---------------------------------------------------------------------------------------------------

Walter Murch, en un clin d'œil

Walter Murch est un personnage ô combien important dans le "système" Coppola, présent à ses côtés depuis les Gens de la pluie (1969), Capricci nous offre la traduction de son livre, In the Blink of an Eye.


Walter Murch est le monteur et sound designer attitré de Francis Ford Coppola. Depuis quatre décennies, il a observé, pratiqué, analysé et transformé le montage cinématographique. En un clin d'’œil est le récit de son expérience à tous les cinéphiles et apprentis monteurs. Murch raconte les aventures les plus extraordinaires de sa carrière, les différentes évolutions technologiques et la manière dont elles ont transformé son approche du montage. Il rend également compte des méthodes personnelles qu’il n’a cessé de réinventer. Le clin d'’œil, mais aussi la cuisine, les chimpanzés, la médecine, la danse, les étoiles… sont quelques-unes des comparaisons et métaphores convoquées par Murch afin de rendre claire, lumineuse, irrésistiblement simple et parlante la description d’une pratique complexe. En un clin d’œil est le livre de pensées plein d'’humour et d'’anecdotes d’un inventeur soucieux de transmettre l’'« aperçu d’une recherche personnelle d’équilibre dont l’intérêt de la lecture tient plus au chemin parcouru qu’aux méthodes spécifiques que ce chemin a engendrées ». Le livre s’'ouvre par un avant-propos amical et élogieux de Francis Coppola et par une préface spécialement rédigée par Walter Murch pour cette traduction française.

Source : Capricci

Prix : 14 euro

Foxy Brown | Arte Cinéma Trash

Reprise demain de la case cinéma Trash sur Arte avec le cultissime Foxy Brown de Jack Hill avec la plantureuse Pam Grier. Un film bien évidemment disponible en dvd auprès de THE END.

Foxy Brown (États-Unis, 1974, 1h27mn)

Une immersion dans la culture noire des années 1970, avec des accents féministes incarnés, sur talons hauts, par l’impeccable Pam Grier. L’un des bijoux de la Blaxploitation.
Le petit ami policier de la pulpeuse Foxy Brown doit témoigner contre une bande de malfrats dirigée par une mère maquerelle. On a laissé croire qu’il était mort, on lui a refait le visage et maintenant, il s’apprête à quitter la ville avec sa chérie. Malheureusement, le frère de Foxy, un dealer dangereusement endetté, vend la mèche. Adieu petit ami, bonjour vengeance : notre héroïne va infiltrer le réseau en se faisant passer pour une prostituée et elle va foutre un gros-gros bordel ! L’interprète de Foxy Brown, Pam Grier, avant d’être « redécouverte par Quentin Tarantino », doit ses plus grands succès cinématographiques au réalisateur Jack Hill qui l’a fait démarrer pour de bon en 1971 dans « The big doll house ». Tous deux se sont ensuite spécialisés un temps dans la blackspoitation, genre auquel appartient « Foxy Brown ». Au menu de ces productions « noires » : nichons, bastons, petites phrases qui font mouche à divers degrés, gueules qui en imposent (par exemple Sid Haig, souvent employé par Jack Hill, joue ici un pilote d’avion, Antonio Fargas campe le frère de Foxy, etc…).

> Jeudi 25 août 2011 à 00h20
rediffusion le 3 septembre à 2h30

source : Arte

Cinéma Abattoir

S’intéresser au cinéma expérimental actuel (ou ancien) peut s'avérer bien compliqué et ce malgré internet. Car la technologie ne permet pas tout (heureusement ?) et je tiens à vous dire que trouver des informations sur tous les courts métrages présents sur les deux compilations " Cinéma Abattoir" que nous proposons à la vente est un véritable travail de fourmi et de détective.


En négation totale avec le regain d'intérêt purement hypocrite envers le cinéma québécois des dernières années, Cinéma Abattoir émane d'une haine et mépris complets pour ce cinéma gouvernemental et académique. L'Office National du Film du Canada, structure de diffusion et production absolument moribonde, rend maintenant éloge à un jeunisme débile. Jeunes cinéastes issus des institutions formatées, télévisées, sodomisées, déféquées, émules pour une nouvelle génération de Denys Arcand. Le nouveau cinéma québécois commercialisé cautionne le québécois moyen, faible moralement, projetant un cinéma de la prosternation, de l'oubli, de la fuite.

Il y a le cinéma Pop Corn et le Cinéma Abattoir: vos amis ne sont pas les nôtres!

Une architecture diagonale se scarifie au travers ces dédales cinématographiques. Une trajectoire striée, s'arc-boutant près de quarante ans d'idioties pour dénicher quelques fragments transgressifs toujours vifs (du temps du cinéma direct) ou politiquement (Front de Libération du Québec). Cinéma Abattoir propose alors Hérétiques: Cinémas Iconoclastes Québécois, en totale négation avec le cinéma québécois présentement en circulation. Un seul lieu commun, l'underground. Une seule solution, la subversion.

Vous voulez des pixellisations chromatiques, des thermocalypses, des atomisation cinétiques, des anévrismes rétiniens, des électro-chocs corticaux, des concaténations acoustiques, des solarisations irisantes, des déconstructions narratives, des pédopathies ludiques et des dérisions copulatives?

Bienvenue à Cinéma Abattoir!
Pierre-Luc Vaillancourt


Compilation DVD de courts métrages transgressifs émanant du Néant, d’atomisations sexuelles et d’un Noir éternellement plus Noir que le Noir. Tirée à 500 copies.

Washing machine - Ca Ca Ca / Québec, 2007, 5min
Man spricht Deutsh - Filmgruppe Chaos / Allemagne, 2001, 2 min
Sacré-cœur de Satan - Serge de Cotret / Québec, 2008, 10 min
YELLOW FEVER - Frédérick Maheux / Québec, 2008, 2mn
Collision frontale entre pornographie japonaise et l’imaginaire médical européen. L’orgiaque de la colonisation et le jardin des supplices militaires.



J. - Solomon Nagler & Alexandre Larose / Canada, 2008, 7min
PASSAGE - Karl Lemieux / Québec, 2007, 15min
HYMN TO PAN - François Miron / Québec, 2007, 5 min
Dream of samarra - Usama Alshaibi / Eu/Iraq, 2007, 1min
Satan Bouche un Coin - Jean-Pierre Bouyxou / France, 1968, 10 min


Dead Man II: Return of the dead man - Aryan Kaganof / Pays-bas, 1994, 25min
La musique a été composé par Merzbow (Fire,Burning Building Of Waco, Texas, Taxi In The Car Wash et The Beach).
Basé sur Le Mort et Madame Edwarda de George Bataille
Aucun critique mondialement n’a jamais été capable de révéler le sens de cette œuvre inaccessible, étrange, choquante, éloignée de ce qu’on appelle banalement film. [...]A propos, avec ce film Ian Kerkhof est sorti diplômé de la Netherlands Film Academy.
alexander fortsch in doom #1, september 1995 (texte initialement paru en anglais traduit par Dionysos Andronis, mars 2003).

(sans titre) - Lucia Fezzuoglio / Québec, 2008, 3min
The Other American Dream - Enrique Arroyo / Mexique, 2004, 10 min


Compilation DVD de courts métrages méditatifs et contemplatifs transcendentaux. Tiré à 1000 copies, et emballés dans un papier de boucher.

LES SOUFFRANCES D'UN OEUF MEURTRI - Roland Lethem / Belgique, 1967, 15'
CATHARSIS - Hélène Cattet et Bruno Forzani / Belgique, 2000, 3'
PANDROGENY MANIFESTO - Aldo Lee, Dionysos Andronis & Breyer P-Orridge / Grèce, France, 2005, 11'
THEOCORDIS - Serge de Cotret / Canada, 2007, 10'
PANTELIA - Micki Pellerano / USA, 2007, 10'
PINHOLE FLAMES - Amy Schwartz / Canada, 2007, 3'
BURN - Reynold Reynolds & Patrick Jolley / USA, 2002, 10'
WESTERN SUNBURN, Karl Lemieux, Canada, 2007, 10'
CONVULSION EXPULSION - Usama Alshaibi / USA, 2004, 6'

Prix : 20 euro l'unité

A commander par mail à theendstore@gmail(point)com

Cinema Retro : De l'or pour les braves (Kelly's Heroes)

L'excellente revue anglo-saxonne Cinema Retro sort son troisième hors série après ceux consacrés à la trilogie du dollars de Sergio Leone et Quand les aigles attaquent de Brian G. Hutton. Et c'est une nouvelle fois le réalisateur américain qui se voit offrir 80 pages pour tout savoir sur le long-métrage, De l'or pour les braves (Kelly's Heros, 1970), film de guerre ô combien sympathique.




Avec un casting (Clint Eastwood, Telly Savalas, Donald Sutherland) et une histoire (Kelly, un soldat américain apprend l'existence d'un trésor considérable caché dans une banque derrière les lignes ennemies) propices à des séquences cocasses, Kelly's Heroes s'avère être un film bien plus profond que son sujet pouvez laisser apparaitre. Sous couvert de montrer les basses motivations d'un groupe d'hommes durant la seconde guerre mondiale, De l'or pour les braves s'attache à démontrer comment un même objectif, et ce quel qui soit, permet la cohésion d'un groupe, d'une armée.
Bénéficiant des archives personnelles du réalisateur sur la confection du film (tourné en Yougoslavie), d'interviews d'acteurs, Cinema Retro proposent une analyse approfondie de la musique (Lalo Schifrin), des lieux de tournages, des affiches du film ainsi que de très rares rencontres avec Clint Eastwood, Telly Savalas, Don Rickles et Donald Sutherland durant le tournage du film en 1969. Bref un numéro indispensable !

Prix : 12 euro

A commander par mail à theendstore@gmail(POINT)com

source : Cinema Retro

Artus Films, back to the 50's

L'éditeur montpellierain ne semble plus s'arrêter (preuve d'une bonne santé financière ? espérons-le) avec la sortie d'un coffret de 4 films de science fiction en provenance des États-Unis.


Entre 1947 et 1953, l’Amérique a peur de l’envahisseur communiste. La guerre froide engendre le maccarthysme et la chasse aux sorcières rouges amène son lot de dénonciations et de mises à l’écart. Eternel reflet des phobies sociales, le cinéma incarne l’ennemi soviétique dans la peau des martiens. La première moitié des années 50 a donc vu fleurir des dizaines de métrages de science-fiction dans lesquels les méchants martiens sont toujours prêts à envahir la Terre et asservir les humains. Cette période riche et prolifique pour le genre est tout simplement restée comme celle de l’âge d’or. Retrouvez 4 des meilleurs films de l’âge d’or de la Science-Fiction américaine des 50’s.


LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE (INVADERS FROM MARS) - William Cameron Menzies (1953)
Un petit garçon observant les étoiles avec son télescope aperçoit une soucoupe volante atterrir. Son père, un scientifique, parvient à rentrer à l’intérieur. Mais quand il revient, il semble bien différent…


24H CHEZ LES MARTIENS (ROCKETSHIP XM) - Kurt Neumann (1950)
En partance vers la Lune, une expédition est déviée de sa trajectoire et se retrouve sur Mars. Là, les terriens découvrent qu’une grande civilisation a disparu après une guerre nucléaire, et que les martiens sont revenus à l’âge de pierre…


FLIGHT TO MARS - Lesley Selander (1952)
Une équipe d’astronautes et un journaliste (Cameron Mitchell) entreprend une expédition vers Mars à bord d’un nouveau type de fusée nucléaire. Fusée qui va intéresser grandement les martiens…


RED PLANET MARS - Harry Horner (1952)
Un scientifique (Peter Graves) parvient à communiquer avec les martiens. Il révèle ainsi au monde entier que sur Mars, l’énergie existe en abondance, et l’espérance de vie est de 300 ans. La panique s’empare alors de la Terre…

Bonus :
Bandes-annonces, diaporama d'affiches et de photos, livret 12 pages, 4 reproductions de lobby cards, courts-métrages "La révélation" de Vincent Diderot et "Beyond Lifedome" de Viktor Alexis...

Pour le collectionneur, sachez que les films sont sortis en Espagne par l'éditeur Atelier 13 (spécialisé dans les films obscurs fantastiques et science-fiction) dans des digipack cartonné et en édition limitée proposant les films avec des sous titres français. Mais il faut saluer ce coffret français qui propose les 4 films pour le prix d'un seul article espagnol ! Bref une sortie à ne pas louper pour tous les amoureux de films vintage et des effets spéciaux "kitch" mais au charme intemporel.

Source : Artus Films

Prix : 18,90 euro

A commander en envoyant un mail à theendstore(at)gmail(point) + paiement par paypal

Strip-Tease, le nouveau Mondo Macabro !

Cela faisait un moment qu'il se faisait désiré mais il est enfin sorti ! le nouveau Mondo Macabro. Strip-Tease (1963) est un film français réalisé par Jacques Poitrenaud (1922-2005). Assistant réalisateur sur de nombreux films dont ceux de Roger Vadim (Et mourir de plaisir, les liaisons dangereuses), Poitrenaud a eu une carrière éphémère (1960-1972) signa quelque long-métrages au casting "prestigieux" (Gainsbourg, Dalida, Halliday) mais qui sont tombés dans l'anonymat... du moins pour l'auteur de ces lignes. Donc un grand merci à Pete Tombs d'offrir un coup de projecteur à ce metteur en scène et à ce film dont la grande particularité est de proposer la plastique de la célèbre Nico ainsi qu'une musique signée Serge Gainsbourg.


Ariane est passionnée par la danse, d'efforts en déceptions, elle finit par devenir strip-teaseuse. Cette activité la répugne mais elle est vite prise dans l'engrenage de la célébrité et de l'argent facile. Jean-Loup, un riche play-boy, s'éprend d'elle et finit par avoir raison de sa fierté et de son désintéressement. Elle réalisera alors qu'elle n'est qu'un jouet pour lui et, dans un ultime strip-tease, lui jettera les fourrures et les bijoux qu'il lui avait offerts.

Bonus :
Interview du biographe de Nico, Richard Witts.
Interview du musicien Lutz Ulbrich.

Solomon Nagler : cinéma des ruines

A l'heure d'internet, ou tout semble accessible, visible, à porter de main, certains éditeurs téméraires nous prouvent le contraire, qu'il y a encore (et heureusement) des zones inconnues et inexplorées, réservées non pas au plus grand nombre, mais à ceux qui ont l'âme vagabonde.
Car lorsque l'on parle de cinéma expérimental ou underground, il faut avant tout parler d'expérience et THE END modestement soutient ces militants d'un cinéma sensitif, peut-être extrême car sortant des sentiers battus, mais emprunt d'une liberté réjouissante.
Après les films d'Etienne O'Leary, THE END a le privilège de proposer en France (sauf erreur de notre part) le second dvd de l'éditeur ICPCE (Institut pour la Coordination et la Propagation des Cinémas Exploratoires) consacré à l'artiste Solomon Nagler.


L’aventure cinématographique de Solomon Nagler s’articule autour de deux grands axes : une recherche sur la texture de l’image et un questionnement sur l’identité territoriale et culturelle. Ces deux éléments sont intimement imbriqués dans chacun de ses films, selon des proportions différentes et des avenues renouvelées. Pour Nagler, il ne fait aucun doute que le traitement des images et des sons participe de la traduction émotive et significative des moments cruciaux que traversent les personnages de ses œuvres. L’esthétique qu’il développe impose l’idée d’un monde en métamorphose, ce que traduisent admirablement les images diaphanes et évanescentes de ses réalisations, et plonge le spectateur dans un véritable état de langueur. En jouant avec la granulosité des images, tirant profit de la tireuse optique, des effets de surimpressions et de ralentis, qu’il combine à des textures sonores riches et une musique parfois emphatique, il parvient à produire une impression de solennité et d’intensité.

Les œuvres rassemblées sur ce DVD appartiennent à des cycles de productions distincts. On y retrouve la trilogie élégiaque, composée de trois courts métrages (Perhaps/We, The Sex of Self-Hatred, Fugue Nefesh) réalisés entre 2003 et 2007. Il s’agit là sans aucun doute des œuvres les plus connues et les plus célébrées du cinéaste. Bien que chacun de ces films prend place dans un espace géographique et culturel différent (la Pologne de l’après guerre, l’Autriche du début du XXe siècle et le Canada contemporain), ils forment un ensemble cohérent qui témoigne d’une même sensibilité pour des quêtes spirituelles singulières et riches. Dans Perhaps/We, on découvre un peintre qui par l’entremise d’un rêve se retrouve à Lodz en Pologne, ville totalement ravagée par la guerre et qui semble sombrer dans un endeuillement éternel, dans laquelle il erre guidé par les esprits des juifs assassinés lors de la Shoah. D’une tout autre nature, The Sex of Self-Hatred relate l’ultime moment de la vie d’Otto Weininger, un jeune homme de 23 ans qui se retrouve dans la maison où Beethoven est mort, alors qu’il est décidé à se donner la mort. Tirailler entre la sensualité qu’il sent monter en lui et le désarrois qui l’accable suite à l’échec critique de son livre Geschlecht und Charakter (Sexe et caractère) par lequel il avait l’espoir de faire reconnaître son génie, il se laisse peu à peu envahir par ses pensées destructrices et se suicide. Avant de passer à l’acte, il aura laissé ces derniers mots : « Je me suicide pour ne pas avoir à tuer quelqu’un ». D’une approche beaucoup plus mystique, Fugue Nefesh raconte la rencontre des âmes d’un survivant de l’holocauste et d’un jeune autochtone qui viennent de décéder. Prisonniers de leur transmigration respective, ils errent en compagnie d’autres âmes en peine dans un quartier désolé de Winnipeg, apprivoisant doucement leur nouvel état.


D’une facture très différente, Notes on Gesture (2007) peut sembler a priori faire bande à part dans l’œuvre de Solomon Nagler. Pourtant, on y retrouve le même souci pour la richesse de l’image à travers une exploration des traitements optiques. Certes, le sujet ne recèle pas une charge mélancolique aussi grande que dans les œuvres de la trilogie élégiaque, mais il témoigne de la même qualité d’observation qui est un des traits distinctifs de la démarche du réalisateur.

Black Salt Water Elegy opère en quelque sorte une synthèse entre les préoccupations de la trilogie et Notes on Gesture. On y retrouve à la fois le regard plein d’empathie qui caractérise Perhaps/We, The Sex of Self-Hatred et Fugue Nefesh et la capacité de saisir visuellement la fulgurante beauté des gestes devenus abstraits. Le fil narratif extrêmement ténu parvient à entrelacer des états de rêverie et de mémoire collective en une surprenante réminiscence d’un passé que l’on préfèrerait voir à jamais enfoui.

Enfin, le DVD se clôt sur trois films de paysage. Ces œuvres fortement énigmatiques ont la particularité commune d’être intitulées Untitled (accompagné d’un sous-titre entre parenthèse) et d’avoir été produite en super-8. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’une trilogie, dans les trois cas, on retrouve le même type de recherche visuelle s’appuyant sur les rapports que des hommes peuvent entretenir avec des lieux spécifiques. Intimement lié au territoire manitobain, les films sont moins un portrait des prairies canadiennes que la révélation, par explorations successives, de la sensibilité du réalisateur au contact du monde qu’il habite.


Black Salt Water Elegy
(2010, n&b, 16 mm, 16min)

Notes on Gesture(2007, n&b, 16mm, 4 min)

Fugue Nefesh (2007, n&b, 35mm, 29 min)
Un survivant de l’holocauste et un gamin autochtone viennent de mourir. réunis dans leur déplacement, ils sont prisonniers du flux de leur transmigration et errent en fugue nomade parmi les âmes affligées et dénudées du quartier nord de Winnipeg.

The Sex of Self-Hatred (2004, couleurs & n&b, 16mm, 9 min)
On est en 1903. Otto Weiniger, écrivain juif converti au christianisme et antisémite, a décidé de se suicider dans la chambre où Beethoven a trouvé la mort. Âgé de 23 ans, il vient de publier son livre Geschlecht und Charakter (Sexe et caractère) et doit maintenant assumer la reconnaissance autoproclamée de son génie hanté par l’écriture damnée de son livre.

perhaps/We (2003, couleurs & n&b, 16mm, 11 min)
Un peintre tombe en rêve dans la cité détruite de Lodz en Pologne. Un million d’esprits juifs assassinés le conduisent vers un monde de photos flétries et d’anges de pierre, dont les larmes pétrifiées marquent à jamais le paysage en deuil de la Pologne.

untitled3 (stone killer)(2006, n&b, super-8/16mm, 5 min)
La division coloniale entre paysage et corps a été refusée, et la politique d’une nouvelle topologie a émergé. Une topologie qui concerne une géométrie échouée, imposée aux Great Plains au Canada. Ce film est un portrait esquissé dans un horizon infini, où un corps devient unité avec le paysage dans lequel il est tombé.

untitled1 (prayerielandescape)(2004, couleurs & n&b, super-8/16mm, 5 min)
Des rêves isolés des voitures détruites qui tombent à l’horizon.

untitled2 (the last jew of edenbridge) (2003, couleurs & n&b, super-8/16mm, 4 min)
Un portrait du dernier membre d’une colonie cultivatrice juive du Canada central qui garde au-dessus de tout les reliques précieuses d’un passé idéalisé.

Prix : 20 euro

A commander à theendstore(at)gmail(point)com