---------------------------------------------------------------------------------------------------

D'où viens-tu Dylan ?

Dans la pop culture, les étoiles sont rares, celles qui brillent bien après leurs départs ne sont pas légion. On pourrait en citer dans divers domaines mais certaines sont éternels : Elvis, Marilyn, Michael, Elizabeth, Alfred, Stanley, Bob. Dylan est toujours de ce monde mais comme les Presley, Monroe, Jackson, Taylor, Hitchcok et Kubrick, ils étaient déjà des mythes de leurs vivants et Bob Dylan ne déroge pas à cette règle. Artiste insaisissable, sauvage, bref rock'n'roll, Bob Dylan a marqué le XXième siècle de sa voix mais aussi de son image à travers des apparitions sur grand écran qui restent à chaque fois des moments indélébiles (le personage mutique d'Alias dans Pat Garrett et Billy le kid de Sam Peckinpah).

A 70 ans passés, le chanteur continue de passionner des publics chaque année plus larges. Preuve en sont les dizaines de biographies qui existent aujourd’hui. Il manquait pourtant un ouvrage passionné et critique capable de saisir, année après année, le mouvement perpétuel et les mille visages du Dylan chanteur, poète mais aussi acteur et cinéaste ! Parus dans Libération, Play-Boy ou les Cahiers du cinéma, les articles de Skorecki sont autant de lettres adressées à l’idole. Ils suivent toute la carrière de Bob Dylan, toutes ses facettes, tous ses déguisements : l’enregistrement de l’album culte Higway 61 Revisited, le film Renaldo and Clara, son rôle dans Pat Garrett et Billy the Kid, ses relations à la musique noire, la déception d’un album parfois…
S’il s’adresse amateurs de Dylan, ce livre est aussi une histoire contemporaine : Dylan traverse toute la contre-culture américaine. C’est d’elle, aussi, que ce livre électrique dresse le portrait.

L'auteur
--------------------------
Louis Skorecki est l’auteur de plusieurs films, livres, dont une chronique de son départ de Libération, Skorecki déménage (2009). Il est surtout connu comme critique de cinéma, aux Cahiers du cinéma du milieu des années 1960 au début des années 1980, puis au quotidien Libération jusqu’en 2007.
En 1978, il publie un long texte au titre programmatique : Contre la nouvelle cinéphilie. La thèse qu’il y développe nourrira tous ses écrits ultérieurs : la cinéphilie des années 1950 ne peut se retrouver que dans le hasard des programmes de la télévision. Impossible de continuer à aimer le cinéma sans s’intéresser en même temps à la télévision, pour le meilleur et pour le pire.
Aux Cahiers, puis surtout à Libération où il tient longtemps une chronique, Skorecki construit un style unique, à la fois érudit et enfantin, flamboyant et agressif qui lui vaut le titre de « journaliste le plus haï de France ». Il devient ainsi l’un des maîtres de la jeune génération, presque à l’égal de son ami Serge Daney.

La force du livre, comme pour les autres ouvrages signés Capricci, c'est qu'il provoque l'irrésistible désir de réécouter le chanteur, de revoir l'acteur et surtout de découvrir le réalisateur. Car parmi les films les plus invisibles et honteusement introuvable en dvd, du moins officiellement, Renaldo & Clara (1978) - seul et unique long-métrage de Dylan - fait partie de ces films désirés par toute une communauté composé aussi bien de cinéphile (curieux) que de fanatique de la star.


J’ai fait « Renaldo and Clara » pour un groupe de gens très précis et pour moi-même, de la même façon que j’ai écrit « Blowin’ in the Wind » and « The Times They Are A-Changin’ ». C’est tout. Mon film parle principalement de l’identité, de l’identité de chacun. Il met à nu l’aliénation du moi intérieur par rapport au moi extérieur, aliénation portée à son extrême. Il parle aussi de l’intégrité, du fait que l’on doit être fidèle à son subconscient, son inconscient, son « superconscient » et à son conscient. L’intégrité est un des aspects de l’honnêteté. Cela est lié à la connaissance de soi. … L’art est un moyen perpétuel de procurer l’illusion. La plus haute ambition de l’art est d’inspirer. Que peut-on souhaiter de mieux que d’inspirer les gens ? J’ai mon point de vue et ma vision personnelle des choses et rien ne peut les modifier parce que c’est la seule chose qui m’appartient. Je n’ai rien à vendre. … Je ne peux pas croire que des gens trouvent qu’un film de quatre heures c’est trop long. Comme s’ils avaient tant à faire… Pour moi, le film n’est pas assez long. Vous pouvez voir un film d’une heure qui vous paraîtra durer dix heures. Je crois que la vision de « Renaldo and Clara » est assez forte pour qu’on oublie le reste. Mais peut-être allons nous être chassés de Hollywood après la sortie du film et obligés de nous exiler en Bolivie. Les Américains sont des gens gâtés ; ils attendent que l’art soit comme du papier peint, posé là, sans aucun effort.
Bob DYLAN


Fresque de presque quatre heures, racontant entre documentaire et fiction expérimentale, la vie d'un couple de chanteur / musicien au cours d'une tournée. Ce puzzle visuel aux critiques contrastés restent à découvrir. Avis aux éditeurs (courageux !).

112 pages | 7.95 euro

A commander par mail à theendstore@gmail(POINT)com

----------------------------------------------------------------------------------
A noter qu'une exposition à la cité de la Musique (du 6 mars au 15 juillet 2012) retrace le parcours de l'artiste durant les années 60.
Bob Dylan est assurément un des musiciens les plus emblématiques de la seconde moitié du XXe siècle. Dans son parcours d'une exceptionnelle longévité, les années de 1961 à 1966 furent décisives. L'exposition retrace les moments forts de cette période, qui vit Dylan modifier radicalement son approche artistique et susciter une véritable révolution musicale. Conçue par le Grammy Museum de Los Angeles, Bob Dylan, l'explosion rock raconte, au fil de photos inédites, d'objets et de documents rares, ainsi que d'archives audiovisuelles, cette étonnante histoire d'une évolution personnelle marquant un basculement de société.

Paul Schrader à l'honneur | Nice

Comme nous l’annoncions dans notre précédent message, le mois de mars sera, en plus d'une actualité cinéma riche, l'occasion de découvrir quantité de films à la cinémathèque de Nice. En plus de la rétrospective Wong Kar-Wai, Paul Schrader sera, durant 48 heures, à l'honneur (à quand une rétrospective digne de ce nom pour l'auteur de Taxi Driver) dans l'enceinte de l'institution niçoise les 8 et 9 mars prochain.

LE film qui ne faudra surtout pas manqué, de par son invisibilité en version originale sous-titré français, sur grand comme sur petit écran, est Blue Collar, premier long-métrage réalisé et écrit (accompagné de son frère Léonard) par Paul Schrader.

BLUE COLLAR (1978)


Zeke, Jerry et Smokey, trois ouvriers d'une usine d'automobiles décident, face à l'immobilisme de leur syndicat, de cambrioler leurs bureaux. Ils tombent sur des informations compromettantes…

> jeudi 8 mars à 18h00

Les autres films présentés sont tous disponibles en dvd mais pouvoir les (re)voir sur grand écran est un plaisir à ne pas bouder. En voici les titres :

HARDCORE (1979)
Van Dorn, homme d'affaires très traditionaliste, découvre que sa fille partie en voyage en Californie a disparue. Il contacte un détective privée qui lui apprend qu’elle a tourné dans un film pornographique. Il décide de partir seul à sa recherche…

> vendredi 9 mars à 18h00

ÉTRANGE SÉDUCTION (1990)
Un couple d’Anglais mariés depuis quatre ans retourne à Venise, lieu de leur lune de miel, pour faire le point. Ils y rencontrent Robert, un personnage énigmatique qui les invite sur son luxueux bateau…

> vendredi 9 mars à 20h00

AFFLICTION (1998)
Lawford, une petite localité du New Hampshire - Wade, l'officier de police local se débat entre les complications de son divorce, ses rapports conflictuels avec son père et son enquête sur un curieux accident de chasse…

> jeudi 8 mars à 20h00

AUTO FOCUS (2002)
Dans les années soixante, Bob Crane est l'animateur vedette d'une émission de radio à succès. C'est aussi un père de famille comblé. Lorsqu'il se voit proposer le rôle principal d'une série humoristique, c'est le début d'une gloire aussi grande que destructrice.

> vendredi 9 mars à 21h45

Si nous regrettons le caractère succinct du coup de chapeau fait à cet auteur passionnant, nous le sommes d'autant plus qu'à l'exception de Blue Collar les autres films sont actuellement tous accessible par l'intermédiaire de la vidéo. Nous aurions préféré la possibilité de voir à l'instar de la cinémathèque de Paris, la version de Paul Schrader du quatrième volet de la saga L’Exorciste (le film avait été entièrement retourné par Renny Harlin) ou le méconnu Patty Hearst (que nous proposons dans notre boutique sur theendstore.com

Pour nous consoler, on relira le hors-série du fanzine Peeping Tom consacré à ce cinéaste auteur (en autre) des sublimes Mishima (1985) et Light Sleeper (1992).

Cinémathèque de Nice | Rétro Wong Kar-Wai

Le programme du mois de mars vient d'être dévoilé et il s'annonce historique puisqu'il nous faudra au minimum deux messages pour évoquer l'intégralité des films projetés ce mois-ci. Commençons par la fin de la rétrospective Steven Spielberg, et comme prévu, le reste de la filmographie du cinéaste américain sera projeté sur grand écran et en 35mm.
On retrouvera donc Duel, Always, Hook, Amistad, Indiana Jones et la dernière croisade, A.I., 1941, Minority Report, Jurassic Park, Munich,... bref en deux mois le cinéphile aura pu se faire l'intégrale pour une somme dérisoire (la séance est à 2 euro à la cinémathèque de Nice).

Passons maintenant à la rétrospective du mois consacré à Wong Kar Wai. Si aujourd'hui Wong Kar-wai est un nom (une marque ?) internationalement connu grâce au succès de In the mood for love (2000), on oublie trop rapidement que son parcours au sein de l'industrie Hong-Kongaise n'a jamais été simple et sa manière de créer - pour le meilleur comme pour le "moins bon" - a toujours été chaotique. La cinémathèque nous permet de revivre ses premiers films bien éloignés visuellement de ses derniers long-métrages.

NOS ANNÉES SAUVAGES
(1990)


Dans les années 60 à Hong Kong, le beau Yuddy passe de femme en femme sans vouloir s'attacher. Le jour où la femme qui l'a élevé lui dit qu'elle n'est pas sa vraie mère, Yuddy décide de retrouver ses origines…

> mardi 6 mars à 16h
> samedi 10 mars à 20h30

LES CENDRES DU TEMPS
(1994)


Dans la Chine ancienne, Ouyang Feng, tueur à gages quitté par sa femme, s'est réfugié dans le désert. La rencontre avec un homme d'épée qui a un vin qui fait oublier le passé va le transformer.

> vendredi 16 mars à 21h30
> samedi 17 mars à 18h15

CHUNGING EXPRESS (1994)


À Hong Kong, dans un quartier touristique où se mêlent hôtels, galeries marchandes, restaurants et population hétéroclite, se déroulent deux histoires : celle d'un jeune policier mal remis d'une rupture sentimentale et celle de Faye, une jeune fille qui travaille dans un fast-food et tombe amoureuse...

> jeudi 15 mars à 20h00
> samedi 17 mars à 14h00

LES ANGES DÉCHUS (1995)


Hong Kong la nuit, trois destins : celui d'un tueur désillusionné qui veut raccrocher, celui de sa belle collègue amoureuse de lui et celui d'un mystérieux muet…

> vendredi 23 mars à 20h00
> samedi 24 mars à 14h00

HAPPY TOGETHER (1997)


Yiu-Fai et Po-Wing quittent Hong Kong pour aller vivre en Argentine. Quand ils se séparent, Yiu-Fai cherche à gagner l'argent de son retour dans un bar à tango pendant que Po-Wing continue sa vie agitée…

> mardi 27 mars à 20h00
> jeudi 29 mars à 16h30

Les films plus récents tels que My blueberry nights, 2046 et In the mood for love seront bien entendus présentés lors de cette rétrospective. A noter un impair de la part de la cinémathèque de Nice (qu'est-ce que vous voulez, nous sommes jamais contents !) le premier long-métrage de Wong Kar-Wai, As Tears Go by, jadis disponible en dvd et aujourd'hui difficilement trouvable manque à l'appel. Même si ce dernier est un film de commande il comporte déjà des éléments annonciateurs de son style et de son film suivant, Nos années sauvages.

Finissons par les traditionnels séances de rattrapages avec une sélection constituée du dernier effort de Darren Aronofsky, Black Swan, Une séparation récompensé du César et de l'Oscar du meilleur film étranger 2012 et Le gamin au vélo des frères Dardenne.

Tous les horaires et les films sur le site internet de la cinémathèque de Nice

Moi qui ai servi le Roi d'Angleterre / Jiri Menzel

A de très rares exceptions, (les premiers Milos Forman ou Les Aventures d'Ivan Tchonkine chez Mk2, l'amoureux du cinéma tchèque devait se contenter des sorties de Malavida. Or le 2 mars mars prochain (si tous se passe bien, le dvd était annoncé dans un premier temps pour la fin février), CTV éditera le dernier long métrage en date de Jiri Menzel, réalisateur Des trains étroitement surveillés, Mon cher petit village, Un été capricieux disponible en dvd chez... Malavida, dont voici la présentation du cinéaste :

Un des cinéastes tchèques les plus importants, dont la carrière est émaillée de réussites artistiques et de succès publics, et marquée par la collaboration avec Bohumir Hrabal . Formé à la FAMU, il démarre comme comédien. En 1965, il réalise un des segments du film LES PETITES PERLES DU FOND DE L'EAU. TRAINS ÉTROITEMENT SURVEILLES lui apporte une reconnaissance internationale, avec un Oscar en 1966. Les événements de 1968 interrompent sa carrière, qu’il ne reprend qu’en 1975. Il signe depuis des films qui illustrent un point de vue mordant sur ses contemporains (MON CHER PETIT VILLAGE, 1986)



Tchécoslovaquie, années 1960. Après 15 ans de prison, Jan Díte est envoyé dans une forêt des Sudètes. Il y rencontre Marcela, une croqueuse d’hommes, et s’y souvient de sa jeunesse. Prague, années 1930. Jan rêve d’être millionnaire. Il travaille dans un bistrot visité par des hommes d’affaires, tout en découvrant la sexualité avec la prostituée Jaruska. Grâce au richissime Walden, Jan est embauché à l’Hôtel Silence, où les industriels s’amusent, entre festins et prostituées. Puis Walden le place à l’Hôtel Paris. Jan y est formé par l’excellent maître d’hôtel Rossignol, qui a servi le roi d’Angleterre. L’Empereur d’Éthiopie, en visite, décore Jan à la place de Rossignol, trop grand. Alors que le Reich annexe les Sudètes, Jan rencontre Líza, une Allemande exaltée par le nazisme. Jan défend Líza contre les Tchèques, et perd ainsi son travail. Après un examen médical (certifiant qu’il est apte à se marier avec une Allemande), il l’épouse. Désormais, le Reich domine la Tchécoslovaquie. Jan travaille à l’Hôtel Silence, devenu un lieu d’»élevage de la race future». À la fin de la guerre, l’hôtel accueille les soldats mutilés. Líza ramène du front des timbres volés chez des Juifs. Elle meurt en tentant de les sauver d’un incendie. Grâce à eux, Jan devient millionnaire et achète l’Hôtel Silence. Mais les communistes prennent le pouvoir. Jan est emprisonné. Son rêve se réalise : il partage sa cellule avec le cercle restreint des millionnaires.

Dernier film en date du réalisateur, aujourd'hui âgé de 74 ans, fut un retour salué par la critique en France ("Jiri Menzel n'a rien perdu de son inventivité visuelle. Ses trouvailles scénaristiques, ses effets de montage et sa distribution impeccable hissent ce film réjouissant,(...) à la hauteur des meilleures comédies" par Jean-Claude Raspiengeas dans La Croix), à l'international ou le film fut présenté aux Oscars dans la catégorie meilleurs films étranger et dans son pays où il remporta quatre Lions (récompenses du cinéma tchèque) dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Si le film marque le retour d'un cinéaste (très) engagé politiquement dans les années 60 (et très censuré par le régime de l'époque), ce film scelle les retrouvailles entre Menzel et Bohumil Hrabal, auteur de nombreux livres portés à l'écran par le premier (Alouettes, le fil à la patte, Trains étroitement surveillés ou encore le segment La Mort de M. Balthazar dans Les petites perles au fond de l'eau). Entre réalisme social et poésie burlesque, Jiri Menzel retrouve le meilleur de son cinéma à travers une fresque à l'acidité comique réjouissante.

A ce jour les bonus n'ont pas été dévoilé. Peut-être une bande-annonce ? Attendons patiemment les prochains jours...



Pour les plus courageux sachez que le film, dans son intégralité, est disponible sur le même site de partage de vidéo que la bande-annonce ci-dessus en version originale non sous-titré.

source CTV / Les Fiches du Cinéma

Lydia Lunch à Nice

Figure culte de la no wave (mouvement musical new-yorkais de 1976 à 1980) et égérie des courts-métrages de Richard Kern (dont le cultissime Fingered, 1986) et de Nick Zedd, pères du cinéma de la transgression, Lydia Lunch sera à Nice le dimanche 4 mars à la salle de concert Le Volume. Une formidable occasion pour voir et écouter l'une des femmes les plus influentes de l'underground. Aussi bien actrice (Le livre de Jérémie, Asia Argento [2004]) que écrivain, Lydia Lunch est une touche à tout de génie. Du spoken word au garage, Miss Lunch transforme sa bile en funeste mélodie relatant des sombres histoires.


Pour accompagner cette annonce de concert, THE END vous propose la chronique du premier album de Lydia Lunch avec le groupe Teenage Jesus and the Jerks par Philippe Robert. Un bon moyen pour connaitre les motivations de la dame.

De la no-wave new-yorkaise, Teenage Jesus and The Jerks, emmené par Lydia Lunch, signe l'un des premiers singles [...] La jeune Lydia Lunch, dont le groupe sera immortalisé par la fameuse compilation No New York produite par Brian Eno, sait déjà clairement ce qu'elle veut : incarner autre chose qu'une banale musicienne de plus. Sauf que passer pour une artiste ne lui convient pas non plus - elle méprise les artistes... Pas encore écrivain (on lui doit l'époustouflante prose de Paradoxia), elle serait pourtant bien vue manier les mots sur scène, ce qu'elle finira par faire. Le spoken words l’intéressent, le rock moins - qu'elle voit plutôt comme un vecteur capable de véhiculer des émotions fortes. [...] La no wave ne pouvait que se construire sur des refus, une table rase du passé à la différence du post-punk anglais émergeant au même moment[...]


Philippe Robert in Post-Punk, No wave, indus & Noise (2011) p.40






Les courts-métrage de Richard Kern sont disponibles dans notre boutique en ligne

Corman's World en blu-ray / dvd [MAJ]

En novembre dernier, nous évoquions le documentaire Corman's World, présenté au Festival Lumière à Lyon, consacré au réalisateur culte, Roger Corman. Plus récemment, le film a fait le plaisir des festivaliers de l'édition 2012 du festival de cinéma fantastique de Gérardmer.
Pas encore annoncé en vidéo en France, les anglophones auront le privilège de découvrir ce film documentaire le 26 mars prochain en blu-ray et en dvd via Anchor Bay. Les éventuels suppléments n'ont pas encore été révélé.


Présentation du festival de Gérardmer 2012 :
------------------------------------------------------
Ce documentaire retrace l’ascension triomphale du réalisateur, scénariste et producteur le plus prolifique d’Hollywood, le vrai « parrain » du cinéma indépendant, Roger Corman. Connu pour travailler très rapidement - certains de ses films furent réalisés en deux jours - et pour se complaire dans le monde des monstres de série B, des effets spéciaux médiocres, du jeu d’acteur bas de gamme et de la nudité à outrance, Roger Corman est aussi un rebelle respecté du cinéma.



Mise à Jour du 1/03/12
-------------------------------
Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, THE END a appris la diffusion du documentaire le samedi 10 mars prochain sur Arte à 22h10 sous le titre "Des ovnis, des monstres et du sexe" dans le cadre d'une série de documentaire rendant hommage à des figures cultes du cinéma de genre (Bud Spencer le 17 mars ; Christopher Lee le 24 et Udo Kier le 31).

Présentation de la chaine :
--------------------------------
Pour les uns, Roger Corman est le parrain du film indépendant américain, pour les autres, tout simplement, le roi des rois de la série B. Né en 1923, cet Américain hors normes a réalisé une cinquantaine de films et en a produit environ quatre cents. Extraordinaire découvreur de talents, il a permis à Jack Nicholson, Peter Fonda, Dennis Hopper, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou James Cameron de faire leurs premiers pas. Si certaines de ses productions à microbudget bâclées en cinq, voire deux jours, sont oubliées, d'autres sont de vrais bijoux entrés par la grande porte dans le panthéon du cinéma, comme La petite boutique des horreurs et surtout le cycle Poe (La chute de la maison Usher, La chambre des tortures, Le corbeau, etc.).
Dans ce portrait alerte et malicieux, ponctué d'extraits à frissons, le Who's Who du septième art rend hommage à celui qui sut inventer les films les plus terrifiants du moment, sans jamais se départir d'une désarmante bonhommie.


Encore une fois, Arte témoigne de sa qualité éditoriale et quelques semaines après le Festival de Gérardmer, la chaine Franco-allemande offre aux fans de Roger Corman 115 minutes de plaisir à ne pas rater !

source : Anchor Bay UK / Arte

Pour une poignée d'inédits [DVD]

Pour un cinéphile, parlez de film méconnu, voire carrément inconnu du grand public est un plaisir qui ne s'explique pas. Pouvoir le faire partager est une chance et c'est pourquoi, nous avons le plaisir d'évoquer trois nouveautés disponibles sur notre site de vente en ligne (theendstore.com).
Commençons par le plus impressionnant, le plus violent et le plus troublant. White Lightnin' est le premier long-métrage de fiction de Dominic Murphy. Précédemment il s'était consacré à deux documentaires autour des maitres de l'horreur (Fear in the dark, 1991) et sur Alejandro Jodorowsky.

White Lightnin' - Dominic Murphy (2009)


Au coeur des montagnes Appalaches, en Virginie Occidentale, où tout homme possède une arme et de quoi distiller de l'alcool de contrebande, vit une légende : Jesco White. De sa jeunesse trempée dans les effluves d'essence en passant par de nombreux séjours en maison de redressement ou en hôpital psychiatrique, la vie tumultueuse et incandescente de Jesco se consumait dangereusement. Pour le sauver, son père tente de lui apprendre au moins une chose dans la vie : la danse ou plutôt une version frénétique de claquettes sur de la musique country. Propulsé sur le devant de la scène, applaudi aux quatre coins du pays, Jesco goûte à la vie et tombe amoureux. Mais, obsédé par la vengeance du meurtre son père, il réveille les démons qui sont en lui !


Aucun bonus à signaler sur le dvd mais deux ans après sa sortie cinéma en France (17 février 2010), il est de nouveau possible de revoir ce premier film aussi bouleversant que tétanisant.
White Lightnin' risque de passer inaperçu et pourtant, c'est un choc comparable à la découverte des premiers longs métrages de Darren Aronofsky en son temps, autant pour le mélange de poésie brute que pour les qualités de fabrication proches du cinéma-guérilla. Si on devait le rapprocher d'un film récent, ce serait sans doute Bronson, de Nicolas Winding Refn, avec lequel il partage un style underground et la même caractérisation d'un personnage flingué par la vie partagé entre l'expression et la manière, l'art et la violence.
Romain Le VERN, journaliste




Heureusement pour les cinéphiles que le film remporta le grand prix du jury du festival du film britannique de Dinard, sans ça, il ne fait aucun doute que ce long-métrage serait toujours inédit en France.

Changeons de continent pour le Japon avec Funuke, connu également sous le titre Funuke Show Some Love, You Losers! Malgré le fait que le film ait été présenté à Deauville en 2008, le film n'a jamais connu d'exploitation en France, comme les autres films du réalisateur.

Funuke - Daihachi Yoshida (2007)


Sumika, qui veut devenir actrice à Tokyo, rentre dans sa ville natale pour l'enterrement de ses parents. À son retour, sa jeune sœur Kiyomi semble avoir peur d'elle. Leur demi-frère aîné, Shinji, se retrouve au milieu. Il a un secret qu'il ne peut dévoiler à sa nouvelle femme Machiko, témoin perplexe de la relation de ces trois personnages, mais heureuse d'avoir sa belle-sœur à la maison.


Comme pour White Lightnin', Funuke est vierge de tout bonus mais cette édition est la seule qui propose un sous-titrage en français, autant dire que si vous souhaitez découvrir ce film, il ne faut pas laisser passer ce dvd.



Si de prime à bord le synopsis du film ne laisse pas présager une grande nouveauté dans le traitement du film, le réalisateur arrive à hisser son film grâce à un sens de l'imprevu élévé au rang d'art. Le spectateur ne pourra jamais deviner à l'avance la suite des événements. En ces temps de calibrage, c'est un vrai plaisir de se faire emmener dans un univers qui se découvre petit à petit excentrique à la limite du barré. Certes, nous sommes très loin d'un Crazy Family de Sogo Ishii ou de Visitor Q de Takashi Miike (autres films sur des famille "traditionnelles" japonaises qui partent à la dérive, pour ne pas dire dans la folie) mais l'ambiance et le visuel du film participe à une folie douce. Et puis les amateurs de Eriko Satô seront content de la voir dans un autre chose que dans Cutie Honey, seul film à être, jusque là, disponible en France

Double Take - Johan Grimonprez (2009)


Thriller politique, Double Take met en scène un récit orchestré par Alfred Hitchcock, où se mêlent faux-semblants, couples étranges et histoires croisées. Alors que la guerre froide s’intensifie, la télévision prend peu à peu le cinéma en otage en s’immisçant dans les foyers américains. Les dirigeants des deux blocs s’efforcent désespérément de rester cohérents lors d’un débat à la télévision. Et, Hitchcock et son insaisissable double apparaissent de plus en plus obsédés par le meurtre parfait... de leur double respectif ! A partir d’un collage d’archives télévisuelles et cinématographiques, Johan Grimonprez, sur un scénario inspiré d’une nouvelle de Borges, détourne la figure mythique du « maître du suspense ». Sous la forme d’une intrigue ludique, il dissèque la paranoïa d’un individu comme métaphore de la crise politique et nous invite à réfléchir à notre propre rapport aux images.


Au contraire des deux premiers titres évoqués ci-dessus, Double Take est l'édition la plus soignée, digipack cartonné, comportant une interactivité. On retrouve un module autour du casting Londonien "The Hitchcock Casting", les teasers et la bande-annonce. Autre supplément, les spots publicitaires réalisé par Johan Grimonprez pour du café soluble "Folger coffee".



Double Take est difficilement appréhendable, et c'est toute sa richesse de proposer aussi bien un portrait d'Alfred Hitchcock qu'un thriller centré autour de la guerre froide. Artiste plasticien de formation, Johan Grimonprez questionne notre mémoire visuelle pour semer le trouble dans la réalité en la confrontant à la fiction. Ce maelström de collage visuel et sonore, offre à l'artiste une troisième voie, poétique, virtuose, intriguant... passionnant.

Tous ces films sont donc disponibles en version originale sous-titré en Français dans notre espace boutique (accessible depuis le blog en haut à droite).