, nous, nous avons aimer être mener par le bout du nez, jusqu'au titre final venant sceller un film intriguant. Nous ne pouvons en dire plus sans risquer de vous gâcher le plaisir de découvrir ce film.

The Proposition, film maudit ?

Les Voies du marché dvd sont impénétrables...

La "malédiction" autour du film The Proposition (2005) de John Hillcoat semble continuée. Après une sortie salle en 2009 - la France était sans aucun doute le dernier pays à offrir ses écrans au film - The Proposition, auréolé d'une presse dithyrambique, semblait destiné à alimenter les chaines du câbles ou cryptées (lieu de la première diffusion du film), les festivals, les cinémathèques, ou pire, tombé dans l'oubli.

Quelle ne fut pas notre surprise de voir le "dvd" du film offert contre l'achat de 5 dvd (offre du type 5 dvd pour 30 euro) dans les Virgin megastore. Mais quelle fut notre tristesse lorsque nous eûmes le dit objet entre les mains. Oubliez les digipacks cartonnés ou les fourreaux, non rien de tout cela, juste une simple pochette de cd single pour l'un des plus beau western de ces dix dernières années. Proposé en VO (5.1), VF (Dolby Digital) sous titré français, le film est accompagné en bonus d'un making of.

Nous ne pouvons que déplorer un tel mépris de la part de Sony (France ?) envers ce film rassemblant des noms prestigieux (Guy Pearce, John Hurt, Emily Watson), un scénariste (Nick Cave) à la popularité mondiale et à un réalisateur à la reconnaissance grandissante (John Hillcoat).

Pour ceux qui ne connaissent pas ce western, rappel des faits.


Dans l'arrière-pays australien, à la fin du XIXème siècle, deux hommes situés aux deux extrémités de la loi passent un marché secret et décisif...
Le Capitaine Stanley s’est juré de « civiliser » le pays sauvage australien. Ses hommes ont capturé deux des quatre frères du gang Burns : Charlie et Mike. Les bandits ont été jugés responsables de l'attaque de la ferme Hopkins et de l'assassinat de toute une famille. Arthur, le plus âgé des frères Burns et chef du gang, s'est réfugié dans la montagne. Le Capitaine Stanley propose alors un marché à Charlie : retrouver son frère aîné en échange de son pardon, et de la vie sauve pour le jeune Mike. Charlie n'a que neuf jours pour s'exécuter...


Nous aurions pu compiler l'ensemble des critiques pour témoigner de la qualité du long-métrage mais nous préférons vous faire lire ce texte de John Hillcoat, écrit avant le tournage de The Proposition, traduit par Jean-Loup Bourget, et publié dans Positif en décembre 2009. Une note d'intention qui, si elle n'exprime pas toute la poésie du film, contribue à comprendre les enjeux du film.

Il y a très longtemps que je souhaite réaliser un western australien. En 1994, j'ai longtemps voyagé dans l'intérieur du pays, traversant quatre états différents avec mon production designer, Chris Kennedy. la puissance dynamique du paysage sauvage et son histoire brutale m'ont convaincu que le western australien, c'est-à-dire un drame situé sur la Frontière à la fin du XIXe siècle avec le rude courage caractéristique du genre, restait à créer.
De nombreux films australiens sont partis d'événement réels, traitant l'histoire de façon purement factuelle, sans parvenir à évoquer le potentiel mythique de la période.
Jusqu'à une date récente, on considérait que le western américain était un genre épuisé et oublié, condamné au purgatoire cinématographique. Le récit de Nick Cave, The Proposition, contient certains éléments traditionnels du Far West, et propose une fable classique de frères hors-la-loi qui vient sur une frontière sauvage. Ce sont des personnages flamboyants, en lutte contre un destin contraire. Tel le héros westernien archétypique et laconique, plusieurs des personnages de Cave répriment leur douleur intime, et, incapables de verbaliser leurs émotions, ils proposent d'autres solutions au conflit, mais sont inéluctablement entraînés vers la violence.
Il était possible de réinventer le pouvoir légendaire du genre, mais dans un contexte spécifiquement australien. Lorsqu'il s'agit de réinventer le genre, les mythes existants ne sont détruits que pour permettre la création de nouveaux mythes. pour être revitalisés, l'histoire et le genre ont toujours eu besoin d'un angle nouveau. L'impérialisme colonial, avec la violence de sa lutte de classes, la confrontation des colons isolés avec les broussards hors-la-loi, le conflit sans merci avec les aborigènes, l'instinct de survie - tous ces thèmes ne peuvent qu'ajouter à l'originalité du récit. The Proposition utilise l’énorme potentiel de l'Australie, avec son histoire et son paysage extraordinaires, tout en proposant des personnages et des situations qui sont susceptibles d'intéresser n'importe quel public. Les personnages ne sont pas simplement bons ou méchants, ils sont pleins d’ambiguïtés et de contradictions comme dans la réalité ; même le monstrueux Arthur, une figure horrible à la Kurtz (dans Au Cœur des ténèbres de Conrad), a des éclairs de loyauté, d'humour et d'humanité. En même temps, le récit a des résonances mythiques car il puise dans les traditions du genre et travaille avec elles.
La brutalité était évidente dans toutes les tentatives de "civiliser" les nouvelles frontières du XIXe siècle, Impitoyables et crasseux, les personnages de Peckinpah et de Leone ont rendu leurs westerns plus crédibles et plus physiques en offrant des relectures décapantes d'un passé édulcoré. La férocité nue de l'époque permet un réalisme accru, une intensification de la réalité qui souligne toutes les vérités gênantes qui avait été maquillées jusqu'ici, qu'il s'agisse des témoignages accablant de la bassesse de notre nature humaine ou des détails des épidermes non rasés, luisants de sœur et infestés de mouches. La frontière australienne, tell qu'elle est dépeinte dans The Proposition est encore plus extrême et dangereuse que celle de l'Ouest américain. La terre était encore plus inhospitalière et les hors-la-loi encore plus dangereux et désespérés, car ils n'avaient pas de Mexique où se réfugier, et pas un seul hors-la-loi n'a échappé à la capture ou à la mort précoce. Les représentants de l'Empire britannique, comme Stanley et surtout Eden Fletcher, régnaient sans partage et se montraient sans pitié dans leur traitement des indigènes.
Les photos prises à l'époque révèlent le refus obstiné des victoriens d'accepter la vérité de la Frontière. Ils exportaient leur Empire, leur Angleterre, jusque sur les terrains les plus récalcitrants, les plus inappropriés, comme l'attestent les maisons avec leur petite pelouse et leur barrière, cernées par le vaste désert stérile qui menace de tout recouvrir. La rudesse du nouvel environnement était littéralement gravée sur leurs visages.
John Hillcoat

Maintenant ils ne vous restent plus qu'à trouver 5 dvd pour acquérir une perle rare.