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Willy Rozier, erotica exotica

Willy Rozier (1901-1983), cinéaste français aussi méconnu que atypique (sportif, acteur, producteur, réalisateur) est devenu le centre d’intérêt de l'éditeur Bach Film depuis leur mémorable coffret Slim Callaghan. En proposant aussi bien ses films des années 40 (L'épave, Les Amants Maudits, Monsieur Chasse) que ses derniers films à caractère érotique, voire pornographique, Bach Films déterre de l'oubli une œuvre symptomatique d'un cinéma d'un autre temps, plus libre dans la production, plus aventureuse.

L'attrait de Willy Rozier pour l'exotisme (le changement comme l'innovation) se ressent à travers toute sa filmographie et notamment ses documentaires sur l'Afrique, pays dont il affectionnait particulièrement les safaris. Cet amour pour le continent africain est relaté dans un livre (Objectif Africa) et bien sur dans ses films (l'Aventurière du Tchad, Prisonnier de la Brousse).

Mais les deux long-métrages qui nous intéresse sont d'un tout autre registre...

DANY LA RAVAGEUSE (1971)
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Les aventures pittoresques et réjouissantes de Dany, un très joli mannequin volant qui garde précieusement ses indemnités de transport pour s'acheter une voiture... Mais, comme elle est consciencieuse et pratique, pour présenter ses collections, elle voyage en faisant du stop.

DORA, LA FRENESIE DU PLAISIR (1975)
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Barbara et Jacques Bellemont, un couple de Parisiens en quête de sensations nouvelles, embarquent pour l’Afrique où les accueillent Olivier, un guide de chasse et Dora sa maîtresse.
Candide aventurière, la séduisante Dany se fourvoie bien malgré elle dans de sombres et burlesques aventures à connotation sexuelle via moult rencontres en auto-stop. Un chasseur de papillons, un couple libertin adepte du fouet, un conducteur de corbillard obsédé sexuel, un fou dangereux qui confond les femmes et les moutons, un duo de gangsters, une chanteuse travestie, aucun ne résistera à la beauté et à l'innocence de Dany le mannequin volant.
Frédéric Thibaut in Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques, Serious Publishing.
Avec ces deux long-métrages, Bach Films inaugure une nouvelle collection "L'érotisme à la française" s'associant pour l'occasion avec Christophe Bier, intraitable sur les films obscurs et étranges et auteur (principal parmi une tripoté) de la bible le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques.

Christophe Bier revient dans les suppléments sur le dossier de censure pour Dany la ravageuse et propose pour Dora la frénésie du plaisir un livret de 24 pages sur la thématique Pornographie sous les tropiques. En bonus, la version intégrale du film d'une durée de 86 minutes.

On ne peut que féliciter Bach Films, de faire ressurgir des limbes ces deux perles en espérant voir un jour dans cette collection les films érotiques de Max Pécas.

Prix : 12 euro pièce

Prochainement en vente sur theendstore.com

Tarantino, un cinéma déchaîné


Dans quelques jours aux USA (le 25 décembre) et dans quelques semaines en France (le 16 janvier 2013), la sphère médiatique va être en ébullition à l'occasion du huitième film de Quentin Tarantino, Django Unchained.

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.

On peut imaginer d'ici les salles de rédaction en effervescences afin de couvrir de la manière la plus adéquate cet "événement" cinématographique du début d'année à grand renfort de reportage et de dossier pour illustrer ce western blaxploitation, quelque part entre Mandingo (1975) de Richard Fleischeir et le Django (1966) de Sergio Corbucci.

A ne pas en douter, si le film remporte un franc succès, les éditeurs sauront ressortir de leurs placards, des films de ces deux genres de série B par excellence. Capricci et les Prairies Ordinaires, maison d'édition, n'ont pas attendu et publieront le 17 janvier (attention marketing !), l'ouvrage Quentin Tarantino, un cinéma déchaîné.

De Reservoirg Dogs à Django Unchained, Tarantino revu et repensé à neuf !
Le 16 janvier 2013 sort Django Unchained, huitième long métrage de Quentin Tarantino. Un titre en deux mots, comme toujours chez le cinéaste américain. Le premier mot a une résonance cinéphile. Le second indique que le film est une histoire d'esclave affranchi. On peut toutefois entendre déchainé en un autre sens, comme une invitation à parler de Tarantino différemment. Une invitation à libérer son cinéma des lourdes chaines de la cinéphilie et de la citation pour l'aborder enfin de front : comme un art du recommencement. Tel est le projet de ce livre. [...] Quentin Tarantino, un cinéma déchainé est un livre de pensée et de passion, sur le cinéma mais aussi sur l'histoire et sur la politique, qui reconsidèrent à neuf l'un des grands réalisateurs de ces vingt dernières années.

Sommaire :
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Reservoir Dogs et Pulp Fiction par Nicolas Vieillescazes (éditeur et traducteur)
Pulp Fiction par Pascal Bonitzer (cinéaste et critique)
Jacky Brown par Hervé Aubron (critique)
Kill Bill vol.1 et 2 par Noémie Luciani (critique) et par Eric Chauvier (antropologue)
Boulevard de la mort par Corinne Rondeau (critique d'art)
Inglourious Basterds par Marie Gil (chercheur en littérature) et Patrice Maniglier (philosophe) et par Jean Narboni (critique)
Django Unchained par Emmanuel Burdeau (critique)

Si les 176 pages pour penser autrement Quentin Tarantino, lui, étendard d'une nouvelle cinéphilie et cinéaste écologique, recycleur de bobine et chantre du cinémascope bio pour ancienne gloire (ici Don Johnson, le héros de la série Miami Vice, déjà utilisé par son "frère" d'arme Robert Rodriguez dans Machete) auront sous la plume des auteurs cités ci-dessus un grand intérêt. Le notre lui se portera avant tout sur ce film dont les premières images nous laisse perplexes.
Surtout, Django Unchained marque le premier film de Tarantino sans sa monteuse attitrée Sally Menke, décédée en septembre 2010, et vous comme moi, vous savez que le montage est une donnée primordiale dans le cinéma de Quentin Tarantino. Son remplaçant ? Fred Raskin, ayant officié sur les trois derniers Fast & Furious. On vous laissera seul juge de comment prendre cette information.


Jess Franco, l’infatigable


Malgré les apparences, Jess Franco n'est pas mort et enterré, et l'éditeur Artus Films vient nous le rappeler avec quatre long-métrages indispensables du cinéaste espagnol, inaugurant une collection dvd à son nom.

Si l'année 2012 fut particulièrement difficile pour le réalisateur âgé de 82 ans (décès de sa muse et compagne Lina Romay), l’infatigable metteur en scène de Vampyros Lesbos et du Diabolique Docteur Z continue pourtant à tourner des films. Lors du dernier festival de Stiges, il présentait en première mondiale son film La cripta de las condenadas, accessoirement son troisième long-métrage pour 2012.

Avec plus de 200 films au compteur, l'amateur de pellicules déviantes et cultes aurait pu penser que les éditeurs se bousculeraient au portillon pour sortir les petits miracles sur celluloid de Jesus Franco. Que nenni, depuis la sortie de Bloody Moon chez Uncut Movies, aucuns autres films de Jess Franco n'a été édité depuis 2007, autant dire une éternité. Et ce n'est pas la rétrospective à la cinémathèque de Paris en 2008 qui a fait évoluer les choses.

C'est donc, vous l'aurez compris avec un plaisir intense que l'on accueille dans notre boutique theendstore.com, ces quatre dvd au design soigné et à l'interactivité considérable.

Présentation de l'éditeur :
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> PLAISIR A TROIS (1974)
Sortie de clinique psychiatrique au bout d’un an d’enfermement, Martine de Bressard (Alice Arno) retrouve son manoir et son mari, Charles (Robert Wood). Le couple reprend alors ses habitudes perverses : ils font venir une jeune fille prude pour l’initier à tous les vices à travers des jeux érotiques. La jolie Cécile (Tania Busselier) va ainsi être initiée, aidée par Adèle (Lina Romay), la jeune esclave sourde. Mais, la crypte du manoir cache des secrets et quelques cadavres… 


> VENUS IN FURS (1969)

Jimmy Logan (James Darren), un trompettiste de jazz, noie son manque d’inspiration dans l’alcool et la drogue. Un soir, il rencontre la belle Wanda (Maria Rohm) et tombe instantanément amoureux d’elle. Il n’intervient pourtant pas lorsqu’elle se fait violer par deux hommes. Le lendemain, sur la plage, à peine sorti de ses vapeurs oniriques, Jimmy tombe sur le cadavre d’une femme noyée : Wanda. Le musicien part alors à Rio où il rencontre Rita, une chanteuse noire. Un soir, Wanda apparaît, toute vêtue de fourrure… 

> LA COMTESSE PERVERSE (1974)
Au sein de leur île privée, le Comte Rador Zaroff (Howard Vernon), et son épouse, la Comtesse Ivana (Alice Arno), s’adonnent à des mœurs libertaires pour le moins étranges. Des jeunes filles sont régulièrement accueillies pour des expériences érotiques. Au lendemain de ces soirées, une partie de chasse est organisée, dont le gibier est la jeune fille, poursuivie par la Comtesse, nue et son arc à la main. La victime finit alors mangée par le couple d’aristocrates. Quand la jolie Sylvia (Lina Romay) manque de tomber dans le piège, les choses ne vont pas se dérouler comme à l’accoutumée… 

> CÉLESTINE, BONNE A TOUT FAIRE (1974)

Obligée de fuir de sa maison close à cause d’une descente de police, une jeune pensionnaire, Célestine, se retrouve à errer presque nue dans la campagne. Arrivée devant les grilles d’un château, elle pénètre dans la propriété. Elle est recueillie par Sébastien, le jardinier, qui va lui offrir une douce nuit dans la grange. Au matin, c’est au tour de Malou, le valet, de faire la connaissance de Célestine. Bientôt, toute la famille du Comte de la Bringuette ne pourra plus de passer de Célestine, devenue « Bonne à tout faire », et qui va faire du vieux château un véritable temple de l’amour. 

Quatre exemples de l'étendu de la palette de ce cinéaste stakhanoviste, alternant (parfois au cours de la même année), comédie légère (Célestine), remake hybride (La Comtesse perverse, relecture des Chasses du Comte Zarrof), étude de mœurs (Plaisir à trois) et expérimentation, comme Venus in Furs en 1969 ou plus récemment Paula-Paula en 2010, dernier film de Lina Romay (1954-2012).

> PAULA-PAULA (2010)


Absolument contemporain de ce que l’on a appelé le cinéma moderne, Jess Franco n’a pas suivi la voie des meilleurs de sa génération, attachés à en finir avec le classicisme, à renouveler les formes et à recourir à diverses techniques de distanciation. En empruntant un chemin a priori diamétralement opposé de celui-ci, il n’en a pas moins mené une entreprise de déconstruction aussi radicale que celle d’un Godard. Car lorsque Franco commence à réaliser des films, toutes les histoires ont déjà été racontées par le cinéma. Son érudition cinéphilique (une constante de sa génération) constitue l’arrière-boutique intellectuelle d’une œuvre où, désormais, les mythologies des genres ne sont plus que des figures de rhétorique que le cinéaste met à nu [...]
Jean-François Rauger in Fragments d'une filmographie impossible (texte de présentation lors de la rétrospective à la Cinémathèque de Paris 
Avec ces cinq preuves, de 1969 à 2010, la vitalité de Jess Franco n'a rien à envier à un Manoel de Oliveira (104 ans). 

Retrouvez tous ces films et bien d'autres sur theendstore.com dans la rubrique dédié au réalisateur.

Jonas Mekas : Williamsburg, B’klyn

Depuis le début de la rétrospective Jonas Mekas au Centre Pompidou, les jeux de mots pullulent dans les médias autour du nom de famille de ce cinéaste engagé dès les années 50 dans un récit de l'intime. En développant le journal intime filmé, Jonas Mekas a enregistré sa famille, ses (célèbres) ami(e)s et des moments de vie.

Jusqu'au 23 décembre 2012, la Galerie du Jour Agnès B (Paris) propose un arrêt sur les premières images de Mekas. Le point de départ d'une oeuvre, le tournant d'une vie.



Jonas Mekas
Williamsburg, B’klyn 1949, images from purgatorio, my first New York home.
Photos de ses premières années aux Etats Unis, Williamsburg, Brooklyn. (1949 -1952)
C’est en octobre 1949, grâce à l’I.R.O (organisation internationale pour les réfugiés), que mon frère Adolfas et moi même avons atterris à Williamsburg qui était alors l’un des quartiers les plus délabrés de Brooklyn. Les premiers immigrants d’Europe de l’est, tziganes et juifs hassidiques habitaient là. Après dix années de guerre passées dans les camps de réfugiés - notre Enfer - nous pensions être mieux à Williamsburg, bien que ce ne fût pas le Paradis qu’on nous avait vendu. Nous l’avons en réalité vécu comme notre période de transition, notre Purgatoire. Ces images, prises entre 1949 et 1952, vous donneront un aperçu de ce que nous avons vu et ressenti à cette époque.
Nous étions effectivement à New York, en Amérique, mais nous vivions à Williamsburg, Brooklyn. Le New York enchanté se trouvait de l’autre côté du fleuve. Les vieux immigrants s’asseyaient sur les perrons et regardaient la rue,
les souvenirs lointains de leur terre natale en toile de fond, ils rêvaient de ce Paradis, juste là, sur l’autre rive de l’East River, vous pouviez presque le toucher... La plupart d’entre eux, nous disaient-ils, n’avaient jamais été à Manhattan. Ils nous demandaient fréquemment "Comment c’est là-bas, les gars ?"





So Film #6

Les numéros se suivent et se ressemblent d'un point de vue de la qualité éditoriale. Car mois après mois, la ligne de So Film s'affirme avec conviction et attise inlassablement notre curiosité, grâce à des entretiens passionnants et à des anecdotes étonnantes.

Willem Dafoe / Abel Ferrara / Go Go Tales / 4:44 Last day on Earth / Quentin Tarantino / Django Unchained / Jacques Villeret (Mohammed Boufroura) / Enrique Vila-Matas / Daniel Cohn-Bendit / The Master / Paul Thomas Anderson / Les Bêtes du sud sauvage / Gérard Courant / RZA / The Man with the Iron Fists / Lollywood / Pierre Moro / Valérie Lemercier /  Richard Stanley

José Benazeraf (1922-2012)

Père fondateur du X français dans les années 70, José Benezeraf s'en est allé le 1 décembre dernier. Emmerdeur pour les uns, culte pour les autres, cet acharné de la pellicule (plus de 80 films) aura su marier la Nouvelle Vague avec les prémisses de l'érotisme des années 60, quelque part entre Godard et Jess Franco. Benazeraf était un cinéaste d'avant-garde dont les films encore méconnus ne désirent que les lumières d'un auteur pour être réévalué.








Cinémathèque de Nice : Chaplin, Monroe, Carax

Est-ce nous qui sommes particulièrement difficile à l'égard de la Cinémathèque de Nice, où est-ce la programmation qui est trop facile ?

On peut regretter qu'au-delà des fêtes et sa programmation de circonstance, l'institution niçoise ne voit pas plus grand en terme de sélection. Si les films de Charlie Chaplin ou de Marilyn Monroe ont le droit d'être remontré (même à outrance), on peut se demander où sont les films rares, les promesses en devenir qu'un tel endroit se doit de diffuser ?

Même constat avec les films contemporains, puisque les projections de Hugo Cabret, Contagion, Le Havre, Intouchables semble avoir été choisi pour conserver les niçois dans un cinéma commercial (de qualité ou presque) mais bien trop prévisible pour créer une quelconque excitation.

Arrêtons les sarcasmes et autres désillusions et voici le film pour lequel on fera le déplacement, le meilleur film de 2012, dixit les Cahiers du Cinéma.

HOLY MOTORS (2012) / LEOS CARAX / jeudi 13 à 16h00 et vendredi 14 à 21h30


Se déplaçant à bord de sa limousine blanche, Monsieur Oscar va, durant 24 heures, endosser plusieurs existences. Il sera tour à tour homme d'affaires, assassin, mendiante, créature monstrueuse, père de famille…

En cherchant bien (et en ravalant un peu notre mauvaise fois) on a également trouvé ces films rares à ne pas rater sur grand écran.

> QUAND LA VILLE DORT (1950) / JOHN HUSTON / samedi 8 décembre à 15h30

> THE MISFITS / LES DÉSAXÉS (1960) / JOHN HUSTON / mardi 11 à 14h00 et jeudi 13 à 20h00
Tous les films et toutes les informations sont sur le site internet de la Cinémathèque de Nice